BIBLIOTHÉRAPIE POUR TOUS DANS LA DÉPRESSION!

La bibliothérapie est réservée aux cas non urgents, et est conçue comme la première phase d’un traitement. En aucun cas, elle ne doit se substituer aux traitements classiques de la dépression.

 
 
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Le National Health Service (NHS) britannique impose de longs délais d’attente pour consulter un médecin. Dans le cas de la dépression, on sait que mal prise en charge, elle peut gâcher la vie d’une personne pendant 10 ans à cause de ses complications, démontrées par les articles scientifiques recensés sur Pubmed. De ce fait,  la bibliothérapie outre Manche a été prescrite à des milliers de patients souffrant de dépression. 

 
La bibliothérapie est reconnue, outre Manche, depuis 2013. L’origine de ce terme remontrerait à la première guerre mondiale pour prendre en charge les soldats souffrant de stress post-traumatique (selon la terminologie actuelle). Elle est attribué au pasteur Samuel Crothers qui l’a utilisé dans un article de l’Atlantic Monthlay en 1916. La pionnière de cette discipline est l’infirmière et bibliothécaire Sadie Peterson Delanay. Elle traitait ses patients avec des lectures soigneusement sélectionnées avec l’équipe médicale, et voyait ainsi leur état s’améliorer.
 

La bibliothérapie a pris son essor à partir des années 2000 avec le livre  « Remèdes littéraires » d’Ella Berthoud  et Susan Elderkin. Si le principe est sympathique, certaines de leurs préconisations ne sont pas très académiques et ne vont pas dans le sens de la reconnaissance de la bibliothérapie comme une pratique médicale. Ce n’est pas très sérieux, ainsi que l’a relevé la journaliste Françoise Dargent dans un article du Figaro. Lire Robinson Crusoe serait censé aider en cas de pessimisme intense, et l’Insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera combatte la dépression. Vraiment?  À mon sens, c’est un dévoiement de la bibliothérapie que je qualifie d’inspiration new age et tendance bien-être. 

 
Comment la bibliothérapie marche-t-elle dans la dépression? D’abord, elle est réservée aux cas non urgents et est conçue comme la première phase d’un traitement. La bibliothérapie, en aucun cas, ne  doit se substituer aux traitements classiques de la dépression (ou autres troubles). Elle serait plus efficace en complément d’un traitement classique. Un livre de développement personnel est prescrit à l’instar d’une pilule aux patients déprimés. 
 
Mais qu’on ne s’y trompe pas, la bibliothérapie a fait ses preuves par essais cliniques comme n’importe quel traitement. L’abstract d’un article publié dans La Revue de Psychologie clinique montre que « la bibliothérapie semble être efficace dans la réduction à long terme des symptômes dépressifs chez l’adulte, fournissant un traitement rapide et abordable susceptible de réduire d’autres médicaments. Les résultats de la présente analyse suggèrent que la bibliothérapie pourrait jouer un rôle important dans le traitement d’un problème de santé mentale grave. Des études complémentaires devraient être menées pour renforcer la preuve de l’efficacité de la bibliothérapie
 
Pour être validés comme potentiellement thérapeutiques, les livres sont soumis à des essais comparatifs. Les symptômes dépressifs des patients avant et après la lecture du livre testé sont comparés à ceux des patients « sans bibliothérapie ». Les ouvrages qui ont reçu le label scientifique figurent en bonne place dans les bibliothèques locales du Royaume Uni. L’un de ces livres thérapeutiques ayant satisfait aux exigences des essais est celui  du psychiatre David Burns « Se Libérer de l’anxiété » sans médicaments, la thérapie cognitive: un auto-traitement révolutionnaire de la dépression ».
 
La Bibliothérapie ne s’adresse pas qu’aux adultes, elle s’adresse désormais aussi aux enfants dans une cinquantaine d’états étasuniens. C’est ce que propose le programme Reach out of Read, créé par le Dr Barry Zuckerman et le Dr Robert Neddlman. Dans le Wisconsin, la directrice de Reach Out Of Read, Nasvara, bibliothécaire et pédiatre préconise la lecture plusieurs minutes juste avant l’endormissement des enfants. Ses ordonnances sont en fait des listes de lectures. Le Dr Perri Klass, du Bellevue Hospital Center, a observé l’attitude des enfants envers les livres suivant leur âge. Jusqu’à six mois, l’enfant porte le livre à sa bouche comme s’il le goûtait. Vers 12 mois, l’enfant pointe du doigt dans le livre des éléments qui l’intéressent, et à partir de 18 mois, il tourne les pages. À partir de deux ans, il est capable de rester assis et d’écouter les histoires qu’on lui raconte.
 
Ce programme américain de bibliothérapie est appliqué par 12000 pédiatres américains, et vise à élargir la pratique médicale et la relation au patient; et celle de la relation parent/enfant indirectement. Le but est de résoudre le déficit de parole des jeunes enfants, permettant l’enrichissement du vocabulaire dans ces années cruciales d’apprentissage. La bibliothérapie ne dénonce pas les supports numériques, elle les fait coexister avec le livre imprimé. Pour avoir fait ses preuves, le livre papier reste le pivot de la lecture. Au-delà de l’intérêt des histoires et des récits, le livre imprimé développe l’individualité, l’empathie et l’altérité; tout ce qui forge une personnalité équilibrée. La bibliothérapie, prescrite en pédiatrie, permet une nouvelle pratique médicale qui n’est pas basée uniquement sur la pharmacopée. C’est une approche créative de la relation médecin/patient.

Barry Zuckerman précise: «… de tout ce que nous savons sur le développement du cerveau, les enfants nous apportent une compréhension dans l’apprentissage des compétences qui mènent à la lecture, depuis la naissance. Et c’est primordial, surtout depuis les trois premières années de leur vie. Le programme est une occasion unique pour les pédiatres, car ces derniers voient les enfants régulièrement, et que les parents apprécient leurs suggestions.»

Les bienfaits de certains genres de littérature sur l’enfant sont amplement connus. De nombreux penseurs et psychanalystes  comme Freud, Louise Von Franz, Mélanie Klein, Otto Rank  et d’autres se sont penchés sur l’impact des contes de fées sur la psyché de l’enfant.

Dans « Psychanalyse des conte de fées », Bruno Bettelheim a décrypté les contes de fées comme un rite de passage entre le monde de l’enfant et celui des parents. Ce que les enfants ressentent vis-à-vis d’un récit est très important dans leur développement émotionnel. Le conte donne du sens à leur vie, et il est formulé dans un langage symbolique accessible à leur imaginaire. La simplicité des situations et des personnages sur un mode manichéen (bons et méchants, géants, ogres) est un excellent exutoire aux pensées et sentiments réprimés dans la vie réelle. Bruno Bettelheim analyse les contes de fées suivant la rhétorique psychanalytique. Ainsi, le conte des « Trois petits cochons » mettent en scène l’opposition entre le principe de plaisir et le principe de réalité. Celui de « Blanche Neige » se rattache aux conflits oedipiens, et « La  Gardienne d’oie » à celui de l’inceste.

Pour Bruno Bettelheim « raconter un conte de fées, exprimer toutes les images qu’il contient, c’est un peu semer des graines dans l’esprit de l’enfant. Certaines commenceront tout de suite à faire leur travail dans le conscient de l’enfant; d’autres stimuleront des processus dans l’inconscient. D’autres vont rester longtemps en sommeil jusqu’à ce que l’esprit de l’enfant ait atteint un stade favorable à leur germination, et d’autres ne prendront jamais racine. »

S’il est pertinent de citer les pionniers de la bibliothérapie, il est bon de revenir à la méthodologie scientifique. La dépression et l’anxiété sont les troubles mentaux les plus courants chez l’enfant et l’adolescent. La bibliothérapie est un traitement utilisant des matériels écrits pour des problèmes de santé mentale. Ses principaux avantages sont la facilité d’utilisation, le faible coût, les besoins en personnel et une plus grande confidentialité. Pourtant, peu de méta-analyses ont porté sur l’effet de la bibliothérapie sur la dépression et les troubles anxieux chez les enfants et les adolescents, ce qui signifie d’emblée que c’est une méthode complémentaire. Selon les conclusions de la revue Neuropsychiatric Disease and Treatment, la bibliothérapie pourrait être plus bénéfique dans le traitement de la dépression chez les adolescents, mais présente des effets moins robustes pour l’anxiété chez les enfants. Des études cliniques complémentaires bien définies doivent être réalisées pour confirmer ces résultats.

Une partie de notre cerveau est consacré à la lecture. « La lecture fait appel à une région bien précise au sein de la mosaïque de régions spécialisées du cortex temporal ventral» (Stanislas Dehaenne). C’est ainsi que Stanislas Dehaene a découvert avec le neurologue Laurent Cohen, que la lecture développe une aire de la forme visuelle des mots, cachée dans la région du cortex occipito-temporal de l’hémisphère gauche. 

Si la bibliothérapie doit encore faire ses preuves, elle a l’énorme avantage de jouer le rôle de rééducation cognitive à l’instar de la remédiation cognitive. Dans une dépression, il ya de nombreux troubles cognitifs dont celui de l’attention, d’une focalisation sur les émotions négatives et d’une baisse de l’humeur. La bibliothérapie permet de détourner l’attention du dépressif, et de lui redonner le gout de l’effort cognitif, et de stimuler son imagination. Mais la bibliothérapie reste encore en France une pratique médicale peu courante et marginale.

VIDÉO SUR LES NEURONES DE LA LECTURE PAR STANISLAS DEHAENNE

FAUT-IL DORMIR ENSEMBLE POUR ÊTRE HEUREUX EN COUPLE?

La synergologie n’a aucun fondement acceptable dans « la connaissance de l’autre ».C’est une discipline autoproclamée malgré sa popularité!

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©John Gannam

 À l’occasion de la Saint Valentin, un petit un tour d’horizon  sur certaines études qui parlent de la psychologie du couple. Très subjectif et il faut le prendre sur un ton badin car ce qui compte, c’est l’alchimie du couple et elle est unique. Alors, commençons par une étude menée par le psychologue Richard Wiseman dans le cadre du Festival international des sciencesd’Édimbourg. il est possible d’évaluer l’harmonie d’un couple n observant sa position quand il dort. La question centrale est: sont-ils collés ou non? Dormir collé l’un à l’autre nous rendrait plus heureux. Bien!

L’étude présentée par Richard Wiseman est ludique et conforte « le bonheur de dormir ensemble » lorsqu’on est en couple. Le lit est bien évidemment le lieu privilégié de l’intimité du couple. Outre celui de l’érotisme, ça coule de source, partager le même lit permet aussi au couple de se retrouver lorsque les contingences matérielles et l’éducation des enfants les séparent la journée.

Et puis, c’est bien connu après s’être disputé, on se réconcilie sur l’oreiller!
Concernant l’étude de Richard Wiseman qui affirme que le bonheur dans le couple est lié aux positions du sommeil des deux partenaires, montrons nous sceptiques même s’il fait partie des sceptiques et a publié une quarantaine d’articles scientifiques. Il a commencé sa carrière comme magicien avant de se tourner vers la psychologie, et cela en fait un personnage sympathique! Côté méthodologie, le psychologue a établi une grille d’analyse pour déterminer si l’on est plus indécis ou sensible aux critiques des autres, si l’on dort en position fœtale, plus confiant et ouvert, si l’on dort sur le dos. Mesurer le bonheur des couples suivant le fait que les deux dorment en regardant dans la même direction ou dos à dos, s’ils se touchent ou pas est étonnant! Dans notre sommeil nous bougeons, et le couple peut donc, au cours de la nuit, passer alternativement de la position royale à la position fœtale, dormir dos à dos ou face à face, s’éloigner ou se toucher. Passer de l’état d’introverti à celui d’extraverti ! Tout le monde à la même enseigne! Évidemment, mon commentaire se veut ironique. On aimerait vraiment connaître la méthodologie de Richard Wiseman dans cette étude ! Il n’est pas si facile de bien dormir, et dans les positions académiques décrites par  Richard Wiseman, et nous bougeons 40 fois au cours de la nuit (hors troubles du sommeil). C’est vraiment dommage d’évaluer uniquement un couple à travers la façon dont il se comporte quand il dort! Décrypter les positions dans le sommeil suivant la personnalité est typique de la synergologie, qui est la science du comportement et des gestes. Force est de constater que la synergologie est populaire et connaît un étonnant succès éditorial dans le domaine de la vulgarisation des sciences humaines.

La synergologie a été fondée par le Philippe Truchet en 1996, et elle n’est qu’une pseudoscience qui essaye de capter une légitimité scientifique en se démarquant comme une discipline à part entière.

Elle n’a aucun fondement acceptable dans « la connaissance de l’autre » que ce soit dans la vulgarisation psychologique de la connaissance de soi. C’est une discipline autoproclamée malgré sa popularité!
Vincent Denault, Pierrich Plusquellec et Serge Larivée de l’Université de Montréal ainsi que Dany Plouffe de l’Université McGil mettent en évidence les failles scientifiques de cette discipline autoproclamée. Dont détournement du vocabulaire scientifique, appel à l’autorité, raisonnement circulaire, défaut de lien avec d’autres disciplines scientifiques, utilisation d’anecdotes et de témoignages informel et absence d’évaluation par les pairs. Ce n’est pas si simple! Le corps ne dit pas tout haut ce que l’esprit pense ! On ne lit pas dans l’autre comme dans un livre ouvert en le jugeant uniquement sur sa communication non verbale.

Certes, les gestes, le regard, la voix sont importants pour cerner l’autre, mais la communication non verbale est liée à la communication verbale, et les deux sont indissociables. Et pourtant, la pseudo science de la synergologie se réclame de courants tout à fait sérieux comme ceux de Gregory Bateson, Paul Watzlawick, Edward T. Hall, des personnalités du monde des sciences humaines hors pair qui n’ont jamais prétendu que l’on pouvait connaître autrui uniquement à travers la communication non verbale.

La synergologie n’a pas fait ses preuves au niveau de la science. La communication dans le couple passe avant tout dans l’engagement, le dialogue et la vie commune pour ceux qui le souhaitent. Même si l’on se montre sceptique envers les résultats de Richard Wiseman, tout n’est pas négatif. Les couples qui se touchent en dormant seraient plus heureux. Les statistiques semblent exagérées mais le principe est sympathique. L’importance du toucher est primordial pour entretenir le bonheur dans le couple. Elle permet l’intersensorialité et le soutien de l’excitation sexuelle. Le contact tactile dans le couple est important en dehors de la vie sexuelle. Le toucher est le premier sens éveillé, et il faut l’entretenir tout au long de la vie. La psychologie néglige souvent d’étudier cette dimension du toucher dans le bonheur. La tendresse, l’amour dans le couple se manifeste aussi dans les gestes du toucher, en dehors de la sexualité. En dehors du sommeil, à l’état de veille également, et en dehors du lit ! L’étude est biaisée dès le départ car affirmer que les couples qui dorment en se touchant et se faisant face sont plus heureux est vraiment réducteur. Ce genre d’étude présentée au festival d’Édimburg peut impressionner le grand public qui y voit un gage de sérieux, mais les professionnels de la médecine, la psychologie et la psychanalyse qui connaissent le BA-Ba de la méthodologie scientifique sont plus réservés. Les querelles de chapelles sont nombreuses dans le domaine des théories de la psyché, mais tous unanimement, dénonceront la connaissance de l’autre uniquement à travers sa communication non-verbale, et pire encore sa position dans le lit lorsqu’il dort.
On est loin des idées de Freud, des manifestations inconscientes et de la vie nocturne ou effectivement l’esprit continue à travailler. Ne serait-ce qu’à travers les rêves. Faut-il vraiment culpabiliser les couples qui ne dorment pas « ensemble » ? Qu’est-ce qui se passe si l’autre décrypte qu’il est incompatible avec son partenaire à travers sa position dans son sommeil ? Ils se séparent ? Et tous ceux ne dorment pas dans le même lit ? Ceux qui dorment dans des lits jumeaux ? Ceux qui font chambre à part ? Ils ne seront pas heureux? Plus sérieusement, ce genre d’étude induit des généralités sur le comportement, qui sont à prendre avec des pincettes. Il s’en passe des choses dans un lit, mais tout couple a le droit, sans culpabiliser, de se demander s’ils sont vraiment faits pour dormir ensemble.

Une donnée à considérer est celle de la dimension transculturelle du sommeil et de la chambre à coucher étroitement liée à l’intimité et qui a évolué en Occident au fil du temps. Prenons l’exemple japonais. Une autre conception de l’intimité avec la chambre à coucher et le lit. Les Japonais déroulent chaque soir dans la chambre à tatamis leur futon, et les pièces sont séparées par des cloisons coulissantes garnies de papier de riz, très peu isolantes à tout point de vue. Il n’y a également pas de matérialisation de la chambre avec les Touaregs qui utilisent plusieurs habitats (tentes en nattes ou en peaux de chèvres).

Le bonheur de dormir ensemble n’est pas systématique. Décrypter la personnalité de l’autre et son degré de bonheur à travers son sommeil l’est encore moins. Dormir à deux, c’est plus difficile qu’il n’y paraît. Il y a une dimension transculturelle du lit et une dimension de confort. De plus en plus, il y a une demande de lits de plus en larges. Cela vous étonne-t-il? Nous passons en moyenne vingt-quatre ans dans notre lit! Le professeur Damien Léger du centre du sommeil et de la vigilance de l’AP-HP de Paris fait remarquer que pour les couples, c’est la plus longue période passée ensemble. Et il y a des non-dits dans le couple à ce sujet.  Il voit « très régulièrement des personnes qui ont du mal à dormir à deux, mais qui n’osent pas l’avouer ». Certains couples optent pour des lits jumeaux ou des chambres séparées parce qu’ils ressentent cette promiscuité comme une perte d’espace vital. D’autres, comme une contrainte qui nuit à la qualité de leur sommeil. Il y a également les adeptes des lits en grande largeur ou chacun vit sa nuit de rêve dans la position qui lui convient. Avant de décrypter l’autre à travers les positions dans son sommeil, il faut plutôt privilégier le dialogue, l’écoute et l’empathie tous les jours.

Et peut-être, lorsqu’on a décidé de vivre sous le même toit, choisir son lit ensemble, et ne pas hésiter à dire à l’autre comment on a envie de dormir. Se rendre chez un spécialiste de la literie sera plus salvateur pour le couple la nuit. Et le manuel du Kama Sutra favorisera plus le bonheur du couple que l’étude des positions dans le sommeil de Richard Wiseman ! Les recettes du bonheur ne sont pas toutes faites! À chaque couple son alchimie personnelle pour être heureux ensemble. Y compris la nuit! Car la nuit c’est sacré.