UNE DIABOLIQUE AFFAIRE!

La famille De Védrines, notables du Sud-Ouest, est restée sous l’emprise du gourou de Monflanquin durant longue onze années!

Casting du téléfilm Diabolique diffusé sur France 3 en avril 2016

En avril 2016, France 3 a diffusé le téléfilm « Diabolique »de Gabriel Arghon, inspiré d’un fait réel, celui des reclus de Monflanquin, un dossier qui a occupé de nombreuses années la MIVILUDES.

Si cette affaire semble passée, elle est toujours d’actualité. Exemplaire, elle montre la notion d’emprise d’emprise mentale sur un groupe de personnes, en l’occurence une famille. Un homme sans scrupules que l’on peut qualifier sans l’ombre d’un doute de gourou a abusé financièrement et psychologiquement d’une famille entière.

Thierry Tilly, ce gourou a été condamné en juin 2013 par la cour d’appel de Bordeaux à dix ans de prison pour avoir ruiné une famille de notables bordelais par des méthodes douteuses de manipulation mentale. En 2012, il avait été condamné  à huit ans de prison pour « abus de faiblesse sur personnes en état de sujétion psychologique, détention arbitraire et violences volontaires ».

Le procureur a requis dix ans de prison contre ce « mythomane stratégique », qui affecte l’innocence. Le jugement a suivi la réquisition du procureur, et l’on ne peut que s’en féliciter pour les victimes.  La famille De Védrines, notables du Sud-Ouest, est restée sous l’emprise du gourou de Monflanquin durant longue onze années! Une tranche de vie conséquente!

La presse s’est largement faite l’écho de cette affaire, et le lecteur curieux peut consulter à travers le web l’historique de cette manipulation mentale, et les résumés du procès qui a opposé les victimes à Thierry Tilly.  Les témoignages des victimes sont éloquents du calvaire qu’ils ont vécu pendant onze ans. Ghislaine Marchand raconte que « c’était un cauchemar terrible. Plus j’avance et plus je me rends compte à quel point nous avons été esquintés». Christine de Védrines, l’une des onze victimes, surnomme Thierry Tilly, « l’Escroc », « le Manipulateur »,  « le Caméléon » ou encore le « Fantôme ». Elle se livre sans  fard ni honte dans son livre « Nous n’étions pas armés ».  Un témoignage courageux!


Thierry Tilly a usé de toutes les techniques de manipulation mentale pour dépouiller cette famille de tous leurs biens. Cette mise sous emprise mentale s’est faite par une série de pressions et de techniques psychologiques qui mènent à la sujétion mentale. On a de la peine à croire qu’une famille entière ait été victime d’un gourou. Et pourtant, cela peut arriver à n’importe qui ! C’est l’une des difficultés majeures à faire passer ce message, à laquelle se heurtent les associations qui luttent contre les dérives sectaires. Nous sommes tous manipulés à des degrés divers, et nous sommes aussi également tous des manipulateurs.  

Il faut évoquer la personnalité du gourou, et son équilibre mental. Celui de Monflanquin a soulé la Cour par son incohérence, son délire, sa mythomanie. Thierry Tilly va se prétendre tour à tour roi d’Israël, neveu de la reine d’Angleterre, membre de la famille qu’il vient d’escroquer. Il s’est également  vanté d’être agent secret et victime d’un complot maçonnique dont il voulait protéger la famille. Rien que ça!

Face à une personnalité comme celle de Thierry Tilly -ou d’un autre gourou- d’aucuns évoqueraient le registre de la personnalité du Pervers Narcissique. Cette étiquette popularisée par le livre de Marie-France Hirigoyen Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, a été dévoyée et fait aujourd’hui l’objet de livres supposant délivrer aux lecteurs les recettes pour y échapper. Si cela marchait réellement, ça se saurait, et on les aurait éradiqués depuis belle lurette de la surface de la terre. Ce n’est pas si simple de se mettre à l’abri d’une personnalité si diabolique. Dans son autre livre « Abus de faiblesse et autres manipulations », ouvrage majeur sur la manipulation mentale à mettre entre toutes les mains, Marie-France Hirigoyen estime que nous sommes tous manipulés, tous manipulateurs à des degrés divers. Il y a des frontières à ne pas franchir pour aliéner l’autre, le mettre sous sujétion mentale pour pas devenir victime de « personnes de mauvaise compagnie ».

Le profilage du gourou de Monflanquin est celle de tout manipulateur qui met sous emprise ses victimes à des fins liberticides. Un gourou sait cerner la personnalité, et exploiter ses failles par la coercition mentale et physique. Qui n’a pas ses faiblesses psychologiques ? Le génie du manipulateur est  justement de les repérer et de s’en servir pour détruire l’autre.

Toute sujétion psychologique présente les trois phases interactives:
séduction/Destruction/Reconstruction.

Cet engrenage infernal va conduire les victimes à la soumission aveugle qui détruit la psyché. Ce n’est qu’après être sorti de cet engrenage infernal que les victimes peuvent prendre de la distance et réaliser l’horreur de cette sujétion psychologique aveugle, de la perte de leur libre-arbitre.   Ces trois phases s’observent dans l’affaire de Monflanquin. 

D’abord,  celle de la séduction.  Thierry Tilly est présenté dans les règles de l’art. Doté d’un charisme hors norme comme tout gourou, il arrive à  gagner au fil du temps  la confiance de la famille. «La puissance de son regard était quasi hypnotique. Il nous a rendus prisonniers de nous-mêmes», témoigne Philippe de Védrines. Christine de Védrines témoigne, conforte les témoignages des autres membres de sa famille: « Il a passé du temps à écouter Ghislaine (sa belle soeur), il savait tout sur nous et nos comptes en banque, analyse -t-elle! . C’est quelqu’un de très intelligent qui vous scanne et détecte rapidement vos défauts et vos qualités.


« Il a gagné la confiance de ma belle-sœur et de ma belle-mère, dont l’influence était prépondérante dans cette famille matriarcale».«Il est arrivé nimbé de pouvoirs extraordinaires et apportait à chacun les réponses qu’il attendait » assure-t-elle. 


Et Charles-Henry note qu’il « a réussi à placer ses pions partout pour tirer les ficelles. Avec un petit bout de vérité, il faisait un gros mensonge».   Une fois la confiance installée, Thierry Tilly est passé à la seconde phase qui est celle de la destruction de la personnalité. Il va semer la zizanie en exploitant les rivalités familiales, les mesquineries confortant le fameux adage « Diviser pour mieux régner ». Il isole la famille du reste du monde, et en dicte leur mode de vie. Ils vont être onze à vivre reclus sans téléphone, volets fermés dans le château familial de Monflanquin, dans le Lot et Garonne. Le harcèlement moral, les mensonges diffamatoires notamment sur la fidélité conjugale de Christine de Védrines feront partie de sa boîte à outils du parfait manipulateur. L’un des enfants serait né d’un inceste avec son père, le pire étant que son mari le croira un temps.

Thierry Tilly exploitera le manque de confiance de Christine de Védrines pour l’épuiser moralement. Il utilisera avec elle la coercition physique avec la complicité involontaire des autres membres de la famille, car sous sujétion mentale et incapables de prendre du recul et de mesurer la portée de la violence physique et morale. Thierry Tilly la séquestrera plusieurs jours dans une pièce, et la forcera de rester sur une chaise face au mur. « Je suis devenue moins qu’un être humain, un sous-homme », écrit-elle dans son livre.

Elle n’est pas la seule à parler de cette mise sous emprise. « Tilly a mis un pistolet psychologique sur nos tempes et passait son temps à nous dresser les uns contre les autres. Il séduit sa proie, puis il l’enserre, l’englue, l’épuise» (Ghislaine de Védrines).

« C’est un prédateur. Il a pris notre argent, mais en plus il nous a cassés » accuse Diane, la plus jeune de la famille, qu’il a réussi à faire travailler 90 heures par semaine, en Angleterre.

La reconstruction de la personnalité des uns et des autres selon les desiderata machiavéliques du gourou de Monflanquin, a permis à ce dernier de dépouiller la famille de son patrimoine qui s’élevait à plusieurs millions d’euros. Christine de Védrines aura un jour un déclic sur Thierry Tilly, et en mars 2009, elle s’enfuira pour échapper au gourou. Elle contactera un avocat bordelais spécialisé dans les dossiers manipulation mentale, et aidera sa famille à sortir de l’emprise de Thierry Tilly jusqu’au procès de 2012 mais qui les aura laissé ruinés moralement et financièrement.

Si le dossier pénal est clos, l’affaire s’est poursuivie au civil après la condamnation de Thierry Tilly. La famille a tenté de récupérer le château à Monflanquin qui avait été vendu en  2008 lorsque la famille était séquestrée à Oxford par le gourou. La cour d’appel d’Agen a rejeté la requête des époux de Védrines en estimant que le nouveau propriétaire était de bonne foi.

Et qu’est devenu Thierry Tilly? Il est sorti de prison en juillet 2017 après avoir purgé une peine de dix ans. À sa sortie et à la suite d’un malaise sur la voie publique, il a été interné dans une UMD.

Quelques mots sur l’expertise psychiatrique faite par Daniel Zagury sur Thierry Tilly: M. Tilly a procédé comme un «psychanalyste dévoyé»: engrangeant d’abord les confidences de Ghislaine de Védrines, puis celles de ses frères, enfants, nièces et neveux, il s’est trouvé en mesure de maîtriser toutes les frustrations et non-dits de cette famille de la noblesse protestante qui trouvait enfin une oreille attentive. Agissant comme dans un «abus de transfert», il a alors monté les uns contre les autres, démiurge incontesté et terrifiant plongeant ses proies dans une régression infantile totale pour mieux les dévaliser. «Les Védrines ne sont pas devenus bêtes d’un coup, note le psychiatre, mais leur intelligence a été mise en jachère.»

Si ce fait divers « Le mot de la fin » de ce post sur cette sordide histoire de manipulation mentale revient à Christine de Védrines qui justifie le titre de son livre : « J’ai intitulé mon livre « Nous n’étions pas armés car nous sommes des gens naïfs, qui n’avaient jamais été  confrontés aux mensonges. Nous sommes tombés sur un être  machiavélique qui a exploité nos failles. »   Cela peut arriver à n’importe qui.

Sources: http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/25/1613450-comment-tilly-a-tisse-sa-toile.htmlhttp://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/l-affaire-dans-les-griffes-du-gourou-27-05-2013-2840561.phphttp://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/le-gourou-de-monflanquin-assure-etre-le-roi-d-israel-et-le-neveu-de-la-reine-d-angleterre_1243123.html

LE COLORIAGE POUR ADULTES: ART-THÉRAPIE OU MARKETING?

L’activité de coloriage s’apparente aux bienfaits de l’écriture manuscrite. Si écrire à la main est bon pour le cerveau, le coloriage doit s’avérer également positif.

On pensait la pratique du coloriage réservée aux enfants de moins de dix ans ans. J’en offre d’ailleurs aux jeunes enfants de ma famille! Je me souviens avec délice des albums à colorier que ma mère m’offrait quand j’étais malade! Un rituel réconfortant du haut de mes huit ans! Pour l’enfant, cette activité facilite le développement psychomoteur de l’enfant, sa concentration et la précision du geste écrit.

Après cet épisode Madeleine de Proust, devenue adulte, je constate que je pourrai de nouveau gribouiller à mon aise! Les albums à colorier sont devenus pour les adultes un phénomène de mode! Il a démarré simultanément, en 2012, en France et aux États-Unis!

Mais quels seraient les bénéfices du coloriage? Chez l’adulte, il favoriserait la concentration et apporterait le calme. Colorier ces albums aurait des vertus thérapeutiques insoupçonnées! Même une action supposée sur l’insomnie! L’engouement des adultes pour ces coloriages est tel, que les albums sont en tête des ventes des ouvrages de loisirs créatifs. Leur nombre de ventes est comparable à celui des livres sur la méditation ou les massages. Anne Le Meur, responsable éditoriale chez Hachette Loisirs, est surprise de cet engouement des adultes pour les coloriages. Selon elle, l’une des raisons qu’elle évoque est celle-ci: « très sollicités par les écrans, le flux des mails, les gens veulent revenir vers du papier, vers des activités plus calmes sur lesquelles ils peuvent se concentrer». « Les inspirations sont multiples. Les thématiques autour des animaux – surtout les chats —, les fleurs ou encore les grandes expos du moment plaisent beaucoup», révèle Anne Le Meur. » Analyse pertinente!

Ces fameux gribouillages à compléter sont venus d’Angleterre, par l’entremise de maisons d’édition spécialisées dans les dessins. Les best-sellers portent sur les mandalas, les jardins, ou encore, sur des pièces de mode (My fashion Coloriage). Ayant retrouvé leur âme d’enfant, les fans  se font un plaisir de publier leurs oeuvres sur les réseaux sociaux et You Tube.

L’esprit de ces albums de coloriage sont catégorisés dans les labels comme «art thérapie», «mindfulness» ou «anti-stress», situant l’acte de colorier quelque part entre la psychothérapie et la méditation. Ces vertus me semblent quelque peu exagérées!

En cherchant des données « relativement sérieuses » (j’ai zappé pubmed), je suis tombée sur l’origine de ces albums, très éloignée de la psychothérapie! Elle remonte à 1960 et faisait dans la farce séditieuse et la satire sociale! Critique de l’American Way of Life, du conformisme et de la société de consommation. Ces albums furent politisés pour dénoncer les obsessions politiques du gouvernement américain de l’époque. Ainsi, Le « John Birch Society Coloring Book » tourne en ridicule le groupement anticommuniste qui porte ce nom et raille la paranoïa ambiante en affichant une page blanche avec cette légende: « Combien de communistes parvenez-vous à trouver sur cette image? J’en ai trouvé onze. Cela demande de l’entraînement.» Cet aspect politique de l’album à colorier n’a pas disparu. On peut encore choisir son personnage politique fétiche à colorier. De Hilary Clinton à Donald Trump.

Alors quel est le public de ces albums à colorier? Essentiellement des femmes, de tous âges! Des jeunes filles aux vieilles dames! C’est à se demander si cette activité  n’a pas remplacé le tricot, la broderie et tapisserie  d’antan. Et après tout, j’ose appliquer les vertus du tricot à ceux des albums à colorier. Ses vertus thérapeutiques ont été étudiées par le docteur Herbert Bendon, de l’institut du cerveau à Harvard: un moyen de mettre le corps en mode relaxation. En tricotant, le taux de cortisol baisse (hormones du stress) alors que celui de la dopamine et de la sérotonine(hormones du bien être) augmente. Évidemment, la méthodologie concernant les vertus thérapeutique du tricot est légère; cette affirmation sympathique ne précise pas si elle est exempte des lobbies de la laine ou de ceux prônant la femme au foyer. Bref, des conflits d’intérêts! Mais les propos du Dr Herbert Benson méritent toute notre attention. Il a écrit de nombreux articles publiés sur la base de données Pubmed sur la relation entre le corps et l’esprit. Il est surtout connu pour son best-seller de 1975, The Relaxation Response, dans lequel il décrit comment l’esprit peut influencer les niveaux de stress par le biais d’outils tels que la méditation.

Revenons à nos moutons! Les albums à colorier sont estampillés bien-être ou art-thérapie. Mais est ce vraiment de l’art-thérapie ou une simple activité ludique?

L’art-thérapie est apparue dans les années 30. Et ce à partir d’observations d’enseignants en arts plastiques qui avaient remarqué que les dessins libres et spontanés des enfants étaient très intéressants, et pouvaient être un support pour décrypter le plan émotionnel et symbolique. L’art thérapie est une discipline des sciences humaines, même si elle ne répond pas aux critères scientifiques rigoureux. « Le projet vaste (de l’art-thérapie) concerne le mieux-être global de la personne », écrit Jean-Pierre Klein, pionnier de l’art-thérapie en France. Psychiatre, auteur dramatique, il dirige une école de formation d’art-thérapeutes. L’art-thérapie est une forme de psychothérapie qui englobe l’expression et la réflexion tant picturale que verbale.

Les problèmes abordés en art thérapie sont analogues à ceux d’une psychothérapie verbale classique. Le processus thérapeutique est engagé par la création d’une œuvre avec le matériel d’arts plastiques tout en discutant avec le ou la thérapeute. L’art-thérapie va permettre à la personne d’exprimer un potentiel thérapeutique à travers la création. Elle renforce la créativité, et comme les rêves les créations (ou le geste lorsqu’il s’agit de la danse) qui sont des expressions de l’inconscient. L’activité créatrice aide à réduire le stress et l’intrusion de la pensée négative. L’art thérapie aborde les problèmes cliniques et aident les personnes qui désirent explorer et renforcer leur créativité. Introduite dans les différents secteurs de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des services communautaires, elle rend d’immenses services. Aujourd’hui, la base de données Pubmed (recueil des données scientifiques) fait état de nombreux articles scientifiques sur l’art thérapie. Elle est souvent indiquée en traitement complémentaire, et dans la réhabilitation sociale de personnes souffrant de troubles psychiques. Le spectre de son application est large: schizophrénie, autisme, dépression, maladie d’Alzheimer, soins palliatifs, etc…

Navrée, malgré les accroches marketing, les albums de coloriage pour adultes ne sont pas vraiment de l’art thérapie, ô combien les maisons d’éditions et les sites de vente en ligne affirment le contraire! Mais si c’est du marketing pur et dur, c’est une activité dénuée de dangers et ludique. L’activité de coloriage s’apparente aux bienfaits de l’écriture manuscrite. Si écrire à la main est bon pour le cerveau, le coloriage doit s’avérer également positif. Il met en jeu un nouveau processus cérébral sans en faire une panacée thérapeutique si on est vraiment stressé.

Pour Patrick Collignan, coach spécialisé dans l’approche cognitive comportementale, « le coloriage est une source de relaxation en soi, car cela permet de se concentrer sur quelque chose d’agréable en soi qui nécessite suffisamment d’attention pour ne pas laisser les pensées négatives vagabonder…Les personnes qui choisissent le coloriage prennent du plaisir à en faire, vraisemblablement lié à un plaisir d’enfance…On peut également mobiliser les zones adaptatives du cerveau si on fait appel à sa créativité. le coloriage demande d’aller l’harmonie des couleurs, de se projeter dans le futur en imaginant le résultat final.»

Certaines bonnes âmes s’indignent de cette activité qu’elles jugent infantilisantes et qui se ferait au détriment d’autres plus culturelles et adultes! Faisons fi de ces râleurs professionnels! Ne nous privons pas de gribouiller sur ces albums à notre guise! Et pourquoi pas en famille s’échanger des crayons de couleurs et les piquer à ses enfants? Finalement, je me demande si je ne vais pas m’y mettre. En prime, je vous ai déniché deux dessins à colorier que vous pouvez imprimer et colorier à votre guise si le coeur vous en dit ! Un chat et un chien! Entre la Ronronthérapie et la Cynothérapie, vous avez le choix!

Chat à colorier

Sources:http://www.teteamodeler.com/scolarite/psycologie/coloriage1.asphttp://www.rfi.fr/culture/20140505-art-therapie-succes-coloriages-adultes/http://www.aatq.org/arttherapyhttp://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23073547http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23073547,21247921,23886343,17952163,7809739,10264527,13568530,12997661,3853059,18879851,3185221,10298784,12980060,13844954,5139569?report=docsum

http://www.lemonde.fr/vous/article/2014/05/07/le-coloriage-pour-adultes-un-retour-a-l-enfance-bienfaiteur_4412501_3238.htmlhttp://mercredietcie.blogspot.fr/2010/11/les-vertus-du-tricot.html

LE CHIEN, UN MÉDICAMENT COMME LES AUTRES?

Depuis 2010, la cynothérapie fait partie de l’arsenal thérapeutique de l’hôpital psychiatrique Pinel d’Amiens qui compte près de 300 malades.

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Après avoir publié les posts « Oscar, un chat hors du commun » et « Ronron thérapie, une thérapie au poil » , sous la houlette de mon chat Cachemire, il est temps de parler du chien, de ses qualités extraordinaires en Thérapie Assistée par l’animal (TAA) ou encore connue sous le nom de zoothérapie . L’aide inestimable du chien comme médiateur thérapeutique est l’objet de la cynothérapie, une branche de la zoothérapie. La cynothérapie est le soin des troubles psychiatriques, avec pour médiateur un chien dit « thérapeutique ».

Boris Levinson, psyschologue à l’université de Yeshiva aux USA, devint l’instigateur de la Pet Therapy dans les années 60 et le principal pionnier de la TFA (thérapie facilitée par l’animal). Il démontra, en 1950, le rôle thérapeutique de l’animal durant ses séances de thérapie chez certains patients. Une interaction s’établit par hasard, au cours d’une consultation ,  entre le chien du psychologue et un jeune autiste qui jouèrent ensemble. Cette interaction privilégiée permit à l’enfant de verbaliser pour la première fois. L’enfant demanda à revoir le docteur Jingles (le chien) en disant de lui qu’il « était un drôle de médecin ». Dans les années 70, deux psychiatres américains, Samuel et Elisabeth Corson, mirent en présence des chiens et des adolescents perturbés ne réagissant pas aux neuroleptiques et aux électrochocs (c’était le protocole thérapeutique de l’époque); les résultats  s’avérèrent prometteurs.

La première association internationale de chiens de thérapie (en anglais, therapy dogs) aurait vu le jour avec Elaine Smith, une nourrice agréée qui travaillait avec son chien, un Golden retriever. En 1976, elle crée un programme de visites d’hôpitaux avec des chiens dressés dans cet objectif.

Aujourd’hui, Ange Condorcet, vétérinaire, étudie dans les écoles, les hôpitaux psychiatriques et les cabinets vétérinaires la relation particulière entre l’enfant et son animal familier; elle confirme que le chien facilite la communication.

Depuis 2010, la cynothérapie fait partie de l’arsenal thérapeutique de l’hôpital psychiatrique Pinel d’Amiens qui compte près de 300 malades. Prescrit par une cinquantaine de médecins, près de 259 patients âgés de 6 à 98 ans, souffrant de troubles psychiatriques divers ont été pris en charge par la cynothérapie. En complément de traitements traditionnels, cela va sans dire, mais cela permet de diminuer leur intensité. Les patients promènent un golden Retriever et les deux King Charles, Zoé et Evie.

La présence des chiens dans le service facile la libération de la parole dans les groupes thérapeutiques, et voir un animal sur les genoux d’un thérapeute permet d’atténuer le cadre formel et impersonnel d’un hôpital psychiatrique.  Selon le Dr Guillaumont, cette thérapie « permet aussi de diminuer chez certains patients les traitements psychotropes administrés jusqu’alors. L’effet d’apaisement apporté par l’animal rend les patients plus calmes et de ce fait-là, il n’y a pas besoin d’être dans une escalade thérapeutique». Quand on connait les effets secondaires des psychotropes, c’est un résultat encourageant. 

Les diverses études montrent qu’une minorité de patients restent indifférents à la présence d’un chien (ou d’autres animaux d’ailleurs).
En 2006, une étude pilote publiée dans la revue JRDD sur des personnes aphasiques a démontre que le chien avait rendu plus agréable et moins stressant le protocole de rééducation, en soulignant qu’entre un protocole classique et la cynothérapie, les résultats étaient équivalents. Si le chien améliore l’humeur et réduit le stress, c’est déjà merveilleux! Le chien comme d’ailleurs d’autres animaux sont des vecteurs pour ouvrir le patient vers l’extérieur, et réduisenr son stress.

L’apport de l’animal en psychiatrie militaire a été utilisé en Irak par l’armée américaine en décembre 2007. Six chiens ont été envoyés pour aider les soldats à faire face au stress aigue, TDA et dépression chronique. C’était un défi d’envoyer une équipe de cynothérapie là bas.

De plus en plus de chiens font leur apparition dans des EPHAD pour réconforter les séniors. L’un des choix de l’EPHAD François Grèze à Lapalisse (Allier). En collaboration avec le club canin de Saint-Prix (Allier) « Les oreilles au vent », où tous les trimestres, un show avec des chiens que les résidents peuvent brosser et câliner à volonté quelques heures.Une étude datant de 1989 (Kongabke; Buckwalter et Stolley) a permis d’évaluer la présence d’un chien sur le comportement social de 12 résidents. « Cette étude a conclu que « les activités sociales augmentent en présence de l’animal avec beaucoup d’échanges verbaux entre résidents. C’est le professionnel qui oriente les interactions, propose des sujets de discussion et favorise les rapprochements »

Sur les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, on constate avec la présence d’un chien, une amélioration de certains troubles (mémoire, amélioration du langage, de la motricité et de la fonction éxécutive). Et ke chien s’avère dans un service de soins palliatifs un facteur d’apaisement pour les personnes en fin de vie et le personnel et le personnel soignant.

Même si cela mérite des études plus approfondies, soulignons l’apport du chien en thérapie pour les enfants présentant des troubles du spectre autistique (TSA). ils se caractérisent par des déficits de réciprocité sociale et de communication, ainsi que par des comportements répétitifs. Les stratégies d’intervention basées sur l’exploitation des aspects émotionnels des relations homme- chien peuvent permettre de surmonter la difficulté des sujets atteints de TSA d’établir des relations et d’interagir efficacement avec les autres, en ciblant les principaux symptômes de ce trouble.

L’apport du chien en TAA présente plus d’avantages que d’inconvénients, même si cela relève le plus souvent de l’empirisme. Il faut aussi évoquer certaines de leurs olfactives pour détecter l’odeur corporelle de certaines maladies comme le diabète, une pathologie rénale et d’autres. Le chien est aussi capable de détecter certaines maladies neurologiques. C’est ce que Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique et médecin de formation décrit dans son article « Les crises d’épilepsie que des chiens entrainés peuvent reconnaitre ». S’appuyant sur une étude française publiée en mars de cette année dans la revue Scientific Reports, Marc Gozlan nous apprend que selon le protocole défini, « les chiens ont su distinguer l’odeur prélevée lors d’une crise d’épilepsie bien mieux que ne l’aurait prédit le hasard… Ainsi, dans 67 % à 100 % des cas, les chiens ont donné la bonne réponse…Les performances de cette détection olfactive canine pour l’épilepsie sont donc élevées. Pour trois chiens, le taux de succès était de 100 % dans tous les essais». La signature olfactive d’une crise d’épilepsie existerait bel et bien, et l’entrainement de ces chiens pourrait ainsi protéger les patients épileptiques en les prévenant d’une crise.

La TAA par le chien s’avère donc une aide précieuse qui agit manifestement sur la composante psychologique d’un trouble mental ou d’un déficit cognitif. En guise de conclusion, pour sortir des sentiers battus, et pour tous ceux qui aiment les chiens, un extrait de Doglands de Tim Willocks. Un livre qui raconte l’épopée de Furgui, un croisement de lévrier de course et de chien-loup, par lui-même.

« Ses muscles se lancèrent dans un double galop. Ses coussinets martelaient la roche. Son sang de lévrier lui donnait vitesse et puissance. Son sang de chien-loup, endurance et courage. Au lieu de se sentir plus faible, il se sentait plus fort. Et alors il comprit quelque chose d’extraordinaire. Même si le tunnel était noir comme une nuit sans étoiles, et alors même qu’il courait à toute vitesse, il ne se heurtait pas aux parois qui n’étaient qu’à quelques centimètres de lui. Furgul ne savait pas pourquoi. Il ne faisait que courir. Puis un vent étrange souffla, venu du tunnel derrière lui. Et – comme si un fantôme avait chuchoté à son âme – Furgul entendit l’appel des Doglands.»

VIDÉO SUR LES CHIENS DE L’HÔPITAL D’AMIENS

Sources:

http://zootherapie.asso.fr/publics/personnes-agees/

https://my-psychologie.com/2018/07/12/penser-la-therapie-avec-les-animaux/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cynoth%C3%A9rapie

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/cynotherapie-a-l-hopital-des-chiens-soignent-des-malades-sur-prescription_114622

https://theconversation.com/sante-mentale-quand-les-animaux-soignent-80819

https://www.lepoint.fr/sante/les-animaux-medicaments-06-09-2017-2155015_40.php

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28693538

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22388681

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18286877

LA RONRONTHÉRAPIE: UNE THÉRAPIE AU POIL!

©Terry Runyan
 
 
 

Les animaux font d’excellents auxiliaires thérapeutiques qui ont tout à fait leur place en psychothérapie. L’un de ceux qui pratiquent une thérapie au poil et zen est le chat. 11 millions de foyers français possèdent un de ces charmants félins, et la catmania n’est pas près de s’éteindre. Je fais partie des adorateurs de Bastet, la déesse chat égyptienne, et je suis l’humain de compagnie de Cachemire, un beau chartreux de onze ans!  

Le ronronnement du chat occupe l’attention des chercheurs. Au-delà de son écoute, le doux bruitage du chat est bénéfique pour l’esprit de l’homme. C’est ce qu’explique Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse, le véritable inventeur de la ronron thérapie en France. La révélation de ce phénomène lui est venue presque par hasard, peut-on lire sur le site Micetto au sujet du livre de Véronique Aïache « La  Ronron-Thérapie ».
« Tout a commencé en avril 2002, se rappelle t’il. Des statistiques, démontraient qu’après des lésions ou des fractures, les chats avaient cinq fois moins de séquelles que les chiens, et retrouvaient la forme trois fois plus vite. D’où l’hypothèse d’une authentique action réparatrice du ronronnement » 

Les bienfaits du ronron sont comparables à ceux de la musicothérapie: 

« Il apaise et agit comme un médicament sans effet secondaire…Quand l’organisme lutte contre des situations pénibles, comme le stress, le ronronnement du chat émet des vibrations sonores apaisantes et bienfaisantes, un peu comme la musique ». 

Cette détente est due à la fréquence hertzienne pour le vétérinaire.
« C’est par le tympan mais aussi les corpuscules de Pacini, des terminaisons nerveuses situées au ras de la peau, que nous percevons le ronron qui émet des fréquences basses, entre 20 et 50 hertz. Des pensées positives et de bien-être sont alors transmises à notre cerveau ».
Dans le cerveau, le ronronnement agit sur le circuit hippocampe-amygdale, une structure étroitement liée au déclenchement de la peur. Ecouter le doux bruit du ronronnement de son chat entraîne une production de sérotonine, l’hormone du bonheur, impliquée dans la qualité du sommeil et de l’humeur.
 
Jean-Yves Gauchet croit au couple thérapeutique formé entre le chat et son maître, où chacun s’occupe de la santé de l’autre. C’est ce qu’il nous dit dans son livre « Mon Chat et moi, on se soigne. » L’ouvrage, se divisé en deux parties: l’une où sont énumérées les vertus thérapeutiques du chat sur son maître, et l’autre  où le maître apprend à faire plaisir à son chat. 
Et certains chats sont aussi exceptionnels que le nôtre! Il y a Oscar, un chat hors du commun! L’étonnante faculté de ce chat est de prévenir le personnel soignant d’une maison de retraite de la mort imminente de l’un de leurs pensionnaires. L’histoire insolite sur les capacités d’Oscar montre que les animaux dans les services de soins palliatifs permettent d’exorciser, d’apaiser l’angoisse de mort des malades et la tristesse de la famille qui voit partir l’un des siens. Après que cela ne soit pas très rigoureux sur le plan scientifique, c’est une autre histoire. Au moins, c’est apaisant et a le mérite de démontrer les bienfaits de la ronronthérapie et zoothérapie en général.
 
Les bienfaits de la ronron thérapie ne datent pas d’hier. Ils  étaient déjà étudiés dans les années 50. Dans son livre « La ronron thérapie », la journaliste santé, Véronique Aïache rapporte les résultats d’une étude menée dans les années 1950 par le corps médical américain sur le ronronnement. Le stress, l’insomnie ou l’anxiété pourraient se soigner ponctuellement grâce au ronron. Une étude de 1983 a constaté que la stimulation vibratoire entre 50-150 Hz soulagé la souffrance dans 82% des personnes souffrant de douleur aiguë et chronique. Plusieurs études, au cours des 20 dernières années ont confirmé que l’utilisation de cette thérapie à basse fréquence (vibrations entre 20-140 Hz) est thérapeutique pour la croissance osseuse / guérison de la fracture, soulagement de la douleur / la réduction de gonflement, la cicatrisation des plaies, la croissance et la réparation musculaire / réparation du tendon, la mobilité des articulations et le soulagement de la dyspnée (essoufflement).

 

À tous les âges de la vie, le chat est un auxiliaire précieux. Le ronronnement du chat aurait un effet sur un bébé trop remuant dans le ventre de sa mère.
Dans les maisons de retraite qui acceptent les animaux, les chats réconfortent les résidents et brisent leur isolement. Une étude de la California’ Loma Linda University a montré que le fait de regarder des vidéos drôles, mettant entre autres des chats,  20 minutes par jour améliorait la mémoire des séniors et renforçait leur sytème immunitaire. 

 

Autre témoignage, celui de Bruno Hardy, cadre de santé, sur l’effet thérapeutique des chats dans une maison de retraite des Yvelines:

« L’une de nos clientes souffre d’un trouble du comportement et seule la présence de son chat l’apaise, il l’aide à l’endormissement.»

Les Japonais s’entourent de ces félins pour rester zen. Leur mythologie sur le chat est prolixe. Il y a une légende qui parle du chat Tama qui vivait avec un moine dans un temple. Il sauva de la foudre le seigneur d’un district au début de l’ère Edo (1603-1867) en levant sa patte pour l’inviter à se réfugier dans le temple. À sa mort, le seigneur reconnaissant fit enterré  avec tous les honneurs réservés aux grands de ce monde. Au Japon, on trouve de nombreuses statuettes du manuki-neko, un chat levant sa patte au niveau de l’oreille. C’est un symbole de chance et de prospérité pour son possesseur. 

Aussi n’est-il pas étonnant que là-bas les bars à chats aient un énorme succès. Les Japonais viennent s’y détendre après le travail, en buvant un thé tout en caressant les animaux. Il s’en est ouvert un à qui ne désemplit pas.

Si vous n’avez pas de chat, vous pouvez toujours vous procurer un enregistrement de « ronrons » thérapeutiques. Vous pouvez suivre  également des séances de sophrologie où vous écouterez  le ronronnement du chat pendant la phase relaxation profonde, à une fréquence de 25 à 50 hertz; celle qui favorise un état profond de bien-être et une diminution immédiate du stress. Le ronron est adjoint à d’autres suggestions verbales, inductions sonores ou images mentales de manière à mieux gérer le stress ou les émotions.
 
Les bénéfices de la ronronthérapie sont incontestés sur notre santé mentale , toutefois certaines maladies psychiatriques et neurologiques peuvent être transmises par le chat. Tout futur médecin devrait être formé à ces éventualités qui peuvent retarder le diagnostic.  C’est ce que décrit Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique et médecin de formation, dans son article « Sa schizophrénie» était due…au chat  publié sur son excellent blog Réalités Biomédicales.  Marc Gozlan y décrit une forme neurologique très rare de la bartonellose, maladie infectieuse, responsable de la maladie des griffes du chat dont est affectée un  adolescent américain de 14 ans diagnostiqué schizophrénique pendant deux ans. 
 

« Le jeune garçon et sa famille ont payé un lourd tribut émotionnel, social et financier pendant deux ans. « Outre le stress quotidien induit par sa maladie chez tous les membres de la famille, la mère a quitté son emploi pour lui fournir des soins à domicile, et les animaux domestiques ont été retirés de la maison (en raison des délires du garçon)…

Ce cas clinique est hors norme dans la mesure où le jeune patient aura été examiné et traité par un grand nombre de médecins (pédiatre, cardiologue, neurologue, infectiologue, dermatologue, immunologiste, optométriste, endocrinologue, gastroentérologue) avant que le diagnostic de sa maladie ne soit finalement posé et qu’un lourd traitement anti-infectieux ne soit prescrit.

Et n’oublions pas ceux qui souffrent d’ailurophobie (la phobie des chats). Mais la zoothérapie  vous propose un large éventail de thérapies cool avec d’autres animaux. (Chien, lapin, cheval avec l’équithérapie, le dauphin avec la delphinothérapie).
 
La ronron thérapie et la zoothérapie, si elles ne sont pas démontrées scientifiquement suivant les règles de l’Evidence Based Medecine révèlent des vertus insoupçonnées. La relation homme/animal est enrichissante pour nous. Nos chiens, nos chats, chevaux et tous les autres animaux sont de précieux alliés pour notre santé. Alors ne nous en privons pas.
 
Au fait, non seulement, mon chat ronronne  avec un bruit d’hélicoptère comme tous les chartreux, mais il ronfle tout aussi tout aussi fort! D’ici à ce qu’on se penche sur les vertus du ronflement félin, il n’y a qu’un pas…
 
 
Vidéo « ronronthérapie »
 
 
Sources:

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SOURIEZ, C’EST SYMPA!

Les femmes surpasseraient les hommes dans la reconnaissance des sourires sincères et en général, elles seraient plus douées pour la reconnaissance des expressions faciales que les hommes.

 

 

Le sourire est essentiel chez l’homme et l’expression de nos émotions. En souriant, nous révélons à autrui une part de nous-même.

En 1988, une étude devenue célèbre, enseignée en psychologie et publiée dans la revue Psychological Science disait que le sourire influençait notre humeur. Alors, faudrait-il se forcer à sourire? Pas si simple, c’est que montre quelques années plus tard la duplication de cette étude. Elle dément la conclusion originale, à savoir que le sourire agissant sur l’humeur n’était pas conforté ( la rétroaction faciale totale). Ce n’est pas faute d’avoir essayé, et en essayant de coller le plus possible à l’étude originale. 17 laboratoires du monde entiers et 1894 étudiants avaient été mobilisés. Mais les uns et les autres se renvoient la balles sur les biais méthodologiques. Il est cité dans un article de Christian Jarret pour le Huffington Post une recherche impliquant des personnes ayant eu des injections de Botox. 

Mais comment reconnaitre un sourire sincère? Sébastien Korb de l’Université du  Wisconsin-Madison et Didier Granjean de l’Université de Genève et leurs collègues ont montré que nous évaluons la sincérité  d’un sourire en le reproduisant en « miniature » par des micro contractions  automatiques invisibles de notre  propre visage. Un sourire authentique exprime une réelle émotion positive comme la joie ou les plaisir par exemple. Nous comprenons autrui en activant les mêmes schémas musculaires que lui;  nous rejouons dans notre corps avec  ces micro contractions une version miniature de l’expression d’autrui. Cette théorie se fonde sur les travaux de Williams James (fin XIX siècle) et sur la découverte des neurones miroirs (ces neurones qui s’activent de la même façon quand on effectue une action et quand on regarde un autre la faire. On s’est aperçu que si l’on empêchait quelqu’un d’effectuer ces micro contractions mimétiques, en lui mettant un crayon dans la bouche, on distinguait moins bien la sincérité des sourires.

 
Les sourires, perçus comme les plus authentiques, impliquent tous les muscles (corrugateur, orbiculaire, grand zygomatique et le masséter). Maintenant comme le souligne Didier Grandjean, il est possible de falsifier un sourire car tous les muscles peuvent être contractés de façon volontaire et consciente , sans que cela soit sous-tendu par une émotion. Cela nécessite une parfaite maîtrise et technique.
 

Une étude de l’université du Nouveau-Mexique, décrypte le sourire comme une attitude de soumission, et qui définirait notre statut social. La leçon à retenir serait  que lorsqu’on est un dominant, on ne doit pas sourire! À ne pas prendre au pied de la lettre, évidemment!

Les mannequins de haute couture sourient moins que celles qui représentent des marques de moindre importance. Les footballeurs les plus puissants sourient moins que les plus chétifs.

Cette étude est antinomique avec toutes celles qui démontrent les vertus d’un « sourire qui vient du fond du cœur ». Notre sourire définit notre humanité. Le sourire authentique est le révélateur du Soi, du noyau de la psyché est le reflet de nos émotions positives les plus profondes.

Bien sur, il y a les sourires de façade qui correspondent à l’hypocrisie des conventions sociales et ceux qui ne sont pas liés à des émotions positives.

Le  sourire a aussi  une forte composante culturelle. Comme au Japon. Le voyageur occidental sera frappé par ces visages qui lui semblent inexpressifs. Le japonais ne regarde pas dans les yeux comme nous. C’est contraire à sa culture. La pudeur, la timidité, les usages défendent le japonais de laisser transparaître sur son visage ses émotions et ses sentiments. La neutralité du visage a valeur de consensus. Malgré les apparences, au Japon, le sourire est l’expression la plus codifiée, et est présent dans toutes les situations. Ce qui a fait dire au jésuite Luis Froid que « les salutations se font toujours et sans faute avec un faux sourire».

Contagion émotionnelle ou pas, impact des neurones miroirs, un sourire amène souvent le sourire chez l’autre. Il y a toujours une émotion positive derrière un sourire authentique. Le sourire authentique exprime l’empathie, l’altruisme, l’intérêt que l’on porte à l’autre. Il permet de mettre en confiance l’autre, et de poser les prémices d’une relation de qualité. Sourire le plus souvent possible permet d’éprouver un bien-être intérieur. C’est ce que disait le psychologue William James au XIXe siècle. Les gens qui sourient souvent sont perçus comme ayant plus de self contrôle, à l’aise avec les autres et nettement plus séduisants que ceux qui  ne sourient pas. (Sin Lau, 1982).
 
Allez, quelques mots sur le « genré » ou tout au moins l’aptitude que l’on soit d’un sexe ou d’un autre pour reconnaitre la sincérité d’un sourire! Les femmes surpasseraient les hommes dans la reconnaissance des sourires sincères et en général, elles seraient plus douées pour la reconnaissance  des expressions faciales que les hommes. Est-ce génétique ou une construction sociale?  On n’en sait pas plus….
 
Il y a une croyance largement partagée par des médias populaires que sourire fait paraitre plus jeune que l’on n’est! Fausse croyance selon les résultats d’une recherche publiée dans le Psychonomic bulletin & Review l’année dernière.
 
En surfant sur le net pour ce post, mon regard a été attiré par le titre d’un encadré surprenant affirmant que « sourire, c’est mourir un peu ». Intriguée, j’ai poursuivi ma lecture pour en savoir plus. Sourire sur commande est certes bon pour les relations sociales mais très mauvais pour la santé! Et ce démontré par une étude du département de psychologie du travail de l’université de Francfort auprès d’hôtesses de l’air, professionnelles du sourire. Avec les vendeurs, elles seraient plus exposées au burn out. « La cordialité donne des rides mais provoque un affaiblissement des défenses immunitaires, accompagné de  stress, de dépression, de troubles de la personnalité. Bref, souriez mais pas trop.» Vraiment? 
 
L’étude de Sin Lau sur l’effet du sourire sur la personne reste la référence de base. Une personne qui sourit est perçue comme plus agréable et plus intelligente qu’une autre qui ne sourit pas.
 
Le bien-être engendré par un sourire ne fait pas que du bien à soi, il contagieux pour l’entourage. Une étude menée par la British Dental Health Foundation a montré que le fait de sourire améliore considérablement l’humeur.
 
Et puis, au diable l’étude  du Nouveau-Mexique qui met du darwinisme social derrière l’une des expressions les plus spontanées qui signe notre humanité. Alors ne nous en privons pas, et comme le dit Robert Choin :
« Le sourire est chez l’homme “l’empreinte de Dieu« . La bête ne sourit pas, et quand les hommes deviennent des loups entre eux, ils ne savent plus sourire.  »
 
 Sources :
 
 
 

	

UN TOIT POUR LES SANS-ABRIS AVEC LE PROGRAMME HOUSE FIRST!

Le programme Housing-First a permis de sortir de la rue des vétérans qui avaient fait la guerre d’Irak!


 

Sam Tsembens, psychologue au département de psychiatrie de la faculté de Colombia, est l’instigateur de « Pathways to Housing », baptisé « Housing First Model »  (PHF) en 2003. Ce programme de logement original s’adresse aux personnes sans-abri souffrant de troubles mentaux et souvent de toxicomanie.

Ce programme de réinsertion sociale et psychologique permet à des sans-abris, souffrant de troubles mentaux et d’addictions, d’être logés dans des conditions décentes tout en étant soignés.

Quand il a élaboré son programme, Sam Tsembens est parti de l’idée que le logement est un droit fondamental pour tous, y compris pour les personnes sans-abri souffrant de troubles mentaux. Sa vision est celle de la psychologie humaniste, et des deux premiers stade de l ‘incontournable Pyramide des besoins élaborée par Abraham Maslow. La satisfaction des besoins physiologiques et des besoins de sécurité au bas de la pyramide ne peuvent se concevoir que dans un environnement stable et non anxiogène. Le logement est l’une des conditions requises. Selon Sam Tsembens, le fléau des sans-abris souffrant de troubles mentaux et d’addictions doit être combattu par une nouvelle approche radicalement différente des programmes classiques.

 

Le sans-abri chronique qui souffre de troubles mentaux et d’addictions est aspiré dans le cercle vicieux du « cycle de survie »:
-rue
-hospitalisation
-placement temporaire dans une institution ou parfois prison
-rue.
Il est évident que ce cycle de survie est mortifère, et les structures traditionnelles empêchent de rompre le cycle de survie pour ceux qui souffrent de maladies mentales. Sam Tsembens a voulu démontrer l’efficacité de son programme pour sortir les gens de la rue, en leur offrant un toit sur la tête pour leur redonner confiance en eux et leur proposer des soins adaptés. PHF inverse le processus de prise en charge des programmes traditionnels qui traitent d’abord les troubles mentaux sans considérer l’aspect stressant et hautement anxiogène d’être dans la rue. L’idée novatrice de ce programme est de séparer le traitement du logement.

 
Le Housing First Model a été  soumis à l’épreuve de l’essai randomisé pour voir s’il permettait de casser le cercle vicieux de la rue pour n’en faire plus qu’un lointain souvenir. Dans cet essai randomisé, Sam Tsembens a voulu démontrer l’efficacité de son modèle qui permet à un sans-abri de se prendre en charge, de devenir autonome et améliorer sa coopération avec les différents services qui doivent s’occuper de lui. Dans un essai randomisé, les sujets sont pris au hasard pour éviter les biais de sélection (origine sociale, historique, etc). Cet essai randomisé a démontré que le PHF réduisait les coûts de la collectivité ainsi que la fréquence des séjours en hôpital psychiatrique. L’une des questions qui s’est posée avec le PHF a été la suivante: les sans abris, drogués ou souffrant deux troubles mentaux sévères sont-ils capables de se reprendre en main chez eux et sans structure permanente médicalisée qui les surveille jour et nuit?
 
Cette idée toute simple de mettre un toit au-dessus de la tête de ces personnes satisfait les besoins fondamentaux comme le sentiment de sécurité qui n’est possible que dans un refuge permanent. Séparer le logement de la  prise en charge thérapeutique favorise le libre arbitre, le choix, l’auto détermination et permet ainsi de réguler son mal-être
 
La contrepartie demandée aux sans-abri est la suivante: la compliance au au traitement, tendre vers la stabilité psychiatrique et être abstinent dans le cas des addictions. Le client du PHF a aussi des obligations financières dont celle de s’acquitter d’un loyer à la quote part de 30 % par mois. Chaque semaine, il reçoit la visite de l’un des collaborateurs du PHF qui lui pose chaque fois la question suivante : « comment puis-je vous aider? ». En fonction de la réponse, il adapte la stratégie de prise en charge. 95% des protégés de PHF préfèrent un logement individuel. L’un des anciens sans-abris évoque sa douleur morale et l’importance d’un chez-soi: « J’ai marché durant des années sans avoir une seule clé, que ce soit celle d’une voiture, de maison ou de posséder un simple trousseau de clés…Je ne pense pas que les gens comprennent, ce que c’est d’être sans trousseau de clés.»
 
La visite du logement pour le sans-abri est un temps fort du programme. Également pour le travailleur social de PHF qui l’accompagne; c’est pour lui l’occasion d’observer ses réactions pour lui offrir l’aide dont il a besoin.

Il y a deux variantes du programme PHF. Il y a the Assertive Community Treatment (ACT) pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques, et le Intensive Case Management (ICM) pour des personnes atteintes de troubles moins sévères.

Le programme comporte des protocoles de pratique d’intervention qui ont fait leurs preuves suivant les règles de « l’Evidence Based Program » pour diminuer la souffrance.
 
Ce programme a été critiqué pour avoir centré la résolution des problèmes sur le seul fait de mettre un toit sur la tête des sans abris. Or, le logement n’est qu’une étape du programme PHF, et il faut évoquer les échecs inévitables. Des personnes doivent être relogées parfois deux ou trois fois avant que le programme ne porte ses fruits.
 
Les accompagnateurs de PHF sont joignables  vingt quatre heures sur vingt quatre. Quand il y a des rechutes, ils sont dans la suspension du jugement. Afin de comprendre ce qui fait souffrir son client, ils continuent de lui poser cette question inlassablement: « Comment puis-je vous aider? »
 
Avant d’obtenir un logement définitif, le Graal du programme, il y a plusieurs étapes à suivre pour l’ancien sans-abri:
-Placement dans un logement collectif
-logement transitoire
-logement permanent.
 
Le programme Housing-First a permis de sortir de la rue des vétérans qui avaient fait la guerre d’Irak (et d’autres). En 2010, Le Federal Interagency  Council a validé cette méthode, et considère que c’est l’approche  la plus pertinente pour en finir avec les sans-abris chroniques.

 

Le modèle Housing-First sur le principe de l’essai randomisé a été appliqué avec succès dans cinq villes canadiennes. Cet essai comparatif randomisé du programme canadien incluant 2 200 personnes donne encore plus du  poids au modèle Housing first,  et l’a ainsi rendu attractif pour l’Europe en recherche de solutions pour les sans-abris. Un programme adapté aux pays européens semble se développer au fil des années si l’on se réfère au site Housing First Guide Europe. Il se peut que Housing-First soit sans doute plus adapté aux mentalités nord-américaines. Il a au moins le mérite de conjuguer le soin psychique et de loger le sans-abri chronique qui souffre de maladies mentales. En tout cas,  saluons cette belle initiative de Sam Tsembens! 

 
 

LISEZ, ÉCRIVEZ POUR STIMULER VOTRE RÉSERVE COGNITIVE!

La revue Neurology a publié une étude montrant que l’écriture et la lecture ont une incidence significative sur les facultés cognitives. C’est à la portée de tout le monde en thérapie préventive.

© Niels Frederik Schiøttz-Jensen
La maladie d’Alzheimer, une maladie neurodégénérative qui affecte les fonctions cérébrales, en particulier la mémoire est la nouvelle épée de Damoclès de ces prochaines décennies. En France, 800 000 personnes seraient concernées. Les causes de la maladie d’Alzheimer sont multifactorielles, et évoluent en fonction des observations,  souvent faites sur le rat et aussi au gré des publications régulières dans des revues scientifiques.
 
 La détection de cette maladie est devenue un enjeu de recherche.  Faisons un rapide tour d’horizon des dernières avancées. Ainsi, un nouveau test détecte une signature protéique spécifique à la maladie d’Alzheimer: le  taux du biomarqueur bêta-amyloïde. C’est une belle avancée mais la  ponction lombaire reste privilégiée car elle permet de mesurer non seulement la protéine bêta-amyloïde mais aussi la protéine tau, et ainsi que le rappelle le Dr Panchal, la signature d’Alzheimer est composée du taux des deux protéines.
 
Les connaissances sur la composante génétique ne cessent de progresser. Publiée dans la revue Nature Genetics, dans une toute fraîche communication de l’INSERM,  l’analyse de génomes de 94000 individus a permis de révéler cinq variantes génétiques associées à la maladie  d’Alzheimer. Cette découverte peut permettre d’élaborer des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Ces nouvelles scientifiques permettent de pallier de plus en plus à la subjectivité des tests cognitifs.
 
Après de nombreux articles comme celui de F Onen dans Science Direct traitent des perturbations du rythme veille-sommeil. Un sommeil réparateur s’avère également protecteur pour prévenir les risques de démence en protégeant la mémoire, et le cerveau. Observé par Brendan Lucey du Washington University Sleep Medecine Center, la qualité du sommeil -le sommeil à ondes lentes- a un impact sur le score de tau (l’un des deux biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer évoqué plus haut).
 
À côté de ces considérations purement scientifiques et prometteuses, de nombreuses études sont menées pour prévenir et retarder cette maladie à travers des comportements qui stimulent les fonctions cognitives. Des chercheurs se sont demandés si la stimulation intellectuelle, l’exercice mental ne pourraient pas avoir un effet protecteur contre la démence. Et aussi le départ à la retraite. Partir à la retraite à 65 ans, ce serait  15 % de risque en moins. Si on considère que cette étude est biaisée sur le plan méthodologique parce qu’elle n’a pris en compte que les dossiers de travailleurs indépendants et on a aussi l’impression d’un discours très orienté idéologiquement sur les « bienfaits supposés » de la retraite tardive, cette hypothèse mérite d’être élargie à d’autres professions. Et pourquoi pas mais en allant plus loin dans la méthodologie. Pour Carole Dufouil, directrice de recherche à l’ISERM« l’hypothèse principale est que le travail contribuerait à préserver la réserve cognitive.» Est-il possible d’en dire autant pour les professions requérant des efforts physiques intenses? Ceci est probablement une autre histoire. Mais la piste de la réserve cognitive reste à privilégier. « La réserve cognitive est dépendante du niveau d’éducation, de l’activité professionnelle, des activités de loisirs et des interactions sociales tout au long de la vie», et l’entretenir est à la portée de tout le monde. Son rôle doit donc être pris très au sérieux dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. De nombreuses études montrent qu’il est possible en stimulant son cerveau avec des exercices mentaux de ralentir le déclin cognitif. La revue Neurology a publié une étude montrant que l’écriture et la lecture ont une incidence significative sur les facultés cognitives. C’est à la portée de tout le monde en thérapie préventive.
 
Afin de se faire une idée sur les bienfaits de l’écriture et de la lecture, voici la retranscription des résultats de cette étude dans l’article « Lecture et écriture ralentissent le développement de la démence sénile » publié » sur le site Actualittés.« Leur étude porte sur 294 personnes, dont l’activité intellectuelle a été passée en revue. Prashanthi Vemuri, et Elizabeth C. Mormino, tous deux docteurs en philosophie travaillent à la clinique Mayo de Rochester, dans le Minnesota. Ils rappellent que la démence sénile, qui affecte une très grande proportion de personnes dans nos sociétés, a par ailleurs un coût très important, en termes de soins. D’autant que, s’il n’existe pas de traitement permettant d’enrayer la dégénérescence, le mode de vie exerce une très forte influence sur les risques de démence. « Un facteur, dans le mode de vie, qui a démontré une capacité à retarder l’apparition de démence sénile passe par la pratique d’une activité cognitive stimulante, comme la lecture, l’écriture et le jeu. Cependant, les mécanismes par lesquels ces activités ont des effets protecteurs sur l’organisme sont encore peu clairs », expliquent les scientifiques.
 
Les résultats de leurs recherches semblent bien indiquer qu’en fonction de l’activité cérébrale que l’on a pu avoir durant ses plus vertes années, on assiste à un ralentissement du déclin cognitif. Cependant, une activité cérébrale qui diminue avec le temps, peut justement être provoquée par la maladie d’Alzheimer, soulignent les chercheurs. « Nous avons prouvé pour la première fois que l’augmentation de l’activité cognitive va de pair avec une réduction du déclin mental, liée à une pathologie de type démence », assure le docteur Wilson. Leurs observations doivent encore être prises avec des pincettes, avant tout parce qu’il est impossible d’effectuer un essai clinique réellement significatif, et que l’activité professionnelle doit également être prise en compte. « Nos résultats suggèrent qu’il est tout de même une bonne idée de faire en sorte d’exercer son cerveau avec une activité cognitive quotidienne, si ce n’est pas déjà le cas. » Si la pathologie ne peut pas être soignée, il serait possible de rendre les gens plus résistants en leur faisant pratiquer une activité cérébrale régulière.
 

Les 294 personnes sondées pour cette étude avaient une moyenne d’âge de 80 ans. Certains avaient depuis longtemps une activité intellectuelle régulière, d’autres ne s’y étaient mis que récemment. En outre, la moitié avait développé une démence ou des troubles cognitifs légers, au cours des six dernières années. Tout a été passé en revue : écriture, lecture, jeux de puzzles ou de cartes, visite de musée. Et jusqu’à leur mort, en moyenne 5,8 ans après le début de l’étude, chacun a pris part à un test annuel. S’en est suivi une autopsie de leur cerveau. Celles-ci ont permis aux scientifiques de constater que 14 % des différences dans le déclin mental pourrait être attribué à l’exercice intellectuel et de la quantité d’activités auxquelles les gens ont pris part. Un taux de déclin mental de 32 % a été constaté chez ceux qui avaient une activité régulière, contre un taux de 48 % de croissance de leur démence pour les autres. Le taux de déclin cognitif était plus élevé dès lors que les personnes avaient une activité cognitive récente. « Je dirais que l’engagement dans des activités cérébrales est important à tous les stades de la vie », souligne le Dr Robert Wilson. Finalement, leur étude démontre que, si la pathologie ne peut pas être soignée, il serait possible de rendre les gens plus résistants de par ce type d’activité. La perte de connaissance qu’une maladie comme Alzheimer entraîne pourrait alors être retardée, si elle ne peut pas être évitée. »

Sources :