POST COVID-19: N’OUBLIONS PAS QUE LA NATURE PEUT AIDER LES SÉNIORS À BIEN VIEILLIR!

« Les catégorisations de l’âge correspondent au regard subjectif que la société porte sur elle-même selon les circonstances». (D.Boulbès)

Voici deux ans, j’avais écrit le billet sur les bienfaits de la nature chez les séniors. Je n’ai pas changé d’avis sur la nécessité de proposer aux personnes âgées de « baigner dans la nature ». Mais la pandémie Covid-19 est passée par là depuis mars dernier. Le confinement indifférencié a bouleversé cette approche ancrée dans la nature, et j’en arrive aujourd’hui à la qualifier de romantique ou du moins utopique au vu du traitemen qu’ont subi certaines personnes âgées en institution! Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les mots  » protégeons nos vieux » ou nos « aînés » ont souvent été lâchés pour justifier la raison de ce confinement indifférencié qui a privé tout le monde de ses libertés élémentaires dont celui de circuler, et il était recommandé en priorité aux personnes de plus de 70 ans de pratiquer un confinement total. Car si les formes sévères du Covid-19 avec mortalité ont touché, selon les statistiques, les personnes âgées de plus de 80 ans, des moins de 60 ans sont aussi décédées. Définir la vieillesse n’est pas aisé.

Car ce serait oublier que la notion de vieillesse a évolué depuis la seconde moitié du XX° siècle avec les progrès de la science médicale. Comme l’a souligné Dominique Boulbès, auteur de la Silver économie, « Les catégorisations de l’âge correspondent au regard subjectif que la société porte sur elle-même selon les circonstances ». Ce sont des étiquettes qui ne correspondent pas à la réalité vécue. Le pire c’est que sont les plus âgés d’entre nous qui usent et en abusent de ces étiquettes! De rappeler que le mot vieillard désignait alors les quadragénaires selon César-Pierre Richelet en 1680. On parle aujourd’hui du quatrième âge pour les grands séniors de plus de 80 ans, et ils constituent la majorité des résidents d’EHPAD et sont souvent dépendants.

Les grands séniors en EHPAD ont payé un lourd tribut en terme de mortalité avec la Covid-19, et dans des conditions que nous ne souhaiterions pas à notre pire ennemi! Difficile d’avoir le nombre exact de décès en EHPAD! Juste des tendances: 57 % au Canada, 55 % en Irlande et près de la moitié des victimes recensées en France et en Belgique.Et ce n’est pas imputable aux équipes soignantes mais à une bureaucratie tatillonne, une insuffisance de matériel de protection des équipes soignantes et de tests à grande échelle! Des salariés d’EHPAD ont fait preuve d’un dévouement sans faille en restant confinés en non stop avec les résidents à l’instar de celui de Mansle en Charente. Juste de l’altruisme et de la bienveillance et qu’ils en soient remerciés!

Les grands séniors ont été isolés de manière stricte pour limiter les risques de contamination et sans leurs proches aux derniers instants de leur vie. Des psychiatres et gérontologues ont tiré la sonnette d’alarme devant cette situation indigne! Le psychiatre Serge Hefez a perdu lui même sa mère durant cette période de confinement en EHPAD mais a eu en portant des protections pu lui dire « Adieu »; ce dont furent privés de nombreux proches ayant eu leurs parents en EHPAD en fin de vie! Les paroles de Serge Hefez sont éclairantes: « On ne peut pas faire son deuil si on n’a pas accompagné son proche à la fin de sa vieToute la noblesse et la dignité en fin de vie d’un proche est de les accompagner, leur tenir la main, les rassurer, être près d’eux pour ce passage de la vie à la mort et pourtant beaucoup en sont privés. On perd notre humanité, on entre dans une espèce de barbarie en étant dans un hygiénisme trop protecteur alors même que la mort fait partie du rythme de la vie »  

Alors quelles réflexions envisager autour des grands séniors? Y aura-t-il à chaque épidémie de grippe comme seule solution le confinement total des séniors? Les désocialiser et leur mettre le moral au trente sixième dessous en les isolant dans leur chambre et en limitant leur relations sociales et familiales dans leur dernier lieu de vie? Aucune application high tech comme Face time ou autre tablette (voire un robot) ne remplacera un contact charnel avec autrui! Ou bien de clamer haut et fort que des animations sont mises en place pour les distraire comme s’ils étaient des enfants à qui on offre un spectacle de marionnettes? Ainsi font font les marionnettes! Bref , de décider ce qui est bien à leur place, le principal étant de préserver des vies au détriment de la qualité de vie! Ça donne bonne conscience. Vraiment?

Alors peut-être avant de lancer des grands plans politiques nébuleux pour améliorer le sort des personnes âgées, il faut reconnaitre que la maison de retraite réduit, par essence, les libertés individuelles. Même s’il n’a pas parlé des maisons de retraite, les observations du sociologue américain Irving Goffman sur les institutions totalitaires comme les hôpitaux psychiatriques (et la prison) s’appliquent à elles. Un EHPAD est une institution totale, celui décrit par Goffman comme suit:  « L’institution totale est un lieu de chamboulement où l’individu se voit déposséder de sa liberté, de ses allées et venues; son périmètre de vie se rétrécit, et la notion de temps est soumise aux contraintes de l’institution buraucratique ». Parfaite illustration de ce qui s’est passé lors du confinement! Les nécessités technocratiques de la pandémie ont démontré que la vie privée et la vie institutionnelle dans les EHPAD ne faisaient plus qu’un. Le règlement s’est immiscé dans l’intimité des résidents et a impacté celle de ses proches. L’exigence thérapeutique s’est transformé en contrôle social. Allez demander aux familles ce qu’ils en ont pensé…Les grands séniors dans les EHPAD ont été les derniers à être déconfinés! Que dire de témoignages de personnes de 92 ans parfaitement valides et privées de sortie? Et le nombre de visiteurs restreints, tout ça, car il était impossible de protéger les équipes soignantes et de faire passer des tests à grande échelle!

Alors, peut-être serait-il judicieux à l’avenir de revenir aux préceptes simples préconisés dans l’étude anglo-saxonne de Jessica Findlay sur les bienfaits de la nature pour les séniors parue en 2015, « dans Health and Nature », une revue spécialisée en psychologie de l’environnement. Quand les séniors se connectent quotidiennement à elle, ils en tirent de vrais bénéfices, affirme cette étude. Avoir accès à la nature (parcs, points d’eau…) permettrait de rester en bonne santé et de mieux vieillir.

Passer chaque jour un moment dans la nature améliorerait la qualité de vie, la santé morale et physique des personnes âgées. Les résultats de cette étude sur les bienfaits de la nature chez les séniors peuvent sembler pour les jeunes ou les moins jeunes une évidence en cette période estivale!  C’est l’occasion pour beaucoup d’entre nous d’aller se ressourcer au bord de la mer, dans la campagne ou à la montagne. Quand on est en pleine possession de ses capacités physiques et mentales, il semble facile de bouger à sa convenance, prendre sa voiture ou le train pour aller se promener dans les bois, aller sur la plage. Ors, ce n’est pas toujours le cas pour les personnes âgées. Notamment pour celles qui souffrent de pathologies diverses, invalidantes, dépendantes, isolées ou encore en maison de retraite médicalisée jusqu’à la fin de leurs jours. Nous en avons eu une petite idée avec la laisse de 1 km et la longe de 100 km octroyées généreusement lors de la limitation de nos déplacements pendant le confinement. Et les bois, forêts, parcs et plages fermées.

Alors commençons par nous interroger nous sur la qualité de vie de nos aînés quand ils sont coupés de la nature, avec parfois la sensation d’être claquemurés dans une institution ou une maison de retraite. Car une maison de retraite reste un cadre de vie contraint, qui réduit les libertés individuelles de la personne qui s’est résignée à finir ses vieux jours là-bas pour diverses raisons. Et ce durcissement des contraintes sanitaires dues au Covid-19 a aggravé leur conditions de vie. Qu’en est-il de leur psyché, en sachant que selon des enquêtes réalisées en France en 2015, 33% des résidents d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), souffriraient de dépression? Outre cela, le risque de suicide est plus élevé chez les seniors de plus de 85 ans, deux fois plus que pour les jeunes de 25 à 44 ans. Or, le fait d’être triste ou pessimiste ne doit pas être considéré comme normal pour une personne âgée, et il n’est peut-être pas besoin de leur administrer des doses massives de psychotropes, dont on sait aujourd’hui que l’excès est délétère.

C’est un autre paradigme que proposent dans leurs conclusions Jessica Finlay et son équipe de l’université du Minnesota sur les effets bénéfiques de la nature chez les séniors en maison de retraite sont novatrices, même si ce que s’y raconte semble des lieux communs pour les plus jeunes. L’importance de la nature est fondamentale sur le bien être physique et moral des séniors! Comme le reconnaît la gérontologue Jessica Finlay, cette étude est « empirique », bien que répertoriée dans la base de données scientifiques de Medline qui cite les études sérieuses. C’est d’abord une réflexion pour les politiques de prise en charge des personnes âgées, en construisant des espaces qui accueillent les personnes sur l’ensemble de leur vie. Les pouvoirs publics pensent d’abord à la construction d’aire de jeux pour les enfants mais rarement à des bancs pour que les grands-parents puissent les regarder s’amuser. Cette importance de la nature sur le bien-être physique et moral de nos aînés s’inscrit dans un courant humaniste qui est celui de la psychologie de l’environnement. Il étudie comment l’environnement physique immédiat d’une personne affecte sa psyché, son bien-être physique et mental, ainsi que son comportement.

Et également dans le courant de la psychologie positive, qui est l’étude scientifique des forces du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être. La notion de paysage thérapeutique, avec l’importance des espaces verts et aquatiques, met l’accent sur la dimension hédonique, liée à l’augmentation des émotions agréables et comportant également une dimension endémonique, avec le sentiment que la vie a du sens jusqu’au dernier souffle.

Cette étude anglo-saxonne s’oppose à la notion de pathologisation, de médicalisation forcenée de la personne âgée au détriment de la qualité de vie, l’épanouissement de soi. Avoir accès à la nature influence la qualité de vie, alors pensons y pour nous aînés et dans les propositions politiques de la prise en charge de la dépendance des séniors. Alors, quel est l’impact positif de la nature observé par Jessica Finlay sur le bien-être de nos aînés ?

Avoir accès chaque jour à la nature influence leur qualité de vie. Un environnement boisé, un parc, ainsi que des étendues d’eaux avec des bassins, des lacs, des fontaines, une rivière, augmentent leur bien-être physique, moral et la connectivité spirituelle.Un étang, un banc avec vue sur des massifs fleuris est quelque chose de positif. Le simple bourdonnement d’une abeille sur les fleurs, ou même le fait d’avoir vue sur des pots de fleurs sur un rebord de fenêtre est important pour une personne en maison de retraite.

Jessica Finlay parle de mettre en place des espaces de socialisation pour faciliter les interactions sociales et les rencontres intergénérationnelles en proposant des activités avec les amis, les familles et les voisins dehors. Comme le souligne Jessica Finlay, « avoir accès à des espaces verts et aquatiques encourage les aînés à avoir envie de sortir. C’est un facteur de motivation pour rester actif physiquement, garder le moral et avoir envie de nouer des relations sociales ».– Faire de la natation, marcher dans l’eau ou avoir un contact avec la nature permettent d’accroître l’immunité et d’avoir une meilleure résistance physique. Le simple fait d’avoir des points d’eau comme des piscines et des pataugeoires favorisent les activités physiques.-Être motivé pour sortir  et ainsi éviter la dépression

Ces milieux naturels permettent, en maison de retraite, de trouver des raisons de sortir, de franchir une simple porte pour aller dehors, de quitter ce cadre de vie contraint. Certains seniors ont perdu l’habitude d’un acte aussi simple. C’est important pour la qualité de vie d’éviter la sensation d’ennui, l’isolement, la solitude subie et le sentiment d’inutilité, qui sont facteurs de dépression.

La chercheuse Jessica Finlay applique aux aînés les mêmes principes de psychologie positive qui favorisent le bonheur comme pour les plus jeunes. Elle propose trois conseils pour bien vieillir :

1.Focus sur le bien-être global. La santé mentale et sociale est tout aussi importante que la santé physique.

2.Laisser aux aînés en maison de retraite la liberté de sortir. En clair, ne pas les confiner à l’intérieur de quatre murs.

3. Priorité au contact quotidien avec la nature. Avoir la possibilité et s’asseoir dans un parc, regardez l’eau couler d’une fontaine ou même de simples plantes. Alors il est grand temps que les préceptes de cette étude soient suivis d’effets.

Tout comme la nature, soyons bienveillants envers les personnes âgées. Et aucune pandémie ne justifie la privation des libertés des plus âgés d’entre nous au motif que l’on sauve des vies. La liberté!

COVID-19: AU SUJET DU RÔLE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.

L’IA de BlueDot inclut plus de 40 ensembles de données spécifiques reflétant la circulation du virus et le potentiel de contamination.

Et si nous parlions du rôle de l’Intelligence Artificielle dans la pandémie du SARS-CoV-2? Le concept fait peur, et pourtant l’IA a pris de l’ampleur dans gestion de la pandémie! Le monde décrit par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov prend forme jour après jour. Loin d’être un conteur de fiction imaginative, il était professeur de biochimie à l’université de Boston; outre ses livres de science-fiction, il s’était attelé à de la vulgarisation scientifique de qualité.

Futurologue avant l’heure, Isaac Asimov avait imaginé en 1964, le monde de 2014 (sept ans avant la pandémie actuelle). Il avait imaginé l’ère des robots aux cerveaux positroniques. Un cerveau positronique (néologisme de l’auteur) est un appareil technologique fictif, Il tient le rôle d’unité centrale pour les robots, et, sans plus de précision, leur fournit une forme de conscience reconnaissable comme telle par les humains. Même le robot Kenshiro, fait de muscles et d’os n’arrive pas à la cheville des robots imaginés par Isaac Asimov ni même ceux qui sont évoqués ci-dessous dans ce post. Mais Il est temps après ces digressions de revenir à l’IA dans la gestion du SARS-Cov-2; elle s’avère salvatrice dans bien des situations.

Revenons au tout début de la pandémie. Dès le 31 décembre 2019, BlueDot, une start-up canadienne avait détecté les premiers signes de l’infection à la Covid-19 bien avant avant l’annonce officielle de l’OMS. On sait maintenant grâce à des témoignages de plus en plus nombreux de médecins sur le terrain que des patients étaient déjà contaminés en décembre. Quel fût le process de Bluedot ?

L’algorithme de détection mis au point par cette startup canadienne incorpore des données collectées sur des forums en ligne, des recherches de symptômes sur Google, des reportages, des bulletins de santé ou des déclarations officielles. Il étudie aussi les conditions climatiques réelles, les déplacements de populations grâce à la vente des billets d’avion, la carte des trajets aériens, la population d’animaux et d’insectes et la capacité du système de santé. L’IA de BlueDot inclut plus de 40 ensembles de données spécifiques reflétant la circulation du virus et le potentiel de contamination. Ces données (anonymes) collectées par BlueDot ne sont pas accessibles au quidam comme vous et moi mais réservées aux institutions de santé publique d’une douzaine de pays, aux compagnies aériennes et aux hôpitaux dans lesquels les personnes contaminées pourraient se rendre. The Lancet, revue prestigieuse de professionnels, est dithyrambique sur BlueDot concernant l’épidémie de Zika. Comme il l’est écrit noir sur blanc sur leur site, la startup canadienne a prédit avec précision avec cet algorithme la propagation mondiale du SARS-CoV-2. Il faut rappeler que la conception d’un tel algorithme est le fruit d’une intelligence collective.

L’une des mesures les plus surprenantes et digne du monde d’Isaac Asimov est celle de l’utilisation de robots limitant les interactions physiques pour diminuer la charge virale et casser la chaîne de contamination! C’est la mission assignée à Spot, le chien robot de Boston Dynamics où à Singapour, il s’est chargé de rappeler les règles de distanciation sociale. Spot est capable d’estimer le nombre de personnes présentes dans un parc. Je reconnais que c’est flippant et liberticide d’avoir un truc en métal venir vous tancer car vous avez dérogé aux règles sanitaires, mais ce n’est pas la seule mission de Spot! Il a aussi été mis à contribition pour livrer des médicaments à des personnes atteintes du SARS-Cov-2 confinées à Changi Exhibition Center.

Un hôpital américain, celui de Birmingham Women, a adapté Spot en plate-forme mobile de télé-médecine pour connecter les soignants par un système de visioconférence, dans le but de protéger le personnel de santé des patients potentiellement contaminants. Équipé d’un IPAD et d’un « talkie walkie », le robot-chien aide ainsi à trier les patients à distance qui attendent devant les centres hospitaliers dévolus au Covid-19. Spot n’est pas le seul robot à aider les équipes soignantes. Toujours aux États-Unis, ICT Journal rapporte qu’un robot a été impliqué pour traiter le premier malade du Covid-19. Le patient avait été placé en observation et surveillé par un robot équipé d’un stéthoscope et d’un écran pour communiquer et était téléguidé par les médecins.

Dans mon post « La robot-thérapie, un avenir prometteur », j’avais évoqué Pepper, le robot social capable d’analyser les sentiments, capable de danser une gigue endiablée ( je force le trait) ou de plaisanter. Dans la gestion de la pandémie actuelle, Pepper est employé à la mission d’aider les proches des personnes hospitalisées pour la Covid-19 à l’hôpital de la Salpêtrière. Depuis avril dernier, quatre robots humanoïdes Pepper de Softbank sont équipés d’un écran et d’une application, de téléprésence pour permettre aux proches de converser avec le patient hospitalisé sans risque d’attraper le virus. Si ces visites robotiques ne remplacent pas la chaleur humaine, c’est mieux que rien! L’homme garde toujours le contrôle de décider de l’emploi du robot. La preuve est que pour d’autres tâches, les qualités de Pepper n’ont pas convaincu le personnel infirmier.

«Dans le cadre d’un service de réanimation, un robot humanoïde n’est pas la forme la plus adaptée pour faire de la télévisite, note Nicolas Boudot. Il y a des contraintes telles que le personnel préfère utiliser des moyens plus simples, comme des télévisions sur pied.» Qu’à cela ne tienne Pepper sera affecté à des tâches d’accueil du public pour lui rappeler les règles sanitaires en cours et éviter aux soignants d’être en contact avec lui.

Dans la gestion de la pandémie, le Rwanda a adopté un prototype de robot humanoïde, qui dans le même esprit que Spot et Pepper permet d’assurer aux médecins un traitement à distance. 5 robots ont ainsi été mis en service à Kigali.Munis d’un bras électronique, il sont programmés à diverses tâches dont celle de servir des repas dans les chambres des personnes contaminées par le SARS-Cov-2 ou transporter des échantillons au laboratoire, soulageant ainsi le personnel hospitalier. Cette technologie va aussi assister les médecins dans la détection des cas suspects dans la communauté. Les autorités sanitaires envisagent la détection des températures corporelles anormales dans la foule. Selon Zora Robotics qui construit ces appareils, chaque robot a la capacité de dépister entre 50 et 150 personnes par minute. Quel assistant efficace au service de l’homme!

L’autre avantage qu’offre cette technologie, fait remarquer Tommy Deblieck, co-PDG de cette société, est que ces robots peuvent, en plus de prendre la température, détecter si une personne porte un masque facial ou non. Mais ainsi que le souligne « un médecin épidémiologiste Jean Damascène Rurangwa, à SciDev.Net, au regard de la situation actuelle de la COVID-19, aucun robot ne peut faire un meilleur travail que les médecins.» Et faut-il que les soignants soient formés à son maniement! .

D’autres pays se sont mis dans l’air du temps des robots soignants! Comme l’Italie, la Tunisie! Au Sénégal, les élèves ingénieurs de l’école polytechnique de Dakar ont conçu un robot soignant multitâches qu’ils ont baptisé « Docteur Car » capable de parler plusieurs langues comme le wolof, le pulaar, le français et l’anglais! Un bel exemple d’intelligence collective et des jeunes gens à l’avenir prometteur! Au Danemark, les chercheurs ont mis au point un robot capable d’effectuer des prélèvements de gorge, toujours dans l’esprit d’éviter que les équipes soignantes soient touchées par le SARS-Cov-2.

L’ère des robots infirmiers, épidémie virale ou non, ne fait que commencer, et bouleverse la conception du soin médical, et également de la relation avec les patients. Il en sera de même avec le développement à grande échelle de la téléconsultation. Évidemment, on s’inquiéter de la technologisation du soin qui place une machine entre le médecin et le patient, risquant en cela une certaine déshumanisation du soin. Il faudra alors inventer une nouvelle approche du soin qui complètera ou prendra le relais. Pourquoi pas une nouvelle fonction du psychologue qui assiste les équipes médicales?

Il y a une autre utilisation des robots plus contestée, qui est celle de la désinfection de l’air ou des surfaces contaminées par la Covid-19. Ainsi le Robot chinois Thor-1 a été présenté comme une arme fatale anti-virus dans un parc technologique à Hangzhou. L’entreprise Boston Dynamics compte mettre au point des lampes UV pour désinfecter les lieux publics et les établissements médicaux. Tout « en notant tout de même qu’aujourd’hui aucune étude scientifique n’a démontré l’efficacité des UV dans la destruction des germes du SARS-CoV-2.»

Ors, Anne-Claude Crémieux, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis, ne semble pas enchantée par ces prototypes de robot nettoyeur. Lors d’une interview, elle déclare que « Désinfecter l’air extérieur ne sert à rienCe n’est pas en respirant l’air d’une ville, où il y a de nombreux cas de personnes contaminées qu’on s’infecte, c’est au contact étroit de personnes malades. La seule façon de lutter contre une épidémie, c’est de rompre la chaîne de contamination entre humains, en isolant les malades.» Même son, de cloche de la part de Bruno Hoen, directeur de la recherche médicale à l’Institut Pasteur. « Le virus n’est pas vivant dans l’environnement, mais dans l’organisme des sujets malades. »

Il est manifeste que les robots déployés lors de la crise sanitaire évitent les contaminations au SARS-Cov-2 en chaine des soignants en première ligne et sont des assistants infatigables! On peut être dérangé par un aspect de la relation médecin/malade qui peut paraitre déshumanisant, mais dans certaines situations, il faut aussi évaluer le risque/bénéfice et dans le cas de la gestion de la Covid-19, c’est tout bénéfice pour les soignants. Pour les générations à venir, les robots soignants feront partie intégrante de la médecine .

J’avais cité en introduction de ce post avec Isaac Asimov, et je vais le conclure avec l’une de ses citations empruntée au Cycle des robots, les cavernes d’acier, écrit entre 1950 et 1980! Terriblement contemporain mais nul doute qu’Isaac a fait plus que nourrir l’imagination de ses lecteurs, il leur a donné le goût de la science!

Mais pourquoi donner aux robot une forme humaine ?
– Parce que la forme humaine est, dans toute la nature, celle qui donne le meilleur rendement. Nous ne sommes pas des animaux spécialisés, monsieur Baley, sauf au point de vue de notre système nerveux, et dans quelques autres domaines. Si vous désirez construire un être mécanique, capable d’accomplir un très grand nombre de mouvements, des gestes et d’actes, sans se tromper, vous ne pouvez faire mieux qu’imiter la forme humaine.

Vidéo sur les robots en Italie.