RÉFLEXIONS AUTOUR DE LA CULTURE SCIENTIFIQUE!

«Inventez une charlatanerie, n’importe laquelle, vous trouverez toujours des hommes qui diront que ça marche, tant notre besoin d’illusion est intense.»(Boris Cyrulnick)

Sur leur rapport à la science et à la chimie, en Octobre 2018, un sondage IFOP pour BASF a interrogé sur leur rapport à la science et à la chimie des Français, des Britanniques, des Allemands et des Américains. Nos compatriotes ont étés invités à évaluer le niveau de leur culture scientifique. 27% des Français l’estiment satisfaisante et parmi eux 34% des Français l’estiment « lacunaire »contre 54% des Allemands, 40% des Britanniques et 45% des Américains qui eux pensent qu’elle est satisfaisante. Seuls 7% de nos voisins allemands pensent que la leur est lacunaire 7%! Cette auto évaluation des sondés s’expliquerait par la place de l’enseignement des sciences à l’école ainsi que dans le degré de confiance collective en la capacité d’innovation et technologique de son pays.

Dans ce sondage, un tableau montre que 56% des Français ont estimé que la science ne tient pas suffisamment de place dans les débats de société. Les autres pays ne sont pas en reste, mais souvenons nous que l’auto-évaluation de leur culture scientifique n’est pas la nôtre et qu’il s’agit d’un sentiment bien subjectif si l’on se penche sur les chiffres des tableaux .

Page 15 du sondage Ipsos: https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/10/115725-Rapport-03.09.2018-1.pdf

Pour Gaston Bachelard, « la culture scientifique demande un effort de la pensée ». Il a même insisté sur la nécessité d’une démarche de « catharsis intellectuelle en vue d’accéder à une culture scientifique ». Les connaissances scientifiques lacunaires montrent qu’il ne s’agit pas d’une ignorance totale de la science, mais principalement d’une incapacité globale à s’informer, trier les messages (souvent contradictoires), afin de se forger une conscience et une opinion sur les défis de la science.

La science évolue constamment et elle n’est pas figée. D’ailleurs, concernant la médecine, le terme « Evidence based medecine » ou sa traduction française « la médecine fondée sur les faits » illustre cette démarche pour définir la meilleure stratégie pour soigner, selon le sacro-saint principe « du primum non nocere », c’est à dire d’abord ne pas nuire. En partant du principe qu’aucun remède n’est dénué d’effets secondaires, mais il faut que les bénéfices soient supérieurs aux risques.

L’un des principaux dangers qui guette les personnes qui ont une culture scientifique lacunaire est la désinformation scientifique. Force est de constater que le discours pseudo-scientifique avec une idéologie dilatoire est parfois plus convaincant et ludique que l’information scientifique taxée de rigide et factuelle. On vous rétorque alors le mantra « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme» de Michel Montaigne. Un lieu commun.

Côté désinformation, l’actualité est en plein dans le mille! Le sondage IFOP, s’il date de plus de deux ans est encore d’actualité au onzième mois du virus Covid-19. Cette culture scientifique insatisfaisante, l’incapacité à trier des informations fiables, s’illustrent notamment par l’adhésion surprenante de nombre de Français à des thèses dites alterscientifiques (néologisme de A.Moatti) ou plus connues comme celles de « complotistes », « rassuristes »! « Charlatans ». Vous les appelez comme vous voulez, c’est le principe de l’incitation à la désinformation scientifique qu’il faut retenir. La frontière entre les faits scientifiques basés sur des preuves et les allégations convaincantes de personnalités aux titres ronflants et la pseudo-science est devenue floue pour une grande partie de l’opinion publique. Madame Michu s’en donne à coeur joie et se passionne pour la virologie et l’épidémiologie vues par l’alter science!

Avant la pandémie, la médecine et la psychologie étaient déjà les grands terrains de prédilection du pseudo-scientisme et des fake news. Depuis de nombreuses années, il est connu que la psychothérapie est gangrénée par des méthodes douteuses, inspirée du New Age, reposant sur des concepts pseudo-scientifiques, occasionnant des dégâts dans la psyché et entachant la profession de psychothérapeute. La MIVILUDES recueille régulièrement les plaintes des victimes de ces psychothérapeutes au pré-requis scientifique indigent et manipulateurs. Chamanisme dévoyé, faux souvenirs d’inceste, médecine quantique, reiki, n’en sont que des exemples parmi d’autres que j’ai eu l’occasion d’approfondir de nombreuses années avec le milieu associatif lié à la MIVILUDES.

La désinformation prospère avec cette inculture scientifique au fil des années. Déjà, lors de son audition au sénat en 2013 sur les dérives thérapeutiques et les dérives sectaires, j’avais relevé dans un média mainstream ces propos du professeur Loïc Capron : « il existe une forme de laisser-aller intellectuel qui ne résiste plus aux assauts de la charlatanerie.» Nous sommes en 2021 et c’est toujours pertinent!

Alors comment définir le charlatanisme? De reconnaître que la définition du charlatan est souvent imprécise mais ce qu’il faut retenir c’est qu’il peut-être un professionnel dûment diplômé! Il peut être le charlatan de quelqu’un s’il pratique une méthode peu consensuelle ou reposant sur un pré-requis insuffisant. Très souvent, lorsqu’on parle de charlatanisme, il s’agit du rejet de toute autre méthode que celle dite conventionnelle.  

Il y a quelques années, ces dérives touchaient très peu la médecine mais aujourd’hui, avec la COVID-19, elle est touchée en plein coeur, et elles pèsent sur la parole scientifique liée au virus. La pandémie est aussi celle de l’ère de la prolifération des faux prophètes qui drainent une adhésion surprenante sur les réseaux sociaux.

Dans un récent article au titre éloquent de « Onze mois à suivre les experts autoproclamés », le Dr Christian Lehmann mesure l’étendue du désastre qui affaiblit la parole médicale: …j’avais sous-estimé la présence des adeptes du chaos dans nos rangs » et de poursuivre « Depuis le début de la pandémie, certains experts autoproclamés n’ont eu de cesse de porter une parole prétendument disruptive, d’aller à l’encontre des recommandations sanitaires comme des informations scientifiques disponibles...Et encore, écrit-il « La vérité scientifique, le simple respect de la méthode scientifique, la vérification des sources, tout ceci importe peu. …Si demain un nouvel charlatan pique l’intérêt du public, il aura l’honneur des plateaux…Et puis La vérité scientifique, le simple respect de la méthode scientifique, la vérification des sources, tout ceci importe peu. Si demain un nouvel charlatan pique l’intérêt du public, il aura l’honneur des plateaux. » Le docteur Christian Lehmann a merveilleusement résumé la situation.

Alors comment également, ne pas citer dans la continuité du « Primum non nocere »qui sous-tend l’éthique médicale, l’inquiétude du président de l’ordre des médecins, Patrick Bouet, sur certains de ses confrères: « ..une partie du monde médical, heureusement très minoritaire, participe à la vague complotiste ». « Sollicités sur les réseaux sociaux, et parfois dans des médias audiovisuels, un certain nombre de médecins confondent conviction personnelle et réalité médicale. Ils font des amalgames et déclarent des choses non conformes à la réalité scientifique. C’est contraire à notre ADN de soignants. Nous avons déjà engagé des actions et continuerons à être attentifs. Nous recevons des courriers avec des signalements et autres éléments qui nous poussent à la vigilance. » prévient Patrick Bouet 

La cerise sur le gâteau est que parmi ces experts autoproclamés, on retrouve des politiques. Depuis quand une figure politique décide-t-elle du bien-fondé de la prescription d’une molécule supposée miraculeuse, et en fait inefficace contre le virus (RCT à l’appui et non observationnelles) et aux effets secondaires potentiellement dangereux aux fins de s’opposer à des décisions de santé publique et à la parole médicale? Depuis quand des chefs de parti et des députés dénigrent-ils la parole des virologues, épidémiologistes et aux médecins pour prescrire une molécule? Bientôt dans les programmes politiques on pourra lire: « poudre de perlimpinpin à gogo » en vente libre chez votre pharmacien?

Dans ces croisades alter scientifiques, c’est la pensée magique ou irrationnelle qui domine au détriment de la pensée analytique fondée sur des connaissances scientifiques, en perpétuelle évolution. L’adhésion à ces théories alternatives relève de la « foi », la même qui anime les religions avec tout son cortège de croyances. La porte ouverte au charlatanisme!

Comme l’a écrit Boris Cyrulnick« Inventez une charlatanerie, n’importe laquelle, vous trouverez toujours des hommes qui diront que ça marche, tant notre besoin d’illusion est intense.»

POST COVID-19: N’OUBLIONS PAS QUE LA NATURE PEUT AIDER LES SÉNIORS À BIEN VIEILLIR!

« Les catégorisations de l’âge correspondent au regard subjectif que la société porte sur elle-même selon les circonstances». (D.Boulbès)

Voici deux ans, j’avais écrit le billet sur les bienfaits de la nature chez les séniors. Je n’ai pas changé d’avis sur la nécessité de proposer aux personnes âgées de « baigner dans la nature ». Mais la pandémie Covid-19 est passée par là depuis mars dernier. Le confinement indifférencié a bouleversé cette approche ancrée dans la nature, et j’en arrive aujourd’hui à la qualifier de romantique ou du moins utopique au vu du traitemen qu’ont subi certaines personnes âgées en institution! Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les mots  » protégeons nos vieux » ou nos « aînés » ont souvent été lâchés pour justifier la raison de ce confinement indifférencié qui a privé tout le monde de ses libertés élémentaires dont celui de circuler, et il était recommandé en priorité aux personnes de plus de 70 ans de pratiquer un confinement total. Car si les formes sévères du Covid-19 avec mortalité ont touché, selon les statistiques, les personnes âgées de plus de 80 ans, des moins de 60 ans sont aussi décédées. Définir la vieillesse n’est pas aisé.

Car ce serait oublier que la notion de vieillesse a évolué depuis la seconde moitié du XX° siècle avec les progrès de la science médicale. Comme l’a souligné Dominique Boulbès, auteur de la Silver économie, « Les catégorisations de l’âge correspondent au regard subjectif que la société porte sur elle-même selon les circonstances ». Ce sont des étiquettes qui ne correspondent pas à la réalité vécue. Le pire c’est que sont les plus âgés d’entre nous qui usent et en abusent de ces étiquettes! De rappeler que le mot vieillard désignait alors les quadragénaires selon César-Pierre Richelet en 1680. On parle aujourd’hui du quatrième âge pour les grands séniors de plus de 80 ans, et ils constituent la majorité des résidents d’EHPAD et sont souvent dépendants.

Les grands séniors en EHPAD ont payé un lourd tribut en terme de mortalité avec la Covid-19, et dans des conditions que nous ne souhaiterions pas à notre pire ennemi! Difficile d’avoir le nombre exact de décès en EHPAD! Juste des tendances: 57 % au Canada, 55 % en Irlande et près de la moitié des victimes recensées en France et en Belgique.Et ce n’est pas imputable aux équipes soignantes mais à une bureaucratie tatillonne, une insuffisance de matériel de protection des équipes soignantes et de tests à grande échelle! Des salariés d’EHPAD ont fait preuve d’un dévouement sans faille en restant confinés en non stop avec les résidents à l’instar de celui de Mansle en Charente. Juste de l’altruisme et de la bienveillance et qu’ils en soient remerciés!

Les grands séniors ont été isolés de manière stricte pour limiter les risques de contamination et sans leurs proches aux derniers instants de leur vie. Des psychiatres et gérontologues ont tiré la sonnette d’alarme devant cette situation indigne! Le psychiatre Serge Hefez a perdu lui même sa mère durant cette période de confinement en EHPAD mais a eu en portant des protections pu lui dire « Adieu »; ce dont furent privés de nombreux proches ayant eu leurs parents en EHPAD en fin de vie! Les paroles de Serge Hefez sont éclairantes: « On ne peut pas faire son deuil si on n’a pas accompagné son proche à la fin de sa vieToute la noblesse et la dignité en fin de vie d’un proche est de les accompagner, leur tenir la main, les rassurer, être près d’eux pour ce passage de la vie à la mort et pourtant beaucoup en sont privés. On perd notre humanité, on entre dans une espèce de barbarie en étant dans un hygiénisme trop protecteur alors même que la mort fait partie du rythme de la vie »  

Alors quelles réflexions envisager autour des grands séniors? Y aura-t-il à chaque épidémie de grippe comme seule solution le confinement total des séniors? Les désocialiser et leur mettre le moral au trente sixième dessous en les isolant dans leur chambre et en limitant leur relations sociales et familiales dans leur dernier lieu de vie? Aucune application high tech comme Face time ou autre tablette (voire un robot) ne remplacera un contact charnel avec autrui! Ou bien de clamer haut et fort que des animations sont mises en place pour les distraire comme s’ils étaient des enfants à qui on offre un spectacle de marionnettes? Ainsi font font les marionnettes! Bref , de décider ce qui est bien à leur place, le principal étant de préserver des vies au détriment de la qualité de vie! Ça donne bonne conscience. Vraiment?

Alors peut-être avant de lancer des grands plans politiques nébuleux pour améliorer le sort des personnes âgées, il faut reconnaitre que la maison de retraite réduit, par essence, les libertés individuelles. Même s’il n’a pas parlé des maisons de retraite, les observations du sociologue américain Irving Goffman sur les institutions totalitaires comme les hôpitaux psychiatriques (et la prison) s’appliquent à elles. Un EHPAD est une institution totale, celui décrit par Goffman comme suit:  « L’institution totale est un lieu de chamboulement où l’individu se voit déposséder de sa liberté, de ses allées et venues; son périmètre de vie se rétrécit, et la notion de temps est soumise aux contraintes de l’institution buraucratique ». Parfaite illustration de ce qui s’est passé lors du confinement! Les nécessités technocratiques de la pandémie ont démontré que la vie privée et la vie institutionnelle dans les EHPAD ne faisaient plus qu’un. Le règlement s’est immiscé dans l’intimité des résidents et a impacté celle de ses proches. L’exigence thérapeutique s’est transformé en contrôle social. Allez demander aux familles ce qu’ils en ont pensé…Les grands séniors dans les EHPAD ont été les derniers à être déconfinés! Que dire de témoignages de personnes de 92 ans parfaitement valides et privées de sortie? Et le nombre de visiteurs restreints, tout ça, car il était impossible de protéger les équipes soignantes et de faire passer des tests à grande échelle!

Alors, peut-être serait-il judicieux à l’avenir de revenir aux préceptes simples préconisés dans l’étude anglo-saxonne de Jessica Findlay sur les bienfaits de la nature pour les séniors parue en 2015, « dans Health and Nature », une revue spécialisée en psychologie de l’environnement. Quand les séniors se connectent quotidiennement à elle, ils en tirent de vrais bénéfices, affirme cette étude. Avoir accès à la nature (parcs, points d’eau…) permettrait de rester en bonne santé et de mieux vieillir.

Passer chaque jour un moment dans la nature améliorerait la qualité de vie, la santé morale et physique des personnes âgées. Les résultats de cette étude sur les bienfaits de la nature chez les séniors peuvent sembler pour les jeunes ou les moins jeunes une évidence en cette période estivale!  C’est l’occasion pour beaucoup d’entre nous d’aller se ressourcer au bord de la mer, dans la campagne ou à la montagne. Quand on est en pleine possession de ses capacités physiques et mentales, il semble facile de bouger à sa convenance, prendre sa voiture ou le train pour aller se promener dans les bois, aller sur la plage. Ors, ce n’est pas toujours le cas pour les personnes âgées. Notamment pour celles qui souffrent de pathologies diverses, invalidantes, dépendantes, isolées ou encore en maison de retraite médicalisée jusqu’à la fin de leurs jours. Nous en avons eu une petite idée avec la laisse de 1 km et la longe de 100 km octroyées généreusement lors de la limitation de nos déplacements pendant le confinement. Et les bois, forêts, parcs et plages fermées.

Alors commençons par nous interroger nous sur la qualité de vie de nos aînés quand ils sont coupés de la nature, avec parfois la sensation d’être claquemurés dans une institution ou une maison de retraite. Car une maison de retraite reste un cadre de vie contraint, qui réduit les libertés individuelles de la personne qui s’est résignée à finir ses vieux jours là-bas pour diverses raisons. Et ce durcissement des contraintes sanitaires dues au Covid-19 a aggravé leur conditions de vie. Qu’en est-il de leur psyché, en sachant que selon des enquêtes réalisées en France en 2015, 33% des résidents d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), souffriraient de dépression? Outre cela, le risque de suicide est plus élevé chez les seniors de plus de 85 ans, deux fois plus que pour les jeunes de 25 à 44 ans. Or, le fait d’être triste ou pessimiste ne doit pas être considéré comme normal pour une personne âgée, et il n’est peut-être pas besoin de leur administrer des doses massives de psychotropes, dont on sait aujourd’hui que l’excès est délétère.

C’est un autre paradigme que proposent dans leurs conclusions Jessica Finlay et son équipe de l’université du Minnesota sur les effets bénéfiques de la nature chez les séniors en maison de retraite sont novatrices, même si ce que s’y raconte semble des lieux communs pour les plus jeunes. L’importance de la nature est fondamentale sur le bien être physique et moral des séniors! Comme le reconnaît la gérontologue Jessica Finlay, cette étude est « empirique », bien que répertoriée dans la base de données scientifiques de Medline qui cite les études sérieuses. C’est d’abord une réflexion pour les politiques de prise en charge des personnes âgées, en construisant des espaces qui accueillent les personnes sur l’ensemble de leur vie. Les pouvoirs publics pensent d’abord à la construction d’aire de jeux pour les enfants mais rarement à des bancs pour que les grands-parents puissent les regarder s’amuser. Cette importance de la nature sur le bien-être physique et moral de nos aînés s’inscrit dans un courant humaniste qui est celui de la psychologie de l’environnement. Il étudie comment l’environnement physique immédiat d’une personne affecte sa psyché, son bien-être physique et mental, ainsi que son comportement.

Et également dans le courant de la psychologie positive, qui est l’étude scientifique des forces du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être. La notion de paysage thérapeutique, avec l’importance des espaces verts et aquatiques, met l’accent sur la dimension hédonique, liée à l’augmentation des émotions agréables et comportant également une dimension endémonique, avec le sentiment que la vie a du sens jusqu’au dernier souffle.

Cette étude anglo-saxonne s’oppose à la notion de pathologisation, de médicalisation forcenée de la personne âgée au détriment de la qualité de vie, l’épanouissement de soi. Avoir accès à la nature influence la qualité de vie, alors pensons y pour nous aînés et dans les propositions politiques de la prise en charge de la dépendance des séniors. Alors, quel est l’impact positif de la nature observé par Jessica Finlay sur le bien-être de nos aînés ?

Avoir accès chaque jour à la nature influence leur qualité de vie. Un environnement boisé, un parc, ainsi que des étendues d’eaux avec des bassins, des lacs, des fontaines, une rivière, augmentent leur bien-être physique, moral et la connectivité spirituelle.Un étang, un banc avec vue sur des massifs fleuris est quelque chose de positif. Le simple bourdonnement d’une abeille sur les fleurs, ou même le fait d’avoir vue sur des pots de fleurs sur un rebord de fenêtre est important pour une personne en maison de retraite.

Jessica Finlay parle de mettre en place des espaces de socialisation pour faciliter les interactions sociales et les rencontres intergénérationnelles en proposant des activités avec les amis, les familles et les voisins dehors. Comme le souligne Jessica Finlay, « avoir accès à des espaces verts et aquatiques encourage les aînés à avoir envie de sortir. C’est un facteur de motivation pour rester actif physiquement, garder le moral et avoir envie de nouer des relations sociales ».– Faire de la natation, marcher dans l’eau ou avoir un contact avec la nature permettent d’accroître l’immunité et d’avoir une meilleure résistance physique. Le simple fait d’avoir des points d’eau comme des piscines et des pataugeoires favorisent les activités physiques.-Être motivé pour sortir  et ainsi éviter la dépression

Ces milieux naturels permettent, en maison de retraite, de trouver des raisons de sortir, de franchir une simple porte pour aller dehors, de quitter ce cadre de vie contraint. Certains seniors ont perdu l’habitude d’un acte aussi simple. C’est important pour la qualité de vie d’éviter la sensation d’ennui, l’isolement, la solitude subie et le sentiment d’inutilité, qui sont facteurs de dépression.

La chercheuse Jessica Finlay applique aux aînés les mêmes principes de psychologie positive qui favorisent le bonheur comme pour les plus jeunes. Elle propose trois conseils pour bien vieillir :

1.Focus sur le bien-être global. La santé mentale et sociale est tout aussi importante que la santé physique.

2.Laisser aux aînés en maison de retraite la liberté de sortir. En clair, ne pas les confiner à l’intérieur de quatre murs.

3. Priorité au contact quotidien avec la nature. Avoir la possibilité et s’asseoir dans un parc, regardez l’eau couler d’une fontaine ou même de simples plantes. Alors il est grand temps que les préceptes de cette étude soient suivis d’effets.

Tout comme la nature, soyons bienveillants envers les personnes âgées. Et aucune pandémie ne justifie la privation des libertés des plus âgés d’entre nous au motif que l’on sauve des vies. La liberté!