UNE DIABOLIQUE AFFAIRE!

La famille De Védrines, notables du Sud-Ouest, est restée sous l’emprise du gourou de Monflanquin durant longue onze années!

Casting du téléfilm Diabolique diffusé sur France 3 en avril 2016

En avril 2016, France 3 a diffusé le téléfilm « Diabolique »de Gabriel Arghon, inspiré d’un fait réel, celui des reclus de Monflanquin, un dossier qui a occupé de nombreuses années la MIVILUDES.

Si cette affaire semble passée, elle est toujours d’actualité. Exemplaire, elle montre la notion d’emprise d’emprise mentale sur un groupe de personnes, en l’occurence une famille. Un homme sans scrupules que l’on peut qualifier sans l’ombre d’un doute de gourou a abusé financièrement et psychologiquement d’une famille entière.

Thierry Tilly, ce gourou a été condamné en juin 2013 par la cour d’appel de Bordeaux à dix ans de prison pour avoir ruiné une famille de notables bordelais par des méthodes douteuses de manipulation mentale. En 2012, il avait été condamné  à huit ans de prison pour « abus de faiblesse sur personnes en état de sujétion psychologique, détention arbitraire et violences volontaires ».

Le procureur a requis dix ans de prison contre ce « mythomane stratégique », qui affecte l’innocence. Le jugement a suivi la réquisition du procureur, et l’on ne peut que s’en féliciter pour les victimes.  La famille De Védrines, notables du Sud-Ouest, est restée sous l’emprise du gourou de Monflanquin durant longue onze années! Une tranche de vie conséquente!

La presse s’est largement faite l’écho de cette affaire, et le lecteur curieux peut consulter à travers le web l’historique de cette manipulation mentale, et les résumés du procès qui a opposé les victimes à Thierry Tilly.  Les témoignages des victimes sont éloquents du calvaire qu’ils ont vécu pendant onze ans. Ghislaine Marchand raconte que « c’était un cauchemar terrible. Plus j’avance et plus je me rends compte à quel point nous avons été esquintés». Christine de Védrines, l’une des onze victimes, surnomme Thierry Tilly, « l’Escroc », « le Manipulateur »,  « le Caméléon » ou encore le « Fantôme ». Elle se livre sans  fard ni honte dans son livre « Nous n’étions pas armés ».  Un témoignage courageux!


Thierry Tilly a usé de toutes les techniques de manipulation mentale pour dépouiller cette famille de tous leurs biens. Cette mise sous emprise mentale s’est faite par une série de pressions et de techniques psychologiques qui mènent à la sujétion mentale. On a de la peine à croire qu’une famille entière ait été victime d’un gourou. Et pourtant, cela peut arriver à n’importe qui ! C’est l’une des difficultés majeures à faire passer ce message, à laquelle se heurtent les associations qui luttent contre les dérives sectaires. Nous sommes tous manipulés à des degrés divers, et nous sommes aussi également tous des manipulateurs.  

Il faut évoquer la personnalité du gourou, et son équilibre mental. Celui de Monflanquin a soulé la Cour par son incohérence, son délire, sa mythomanie. Thierry Tilly va se prétendre tour à tour roi d’Israël, neveu de la reine d’Angleterre, membre de la famille qu’il vient d’escroquer. Il s’est également  vanté d’être agent secret et victime d’un complot maçonnique dont il voulait protéger la famille. Rien que ça!

Face à une personnalité comme celle de Thierry Tilly -ou d’un autre gourou- d’aucuns évoqueraient le registre de la personnalité du Pervers Narcissique. Cette étiquette popularisée par le livre de Marie-France Hirigoyen Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, a été dévoyée et fait aujourd’hui l’objet de livres supposant délivrer aux lecteurs les recettes pour y échapper. Si cela marchait réellement, ça se saurait, et on les aurait éradiqués depuis belle lurette de la surface de la terre. Ce n’est pas si simple de se mettre à l’abri d’une personnalité si diabolique. Dans son autre livre « Abus de faiblesse et autres manipulations », ouvrage majeur sur la manipulation mentale à mettre entre toutes les mains, Marie-France Hirigoyen estime que nous sommes tous manipulés, tous manipulateurs à des degrés divers. Il y a des frontières à ne pas franchir pour aliéner l’autre, le mettre sous sujétion mentale pour pas devenir victime de « personnes de mauvaise compagnie ».

Le profilage du gourou de Monflanquin est celle de tout manipulateur qui met sous emprise ses victimes à des fins liberticides. Un gourou sait cerner la personnalité, et exploiter ses failles par la coercition mentale et physique. Qui n’a pas ses faiblesses psychologiques ? Le génie du manipulateur est  justement de les repérer et de s’en servir pour détruire l’autre.

Toute sujétion psychologique présente les trois phases interactives:
séduction/Destruction/Reconstruction.

Cet engrenage infernal va conduire les victimes à la soumission aveugle qui détruit la psyché. Ce n’est qu’après être sorti de cet engrenage infernal que les victimes peuvent prendre de la distance et réaliser l’horreur de cette sujétion psychologique aveugle, de la perte de leur libre-arbitre.   Ces trois phases s’observent dans l’affaire de Monflanquin. 

D’abord,  celle de la séduction.  Thierry Tilly est présenté dans les règles de l’art. Doté d’un charisme hors norme comme tout gourou, il arrive à  gagner au fil du temps  la confiance de la famille. «La puissance de son regard était quasi hypnotique. Il nous a rendus prisonniers de nous-mêmes», témoigne Philippe de Védrines. Christine de Védrines témoigne, conforte les témoignages des autres membres de sa famille: « Il a passé du temps à écouter Ghislaine (sa belle soeur), il savait tout sur nous et nos comptes en banque, analyse -t-elle! . C’est quelqu’un de très intelligent qui vous scanne et détecte rapidement vos défauts et vos qualités.


« Il a gagné la confiance de ma belle-sœur et de ma belle-mère, dont l’influence était prépondérante dans cette famille matriarcale».«Il est arrivé nimbé de pouvoirs extraordinaires et apportait à chacun les réponses qu’il attendait » assure-t-elle. 


Et Charles-Henry note qu’il « a réussi à placer ses pions partout pour tirer les ficelles. Avec un petit bout de vérité, il faisait un gros mensonge».   Une fois la confiance installée, Thierry Tilly est passé à la seconde phase qui est celle de la destruction de la personnalité. Il va semer la zizanie en exploitant les rivalités familiales, les mesquineries confortant le fameux adage « Diviser pour mieux régner ». Il isole la famille du reste du monde, et en dicte leur mode de vie. Ils vont être onze à vivre reclus sans téléphone, volets fermés dans le château familial de Monflanquin, dans le Lot et Garonne. Le harcèlement moral, les mensonges diffamatoires notamment sur la fidélité conjugale de Christine de Védrines feront partie de sa boîte à outils du parfait manipulateur. L’un des enfants serait né d’un inceste avec son père, le pire étant que son mari le croira un temps.

Thierry Tilly exploitera le manque de confiance de Christine de Védrines pour l’épuiser moralement. Il utilisera avec elle la coercition physique avec la complicité involontaire des autres membres de la famille, car sous sujétion mentale et incapables de prendre du recul et de mesurer la portée de la violence physique et morale. Thierry Tilly la séquestrera plusieurs jours dans une pièce, et la forcera de rester sur une chaise face au mur. « Je suis devenue moins qu’un être humain, un sous-homme », écrit-elle dans son livre.

Elle n’est pas la seule à parler de cette mise sous emprise. « Tilly a mis un pistolet psychologique sur nos tempes et passait son temps à nous dresser les uns contre les autres. Il séduit sa proie, puis il l’enserre, l’englue, l’épuise» (Ghislaine de Védrines).

« C’est un prédateur. Il a pris notre argent, mais en plus il nous a cassés » accuse Diane, la plus jeune de la famille, qu’il a réussi à faire travailler 90 heures par semaine, en Angleterre.

La reconstruction de la personnalité des uns et des autres selon les desiderata machiavéliques du gourou de Monflanquin, a permis à ce dernier de dépouiller la famille de son patrimoine qui s’élevait à plusieurs millions d’euros. Christine de Védrines aura un jour un déclic sur Thierry Tilly, et en mars 2009, elle s’enfuira pour échapper au gourou. Elle contactera un avocat bordelais spécialisé dans les dossiers manipulation mentale, et aidera sa famille à sortir de l’emprise de Thierry Tilly jusqu’au procès de 2012 mais qui les aura laissé ruinés moralement et financièrement.

Si le dossier pénal est clos, l’affaire s’est poursuivie au civil après la condamnation de Thierry Tilly. La famille a tenté de récupérer le château à Monflanquin qui avait été vendu en  2008 lorsque la famille était séquestrée à Oxford par le gourou. La cour d’appel d’Agen a rejeté la requête des époux de Védrines en estimant que le nouveau propriétaire était de bonne foi.

Et qu’est devenu Thierry Tilly? Il est sorti de prison en juillet 2017 après avoir purgé une peine de dix ans. À sa sortie et à la suite d’un malaise sur la voie publique, il a été interné dans une UMD.

Quelques mots sur l’expertise psychiatrique faite par Daniel Zagury sur Thierry Tilly: M. Tilly a procédé comme un «psychanalyste dévoyé»: engrangeant d’abord les confidences de Ghislaine de Védrines, puis celles de ses frères, enfants, nièces et neveux, il s’est trouvé en mesure de maîtriser toutes les frustrations et non-dits de cette famille de la noblesse protestante qui trouvait enfin une oreille attentive. Agissant comme dans un «abus de transfert», il a alors monté les uns contre les autres, démiurge incontesté et terrifiant plongeant ses proies dans une régression infantile totale pour mieux les dévaliser. «Les Védrines ne sont pas devenus bêtes d’un coup, note le psychiatre, mais leur intelligence a été mise en jachère.»

Si ce fait divers « Le mot de la fin » de ce post sur cette sordide histoire de manipulation mentale revient à Christine de Védrines qui justifie le titre de son livre : « J’ai intitulé mon livre « Nous n’étions pas armés car nous sommes des gens naïfs, qui n’avaient jamais été  confrontés aux mensonges. Nous sommes tombés sur un être  machiavélique qui a exploité nos failles. »   Cela peut arriver à n’importe qui.

Sources: http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/25/1613450-comment-tilly-a-tisse-sa-toile.htmlhttp://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/l-affaire-dans-les-griffes-du-gourou-27-05-2013-2840561.phphttp://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/le-gourou-de-monflanquin-assure-etre-le-roi-d-israel-et-le-neveu-de-la-reine-d-angleterre_1243123.html

LE COLORIAGE POUR ADULTES: ART-THÉRAPIE OU MARKETING?

L’activité de coloriage s’apparente aux bienfaits de l’écriture manuscrite. Si écrire à la main est bon pour le cerveau, le coloriage doit s’avérer également positif.

On pensait la pratique du coloriage réservée aux enfants de moins de dix ans ans. J’en offre d’ailleurs aux jeunes enfants de ma famille! Je me souviens avec délice des albums à colorier que ma mère m’offrait quand j’étais malade! Un rituel réconfortant du haut de mes huit ans! Pour l’enfant, cette activité facilite le développement psychomoteur de l’enfant, sa concentration et la précision du geste écrit.

Après cet épisode Madeleine de Proust, devenue adulte, je constate que je pourrai de nouveau gribouiller à mon aise! Les albums à colorier sont devenus pour les adultes un phénomène de mode! Il a démarré simultanément, en 2012, en France et aux États-Unis!

Mais quels seraient les bénéfices du coloriage? Chez l’adulte, il favoriserait la concentration et apporterait le calme. Colorier ces albums aurait des vertus thérapeutiques insoupçonnées! Même une action supposée sur l’insomnie! L’engouement des adultes pour ces coloriages est tel, que les albums sont en tête des ventes des ouvrages de loisirs créatifs. Leur nombre de ventes est comparable à celui des livres sur la méditation ou les massages. Anne Le Meur, responsable éditoriale chez Hachette Loisirs, est surprise de cet engouement des adultes pour les coloriages. Selon elle, l’une des raisons qu’elle évoque est celle-ci: « très sollicités par les écrans, le flux des mails, les gens veulent revenir vers du papier, vers des activités plus calmes sur lesquelles ils peuvent se concentrer». « Les inspirations sont multiples. Les thématiques autour des animaux – surtout les chats —, les fleurs ou encore les grandes expos du moment plaisent beaucoup», révèle Anne Le Meur. » Analyse pertinente!

Ces fameux gribouillages à compléter sont venus d’Angleterre, par l’entremise de maisons d’édition spécialisées dans les dessins. Les best-sellers portent sur les mandalas, les jardins, ou encore, sur des pièces de mode (My fashion Coloriage). Ayant retrouvé leur âme d’enfant, les fans  se font un plaisir de publier leurs oeuvres sur les réseaux sociaux et You Tube.

L’esprit de ces albums de coloriage sont catégorisés dans les labels comme «art thérapie», «mindfulness» ou «anti-stress», situant l’acte de colorier quelque part entre la psychothérapie et la méditation. Ces vertus me semblent quelque peu exagérées!

En cherchant des données « relativement sérieuses » (j’ai zappé pubmed), je suis tombée sur l’origine de ces albums, très éloignée de la psychothérapie! Elle remonte à 1960 et faisait dans la farce séditieuse et la satire sociale! Critique de l’American Way of Life, du conformisme et de la société de consommation. Ces albums furent politisés pour dénoncer les obsessions politiques du gouvernement américain de l’époque. Ainsi, Le « John Birch Society Coloring Book » tourne en ridicule le groupement anticommuniste qui porte ce nom et raille la paranoïa ambiante en affichant une page blanche avec cette légende: « Combien de communistes parvenez-vous à trouver sur cette image? J’en ai trouvé onze. Cela demande de l’entraînement.» Cet aspect politique de l’album à colorier n’a pas disparu. On peut encore choisir son personnage politique fétiche à colorier. De Hilary Clinton à Donald Trump.

Alors quel est le public de ces albums à colorier? Essentiellement des femmes, de tous âges! Des jeunes filles aux vieilles dames! C’est à se demander si cette activité  n’a pas remplacé le tricot, la broderie et tapisserie  d’antan. Et après tout, j’ose appliquer les vertus du tricot à ceux des albums à colorier. Ses vertus thérapeutiques ont été étudiées par le docteur Herbert Bendon, de l’institut du cerveau à Harvard: un moyen de mettre le corps en mode relaxation. En tricotant, le taux de cortisol baisse (hormones du stress) alors que celui de la dopamine et de la sérotonine(hormones du bien être) augmente. Évidemment, la méthodologie concernant les vertus thérapeutique du tricot est légère; cette affirmation sympathique ne précise pas si elle est exempte des lobbies de la laine ou de ceux prônant la femme au foyer. Bref, des conflits d’intérêts! Mais les propos du Dr Herbert Benson méritent toute notre attention. Il a écrit de nombreux articles publiés sur la base de données Pubmed sur la relation entre le corps et l’esprit. Il est surtout connu pour son best-seller de 1975, The Relaxation Response, dans lequel il décrit comment l’esprit peut influencer les niveaux de stress par le biais d’outils tels que la méditation.

Revenons à nos moutons! Les albums à colorier sont estampillés bien-être ou art-thérapie. Mais est ce vraiment de l’art-thérapie ou une simple activité ludique?

L’art-thérapie est apparue dans les années 30. Et ce à partir d’observations d’enseignants en arts plastiques qui avaient remarqué que les dessins libres et spontanés des enfants étaient très intéressants, et pouvaient être un support pour décrypter le plan émotionnel et symbolique. L’art thérapie est une discipline des sciences humaines, même si elle ne répond pas aux critères scientifiques rigoureux. « Le projet vaste (de l’art-thérapie) concerne le mieux-être global de la personne », écrit Jean-Pierre Klein, pionnier de l’art-thérapie en France. Psychiatre, auteur dramatique, il dirige une école de formation d’art-thérapeutes. L’art-thérapie est une forme de psychothérapie qui englobe l’expression et la réflexion tant picturale que verbale.

Les problèmes abordés en art thérapie sont analogues à ceux d’une psychothérapie verbale classique. Le processus thérapeutique est engagé par la création d’une œuvre avec le matériel d’arts plastiques tout en discutant avec le ou la thérapeute. L’art-thérapie va permettre à la personne d’exprimer un potentiel thérapeutique à travers la création. Elle renforce la créativité, et comme les rêves les créations (ou le geste lorsqu’il s’agit de la danse) qui sont des expressions de l’inconscient. L’activité créatrice aide à réduire le stress et l’intrusion de la pensée négative. L’art thérapie aborde les problèmes cliniques et aident les personnes qui désirent explorer et renforcer leur créativité. Introduite dans les différents secteurs de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des services communautaires, elle rend d’immenses services. Aujourd’hui, la base de données Pubmed (recueil des données scientifiques) fait état de nombreux articles scientifiques sur l’art thérapie. Elle est souvent indiquée en traitement complémentaire, et dans la réhabilitation sociale de personnes souffrant de troubles psychiques. Le spectre de son application est large: schizophrénie, autisme, dépression, maladie d’Alzheimer, soins palliatifs, etc…

Navrée, malgré les accroches marketing, les albums de coloriage pour adultes ne sont pas vraiment de l’art thérapie, ô combien les maisons d’éditions et les sites de vente en ligne affirment le contraire! Mais si c’est du marketing pur et dur, c’est une activité dénuée de dangers et ludique. L’activité de coloriage s’apparente aux bienfaits de l’écriture manuscrite. Si écrire à la main est bon pour le cerveau, le coloriage doit s’avérer également positif. Il met en jeu un nouveau processus cérébral sans en faire une panacée thérapeutique si on est vraiment stressé.

Pour Patrick Collignan, coach spécialisé dans l’approche cognitive comportementale, « le coloriage est une source de relaxation en soi, car cela permet de se concentrer sur quelque chose d’agréable en soi qui nécessite suffisamment d’attention pour ne pas laisser les pensées négatives vagabonder…Les personnes qui choisissent le coloriage prennent du plaisir à en faire, vraisemblablement lié à un plaisir d’enfance…On peut également mobiliser les zones adaptatives du cerveau si on fait appel à sa créativité. le coloriage demande d’aller l’harmonie des couleurs, de se projeter dans le futur en imaginant le résultat final.»

Certaines bonnes âmes s’indignent de cette activité qu’elles jugent infantilisantes et qui se ferait au détriment d’autres plus culturelles et adultes! Faisons fi de ces râleurs professionnels! Ne nous privons pas de gribouiller sur ces albums à notre guise! Et pourquoi pas en famille s’échanger des crayons de couleurs et les piquer à ses enfants? Finalement, je me demande si je ne vais pas m’y mettre. En prime, je vous ai déniché deux dessins à colorier que vous pouvez imprimer et colorier à votre guise si le coeur vous en dit ! Un chat et un chien! Entre la Ronronthérapie et la Cynothérapie, vous avez le choix!

Chat à colorier

Sources:http://www.teteamodeler.com/scolarite/psycologie/coloriage1.asphttp://www.rfi.fr/culture/20140505-art-therapie-succes-coloriages-adultes/http://www.aatq.org/arttherapyhttp://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23073547http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23073547,21247921,23886343,17952163,7809739,10264527,13568530,12997661,3853059,18879851,3185221,10298784,12980060,13844954,5139569?report=docsum

http://www.lemonde.fr/vous/article/2014/05/07/le-coloriage-pour-adultes-un-retour-a-l-enfance-bienfaiteur_4412501_3238.htmlhttp://mercredietcie.blogspot.fr/2010/11/les-vertus-du-tricot.html

LE CHIEN, UN MÉDICAMENT COMME LES AUTRES?

Depuis 2010, la cynothérapie fait partie de l’arsenal thérapeutique de l’hôpital psychiatrique Pinel d’Amiens qui compte près de 300 malades.

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Après avoir publié les posts « Oscar, un chat hors du commun » et « Ronron thérapie, une thérapie au poil » , sous la houlette de mon chat Cachemire, il est temps de parler du chien, de ses qualités extraordinaires en Thérapie Assistée par l’animal (TAA) ou encore connue sous le nom de zoothérapie . L’aide inestimable du chien comme médiateur thérapeutique est l’objet de la cynothérapie, une branche de la zoothérapie. La cynothérapie est le soin des troubles psychiatriques, avec pour médiateur un chien dit « thérapeutique ».

Boris Levinson, psyschologue à l’université de Yeshiva aux USA, devint l’instigateur de la Pet Therapy dans les années 60 et le principal pionnier de la TFA (thérapie facilitée par l’animal). Il démontra, en 1950, le rôle thérapeutique de l’animal durant ses séances de thérapie chez certains patients. Une interaction s’établit par hasard, au cours d’une consultation ,  entre le chien du psychologue et un jeune autiste qui jouèrent ensemble. Cette interaction privilégiée permit à l’enfant de verbaliser pour la première fois. L’enfant demanda à revoir le docteur Jingles (le chien) en disant de lui qu’il « était un drôle de médecin ». Dans les années 70, deux psychiatres américains, Samuel et Elisabeth Corson, mirent en présence des chiens et des adolescents perturbés ne réagissant pas aux neuroleptiques et aux électrochocs (c’était le protocole thérapeutique de l’époque); les résultats  s’avérèrent prometteurs.

La première association internationale de chiens de thérapie (en anglais, therapy dogs) aurait vu le jour avec Elaine Smith, une nourrice agréée qui travaillait avec son chien, un Golden retriever. En 1976, elle crée un programme de visites d’hôpitaux avec des chiens dressés dans cet objectif.

Aujourd’hui, Ange Condorcet, vétérinaire, étudie dans les écoles, les hôpitaux psychiatriques et les cabinets vétérinaires la relation particulière entre l’enfant et son animal familier; elle confirme que le chien facilite la communication.

Depuis 2010, la cynothérapie fait partie de l’arsenal thérapeutique de l’hôpital psychiatrique Pinel d’Amiens qui compte près de 300 malades. Prescrit par une cinquantaine de médecins, près de 259 patients âgés de 6 à 98 ans, souffrant de troubles psychiatriques divers ont été pris en charge par la cynothérapie. En complément de traitements traditionnels, cela va sans dire, mais cela permet de diminuer leur intensité. Les patients promènent un golden Retriever et les deux King Charles, Zoé et Evie.

La présence des chiens dans le service facile la libération de la parole dans les groupes thérapeutiques, et voir un animal sur les genoux d’un thérapeute permet d’atténuer le cadre formel et impersonnel d’un hôpital psychiatrique.  Selon le Dr Guillaumont, cette thérapie « permet aussi de diminuer chez certains patients les traitements psychotropes administrés jusqu’alors. L’effet d’apaisement apporté par l’animal rend les patients plus calmes et de ce fait-là, il n’y a pas besoin d’être dans une escalade thérapeutique». Quand on connait les effets secondaires des psychotropes, c’est un résultat encourageant. 

Les diverses études montrent qu’une minorité de patients restent indifférents à la présence d’un chien (ou d’autres animaux d’ailleurs).
En 2006, une étude pilote publiée dans la revue JRDD sur des personnes aphasiques a démontre que le chien avait rendu plus agréable et moins stressant le protocole de rééducation, en soulignant qu’entre un protocole classique et la cynothérapie, les résultats étaient équivalents. Si le chien améliore l’humeur et réduit le stress, c’est déjà merveilleux! Le chien comme d’ailleurs d’autres animaux sont des vecteurs pour ouvrir le patient vers l’extérieur, et réduisenr son stress.

L’apport de l’animal en psychiatrie militaire a été utilisé en Irak par l’armée américaine en décembre 2007. Six chiens ont été envoyés pour aider les soldats à faire face au stress aigue, TDA et dépression chronique. C’était un défi d’envoyer une équipe de cynothérapie là bas.

De plus en plus de chiens font leur apparition dans des EPHAD pour réconforter les séniors. L’un des choix de l’EPHAD François Grèze à Lapalisse (Allier). En collaboration avec le club canin de Saint-Prix (Allier) « Les oreilles au vent », où tous les trimestres, un show avec des chiens que les résidents peuvent brosser et câliner à volonté quelques heures.Une étude datant de 1989 (Kongabke; Buckwalter et Stolley) a permis d’évaluer la présence d’un chien sur le comportement social de 12 résidents. « Cette étude a conclu que « les activités sociales augmentent en présence de l’animal avec beaucoup d’échanges verbaux entre résidents. C’est le professionnel qui oriente les interactions, propose des sujets de discussion et favorise les rapprochements »

Sur les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, on constate avec la présence d’un chien, une amélioration de certains troubles (mémoire, amélioration du langage, de la motricité et de la fonction éxécutive). Et ke chien s’avère dans un service de soins palliatifs un facteur d’apaisement pour les personnes en fin de vie et le personnel et le personnel soignant.

Même si cela mérite des études plus approfondies, soulignons l’apport du chien en thérapie pour les enfants présentant des troubles du spectre autistique (TSA). ils se caractérisent par des déficits de réciprocité sociale et de communication, ainsi que par des comportements répétitifs. Les stratégies d’intervention basées sur l’exploitation des aspects émotionnels des relations homme- chien peuvent permettre de surmonter la difficulté des sujets atteints de TSA d’établir des relations et d’interagir efficacement avec les autres, en ciblant les principaux symptômes de ce trouble.

L’apport du chien en TAA présente plus d’avantages que d’inconvénients, même si cela relève le plus souvent de l’empirisme. Il faut aussi évoquer certaines de leurs olfactives pour détecter l’odeur corporelle de certaines maladies comme le diabète, une pathologie rénale et d’autres. Le chien est aussi capable de détecter certaines maladies neurologiques. C’est ce que Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique et médecin de formation décrit dans son article « Les crises d’épilepsie que des chiens entrainés peuvent reconnaitre ». S’appuyant sur une étude française publiée en mars de cette année dans la revue Scientific Reports, Marc Gozlan nous apprend que selon le protocole défini, « les chiens ont su distinguer l’odeur prélevée lors d’une crise d’épilepsie bien mieux que ne l’aurait prédit le hasard… Ainsi, dans 67 % à 100 % des cas, les chiens ont donné la bonne réponse…Les performances de cette détection olfactive canine pour l’épilepsie sont donc élevées. Pour trois chiens, le taux de succès était de 100 % dans tous les essais». La signature olfactive d’une crise d’épilepsie existerait bel et bien, et l’entrainement de ces chiens pourrait ainsi protéger les patients épileptiques en les prévenant d’une crise.

La TAA par le chien s’avère donc une aide précieuse qui agit manifestement sur la composante psychologique d’un trouble mental ou d’un déficit cognitif. En guise de conclusion, pour sortir des sentiers battus, et pour tous ceux qui aiment les chiens, un extrait de Doglands de Tim Willocks. Un livre qui raconte l’épopée de Furgui, un croisement de lévrier de course et de chien-loup, par lui-même.

« Ses muscles se lancèrent dans un double galop. Ses coussinets martelaient la roche. Son sang de lévrier lui donnait vitesse et puissance. Son sang de chien-loup, endurance et courage. Au lieu de se sentir plus faible, il se sentait plus fort. Et alors il comprit quelque chose d’extraordinaire. Même si le tunnel était noir comme une nuit sans étoiles, et alors même qu’il courait à toute vitesse, il ne se heurtait pas aux parois qui n’étaient qu’à quelques centimètres de lui. Furgul ne savait pas pourquoi. Il ne faisait que courir. Puis un vent étrange souffla, venu du tunnel derrière lui. Et – comme si un fantôme avait chuchoté à son âme – Furgul entendit l’appel des Doglands.»

VIDÉO SUR LES CHIENS DE L’HÔPITAL D’AMIENS

Sources:

http://zootherapie.asso.fr/publics/personnes-agees/

https://my-psychologie.com/2018/07/12/penser-la-therapie-avec-les-animaux/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cynoth%C3%A9rapie

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/cynotherapie-a-l-hopital-des-chiens-soignent-des-malades-sur-prescription_114622

https://theconversation.com/sante-mentale-quand-les-animaux-soignent-80819

https://www.lepoint.fr/sante/les-animaux-medicaments-06-09-2017-2155015_40.php

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28693538

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22388681

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18286877

LISEZ, ÉCRIVEZ POUR STIMULER VOTRE RÉSERVE COGNITIVE!

La revue Neurology a publié une étude montrant que l’écriture et la lecture ont une incidence significative sur les facultés cognitives. C’est à la portée de tout le monde en thérapie préventive.

© Niels Frederik Schiøttz-Jensen
La maladie d’Alzheimer, une maladie neurodégénérative qui affecte les fonctions cérébrales, en particulier la mémoire est la nouvelle épée de Damoclès de ces prochaines décennies. En France, 800 000 personnes seraient concernées. Les causes de la maladie d’Alzheimer sont multifactorielles, et évoluent en fonction des observations,  souvent faites sur le rat et aussi au gré des publications régulières dans des revues scientifiques.
 
 La détection de cette maladie est devenue un enjeu de recherche.  Faisons un rapide tour d’horizon des dernières avancées. Ainsi, un nouveau test détecte une signature protéique spécifique à la maladie d’Alzheimer: le  taux du biomarqueur bêta-amyloïde. C’est une belle avancée mais la  ponction lombaire reste privilégiée car elle permet de mesurer non seulement la protéine bêta-amyloïde mais aussi la protéine tau, et ainsi que le rappelle le Dr Panchal, la signature d’Alzheimer est composée du taux des deux protéines.
 
Les connaissances sur la composante génétique ne cessent de progresser. Publiée dans la revue Nature Genetics, dans une toute fraîche communication de l’INSERM,  l’analyse de génomes de 94000 individus a permis de révéler cinq variantes génétiques associées à la maladie  d’Alzheimer. Cette découverte peut permettre d’élaborer des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Ces nouvelles scientifiques permettent de pallier de plus en plus à la subjectivité des tests cognitifs.
 
Après de nombreux articles comme celui de F Onen dans Science Direct traitent des perturbations du rythme veille-sommeil. Un sommeil réparateur s’avère également protecteur pour prévenir les risques de démence en protégeant la mémoire, et le cerveau. Observé par Brendan Lucey du Washington University Sleep Medecine Center, la qualité du sommeil -le sommeil à ondes lentes- a un impact sur le score de tau (l’un des deux biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer évoqué plus haut).
 
À côté de ces considérations purement scientifiques et prometteuses, de nombreuses études sont menées pour prévenir et retarder cette maladie à travers des comportements qui stimulent les fonctions cognitives. Des chercheurs se sont demandés si la stimulation intellectuelle, l’exercice mental ne pourraient pas avoir un effet protecteur contre la démence. Et aussi le départ à la retraite. Partir à la retraite à 65 ans, ce serait  15 % de risque en moins. Si on considère que cette étude est biaisée sur le plan méthodologique parce qu’elle n’a pris en compte que les dossiers de travailleurs indépendants et on a aussi l’impression d’un discours très orienté idéologiquement sur les « bienfaits supposés » de la retraite tardive, cette hypothèse mérite d’être élargie à d’autres professions. Et pourquoi pas mais en allant plus loin dans la méthodologie. Pour Carole Dufouil, directrice de recherche à l’ISERM« l’hypothèse principale est que le travail contribuerait à préserver la réserve cognitive.» Est-il possible d’en dire autant pour les professions requérant des efforts physiques intenses? Ceci est probablement une autre histoire. Mais la piste de la réserve cognitive reste à privilégier. « La réserve cognitive est dépendante du niveau d’éducation, de l’activité professionnelle, des activités de loisirs et des interactions sociales tout au long de la vie», et l’entretenir est à la portée de tout le monde. Son rôle doit donc être pris très au sérieux dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. De nombreuses études montrent qu’il est possible en stimulant son cerveau avec des exercices mentaux de ralentir le déclin cognitif. La revue Neurology a publié une étude montrant que l’écriture et la lecture ont une incidence significative sur les facultés cognitives. C’est à la portée de tout le monde en thérapie préventive.
 
Afin de se faire une idée sur les bienfaits de l’écriture et de la lecture, voici la retranscription des résultats de cette étude dans l’article « Lecture et écriture ralentissent le développement de la démence sénile » publié » sur le site Actualittés.« Leur étude porte sur 294 personnes, dont l’activité intellectuelle a été passée en revue. Prashanthi Vemuri, et Elizabeth C. Mormino, tous deux docteurs en philosophie travaillent à la clinique Mayo de Rochester, dans le Minnesota. Ils rappellent que la démence sénile, qui affecte une très grande proportion de personnes dans nos sociétés, a par ailleurs un coût très important, en termes de soins. D’autant que, s’il n’existe pas de traitement permettant d’enrayer la dégénérescence, le mode de vie exerce une très forte influence sur les risques de démence. « Un facteur, dans le mode de vie, qui a démontré une capacité à retarder l’apparition de démence sénile passe par la pratique d’une activité cognitive stimulante, comme la lecture, l’écriture et le jeu. Cependant, les mécanismes par lesquels ces activités ont des effets protecteurs sur l’organisme sont encore peu clairs », expliquent les scientifiques.
 
Les résultats de leurs recherches semblent bien indiquer qu’en fonction de l’activité cérébrale que l’on a pu avoir durant ses plus vertes années, on assiste à un ralentissement du déclin cognitif. Cependant, une activité cérébrale qui diminue avec le temps, peut justement être provoquée par la maladie d’Alzheimer, soulignent les chercheurs. « Nous avons prouvé pour la première fois que l’augmentation de l’activité cognitive va de pair avec une réduction du déclin mental, liée à une pathologie de type démence », assure le docteur Wilson. Leurs observations doivent encore être prises avec des pincettes, avant tout parce qu’il est impossible d’effectuer un essai clinique réellement significatif, et que l’activité professionnelle doit également être prise en compte. « Nos résultats suggèrent qu’il est tout de même une bonne idée de faire en sorte d’exercer son cerveau avec une activité cognitive quotidienne, si ce n’est pas déjà le cas. » Si la pathologie ne peut pas être soignée, il serait possible de rendre les gens plus résistants en leur faisant pratiquer une activité cérébrale régulière.
 

Les 294 personnes sondées pour cette étude avaient une moyenne d’âge de 80 ans. Certains avaient depuis longtemps une activité intellectuelle régulière, d’autres ne s’y étaient mis que récemment. En outre, la moitié avait développé une démence ou des troubles cognitifs légers, au cours des six dernières années. Tout a été passé en revue : écriture, lecture, jeux de puzzles ou de cartes, visite de musée. Et jusqu’à leur mort, en moyenne 5,8 ans après le début de l’étude, chacun a pris part à un test annuel. S’en est suivi une autopsie de leur cerveau. Celles-ci ont permis aux scientifiques de constater que 14 % des différences dans le déclin mental pourrait être attribué à l’exercice intellectuel et de la quantité d’activités auxquelles les gens ont pris part. Un taux de déclin mental de 32 % a été constaté chez ceux qui avaient une activité régulière, contre un taux de 48 % de croissance de leur démence pour les autres. Le taux de déclin cognitif était plus élevé dès lors que les personnes avaient une activité cognitive récente. « Je dirais que l’engagement dans des activités cérébrales est important à tous les stades de la vie », souligne le Dr Robert Wilson. Finalement, leur étude démontre que, si la pathologie ne peut pas être soignée, il serait possible de rendre les gens plus résistants de par ce type d’activité. La perte de connaissance qu’une maladie comme Alzheimer entraîne pourrait alors être retardée, si elle ne peut pas être évitée. »

Sources :
 

BIBLIOTHÉRAPIE POUR TOUS DANS LA DÉPRESSION!

La bibliothérapie est réservée aux cas non urgents, et est conçue comme la première phase d’un traitement. En aucun cas, elle ne doit se substituer aux traitements classiques de la dépression.

 
 
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Le National Health Service (NHS) britannique impose de longs délais d’attente pour consulter un médecin. Dans le cas de la dépression, on sait que mal prise en charge, elle peut gâcher la vie d’une personne pendant 10 ans à cause de ses complications, démontrées par les articles scientifiques recensés sur Pubmed. De ce fait,  la bibliothérapie outre Manche a été prescrite à des milliers de patients souffrant de dépression. 

 
La bibliothérapie est reconnue, outre Manche, depuis 2013. L’origine de ce terme remontrerait à la première guerre mondiale pour prendre en charge les soldats souffrant de stress post-traumatique (selon la terminologie actuelle). Elle est attribué au pasteur Samuel Crothers qui l’a utilisé dans un article de l’Atlantic Monthlay en 1916. La pionnière de cette discipline est l’infirmière et bibliothécaire Sadie Peterson Delanay. Elle traitait ses patients avec des lectures soigneusement sélectionnées avec l’équipe médicale, et voyait ainsi leur état s’améliorer.
 

La bibliothérapie a pris son essor à partir des années 2000 avec le livre  « Remèdes littéraires » d’Ella Berthoud  et Susan Elderkin. Si le principe est sympathique, certaines de leurs préconisations ne sont pas très académiques et ne vont pas dans le sens de la reconnaissance de la bibliothérapie comme une pratique médicale. Ce n’est pas très sérieux, ainsi que l’a relevé la journaliste Françoise Dargent dans un article du Figaro. Lire Robinson Crusoe serait censé aider en cas de pessimisme intense, et l’Insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera combatte la dépression. Vraiment?  À mon sens, c’est un dévoiement de la bibliothérapie que je qualifie d’inspiration new age et tendance bien-être. 

 
Comment la bibliothérapie marche-t-elle dans la dépression? D’abord, elle est réservée aux cas non urgents et est conçue comme la première phase d’un traitement. La bibliothérapie, en aucun cas, ne  doit se substituer aux traitements classiques de la dépression (ou autres troubles). Elle serait plus efficace en complément d’un traitement classique. Un livre de développement personnel est prescrit à l’instar d’une pilule aux patients déprimés. 
 
Mais qu’on ne s’y trompe pas, la bibliothérapie a fait ses preuves par essais cliniques comme n’importe quel traitement. L’abstract d’un article publié dans La Revue de Psychologie clinique montre que « la bibliothérapie semble être efficace dans la réduction à long terme des symptômes dépressifs chez l’adulte, fournissant un traitement rapide et abordable susceptible de réduire d’autres médicaments. Les résultats de la présente analyse suggèrent que la bibliothérapie pourrait jouer un rôle important dans le traitement d’un problème de santé mentale grave. Des études complémentaires devraient être menées pour renforcer la preuve de l’efficacité de la bibliothérapie
 
Pour être validés comme potentiellement thérapeutiques, les livres sont soumis à des essais comparatifs. Les symptômes dépressifs des patients avant et après la lecture du livre testé sont comparés à ceux des patients « sans bibliothérapie ». Les ouvrages qui ont reçu le label scientifique figurent en bonne place dans les bibliothèques locales du Royaume Uni. L’un de ces livres thérapeutiques ayant satisfait aux exigences des essais est celui  du psychiatre David Burns « Se Libérer de l’anxiété » sans médicaments, la thérapie cognitive: un auto-traitement révolutionnaire de la dépression ».
 
La Bibliothérapie ne s’adresse pas qu’aux adultes, elle s’adresse désormais aussi aux enfants dans une cinquantaine d’états étasuniens. C’est ce que propose le programme Reach out of Read, créé par le Dr Barry Zuckerman et le Dr Robert Neddlman. Dans le Wisconsin, la directrice de Reach Out Of Read, Nasvara, bibliothécaire et pédiatre préconise la lecture plusieurs minutes juste avant l’endormissement des enfants. Ses ordonnances sont en fait des listes de lectures. Le Dr Perri Klass, du Bellevue Hospital Center, a observé l’attitude des enfants envers les livres suivant leur âge. Jusqu’à six mois, l’enfant porte le livre à sa bouche comme s’il le goûtait. Vers 12 mois, l’enfant pointe du doigt dans le livre des éléments qui l’intéressent, et à partir de 18 mois, il tourne les pages. À partir de deux ans, il est capable de rester assis et d’écouter les histoires qu’on lui raconte.
 
Ce programme américain de bibliothérapie est appliqué par 12000 pédiatres américains, et vise à élargir la pratique médicale et la relation au patient; et celle de la relation parent/enfant indirectement. Le but est de résoudre le déficit de parole des jeunes enfants, permettant l’enrichissement du vocabulaire dans ces années cruciales d’apprentissage. La bibliothérapie ne dénonce pas les supports numériques, elle les fait coexister avec le livre imprimé. Pour avoir fait ses preuves, le livre papier reste le pivot de la lecture. Au-delà de l’intérêt des histoires et des récits, le livre imprimé développe l’individualité, l’empathie et l’altérité; tout ce qui forge une personnalité équilibrée. La bibliothérapie, prescrite en pédiatrie, permet une nouvelle pratique médicale qui n’est pas basée uniquement sur la pharmacopée. C’est une approche créative de la relation médecin/patient.

Barry Zuckerman précise: «… de tout ce que nous savons sur le développement du cerveau, les enfants nous apportent une compréhension dans l’apprentissage des compétences qui mènent à la lecture, depuis la naissance. Et c’est primordial, surtout depuis les trois premières années de leur vie. Le programme est une occasion unique pour les pédiatres, car ces derniers voient les enfants régulièrement, et que les parents apprécient leurs suggestions.»

Les bienfaits de certains genres de littérature sur l’enfant sont amplement connus. De nombreux penseurs et psychanalystes  comme Freud, Louise Von Franz, Mélanie Klein, Otto Rank  et d’autres se sont penchés sur l’impact des contes de fées sur la psyché de l’enfant.

Dans « Psychanalyse des conte de fées », Bruno Bettelheim a décrypté les contes de fées comme un rite de passage entre le monde de l’enfant et celui des parents. Ce que les enfants ressentent vis-à-vis d’un récit est très important dans leur développement émotionnel. Le conte donne du sens à leur vie, et il est formulé dans un langage symbolique accessible à leur imaginaire. La simplicité des situations et des personnages sur un mode manichéen (bons et méchants, géants, ogres) est un excellent exutoire aux pensées et sentiments réprimés dans la vie réelle. Bruno Bettelheim analyse les contes de fées suivant la rhétorique psychanalytique. Ainsi, le conte des « Trois petits cochons » mettent en scène l’opposition entre le principe de plaisir et le principe de réalité. Celui de « Blanche Neige » se rattache aux conflits oedipiens, et « La  Gardienne d’oie » à celui de l’inceste.

Pour Bruno Bettelheim « raconter un conte de fées, exprimer toutes les images qu’il contient, c’est un peu semer des graines dans l’esprit de l’enfant. Certaines commenceront tout de suite à faire leur travail dans le conscient de l’enfant; d’autres stimuleront des processus dans l’inconscient. D’autres vont rester longtemps en sommeil jusqu’à ce que l’esprit de l’enfant ait atteint un stade favorable à leur germination, et d’autres ne prendront jamais racine. »

S’il est pertinent de citer les pionniers de la bibliothérapie, il est bon de revenir à la méthodologie scientifique. La dépression et l’anxiété sont les troubles mentaux les plus courants chez l’enfant et l’adolescent. La bibliothérapie est un traitement utilisant des matériels écrits pour des problèmes de santé mentale. Ses principaux avantages sont la facilité d’utilisation, le faible coût, les besoins en personnel et une plus grande confidentialité. Pourtant, peu de méta-analyses ont porté sur l’effet de la bibliothérapie sur la dépression et les troubles anxieux chez les enfants et les adolescents, ce qui signifie d’emblée que c’est une méthode complémentaire. Selon les conclusions de la revue Neuropsychiatric Disease and Treatment, la bibliothérapie pourrait être plus bénéfique dans le traitement de la dépression chez les adolescents, mais présente des effets moins robustes pour l’anxiété chez les enfants. Des études cliniques complémentaires bien définies doivent être réalisées pour confirmer ces résultats.

Une partie de notre cerveau est consacré à la lecture. « La lecture fait appel à une région bien précise au sein de la mosaïque de régions spécialisées du cortex temporal ventral» (Stanislas Dehaenne). C’est ainsi que Stanislas Dehaene a découvert avec le neurologue Laurent Cohen, que la lecture développe une aire de la forme visuelle des mots, cachée dans la région du cortex occipito-temporal de l’hémisphère gauche. 

Si la bibliothérapie doit encore faire ses preuves, elle a l’énorme avantage de jouer le rôle de rééducation cognitive à l’instar de la remédiation cognitive. Dans une dépression, il ya de nombreux troubles cognitifs dont celui de l’attention, d’une focalisation sur les émotions négatives et d’une baisse de l’humeur. La bibliothérapie permet de détourner l’attention du dépressif, et de lui redonner le gout de l’effort cognitif, et de stimuler son imagination. Mais la bibliothérapie reste encore en France une pratique médicale peu courante et marginale.

VIDÉO SUR LES NEURONES DE LA LECTURE PAR STANISLAS DEHAENNE

L’ESPRIT DE NOËL EST-IL DANS LES CADEAUX SOUS LE SAPIN?

« Offrir, c’est une façon de voir l’autre pour ce qu’il est vraiment et de savoir ce qu’il désire » (Allison Pogh)

Bientôt, les fête de fin d’année avec le rituel quasi incontournable des cadeaux. On peut déjà lire sur les réseaux sociaux une pancartes avec cette phrase: « Moi, quand j’étais petit, j’avais une orange en cadeau de Noël et j’étais content ». Faut-il nécessairement hurler au « grand méchant loup du consumérisme »?  Le cadeau est un comportement pro-social. L’occasion de faire plaisir n’a pas de prix, et les fêtes de fin d’année sont idéales pour cela!  Il ne s’agit pas de la valeur marchande du cadeau de Noël, mais de celle qui est symbolique. Pourquoi ? Le cadeau participe à notre relation à l’autre ! Les enfants ne sont pas uniquement concernés par les cadeaux sous le sapin, les adultes ont  aussi besoin de ce rituel. Ils ravivent les souvenirs d’enfant, de cette parenthèse où ils croyaient au père Noël et étaient émerveillés en déballant les cadeaux. Petits et grands, cette atmosphère festive est une parenthèse qui rompt avec l’ordinaire du quotidien. Le message du cadeau de Noël et de faire un geste empreint d’affection, d’amitié et de gentillesse, bref tous les maillons de la relation sociale.

La tradition des échanges de cadeaux existait déjà au temps des Romains. À l’occasion des fêtes des saturnales (autour du solstice d’hiver) puis des sigillaires, les Romains s’échangeaient des petits présents comme des figurines en terre cuite.

À partir du XII siècle, c’était à l’occasion de la Saint-Nicolas le 6 décembre que les enfants recevaient des friandises. Et au XIXe siècle, les enfants recevaient à l’occasion de Noël une orange, symbole de prospérité. Et ce n’est qu’au XXe siècle que les friandises se transforment en jouets.

Les fêtes de fin d’année sont une occasion pour toute la famille de se réunir au grand complet. L’échange de cadeaux est là pour renforcer les liens, mais aussi réévaluer la place de chacun dans son réseau familial et relationnel, et même si c’est inconscient, cela peut être chez certaines personnes générateur d’anxiété et de stress. À l’occasion des fêtes de fin d’année, n’occultons cette folie de la fièvre acheteuse que le neuromarketing exploite merveilleusement. Peut-être est-ce notre enfance qui influence nos achats de Noël? Qui sait? Et il y a toute cette atmosphère de la trêve des confiseurs qui semble arrêter le temps. Et avouons que la plupart d’entre nous sont des victimes consentantes. Notre cerveau est sous influence commercial, et on le sait!  Alors, l’achat des cadeaux Noël est-il un rituel ou une corvée ?

Dans notre société contemporaine, l’échange de cadeaux sous le sapin est la fois don et marchandise. L’enfant, même s’il croit au Père Noël, mémorisera cette valeur symbolique du cadeau, et il reproduira une fois devenu adulte ce don. Le cadeau de Noël correspond à cette forme d’échange qualifiée par l’anthropologue Marcel Mauss, au sujet du don, comme une triple obligation qui consiste « à donner, recevoir et rendre ». La psychologie s’est penchée sur le choix des cadeaux de Noël, et plus précisément sur les biais cognitifs qui sont des aspects du mécanisme de la pensée qui provoquent une déviation de la perception du jugement. Ils sont inconscients la plupart du temps.

Existe-t-il un cadeau de Noel parfait ? Comment s’y prendre pour faire plaisir a celui à qui l’on veut offrir un cadeau ? Le lecteur de ce post pourra taper frénétiquement sur Google pour parcourir les mille et une recettes du développement personnel, de la psychologie de comptoir pour trouver un mode d’emploi. De quoi avoir le vertige ! L’une des règles d’or est toutefois de ne pas se lancer dans une croisade contre la société de consommation. Rien ne vous oblige à faire chauffer votre carte bleue et à vous retrouver dans le rouge sur votre compte en banque les fêtes de fin d’année terminées. 

 Et si l’une des premières règles est tout simplement l’empathie, celle que nous exerçons tous les jours. Se remémorer les goûts et Les couleurs de celui à qui on veut offrir le cadeau. En un mot, penser à lui. Et on n’est pas obligés de passer des heures à trouver le cadeau idéal pour chaque personne.

« Offrir, c’est une façon de voir l’autre pour ce qu’il est vraiment et de savoir ce qu’il désire », selon la sociologue américaine Allison Pogh. Il faut ne pas choisir un cadeau comme si c’était pour soi. Le psychologue Jeff Galak de l’université de Carnegie Mellon a étudié plusieurs types d’erreur. L’une des erreurs les plus fréquentes est celle où l’on pense que le moment le plus important et celui de l’échange. Ils se sont mis dans la peau de l’autre alors que le destinataire du cadeau pense à long terme sur l’utilité du cadeau. Comment vais-je vraiment en tirer partie? »  Quand on le peut, offrez aux autres ce qu’ils veulent. Des études ont démontré que les destinataires de cadeaux sont plus sensibles aux cadeaux qu’ils ont demandé explicitement.

Lu rapidement sur le web, et ce qui suit n’est pas une obligation. Faites ce que vous voulez, et certaines suggestions semblent surtout à visée commerciale. Le cadeau au fait main ou artisanal serait très apprécié. Les cadeaux sous forme de bons d’achat doivent être généraux et ne pas imposer un contenu trop commercial. Le chercheur Francis Flynn de l’université de Stanford trouve le don d’argent bénéfique, sauf entre conjoints. L’argent ne peut pas acheter l’amour. Il y a des croyances asymétriques sur le lien entre le prix du cadeau et les sentiments d’appréciation.

Dans l’échange de cadeaux, on retrouve l’esprit du Potlach des Mélanésiens. C’est un comportement culturel souvent sous forme de cérémonie plus ou moins formelle et comme système de don et contre don dans le cadre de partage symbolique. Et outre cela, il y a aussi les règles de la générosité, observé chez les Pygmées et détaillées par Marcel Mauss dans Essai sur le don. Le but est avant tout moral, et de produire un sentiment amical entre les deux personnes. Plus qu’un échange matériel, il y a une dimension spirituelle de l’ordre du « religare », relier deux personnes entre elles.
L’esprit du cadeau, Marcel Mauss le perçoit ainsi: « Au fond ce sont les mélanges. On mêle les âmes dans les choses. On mêle les vies et voilà comment les personnes et les choses mêlées sortent chacune de sa sphère et se mêlent.» 

https://www.caminteresse.fr/culture/dou-viennent-les-traditions-de-noel-1157918/

http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2016-12-07/processus-de-pensee-motivations-cadeaux

https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1207251342.html

SURDOUÉ OU ZÈBRE?

L’intellect et l’émotion se mêlent dans une population particulière de surdoués appelés les zèbres.

 

Qui n’a pas été tenté sur les réseaux sociaux de remplir ces tests gratuits et ludiques évaluant l’intelligence? Ils sont plus ou moins fiables et s’adressent au plus grand nombre!
 
L’intelligence est incontestablement au sommet du modèle hiérarchique des capacités cognitives qui comprend un niveau moyen de facteurs de groupe tels que les domaines cognitifs, des aptitudes verbales, spatiales et de la mémoire. Le noyau de l’intelligence est cette capacité à raisonner, à planifier, à résoudre des problèmes, à appréhender des idées complexes, à apprendre rapidement et être capable de tirer les leçons de l’expérience.
Il peut y avoir des adultes à haut potentiel, et avec des intelligences spécifiques incapables de répondre à ce genre de test ou plutôt de quizz vite fait que l’on peut charger sur son smartphone ou sa tablette, histoire de faire passer le temps dans une rame de métro bondé!
 
Et passer des tests d’intelligence n’est-il pas quelque part un dispositif de servitude volontaire comme le soulignait La Boétie? Inutile de rappeler, que seuls les tests agréés chez un psychologue permettent d’obtenir un résultat fiable. Le psychologue a un diplôme universitaire et a suivi une formation sur les tests s’il veut se spécialiser en psychométrie.

 

Le premier vrai test de QI ou échelle métrique d’intelligence a été mis au point en 1904 par Alfred Binet (1857-1911) et Théodore Simon (1873-1961) à l’instigation du ministère français de l’éducation. La mission de ces deux psychologues était de développer un test pour différencier les enfants qui présente une insuffisance intellectuelle de ceux qui était simplement paresseux. Évidemment, c’était une autre époque avec une autre conception de l’enfant et de son éducation. Le test Binet a été traduit en plusieurs langues, et dans les années 70, on  a utilisé le Stanford Binet mis au point en 1916 par le psychologue américain Lewis Terman qui s’est inspiré amplement de l’échelle de Binet. Il existe aujourd’hui de nombreux tests aux acronymes comprenant des épreuves verbales et des épreuves cognitives, s’adressant soit à l’enfant soit à l’adulte (le WAIS, le WAIS-R, la NEMI, le  test de Cattel, etc… ). Mais il ne faut pas aussi se focaliser sur les mesures du QI. Le QI ne fait pas tout.

Et aujourd’hui, d’aucuns affirment qu’il y aurai un recul du Quotient intellectuel via l’effet Flynn. Les causes les plus vulgarisées de la baisse du QI sont le déclin de l’éducation, la possibilité que les gens les plus intelligents fassent moins d’enfants ou encore l’accélération de nos modes de vie. À partir des années 90, les médias vont s’intéresser au quotient émotionnel développé dans le best-seller de Daniel Goleman « Emotional Intelligence « . Ce concept flou au départ  va devenir une piste prometteuse pour de nombreux chercheurs et pour la psychologie. Jusque là, on estimait que le Q.I était le garant d’une réussite sociale pour celui qui avait explosé les scores des échelles métriques de QI. L’intelligence émotionnelle attire de nombreuses critiques de la part des scientifiques; ils estiment que pour un grand nombre, elle représente une qualité qui ne peut être mesurée par un test de Q.I, par exemple la motivation, la confiance, l’optimisme ou le bon caractère. Il y a manifestement aujourd’hui  une prise en compte des émotions dans la préhension de la psychologie de l’individu.

De plus en plus, on se situe dans une perspective cognitiviste avec un ancrage neurobiologique. Même s’il n’existe pas au sans strict senso un gène de l’intelligence, l’on sait, à l’âge adulte, 60 à 80% serait liée à la génétique. Une récente découverte parle de 40 gènes identifiés mais l’environnement serait bien plus fort que la génétique. 

L’intellect et l’émotion se mêlent dans une population particulière de surdoués appelés les zèbres. Le mythe du surdoué hyper-performant et sur-avantagés est décrit avec brio par la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin dans son livre « Trop  intelligent pour être heureux? « .
Il y a une polémique autour du terme zèbre quand il s’agit d’une comparaison subjective entre les caractéristiques des membres de la Mensa (club élitiste qui regroupe les personnes au fort QI), et les membres du forum Zebra Crossing.
Les membres de la Mensa sont sélectionnés par un test de Q.I démontrant que leur intelligence se situe dans les 2 %  au sommet de la courbe ; les membres du zebra crossing sont a priori des personnes qui se reconnaissent dans la définition de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin dans son livre Trop intelligent pour être heureux? 

Pourquoi ne reprendre quelques extraits du blog d’un zèbre pour lire entre les lignes son état d’esprit?  Certains de ses propos recoupent ceux qui ont été dits précédemment.
« Le terme de zèbre est un mot poétique et imagé visant tout simplement à remplacer les usuels :

– surdoué (néologisme employé pour la première fois en 1946 par le neuropsychiatre espagnol Julian de Ajuriaguerra)

– doué(souvent préféré à « surdoué », le « sur » véhiculant de fait une notion de supériorité dérangeante)
– EIP (Enfant Intellectuellement Précoce, terme très trompeur, mais qui a la faveur des autorités françaises, sans aucun doute car très politiquement correct. C’est donc celui retenu pour les rapports & notes de l’Education Nationale, les textes de loi)
– précoce
– intellectuellement précoce
– HP(à Haut Potentiel)
– HPI(à Haut Potentiel Intellectuel)
– HQI(Haut Quotient Intellectuel)
– THQI(Très Haut Quotient Intellectuel, se rapporte généralement aux gens ayant un QI à partir de 145)
– sentinelle(terme inventé par Olivier REVOL)
– APIE(Atypique Personne dans l’Intelligence et l’Emotion, selon le terme inventé par Jean-François LAURENT)
– HN(Hors Norme)
– surefficient intellectuel (ou également surefficient mental)
 
Autant de mots pour ne décrire qu’un seul état, tous convergeant vers une même notion : la désignation d’un personne surdouée (qu’elle soit enfant ou adulte). Mais ces mots sont souvent pesants tant ils sont lourds d’idées reçues
 
Ils mettent d’autant plus mal à l’aise qu’ils ne contribuent pas à comprendre de quoi il est question en réalité, bien au contraire. Chacun de ces mot renvoie en effet inévitablement, dans l’esprit commun, à de faux-semblants & des préjugés dont il est par la suite très difficile de s’extirper.
Par ailleurs, mots que les surdoués eux mêmes, n’aiment généralement pas employer pour parler de leur propre condition. Car teintés d’une présomption de sentiment supériorité, de réussite acquise mise en avant, d’élitisme. Ils sont généralement synonymes de grande prétention, & si souvent à l’origine d’énormes malentendus
Ce mot, « zèbre », a été trouvé au début des années 2000 par la psychologue française Jeanne SIAUD-FACCHIN, spécialiste du surdouement, qui s’est beaucoup investie dans ce domaine depuis plusieurs années.
Elle est notamment l’auteure de deux excellents ouvrages de vulgarisation sur ce thème.
 
Il s’agit ainsi d’un terme de substitution ayant pour objectif d’adoucir la manière d’envisager ces personnes présentant une différence par rapport à la majorité de la population. En tentant de remplacer (& donc, d’éviter d’emblée) les mots équivoques, le but était de réduire, voire d’anéantir (  ), les incompréhensions habituelles liées aux termes classiques de « surdoué » ou « précoce ».
 
J. Siaud-Facchin écrit à ce propos dans son 1er ouvrage (« L’enfant surdoué : l’aider à grandir, l’aider à réussir« , réédité & réactualisé en 2012) :
 Et dans celui qu’elle consacre aux adultes surdoués (« Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué« ) :
 
Le zèbre, cet animal différent, cet équidé qui est le seul que l’homme ne peut apprivoiser, qui se distingue nettement des autres dans la savane tout en utilisant ses rayures pour se dissimuler, qui a besoin des autres pour vivre et prend un soin très important de ses petits, qui est tellement différent tout en étant pareil. Et puis, comme nos empreintes digitales, les rayures des zèbres sont uniques et leur permettre de se reconnaître entre eux. Chaque zèbre est différent.
Je continuerai à défendre tous ces gens « rayés » comme si ces rayures évoquaient aussi des coups de griffe que la vie peut leur donner. Je continuerai à leur expliquer que leurs rayures sont aussi de formidables particularités qui peuvent les sauver d’un grand nombre de pièges et de dangers. Qu’elles sont magnifiques et qu’ils peuvent en être fiers. Sereinement.
 
Un zèbre est donc un surdoué, tout simplement. Ce n’est rien de plus, rien d’autre, rien « au dessus » ou « au delà » du surdoué tel qu’il est défini classiquement en psychologie 
A savoir :
– un QI généralement supérieur à 130 sur l’échelle de Weschler – mais pas toujours
– une personnalité atypique
– un mode de pensée singulier (avec par exemple, une pensée dite « en arborescence »… mais pas que !)
 
Le tout, bien sûr, validé par un bilan psychométrique réalisé par un psychologue spécialisé & maitrisant les outils & l’analyse des différentes tests !
 
Il est important de redire combien seul un bilan & l’avis d’un spécialiste peuvent attester ou non d’un surdouement. Se penser zèbre n’est pas toujours être zèbre ! De même (chose très fréquente…), se sentir nul n’est pas toujours être idiot »

 

Sources:

http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/07/11/pourquoi-le-nom-de-zebre/

http://www.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:zebre