L’ESPRIT DE NOËL EST-IL DANS LES CADEAUX SOUS LE SAPIN?

« Offrir, c’est une façon de voir l’autre pour ce qu’il est vraiment et de savoir ce qu’il désire » (Allison Pogh)

Bientôt, les fête de fin d’année avec le rituel quasi incontournable des cadeaux. On peut déjà lire sur les réseaux sociaux une pancartes avec cette phrase: « Moi, quand j’étais petit, j’avais une orange en cadeau de Noël et j’étais content ». Faut-il nécessairement hurler au « grand méchant loup du consumérisme »?  Le cadeau est un comportement pro-social. L’occasion de faire plaisir n’a pas de prix, et les fêtes de fin d’année sont idéales pour cela!  Il ne s’agit pas de la valeur marchande du cadeau de Noël, mais de celle qui est symbolique. Pourquoi ? Le cadeau participe à notre relation à l’autre ! Les enfants ne sont pas uniquement concernés par les cadeaux sous le sapin, les adultes ont  aussi besoin de ce rituel. Ils ravivent les souvenirs d’enfant, de cette parenthèse où ils croyaient au père Noël et étaient émerveillés en déballant les cadeaux. Petits et grands, cette atmosphère festive est une parenthèse qui rompt avec l’ordinaire du quotidien. Le message du cadeau de Noël et de faire un geste empreint d’affection, d’amitié et de gentillesse, bref tous les maillons de la relation sociale.

La tradition des échanges de cadeaux existait déjà au temps des Romains. À l’occasion des fêtes des saturnales (autour du solstice d’hiver) puis des sigillaires, les Romains s’échangeaient des petits présents comme des figurines en terre cuite.

À partir du XII siècle, c’était à l’occasion de la Saint-Nicolas le 6 décembre que les enfants recevaient des friandises. Et au XIXe siècle, les enfants recevaient à l’occasion de Noël une orange, symbole de prospérité. Et ce n’est qu’au XXe siècle que les friandises se transforment en jouets.

Les fêtes de fin d’année sont une occasion pour toute la famille de se réunir au grand complet. L’échange de cadeaux est là pour renforcer les liens, mais aussi réévaluer la place de chacun dans son réseau familial et relationnel, et même si c’est inconscient, cela peut être chez certaines personnes générateur d’anxiété et de stress. À l’occasion des fêtes de fin d’année, n’occultons cette folie de la fièvre acheteuse que le neuromarketing exploite merveilleusement. Peut-être est-ce notre enfance qui influence nos achats de Noël? Qui sait? Et il y a toute cette atmosphère de la trêve des confiseurs qui semble arrêter le temps. Et avouons que la plupart d’entre nous sont des victimes consentantes. Notre cerveau est sous influence commercial, et on le sait!  Alors, l’achat des cadeaux Noël est-il un rituel ou une corvée ?

Dans notre société contemporaine, l’échange de cadeaux sous le sapin est la fois don et marchandise. L’enfant, même s’il croit au Père Noël, mémorisera cette valeur symbolique du cadeau, et il reproduira une fois devenu adulte ce don. Le cadeau de Noël correspond à cette forme d’échange qualifiée par l’anthropologue Marcel Mauss, au sujet du don, comme une triple obligation qui consiste « à donner, recevoir et rendre ». La psychologie s’est penchée sur le choix des cadeaux de Noël, et plus précisément sur les biais cognitifs qui sont des aspects du mécanisme de la pensée qui provoquent une déviation de la perception du jugement. Ils sont inconscients la plupart du temps.

Existe-t-il un cadeau de Noel parfait ? Comment s’y prendre pour faire plaisir a celui à qui l’on veut offrir un cadeau ? Le lecteur de ce post pourra taper frénétiquement sur Google pour parcourir les mille et une recettes du développement personnel, de la psychologie de comptoir pour trouver un mode d’emploi. De quoi avoir le vertige ! L’une des règles d’or est toutefois de ne pas se lancer dans une croisade contre la société de consommation. Rien ne vous oblige à faire chauffer votre carte bleue et à vous retrouver dans le rouge sur votre compte en banque les fêtes de fin d’année terminées. 

 Et si l’une des premières règles est tout simplement l’empathie, celle que nous exerçons tous les jours. Se remémorer les goûts et Les couleurs de celui à qui on veut offrir le cadeau. En un mot, penser à lui. Et on n’est pas obligés de passer des heures à trouver le cadeau idéal pour chaque personne.

« Offrir, c’est une façon de voir l’autre pour ce qu’il est vraiment et de savoir ce qu’il désire », selon la sociologue américaine Allison Pogh. Il faut ne pas choisir un cadeau comme si c’était pour soi. Le psychologue Jeff Galak de l’université de Carnegie Mellon a étudié plusieurs types d’erreur. L’une des erreurs les plus fréquentes est celle où l’on pense que le moment le plus important et celui de l’échange. Ils se sont mis dans la peau de l’autre alors que le destinataire du cadeau pense à long terme sur l’utilité du cadeau. Comment vais-je vraiment en tirer partie? »  Quand on le peut, offrez aux autres ce qu’ils veulent. Des études ont démontré que les destinataires de cadeaux sont plus sensibles aux cadeaux qu’ils ont demandé explicitement.

Lu rapidement sur le web, et ce qui suit n’est pas une obligation. Faites ce que vous voulez, et certaines suggestions semblent surtout à visée commerciale. Le cadeau au fait main ou artisanal serait très apprécié. Les cadeaux sous forme de bons d’achat doivent être généraux et ne pas imposer un contenu trop commercial. Le chercheur Francis Flynn de l’université de Stanford trouve le don d’argent bénéfique, sauf entre conjoints. L’argent ne peut pas acheter l’amour. Il y a des croyances asymétriques sur le lien entre le prix du cadeau et les sentiments d’appréciation.

Dans l’échange de cadeaux, on retrouve l’esprit du Potlach des Mélanésiens. C’est un comportement culturel souvent sous forme de cérémonie plus ou moins formelle et comme système de don et contre don dans le cadre de partage symbolique. Et outre cela, il y a aussi les règles de la générosité, observé chez les Pygmées et détaillées par Marcel Mauss dans Essai sur le don. Le but est avant tout moral, et de produire un sentiment amical entre les deux personnes. Plus qu’un échange matériel, il y a une dimension spirituelle de l’ordre du « religare », relier deux personnes entre elles.
L’esprit du cadeau, Marcel Mauss le perçoit ainsi: « Au fond ce sont les mélanges. On mêle les âmes dans les choses. On mêle les vies et voilà comment les personnes et les choses mêlées sortent chacune de sa sphère et se mêlent.» 

https://www.caminteresse.fr/culture/dou-viennent-les-traditions-de-noel-1157918/

http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2016-12-07/processus-de-pensee-motivations-cadeaux

https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1207251342.html

SURDOUÉ OU ZÈBRE?

L’intellect et l’émotion se mêlent dans une population particulière de surdoués appelés les zèbres.

 

Qui n’a pas été tenté sur les réseaux sociaux de remplir ces tests gratuits et ludiques évaluant l’intelligence? Ils sont plus ou moins fiables et s’adressent au plus grand nombre!
 
L’intelligence est incontestablement au sommet du modèle hiérarchique des capacités cognitives qui comprend un niveau moyen de facteurs de groupe tels que les domaines cognitifs, des aptitudes verbales, spatiales et de la mémoire. Le noyau de l’intelligence est cette capacité à raisonner, à planifier, à résoudre des problèmes, à appréhender des idées complexes, à apprendre rapidement et être capable de tirer les leçons de l’expérience.
Il peut y avoir des adultes à haut potentiel, et avec des intelligences spécifiques incapables de répondre à ce genre de test ou plutôt de quizz vite fait que l’on peut charger sur son smartphone ou sa tablette, histoire de faire passer le temps dans une rame de métro bondé!
 
Et passer des tests d’intelligence n’est-il pas quelque part un dispositif de servitude volontaire comme le soulignait La Boétie? Inutile de rappeler, que seuls les tests agréés chez un psychologue permettent d’obtenir un résultat fiable. Le psychologue a un diplôme universitaire et a suivi une formation sur les tests s’il veut se spécialiser en psychométrie.

 

Le premier vrai test de QI ou échelle métrique d’intelligence a été mis au point en 1904 par Alfred Binet (1857-1911) et Théodore Simon (1873-1961) à l’instigation du ministère français de l’éducation. La mission de ces deux psychologues était de développer un test pour différencier les enfants qui présente une insuffisance intellectuelle de ceux qui était simplement paresseux. Évidemment, c’était une autre époque avec une autre conception de l’enfant et de son éducation. Le test Binet a été traduit en plusieurs langues, et dans les années 70, on  a utilisé le Stanford Binet mis au point en 1916 par le psychologue américain Lewis Terman qui s’est inspiré amplement de l’échelle de Binet. Il existe aujourd’hui de nombreux tests aux acronymes comprenant des épreuves verbales et des épreuves cognitives, s’adressant soit à l’enfant soit à l’adulte (le WAIS, le WAIS-R, la NEMI, le  test de Cattel, etc… ). Mais il ne faut pas aussi se focaliser sur les mesures du QI. Le QI ne fait pas tout.

Et aujourd’hui, d’aucuns affirment qu’il y aurai un recul du Quotient intellectuel via l’effet Flynn. Les causes les plus vulgarisées de la baisse du QI sont le déclin de l’éducation, la possibilité que les gens les plus intelligents fassent moins d’enfants ou encore l’accélération de nos modes de vie. À partir des années 90, les médias vont s’intéresser au quotient émotionnel développé dans le best-seller de Daniel Goleman « Emotional Intelligence « . Ce concept flou au départ  va devenir une piste prometteuse pour de nombreux chercheurs et pour la psychologie. Jusque là, on estimait que le Q.I était le garant d’une réussite sociale pour celui qui avait explosé les scores des échelles métriques de QI. L’intelligence émotionnelle attire de nombreuses critiques de la part des scientifiques; ils estiment que pour un grand nombre, elle représente une qualité qui ne peut être mesurée par un test de Q.I, par exemple la motivation, la confiance, l’optimisme ou le bon caractère. Il y a manifestement aujourd’hui  une prise en compte des émotions dans la préhension de la psychologie de l’individu.

De plus en plus, on se situe dans une perspective cognitiviste avec un ancrage neurobiologique. Même s’il n’existe pas au sans strict senso un gène de l’intelligence, l’on sait, à l’âge adulte, 60 à 80% serait liée à la génétique. Une récente découverte parle de 40 gènes identifiés mais l’environnement serait bien plus fort que la génétique. 

L’intellect et l’émotion se mêlent dans une population particulière de surdoués appelés les zèbres. Le mythe du surdoué hyper-performant et sur-avantagés est décrit avec brio par la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin dans son livre « Trop  intelligent pour être heureux? « .
Il y a une polémique autour du terme zèbre quand il s’agit d’une comparaison subjective entre les caractéristiques des membres de la Mensa (club élitiste qui regroupe les personnes au fort QI), et les membres du forum Zebra Crossing.
Les membres de la Mensa sont sélectionnés par un test de Q.I démontrant que leur intelligence se situe dans les 2 %  au sommet de la courbe ; les membres du zebra crossing sont a priori des personnes qui se reconnaissent dans la définition de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin dans son livre Trop intelligent pour être heureux? 

Pourquoi ne reprendre quelques extraits du blog d’un zèbre pour lire entre les lignes son état d’esprit?  Certains de ses propos recoupent ceux qui ont été dits précédemment.
« Le terme de zèbre est un mot poétique et imagé visant tout simplement à remplacer les usuels :

– surdoué (néologisme employé pour la première fois en 1946 par le neuropsychiatre espagnol Julian de Ajuriaguerra)

– doué(souvent préféré à « surdoué », le « sur » véhiculant de fait une notion de supériorité dérangeante)
– EIP (Enfant Intellectuellement Précoce, terme très trompeur, mais qui a la faveur des autorités françaises, sans aucun doute car très politiquement correct. C’est donc celui retenu pour les rapports & notes de l’Education Nationale, les textes de loi)
– précoce
– intellectuellement précoce
– HP(à Haut Potentiel)
– HPI(à Haut Potentiel Intellectuel)
– HQI(Haut Quotient Intellectuel)
– THQI(Très Haut Quotient Intellectuel, se rapporte généralement aux gens ayant un QI à partir de 145)
– sentinelle(terme inventé par Olivier REVOL)
– APIE(Atypique Personne dans l’Intelligence et l’Emotion, selon le terme inventé par Jean-François LAURENT)
– HN(Hors Norme)
– surefficient intellectuel (ou également surefficient mental)
 
Autant de mots pour ne décrire qu’un seul état, tous convergeant vers une même notion : la désignation d’un personne surdouée (qu’elle soit enfant ou adulte). Mais ces mots sont souvent pesants tant ils sont lourds d’idées reçues
 
Ils mettent d’autant plus mal à l’aise qu’ils ne contribuent pas à comprendre de quoi il est question en réalité, bien au contraire. Chacun de ces mot renvoie en effet inévitablement, dans l’esprit commun, à de faux-semblants & des préjugés dont il est par la suite très difficile de s’extirper.
Par ailleurs, mots que les surdoués eux mêmes, n’aiment généralement pas employer pour parler de leur propre condition. Car teintés d’une présomption de sentiment supériorité, de réussite acquise mise en avant, d’élitisme. Ils sont généralement synonymes de grande prétention, & si souvent à l’origine d’énormes malentendus
Ce mot, « zèbre », a été trouvé au début des années 2000 par la psychologue française Jeanne SIAUD-FACCHIN, spécialiste du surdouement, qui s’est beaucoup investie dans ce domaine depuis plusieurs années.
Elle est notamment l’auteure de deux excellents ouvrages de vulgarisation sur ce thème.
 
Il s’agit ainsi d’un terme de substitution ayant pour objectif d’adoucir la manière d’envisager ces personnes présentant une différence par rapport à la majorité de la population. En tentant de remplacer (& donc, d’éviter d’emblée) les mots équivoques, le but était de réduire, voire d’anéantir (  ), les incompréhensions habituelles liées aux termes classiques de « surdoué » ou « précoce ».
 
J. Siaud-Facchin écrit à ce propos dans son 1er ouvrage (« L’enfant surdoué : l’aider à grandir, l’aider à réussir« , réédité & réactualisé en 2012) :
 Et dans celui qu’elle consacre aux adultes surdoués (« Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué« ) :
 
Le zèbre, cet animal différent, cet équidé qui est le seul que l’homme ne peut apprivoiser, qui se distingue nettement des autres dans la savane tout en utilisant ses rayures pour se dissimuler, qui a besoin des autres pour vivre et prend un soin très important de ses petits, qui est tellement différent tout en étant pareil. Et puis, comme nos empreintes digitales, les rayures des zèbres sont uniques et leur permettre de se reconnaître entre eux. Chaque zèbre est différent.
Je continuerai à défendre tous ces gens « rayés » comme si ces rayures évoquaient aussi des coups de griffe que la vie peut leur donner. Je continuerai à leur expliquer que leurs rayures sont aussi de formidables particularités qui peuvent les sauver d’un grand nombre de pièges et de dangers. Qu’elles sont magnifiques et qu’ils peuvent en être fiers. Sereinement.
 
Un zèbre est donc un surdoué, tout simplement. Ce n’est rien de plus, rien d’autre, rien « au dessus » ou « au delà » du surdoué tel qu’il est défini classiquement en psychologie 
A savoir :
– un QI généralement supérieur à 130 sur l’échelle de Weschler – mais pas toujours
– une personnalité atypique
– un mode de pensée singulier (avec par exemple, une pensée dite « en arborescence »… mais pas que !)
 
Le tout, bien sûr, validé par un bilan psychométrique réalisé par un psychologue spécialisé & maitrisant les outils & l’analyse des différentes tests !
 
Il est important de redire combien seul un bilan & l’avis d’un spécialiste peuvent attester ou non d’un surdouement. Se penser zèbre n’est pas toujours être zèbre ! De même (chose très fréquente…), se sentir nul n’est pas toujours être idiot »

 

Sources:

http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/07/11/pourquoi-le-nom-de-zebre/

http://www.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:zebre