CAUCHEMAR EN THÉRAPIE POUR ELLEN!

L’histoire d’Ellen est une histoire parmi d’autres durant la décennie 80/90! Une histoire de faux souvenirs, d’emprise mentale par des thérapeutes sans scrupules ou eux-mêmes délirants par leurs fausses croyances charlatanesques!

©Jacqueline Osborn, artiste contemporain

À partir des années 1980, la mouvance du New Age va inspirer la psychologie et la psychothérapie. On peut qualifier le New Age sous divers angles soit comme un mouvement spirituel mais surtout comme un bric-à -brac de croyances ésotériques empruntant des éléments à la spiritualité orientale adaptée à l’Occidental en quête de spiritualité. C’est avec Le courant humaniste, apparu à partir des années 1940 aux États-Unis sous l’impulsion d’Abraham Maslow, que se sont développées ces thérapies du New Age. L’arrivée de la psychologie humaniste partait d’une bonne intention car il favorisait une vision positive de l’être humain, et s’opposait à la psychanalyse et au behaviorisme. Malheureusement ce courant fut dévoyé (et l’est encore) causant des dégâts dans la psyché de personnes ayant fait confiance à des thérapeutes pratiquant des thérapies pseudoscientifiques! L’histoire d’Ellen, digne d’un thriller, l’illustre (hélas) parfaitement!

Cette histoire est véridique et a été recueillie par Margaret Thaler Singer, psychiatre et son collègue Abraham Nievod, psychologue légiste; ils vont le consigner dans l’un des chapitres de l’excellent livre Science and Pseudoscience in Clinical Psychology à la rigueur scientifique incontestable.

À la suite d’une énième rupture sentimentale, Ellen est déprimée, et consulte une psychothérapeute pour l’aider à y voir clair dans ses relations amoureuses. Lors de la première séance, la thérapeute fait allonger Ellen dans un fauteuil relax en lui mettant une couverture, et en lui disant de sa détendre.

Au cours des dix ans de thérapie, la thérapeute fit se remémorer à Ellen des souvenirs d’abus sexuels commis par son père et des membres de sa famille au cours de rites sataniques. Infondés, faut-il le préciser! En 2020, on se frotte les yeux en se disant que les rituels sataniques sont de la pure fiction et qu’ils n’ont rien à voir avec la psychothérapie et la dépression. Ne croyez pas ça, l’Amérique des années 90 est obsédée par la violence des cultes sataniques réels ou imaginaires, et de nombreux thérapeutes se sont spécialisés dans la prise en charge des patients supposés abusés lors de cultes sataniques « Au cours de cette période, les rumeurs sur les adorateurs du Diable vont se multiplier, jusqu’à l’hystérie collective. Les médias, avides de sensationnalisme, font circuler des vidéos dites tournées par les adorateurs de Satan. Elles montrent des messes noires où des adolescentes se feraient violer et où des bébés seraient sacrifiés.» 

Et dans cet « inventaire à la Prévert » des diagnostics délirants, Ellen découvrit qu’elle souffrait du trouble des Personnalités Multiples. Comme pour les rites sataniques, à partir des années des années 70,  le trouble de la personnalité multiple va devenir une maladie mentale populaire. Il se caractérise par la présence de deux personnalités (voire plus) nommées les alter ego qui tour à tour prennent le contrôle de la personne appelée hôte. Les alter ego se conduisent à l’opposé de la personnalité et ils émergent curieusement avec une thérapie utilisant les états modifiés de conscience. La personne ainsi diagnostiquée est complètement amnésique de ce qu’elle a pu faire ou dire de longues heures quand elle était sous l’emprise des alters. Aujourd’hui, dans le DSM V, le Trouble de la Personnalité Multiple est remplacé par celui du Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI).

Ellen « cohabiterait »à l’intérieur d’elle avec 159 alters à l’intérieur d’elle, et cerise sur le gâteau, elle aurait aussi été enlevée par des extra terrestres. Tout comme pour le satanisme, les Personnalités Multiples, des psychothérapeutes s’étaient spécialisés dans la thérapie des souvenirs traumatisants d’enlèvement d’ET! Des copines d’Ellen l’informèrent qu’elles avaient eu vent de « techniques à la mode  » par des talk show télévisés et les médias mainstream, et qu’elle était sous l’emprise de sa thérapeute!

La thérapeute enregistrait les séances sur des K-7 audio aux fins d’écriture d’un livre à quatre mains avec Ellen. Après des années de thérapie, Ellen comprit que la thérapeute abusait de sa confiance, l’influençant sournoisement par ses suggestions indues.

Pour vous faire une idée de la dangerosité de cette thérapie, quelques propos entre Ellen et sa thérapeute retranscris par Margaret Thaler Singer et Abraham Nievod:

La Thérapeute (T) : soyez détendue, et dites ce qui vous passe par la tête. Ayez confiance en votre esprit. Visualisez vous en arrière-plan, et regardez le ciel! Voyez vous une lumière?

Ellen: oui.

T: Dites m’en plus

Ellen: une étoile, juste une étoile.

T: est-ce que cela se rapproche? Pouvez vous bouger ou non?

Ellen (en pleurs): je ne peux pas bouger, ça se rapproche et devient de plus en plus brillant. Je ne sais pas, je ne peux pas bouger, je ne sais pas.

T: vous êtes en train de vous souvenir de quelque chose.

Ellen éclate en sanglots

T: qu’avez vous vu? Qui est-ce? Êtes vous allongée?

Ellen: ils me disent que je dois me détendre.

T: entendez vous leurs voix ou communiquent-ils directement avec votre esprit?

Ellen: c’est dans ma tête, je n’entends aucun son.

T: que vous racontent-ils? Que comptent-ils vous faire?

Ellen:ils comptent m’implanter une puce électronique dans la plante de mes pieds!

T: vous en souvenez vous? Vous devez vous en souvenir car vous êtes prête à fouiller dans vos souvenirs. Regardez autour de vous et racontez moi ce que vous voyez.

Ellen décrivit les petits gris (une race d’ET) qui l’entouraient dans une chambre blanche, et tandis qu’elle décrivait la scène, la thérapeute l’interrompit en lui disant: « vous allez accepter cette expérience comme si elle avait lieu maintenant, vous allez vous souvenir de ce qui s’est passé. » Évidemment, il s’agissait pour la thérapeute de faire remémorer les supposés souvenirs de cet enlèvement pour qu’Ellen puisse aller mieux….

Après ces dix années de thérapie, Ellen de plus en plus échaudée va contacter d’anciens patients de sa thérapeute, et elle apprit, ô surprise que certains avaient porté plainte. Chaque plaignant avait été dédommagé généreusement grâce à la compagnie d’assurance de la thérapeute.

Ellen dépitée raconte à Margaret Thaler Singer et Abraham Nievod que sa Thérapie s’éternisait. Sa thérapeute ne cessait de trouver des raisons fausses (et délirantes) à son mal-être en invoquant que c’était du à un travail sur sa psyché en profondeur. Elle avoua qu’elle ne s’était jamais sentie bien psychologiquement au cours de la thérapie! Imaginez, dix ans, c’est un bail. Elle avoue également qu’elle n’a pas assez écoutée ses amies qui la mettaient en garde contre sa thérapeute, mais elle n’avait qu’elle à qui se confier.

L’histoire d’Ellen est une histoire parmi d’autres durant la décennie 80/90! Une histoire de faux souvenirs, d’emprise mentale par des thérapeutes sans scrupules ou eux-mêmes délirants par leurs fausses croyances charlatanesques.

Si le cas d’Ellen semble inouï à cause du satanisme, des personnalités multiples et des ET, les thérapies pseudo-scientifiques liées au New Age, ou plus précisément au développement personnel sont toujours d’actualité. Des méthodes non validées suivant les règles de « L’Evidence based Medecine » et farfelues induisent des dégâts dans la psyché et accentuent le mal-être!

ÉTAT DES LIEUX DE LA CONSOMMATION DE PSYCHOTROPES EN FRANCE!

Dans son rapport, publié en 1996, concernant la prescription et l’utilisation de médicaments en France, le regretté Édouard Zarifian, psychiatre hospitalier universitaire à Caen avait écrit: « La France consomme plus de médicaments que les pays de niveau économique comparable. Les psychotropes, en particulier, sont trois fois moins utilisés en Allemagne ou en Grande-Bretagne. En France, « l’évolution totale de la classe de psychotropes est due à l’augmentation des ventes d’antidépresseurs. Cette classe thérapeutique a connu une augmentation de 5,63 % par an en moyenne de 1990 à 1994 », soit une hausse en dépenses de 10 % par an. « Si le taux de croissance de la Grande-Bretagne paraît plus élevé que celui de la France dans la période 1990-1994, il faut noter que le volume de prescriptions [d’antidépresseurs] en France en 1990 était de 40 % supérieur à celui de la Grande-Bretagne à la même époque. […]»

En 2020, les propos d’Édouard Zarifian sont-ils toujours d’actualité? Je me suis appliquée à trouver des données fiables mais les chiffres de consommation des psychotropes peuvent varier d’un site à un autre, aussi sérieux soient-ils! Ces chiffres sont utiles pour donner une idée de grandeur de l’ampleur de la consommation et l’évolution au fil des années.

D’abord, qu’entend par psychotropes? C’est un médicament qui agit sur la psychisme. Ils sont regroupés en cinq catégories: les antidépresseurs, les anxiolytiques (ou tranquillisants), et souvent souvent des benzodiazépines, les hypnotiques (ou somnifères), les antipsychotiques (neuroleptiques), les régulateurs de l’humeur et les psychostimulants (Ritaline) et sont délivrés uniquement sur ordonnance médicale. Les spécialités les plus consommées sont les benzodiazépines (18%), 9,7 % d’antidépresseurs, les hypnotiques 8,8 % et 0,7% de régulateurs de l’humeur. Toutes ces spécialités restent indispensables dans l’arsenal thérapeutique, sous condition qu’elles soient prescrites à bon escient. Si un regard critique s’imposer sur un excès de consommation, il n’est pas question de les remplacer par de la poudre à perlimpinpin.

En 2012, il s’est vendu 131 millions de boîtes de médicaments psychotropes en France. Et ô surprise, la France est tête du peloton avec une tranche d’âge de 18 à 75 ans (voire plus) et concernerait 17,4% de la population serait concernée . À quelques variables chiffres près

Les femmes en consomment plus que les hommes. 22, 7% de femmes contre 12,9% pour les hommes, et plus elles avancent en âge, plus la consommation augmente jusqu’à 75 ans. Les adolescents ne sont pas épargnés et comme pour les adultes, ce sont les adolescentes qui en prennent le plus: 23,4% contre 13,8%. Et dans un tiers des cas, ce ne sont pas les médecins qui prescrivent en première intention ces psychotropes, mais leurs parents qui prennent sur leur bonnet de leur en donner car leur médecin leur ont fait une ordonnance!

Par à rapport aux années précédentes, ça s’améliore en 2017! Les chiffres de remboursement des psychotropes montrent une baisse des ventes de psychotropes. Baisse de 6% sur les anxiolytiques durant la période 2012-2017. La diminution la plus importante concerne les hypnotiques avec -28%. En 2015, les Français occupaient la deuxième place parmi huit pays européens pour la consommation de benzodiazépines, soit 20% de moins qu’en Espagne mais 5 fois plus qu’en Allemagne. Concernant les personnes âgées, la consommation de psychotropes est préoccupante en Ehpad, même si au fil des ans, elle diminue.

Indépendamment de la baisse constatée au fil des ans, les Français consomment toujours énormément ces substances! Compte tenu de cette forte consommation, on est en droit de se demander s’ils en ont vraiment besoin plus que dans d’autres pays! Le Français est râleur mais est-il tellement si déprimé ou si anxieux pour prendre à gogo des psychotropes. Et bien, un début de réponse sur le bien-fondé de cette surconsommation. Il y aurait un décalage entre ceux qui prennent environ qui se situerait aux alentours de 10% et ceux pour lesquels la prescription serait justifiée, et qui elle se situerait à 5 %. Même si les données chiffrées sont floues, on n’est pas très loin de la réalité où les psychotropes deviennent des molécules de confort, un fourre-tout thérapeutique masquant des causes diverses pouvant aller au simple état d’âme (pas forcément pathologique) ou alors une indication forcenée qui ne nécessite pas un remède de cheval mais quand même prescrite. Et sans compter un mésusage de l’indication initiale de ces molécules dans le dopage cérébral.

On peut trouver dans le rapport du Dr Édouard Zarifian des explications lumineuses dont on aimerait qu’elles soient dépassées en 2020, mais il n’en est rien. Voici quelques phrases assassines qui n’ont pas pris une ride. Hélas, trois fois hélas!

Il n’existe actuellement aucune réflexion dans le milieu médical, et en particulier dans le milieu psychiatrique académique, sur l’éthique de la prescription de médicaments psychotropes. Les leaders d’opinion restent muets face à l’abaissement de la limite entre le normal et le pathologique, ouvrant de nouveaux marchés à la prescription ; […] ils acceptent la banalisation de l’utilisation des psychotropes pour lesquels il n’existe nulle part de pharmacovigilance spécifique de leurs possibles effets psychiques indésirables. […] Il existe une intentionnalité claire de fournir exclusivement aux médecins généralistes ou spécialistes, par la voie de discours académiques, une représentation monolithique réduite aux seuls symptômes accessibles aux seuls médicaments. » Alors que « pratiquement toutes les études cliniques, épidémiologiques, médico-économiques, sont suscitées, financées et exploitées au plan statistique de manière autonome par l’industrie ou par des sous-traitants qu’elle rémunère. »

Nous manquons beaucoup d’études pharmacologiques réalisées en toute indépendance afin de vérifier ce qu’à moyen et long terme ces molécules [les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, comme la fluoxétine, ou ProzacÆ] ont comme action sur la transmission dopaminergique comme le font les psychostimulants plus classiques, qu’il s’agisse des amphétamines ou de la cocaïne. […] »

En décembre 1998, la revue médicale et indépendante Prescrire publiait un article sur les poins forts du rapport Zarifian incluant un historique éloquent. Le psychiatre constate la tendance de ses confrères (généralistes et psychiatres) à prescrire larga manu ces molécules. Selon lui, ils se centrent uniquement sur le « symptôme isolé » décrit dans le DSM. Le manuel américain des troubles psychiatriques à l’origine était destiné à la recherche, et les symptômes potentiellement décrits dans le DSM manuel américain favorisent la prescription des psychotropes surtout celle des antidépresseurs, et ce encouragée par l’industrie pharmaceutique. « L’efficacité des psychotropes, qui sont arrivés tous à la fois entre 1952 et 1965 dans le désert de la pharmacopée psychiatrique, a pu faire croire à certains que les symptômes psychiatriques n’avaient d’autre fonction que d’être des cibles pour les médicaments. C’est la notion de “target symptom” ou symptômes cibles décrits aux États-Unis par Fryhan.»

De charybde en scylla, on est arrivé au symptôme cible qui tient lieu de description de la personnalité dépressive ou disthymique, menant à une construction organiciste de la psychologie par un « système de poupées russes ». Ainsi, la prescription à gogo des psychotropes est facilitée en détournant le DSM au profit de l’industrie pharmaceutique. Le marketing de l’industrie pharmaceutique s’appuie sur des situations de vie de patients dans leur vie quotidienne, psychiatrisant leurs souffrances existentielles et orienter les prescriptions des médecins. Pour favoriser les ordonnances de psychotropes, le marketing va utiliser un langage pseudo-scientifique emprunté à la neurobiologie, sous le couvert du DSM à la botte de l’industrie pharmaceutique. Ainsi, toujours pour trouver le plus de target symptômes nécessitant une prescription de psychotropes. L’une des démonstrations les plus éclatantes est le passage des 180 critères du DSM 1 à celui de 300 dans le DSM IV et V.

Le marketing pharmaceutique va donner l’illusion que toute difficulté existentielle engendrant des bouleversements émotionnels va se résoudre comme par enchantement par la prescription d’un psychotrope.

Dessin humoristique extrait du livre Comment l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions de Christopher Lane). 2007

À l’époque, les effets indésirables des psychotropes n’étaient pas connus comme aujourd’hui. On connait maintenant le risque d’abus, de dépendance et de syndrome de sevrage concernant les benzodiazépines, leurs effets secondaires indésirables comme des troubles de la mémoire, une altération des fonctions psychomotrices (risque de chute par exemple) et des troubles du comportement. Les traitements d’antidépresseurs doivent être prescrits le plus longtemps possible, et chez certains patients parfois à vie, et ce sans qu’il ne soit évoqué les effets secondaires de ces molécules ni leur changement de personnalité au long cours.

Cet extrait de l’article de la revue Prescrire appuie là où ça fait mal : « La pharmacovigilance des médicaments psychotropes est pratiquement axée sur les effets somatiques indésirables de ces traitements•» L’hépatoxicité et autres effets secondaires) sont mises en avant ainsi que les manifestations corporelles mais les changements de personnalité induits au long terme ne le seront pas!

Si cette forte consommation de psychotropes existe, c’est parce qu’il y a aussi collusion entre l’industrie pharmaceutique et de nombreux leaders d’opinion des milieux académiques. Dans l’enseignement médical, les matières comme pharmacologie, la neurologie et les médicaments sont encouragées. Les psychothérapies validées suivant les règles de l’Evidence Based Medecine ne font pas partie de l’arsenal thérapeutique car trop onéreuses et trop longues.

Ainsi, selon Prescrire, n’est-il guère étonnant que l’on continuera à voir apparaitre de nouvelles classes de psychotropes et d’antidépresseurs à visée comportementale comme dans le domaine de la violence. La maîtrise pharmacologique des enfants désobéissants avec la ©Ritaline comme aux États-Unis, et en soulignant aussi le mésusage de cette molécule dans le dopage cérébral ainsi que je l’avais écrit dans le post « Autour du film « Sans limites »: Le dopage cérébral »!

La forte consommation de psychotropes a aussi été dénoncée par le critique littéraire et historien anglais Christopher Lane dans son livre Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions paru en 2007. Là aussi, comme pour le rapport Zarfian, le sujet est encore actuel. Bien qu’il ne soit pas un spécialiste de la santé mentale, Christopher Lane complète avec réussite les observations d’Édouard Zarifian. Dans son livre, il évoque le changement de personnalité sous psychotropes: La neuropsychiatrie nous prodigue des «congés chimiques hors du moi intolérable», mais n’est-ce pas pour nous habituer aux peurs ordinaires et aux chagrins quotidiens, et nous faire souffrir finalement davantage. Comme le dit Hamm dans Fin de partie de Samuel Beckket: « vous êtes sur terre, c’est sans remède! Les neuropsychiatres et leurs mentors de l’industrie auront pourtant dépensé sans compter leur temps et leurs dollars pour nous convaincre du contraire

Quelles sont les dernières nouvelles de ce début d’année concernant la consommation de psychotropes? En France, la consommation d’anti-dépresseurs se situerait dans la moyenne! Cela ne veut pas dire que ceux qui n’en ont pas besoin n’en prennent plus. C’est l’Islande où il se vend le plus de boîtes d’antidépresseurs. Les remarques formulées plus haut sont toujours actuels y compris sur le rapport Zarifian. Sur la consommation d’antidépresseurs, j’ai recensé un article pertinent sur les disparités de consommation suivant les régions. Les trois régions où l’on consommerait le plus d’antidépresseurs seraient le Limousin, l’Auvergne et le Poitou-Charentes. L’une des explications avancées serait la vieillesse, le handicap célibat et le nombre de couples sans enfants. Ceci serait à prouver car il y a probablement d’autres raisons.

Si la consommation d’antidépresseurs diminue depuis 2000, celle des benzodiazépines reste fort élevée. La France en occupe le deuxième rang de la consommation de cette spécialité en Europe, derrière l’Espagne. Il reste encore fort à faire!

En conclusion de ce post, hommage à Édouard Zarifian. Il n’a pas uniquement écrit le rapport de 1996 sur les psychotropes, il a été aussi l’auteur prolixe de nombreux best sellers dont Les Jardiniers de la folie, et voici quelques phrases extraites de son livre Des Paradis plein la tête.

Ecoute-moi, toi mon semblable, mon frère. Tu as peur parce que tu te crois faible, parce que tu penses que l’avenir est sans issue et la vie sans espoir. … Pourtant, tu as d’authentiques paradis dans la tête. Ce ne sont pas des paradis chimiques, c’est toi, toi tout entier dans ta singularité d’homme avec les forces qui t’habitent et que tu as oubliées peut-être. Car c’est l’homme qu’il faut retrouver dans l’individu pour rendre l’existence viable.(Des paradis plein la tête

Si la consommation d’antidépresseurs diminue depuis 2000, celle des benzodiazépines reste fort élevée. La France en occupe le deuxième rang de la consommation de cette spécialité en Europe, derrière l’Espagne.

SOURCES:

pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/31301-Quelles-regions-France-l-on-consomme-d-antidepresseurshttps://www.prescrire.org/docus/PO2008_ZarifianLRP168.pdf

UNE ÉTIOLOGIE PSEUDO-SCIENTIFIQUE DE LA BOULIMIE

Comme prise en charge, il leur est proposé une méthode douteuse permettant aux supposés souvenirs d’abus de ressurgir.

©Giuseppe Muscio

C’est archi connu du grand public, les troubles de la conduite alimentaire ont une origine psychique. C’est l’item 69 du DSM V. Ces troubles ont en commun, sous-jacent aux perturbations alimentaires, des désordres dans la perception de l’image du corps. Succinctement résumé, les prédispositions font état de la fréquence de l’anxiété, de la dépression, d’une fragilité psychologique, d’un sentiment d’insécurité, d’envie, d’ambition, d’une mauvaise estime de soi, de besoins affectifs, etc…Toutes ces causes, bien évidemment  ne prédisposent pas à la survenue d’un trouble alimentaire (boulimie ou anorexie) à l’adolescence mais soulignent une fragilité de la psyché. Quant aux évènements déclenchants, ils ne sont pas spécifiques et la liste est longue. Et pourtant, cette approche étiologique des troubles du comportement alimentaire n’a pas toujours été de règle.

Nous allons donc revenir  aux années 90 comme le montre  l’affaire Ramona, une sombre histoire de sérum de vérité: deux thérapeutes  et un hôpital furent condamnés à verser des dommages et intérêts conséquents pour avoir implanté des faux souvenirs à Holly Ramona, traitée pour une boulimie et une dépression par Amytal (sérum de vérité). L’affaire Ramona est exemplaire au sens où elle démontre la dangerosité de certaines méthodes de psychothérapies non validées et une étiologie de la boulimie non validées par la science. Elles ne respectent pas le principe du « primum non nocere » qui se traduit par « d’abord ne pas nuire ».

Une certaine étiologie de la boulimie remonte à Judith Lewis Herman qui théorisa sur les victimes de violences domestiques et de viols. La psychologue faisait le parallèle entre le stress post-traumatique des vétérans du Vietnam et des femmes victimes de viol. Pour elle, l’impact sur la psyché du trauma des violences domestiques et du viol était pareil à celui des vétérans du Vietnam. Dont l’altération de la mémoire. Mais à l’époque, les neurosciences sur le fonctionnement de la mémoire n’étaient pas aussi pointues qu’aujourd’hui. Pour prendre en charge ces victimes, Judith pensait qu’une thérapie verbale était insuffisante, et qu’il fallait trouver une autre méthode susceptible de faire se souvenir ces victimes de ces violences sexuelles pour que leur état psychique s’améliore.

Or, il est impossible de se souvenir avant l’âge de 7 ans. Des chercheurs de la faculté Emery, ont démontré que les souvenirs de la petite enfance s’effaçaient à partir de 7 ans. Dans la construction de la mémoire autobiographique d’un adulte, la faculté d’oubli est un processus aussi important et normal que le processus de mémorisation; ceci permettant ainsi la mise en place d’une mémoire autobiographique plus concrète et plus complexe. Ce qui n’est pas le cas dans l’approche théorique des thérapeutes qui partent à la pêche chez leurs patients des souvenirs traumatisants avant l’âge de sept ans.

Dans cette lignée théorique, de fil en aiguille, les troubles du comportement alimentaire, dont la boulimie avec la dépression majeure vont devenir la preuve d’une violence sexuelle passée. Comme prise en charge, il leur est proposé une méthode douteuse permettant aux supposés souvenirs d’abus de ressurgir. Cette nouvelle famille pseudo-scientifique porte le nom anglais de « Memory Recovered Therapy » (MRT) ou les thérapies pour se souvenir. Leur principe est basé sur la régression dans le temps, une plongée en  en état modifié de conscience dans le passé du sujet jusqu’à l’événement traumatique. Il ne s’agit pas de quelques heures, ni de quelques jours, ni de quelques mois mais de décennies entières qui remontent, la plupart du temps à la prime enfance, en pleine période de l’amnésie infantile. On propose à la (supposée) victime d’abus de régresser dans son enfance. De préciser, qu’elle le fait avec sa mémoire et son cerveau d’adulte; ce que n’ont pas compris ces pseudo scientifiques. 

Dans les années 90, nombre de thérapeutes pensaient que l’étiologie de la boulimie avec un épisode majeur de dépression  était la preuve tangible d’un abus sexuel durant l’enfance et dont la victime ne se souvient plus. Frappée d’une sorte d’amnésie, mécanisme de refoulement du trauma! Confrontées à ses souvenirs, les victimes vont pouvoir se souvenir de leur agresseur, retrouver une meilleure estime de soi et une bonne image du corps. Cela partait d’un bon sentiment mais ce traitement de la boulimie repose sur des postulats faux dont Holly Ramona et son père ont fait les frais.Les thérapeutes n’ont pas appliqué le principe du « no primum nocere », et ont appliqué sur Holly une MRT, notamment l’Amythal, connue pour sa dangerosité; notamment celle de l’implantation de faux souvenirs. Selon eux, les souvenirs de trauma peuvent disparaître de la conscience des laps de temps impressionnants, des décennies entières.

 Ce postulat implique que même les patientes qui ne signalent pas de souvenirs d’abus méritent systématiquement des investigations pour manipuler leur mémoire sur ce principe de la régression dans le temps pour que leurs troubles s’améliorent. L’on ne peut constater que dans les MRT  et le syndrome des faux souvenirs, le terme « d’amnésie dissociative » revient souvent sur le tapis pour justifier l’oubli total  d’un trauma sur des décennies. Aujourd’hui, il est remplacé par celui d’amnésie traumatique, mais le mécanisme reste le même. En fait, le terme d’amnésie est joyeusement dévoyé pour expliquer que la mémoire fonctionne comme un magnétoscope, et qu’il est possible de  récupérer d’une façon « quasi miraculeuse » des souvenirs par une technique altérant la conscience. 

Dans l’un de ses articles, le psychiatre Harrisson Pope explique d’une façon simple la méthodologie de ces thérapeutes pseudo scientifiques: Holy avait subi un abus sexuel, facteur étiologique de sa boulimie. En résumé, A précède B. Cela ne veut pas dire que A est le facteur étiologique de B. C’est du même tonneau que si l’on disait que les obèses adorent mettre des édulcorants dans leur café plus que les minces. Cela ne signifie pas que les édulcorants sont la cause de  l’obésité. Son étiologie, en somme.

Pour en savoir plus sur l’amnésie dissociative très en relation avec les MRT, le lecteur peut se reporter à l’article dûment documenté du Dr Marc Gozlan sur son blog réalités Biomédicales « Ces patients frappés d’amnésie après un stress intense ». C’est une approche rigoureuse qui ne fait aucune part à l’approximation scientifique, et si l’on retrouve le terme d’amnésie dissociative, cela n’enlève rien à l’existence des faux souvenirs induits (non évoqués dans  le dit article).

Les thérapies comportementalistes donnent d’excellents résultats. Holly Ramona fut d’ailleurs traitée, plus tard, avec de la fluoxetine (Prozac) avec succès. Le risque majeur d’une MRT est de créer des faux souvenirs, de rompre les  les liens familiaux, et faire traîner en justice des innocents pour abus sexuels. Certains patients se sont rétractées, mais pas tous!  Pour d’autres, ces faux souvenirs se sont transformés en certitudes, et sont devenus leur raison d’être, de vivre, et ils ont rompu avec leur famille. C’est tellement ancré dans leur mémoire qu’il est impossible de faire marche arrière! 

Tout thérapeute a la liberté de choisir une autre thérapie en l’absence d’autre traitement.  Mais ce n’est pas le cas pour la boulimie et de la dépression.

Malgré l’évolution des connaissances scientifiques sur la mémoire, certains thérapeutes insuffisamment formés, créent encore des faux souvenirs chez leurs patients. Y compris en France.  Alors quelle que soit la thérapie, d’abord ne pas nuire: « Primum non nocere ». Une prise en charge médicale et  pluridisciplinaire est préconisée en priorité dans les troubles de la conduite alimentaire.     





        Lien: https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2581436/fr/boulimie-et-hyperphagie-boulimique-reperage-et-elements-generaux-de-prise-en-charge-note-de-cadrage          

 
 
 

 

 

 

 
 

FAUT-IL DORMIR ENSEMBLE POUR ÊTRE HEUREUX EN COUPLE?

La synergologie n’a aucun fondement acceptable dans « la connaissance de l’autre ».C’est une discipline autoproclamée malgré sa popularité!

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©John Gannam

 À l’occasion de la Saint Valentin, un petit un tour d’horizon  sur certaines études qui parlent de la psychologie du couple. Très subjectif et il faut le prendre sur un ton badin car ce qui compte, c’est l’alchimie du couple et elle est unique. Alors, commençons par une étude menée par le psychologue Richard Wiseman dans le cadre du Festival international des sciencesd’Édimbourg. il est possible d’évaluer l’harmonie d’un couple n observant sa position quand il dort. La question centrale est: sont-ils collés ou non? Dormir collé l’un à l’autre nous rendrait plus heureux. Bien!

L’étude présentée par Richard Wiseman est ludique et conforte « le bonheur de dormir ensemble » lorsqu’on est en couple. Le lit est bien évidemment le lieu privilégié de l’intimité du couple. Outre celui de l’érotisme, ça coule de source, partager le même lit permet aussi au couple de se retrouver lorsque les contingences matérielles et l’éducation des enfants les séparent la journée.

Et puis, c’est bien connu après s’être disputé, on se réconcilie sur l’oreiller!
Concernant l’étude de Richard Wiseman qui affirme que le bonheur dans le couple est lié aux positions du sommeil des deux partenaires, montrons nous sceptiques même s’il fait partie des sceptiques et a publié une quarantaine d’articles scientifiques. Il a commencé sa carrière comme magicien avant de se tourner vers la psychologie, et cela en fait un personnage sympathique! Côté méthodologie, le psychologue a établi une grille d’analyse pour déterminer si l’on est plus indécis ou sensible aux critiques des autres, si l’on dort en position fœtale, plus confiant et ouvert, si l’on dort sur le dos. Mesurer le bonheur des couples suivant le fait que les deux dorment en regardant dans la même direction ou dos à dos, s’ils se touchent ou pas est étonnant! Dans notre sommeil nous bougeons, et le couple peut donc, au cours de la nuit, passer alternativement de la position royale à la position fœtale, dormir dos à dos ou face à face, s’éloigner ou se toucher. Passer de l’état d’introverti à celui d’extraverti ! Tout le monde à la même enseigne! Évidemment, mon commentaire se veut ironique. On aimerait vraiment connaître la méthodologie de Richard Wiseman dans cette étude ! Il n’est pas si facile de bien dormir, et dans les positions académiques décrites par  Richard Wiseman, et nous bougeons 40 fois au cours de la nuit (hors troubles du sommeil). C’est vraiment dommage d’évaluer uniquement un couple à travers la façon dont il se comporte quand il dort! Décrypter les positions dans le sommeil suivant la personnalité est typique de la synergologie, qui est la science du comportement et des gestes. Force est de constater que la synergologie est populaire et connaît un étonnant succès éditorial dans le domaine de la vulgarisation des sciences humaines.

La synergologie a été fondée par le Philippe Truchet en 1996, et elle n’est qu’une pseudoscience qui essaye de capter une légitimité scientifique en se démarquant comme une discipline à part entière.

Elle n’a aucun fondement acceptable dans « la connaissance de l’autre » que ce soit dans la vulgarisation psychologique de la connaissance de soi. C’est une discipline autoproclamée malgré sa popularité!
Vincent Denault, Pierrich Plusquellec et Serge Larivée de l’Université de Montréal ainsi que Dany Plouffe de l’Université McGil mettent en évidence les failles scientifiques de cette discipline autoproclamée. Dont détournement du vocabulaire scientifique, appel à l’autorité, raisonnement circulaire, défaut de lien avec d’autres disciplines scientifiques, utilisation d’anecdotes et de témoignages informel et absence d’évaluation par les pairs. Ce n’est pas si simple! Le corps ne dit pas tout haut ce que l’esprit pense ! On ne lit pas dans l’autre comme dans un livre ouvert en le jugeant uniquement sur sa communication non verbale.

Certes, les gestes, le regard, la voix sont importants pour cerner l’autre, mais la communication non verbale est liée à la communication verbale, et les deux sont indissociables. Et pourtant, la pseudo science de la synergologie se réclame de courants tout à fait sérieux comme ceux de Gregory Bateson, Paul Watzlawick, Edward T. Hall, des personnalités du monde des sciences humaines hors pair qui n’ont jamais prétendu que l’on pouvait connaître autrui uniquement à travers la communication non verbale.

La synergologie n’a pas fait ses preuves au niveau de la science. La communication dans le couple passe avant tout dans l’engagement, le dialogue et la vie commune pour ceux qui le souhaitent. Même si l’on se montre sceptique envers les résultats de Richard Wiseman, tout n’est pas négatif. Les couples qui se touchent en dormant seraient plus heureux. Les statistiques semblent exagérées mais le principe est sympathique. L’importance du toucher est primordial pour entretenir le bonheur dans le couple. Elle permet l’intersensorialité et le soutien de l’excitation sexuelle. Le contact tactile dans le couple est important en dehors de la vie sexuelle. Le toucher est le premier sens éveillé, et il faut l’entretenir tout au long de la vie. La psychologie néglige souvent d’étudier cette dimension du toucher dans le bonheur. La tendresse, l’amour dans le couple se manifeste aussi dans les gestes du toucher, en dehors de la sexualité. En dehors du sommeil, à l’état de veille également, et en dehors du lit ! L’étude est biaisée dès le départ car affirmer que les couples qui dorment en se touchant et se faisant face sont plus heureux est vraiment réducteur. Ce genre d’étude présentée au festival d’Édimburg peut impressionner le grand public qui y voit un gage de sérieux, mais les professionnels de la médecine, la psychologie et la psychanalyse qui connaissent le BA-Ba de la méthodologie scientifique sont plus réservés. Les querelles de chapelles sont nombreuses dans le domaine des théories de la psyché, mais tous unanimement, dénonceront la connaissance de l’autre uniquement à travers sa communication non-verbale, et pire encore sa position dans le lit lorsqu’il dort.
On est loin des idées de Freud, des manifestations inconscientes et de la vie nocturne ou effectivement l’esprit continue à travailler. Ne serait-ce qu’à travers les rêves. Faut-il vraiment culpabiliser les couples qui ne dorment pas « ensemble » ? Qu’est-ce qui se passe si l’autre décrypte qu’il est incompatible avec son partenaire à travers sa position dans son sommeil ? Ils se séparent ? Et tous ceux ne dorment pas dans le même lit ? Ceux qui dorment dans des lits jumeaux ? Ceux qui font chambre à part ? Ils ne seront pas heureux? Plus sérieusement, ce genre d’étude induit des généralités sur le comportement, qui sont à prendre avec des pincettes. Il s’en passe des choses dans un lit, mais tout couple a le droit, sans culpabiliser, de se demander s’ils sont vraiment faits pour dormir ensemble.

Une donnée à considérer est celle de la dimension transculturelle du sommeil et de la chambre à coucher étroitement liée à l’intimité et qui a évolué en Occident au fil du temps. Prenons l’exemple japonais. Une autre conception de l’intimité avec la chambre à coucher et le lit. Les Japonais déroulent chaque soir dans la chambre à tatamis leur futon, et les pièces sont séparées par des cloisons coulissantes garnies de papier de riz, très peu isolantes à tout point de vue. Il n’y a également pas de matérialisation de la chambre avec les Touaregs qui utilisent plusieurs habitats (tentes en nattes ou en peaux de chèvres).

Le bonheur de dormir ensemble n’est pas systématique. Décrypter la personnalité de l’autre et son degré de bonheur à travers son sommeil l’est encore moins. Dormir à deux, c’est plus difficile qu’il n’y paraît. Il y a une dimension transculturelle du lit et une dimension de confort. De plus en plus, il y a une demande de lits de plus en larges. Cela vous étonne-t-il? Nous passons en moyenne vingt-quatre ans dans notre lit! Le professeur Damien Léger du centre du sommeil et de la vigilance de l’AP-HP de Paris fait remarquer que pour les couples, c’est la plus longue période passée ensemble. Et il y a des non-dits dans le couple à ce sujet.  Il voit « très régulièrement des personnes qui ont du mal à dormir à deux, mais qui n’osent pas l’avouer ». Certains couples optent pour des lits jumeaux ou des chambres séparées parce qu’ils ressentent cette promiscuité comme une perte d’espace vital. D’autres, comme une contrainte qui nuit à la qualité de leur sommeil. Il y a également les adeptes des lits en grande largeur ou chacun vit sa nuit de rêve dans la position qui lui convient. Avant de décrypter l’autre à travers les positions dans son sommeil, il faut plutôt privilégier le dialogue, l’écoute et l’empathie tous les jours.

Et peut-être, lorsqu’on a décidé de vivre sous le même toit, choisir son lit ensemble, et ne pas hésiter à dire à l’autre comment on a envie de dormir. Se rendre chez un spécialiste de la literie sera plus salvateur pour le couple la nuit. Et le manuel du Kama Sutra favorisera plus le bonheur du couple que l’étude des positions dans le sommeil de Richard Wiseman ! Les recettes du bonheur ne sont pas toutes faites! À chaque couple son alchimie personnelle pour être heureux ensemble. Y compris la nuit! Car la nuit c’est sacré.

CES CHARLATANS QUI LISENT LES AURAS.

Grand mythomane devant l’éternité, Lobsang Rampa prétendit que son livre « Vivre avec le lama » avait été dicté par télépathie par Mme Fifi Greywisken, son animal de compagnie…une chatte siamoise!

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Le peintre Fra Angelico (1400-1455), selon les principes picturaux de la Renaissance,  a représenté dans ses oeuvres le visage humain entouré  d’une auréole, un halo de lumière symbolisant la lumière mystique des saints. Elle signifie aux croyants que ces saints, par leur vie exemplaire ou leurs prodiges, sont différents du commun des mortels. Cette auréole est  aussi connue plus prosaïquement sous le terme d’aura, marquant l’atmosphère spirituelle d’une personne. Maintenant quittons le domaine de l’art pictural de la Renaissance pour celui de la parapsychologie et de ses aberrations.
 
Ce champ magnétique, ces corps subtils que sont les auras, enveloppant tous les êtres vivants et les choses, sont abondamment décrits dans la parapsychologie, les sciences occultes les thérapeutes du New Age. La parapsychologie et la psycho- spiritualité new age ont fait de l’aura leur fond de commerce. Le principe premier de l’aura est son invisibilité pour le profane, le quidam que nous sommes vous et moi. Mais. Certains clairvoyants autoproclamés qui font la course à la belle âme auraient le talent de la voir. 
 
L’une des premières descriptions des auras remonterait à 1897 et reviendrait à Charles Wester Leadbeater, un prêtre anglican,  membre de la société de théosophie et autoproclamé clairvoyant. C.W Leadbeater décrit les auras comme une brume lumineuse autour de l’homme, que l’on peut classer en fonction de sa couleur suivant le degré de spiritualité d’une personne. 
 
Si vous voulez tout savoir sur votre aura, il vous faudra consulter l’un de ces élus qui savent la lire. Attention, le monde psycho-spirituel est semé d’embûches, et si vous pensez éventuellement être doté d’une aura semblable à celle des saints, vous risquez d’être déçu(e). Contentez vous de regarder l’image de votre saint pieusement car le thérapeute autoproclamé clairvoyant est conditionné à traquer les moindres défauts de la couleur de votre aura. Sa couleur dépend de votre degré d’évolution psycho-spirituelle et de la qualité de votre âme. Chez certains, l’aura peut-être vaste, puissante, lumineuse, possédant des vibrations intenses et des couleurs splendides, tandis que chez d’autres, c’est tout le contraire : elle est petite, terne et laide. Si c’est le cas de la vôtre, ne paniquez pas, vous pouvez la travailler afin qu’elle vous protège des mauvaises influences et vous permettent de bénéficier des influences bénéfiques du cosmos. Certains charlatans, oups…guérisseurs vont vous faire la  promesse de vous remettre sur pied en soignant votre aura, et lui redonner bonne mine.
 
Sur le net, il y a pléthore de sites new age. La plupart restent généraux et gentillets sur la relation entre la couleur des auras et l’évolution psycho spirituelle de la personne, il en est d’autres plus flippants sur les traits de caractère négatifs ou des maladies physiques et psychologiques dévoilés par des couleurs déclarées nocives. De quoi déstabiliser une personne fragile qui fait confiance à un thérapeute new age convaincue par les fadaises qu’il raconte.
 
La lecture des auras est une facétie qui a ses racines dans la pensée irrationnelle ou magique à l’instar de l’enfant qui croit au Père Noël. On est libre des ses croyances et de ses choix pour se faire soigner, mais le risque de tomber sous la coupe de charlatans peut vider votre portefeuille, conforter l’inculture scientifique et vous déstabiliser psychologiquement.
 

Voici quelques correspondances des couleurs des auras empruntées à des auteurs, à succès, de la galaxie new age: 

Le Bleu pâle et fade signifie une timidité excessive, une personnalité non épanouie et influençable. Si par malheur, ce bleu est mêlé à un jaune ocre, méfiance Et mêlée à du gris, pessimisme. Mêlée à  un jaune électrique, tendance à intellectualiser. Le summum du bleu restant le bleu foncé qui dénote un caractère volontaire, pugnace et l’envie de progresser.
Quand l’aura est orange vif, la personne est tournée vers le bien et fait preuve de bonne volonté de loyauté. Mais… si elle est mêlée de jaune pâle, sa générosité est calculée. Et si l’orange est mêlé de vert sombre, la personne est rancunière, agressive et  sans finesse.
L’aura rose est signe d’un esprit immature et d’un esprit ludique. Mêlée de jaune zones acidulé, la personne est égocentrique.
Bref, toutes les couleurs du spectre y passent et c’est sans fin. On peut noircir des pages et des pages avec toutes les correspondances entre les couleurs de l’aura et la personnalité des gens.
 
Outre la clairvoyance, la lecture de l’aura se dote d’un appareil attrape-nigauds et aussi pseudo scientifique que l’électromètre de la scientologie: la photographie de Kirlian, du nom de son découvreur. Sa supposée découverte se propagea dans la parapsychologie et les sciences occultes. Tout commença avant la première guerre mondiale. En 1939, Semion Kirlian, un électricien russe qui réparait un appareil médical, voit crépiter des étincelles entre sa main et une électrode entourée de verre. L’image révélée est surprenante car sa main apparaît entourée d’une frange lumineuse. S. Kirlian  poursuit ses recherches et pense que son procédé peut être utilisé pour diagnostiquer des maladies et étudier les propriétés électriques ou physiologiques d’organismes vivants. Rappelons que nous étions en 1939, et que la science médicale n’en était qu’à tous ses débuts. En plein essor du mouvement New Age et de la contre culture dans les années 70, les travaux de S.Kirlian  vont être  diffusés par deux journalistes américains .
 
Avec l’effet Kirlian, de belles photographies en couleur montrent les variations de forme et d’aspect de l’aura à l’extrémité des doigts d’un sujet durant  diverses phases de méditation ou sous l’effet de la douleur. L’Association Francaise pour l’Information Scientifique (l’AFIS) décrit dans l’article « L’effet Kirlian » les dérives sectaires de la découverte de l’électricien russe. « Les photographies de Kirlian ne servent pas, seulement, écrit-on à diagnostiquer, divers troubles, dont le cancer, avec une fiabilité supérieure à celle des méthodes médicales classiques; elles permettent aussi d’observer le transfert de l’énergie vitale du guérisseur à celui du patient. »

Les parapsychologues assimilent l’effet Kirlian au corps astral ou éthérique des occultistes. Par la suite, les marchands du temple de l’industrie vont exploiter le filon en fabriquant des détecteurs de Kirlian vendus à des charlatans qui tirent le portrait (si on peut dire) de l’aura des gogos  pour connaître leur couleur et leur Quotient spirituel (QS) pour la somme de quarante Euros. Les salons de médecine douce ou de parapsychologie regorgent de ce type d’appareils.

Outre S.Kirlian, durant les années 1910 et 1920, pleine période de la théosophie, Walter J. Kilner, au début des années 90, inventa également des lunettes basées sur l’idée des écrans de dicyanine contenant de l’aniline pour lire les auras. La dicyanine est un colorant vert olive utilisé comme sensibilisateur pour la photographie en couleur. L’aniline étant un précurseur de l’indigo.

 
En 1956, le livre le Troisième Oeil de Lobsang Rampa (se présentant comme un moine tibétain) obtint un immense succès planétaire, et diffusa dans l’ésotérisme populaire la notion d’aura. Lobsang Rampa affirme dans ses écrits qu’il possède le don de voir les auras, et qu’il peut  ainsi évaluer le matérialisme, la spiritualité et le degré d’honnêteté des gens. Lobsang Rampa prétendit qu’il était né avec ce pouvoir de lire les auras. À l’âge de sept ans, il avait été envoyé dans une lamaserie tibétaine, et une opération chirurgicale consistant à percer un petit orifice dans le front de Rampa ouvrit son troisième oeil et amplifia son pouvoir de voir les auras. Auteur prolixe, Lobsang Rampa prétendit travailler à la conception d’une «machine aurique» afin que les médecins non clairvoyants puissent photographier l’aura, et par ce moyen diagnostiquer des maladies. Les Tibétologues et anthropologues de l’époque se montrèrent sceptiques sur  la réalité des écrits et des voyages au Tibet de Lobsang Rampa. Et ils avaient raison. L’auteur était en fait un certain Cyril Henry Hoskin, né le 8 avril 1910 à Plython (Devon), d’un père plombier; il était en réalité vendeur de matériel pharmaceutique au chômage. Hoskin n’avait jamais mis les pieds au Tibet, et ne parlait pas un mot de tibétain. En 1948, il se fait officiellement changer son nom en Karl Kuon Suo avant d’adopter celui de Lobsang Rampa. Retrouvé par la presse britannique en Irlande, le charlatan ne se démonta pas. Il ne nia pas son nom de Cyril Hoskin mais prétendit que son corps était occupé par l’esprit de Lobsang Rampa grâce à la technique de la transmigration, un moine tibétain qui avait besoin de transmettre un enseignement aux Occidentaux en prenant possession du corps de Hoskin.

Grand mythomane devant l’éternité, Hoskin/Rampa prétendit que son livresiamois-2-094551 « Vivre avec le lama » avait été dicté par télépathie par Mme Fifi Greywisken, son animal de compagnie…une chatte siamoise! 

Il a certainement été inspiré par les livres de la grande voyageuse Alexandra David Neel et par les enseignements de la théosophie. Les livres de Lobsang Rampa firent rêver des lecteurs du monde entier, et sensibilisèrent des tas de gens à la spiritualité tibétaine sur la base de mensonges et de croyances irrationnelles. Même après sa mort, son enseignement continue de rassembler un grand nombre d’adeptes qui pensent trouver un sens caché psycho-spirituel dans ce canular littéraire. 

La contre-culture hippie contribuera à propager, dans les années 70, le concept d’aura. En 1972, le psychologue américain Stanley Krippner a organisé à New York le premier congrès sur l’aura. Ce psychologue, est un pionnier dans l’étude de la conscience, et il conduit des investigations dans le domaine des rêves, de l’hypnose, du chamanisme et de la dissociation. Toutes ses recherches sont faites dans une perspective multiculturelle avec un accent sur les phénomènes réputés anormaux. Il s’agit d’une démarche peu académique mais intéressante. Dans ce type de recherche, on peut aussi bien côtoyer des sceptiques intéressés par ce genre de phénomènes que des charlatans.
 
La vision de l’aura obtint un regain d’intérêt, dans les années 90, avec la parution du livre Les enfants indigo: Enfants du troisième millénaire du couple Lee Carroll et Jan Tober (qui se présentent comme des intermédiaires entre les humains  et les extraterrestres), suivi du film Indigo par James Twyman, Neale Donald Walsch et Stephen Simon. Les enfants indigo se caractériseraient par une aura indigo et seraient des enfants surdoués, mais dont l’intelligence et la maturité seraient supérieures car il viennent d’une autre galaxie. Ces enfants peuvent faire preuve d’étonnantes capacités comme celles de se guérir du virus HIV. Ces enfants sont forcément mal adaptés à la vie terrestre, et ils ont besoin d’une prise en charge adaptée à leurs étonnantes facultés surhumaines. Lee Carroll a développé le réseau Kryeon avec la technique EMF Balancing, technique d’harmonisation des champs magnétiques. Des praticiens énergéticiens, certifiés EMF prétendent soigner les enfants indigo , incarnations d’esprits supérieurs ou d’âmes anciennes.

Ors, les expressions employées pour les  enfants-indigo sont les mêmes que pour les enfants ayant un QI supérieur à 130. Les enfants précoces sont hypersensibles, et en cas de doute, il vaut mieux consulter l’AFEP (Association française pour les enfants précoces) plutôt qu’un thérapeute EMF.

 
L’aura est-elle cantonnée au domaine de la parapsychologue et des pseudo-sciences uniquement, alors?
 
Le terme d’aura existe pourtant en médecine, à mille lieues du sens donné par la parapsychologie. Les migraines peuvent parfois s’accompagner des phénomènes sensoriels regroupés sous le nom d’aura.

Dans le cas des migraines, les auras les plus fréquentes sont ophtalmologiques: le champ visuel se remplit de phosphènes, de mouches semblant traverser le champ visuel (myodésopsies), de lignes brisées lumineuses (scotomes scintillants) pouvant former des compositions complexes. Les migraineux peuvent également avoir des auras visuelles, des auras sensorielles, et d’autres formes plus rares.

La synesthésie est également une autre explication de la vision des auras. La synesthésie est un trouble neurologique (non pathologique) par lequel deux ou plusieurs sens sont associés alors qu’ils sont habituellement isolés.

Les cas sont rares et ne concernent pas les charlatans. En 2004, Jamie Ward rapporte une étude de cas dans la très sérieuse revue Cognitive Psychologie: une synesthète voyait des couleurs pour les noms des gens qu’elle connaissait personnellement. Elle disait qu’elle voyait des couleurs qui occupaient tout son champ de vision quand sa synesthésie était provoquée par des mots. Elle percevait visuellement distinctement les noms et les visages des gens qu’elle connaissait avec des halos colorés au des auras projetées autour de la personne ou du nom. Elle ne croyait pas qu’elle possédait des pouvoirs mystiques à l’instar de Lobsang Rampa et ne s’adonnait pas à l’occultisme.  Il existe d’autres cas bien documentés dans des revues de neurologie de bonne facture dans lesquelles des synesthètes ont rapporté projeter des couleurs sur des gens (Weiss 2001 et Al, Ramachadran & Hubbard, 2001).

 
Des déformations perceptuelles induites par les  charlatans,  conditionnées des exercices pour apprendre à lire les auras (entre autres), des illusions et des hallucinations peuvent favoriser les croyances dans l’existence de l’aura. Certains scientifiques affirment que la propension à voir des auras, pourrait  avoir du moins en partie, un fondement à la fois neurochimique et génétique. Il y aurait une relation entre les facteurs psychologiques, comme la propension à la fantaisie, la suggestibilité et d’autres associés à des niveaux de dopamine dans le cerveau  qui favoriseraient la vision des auras.
 
La science a bien prouvé l’existence de champs thermiques, électromagnétiques et électrostatiques, mais  elle n’a pas prouvé l’existence des auras décrites dans les sciences occultes, la parapsychologie et le New Age. Gardons l’esprit sceptique comme le philosophe Friedrich Nietzsche:
« La croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu’on croit »
 
Sources:
 
 

 

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PRINCIPE DU « PRIMUM NON NOCERE »DANS LES PSEUDO-SCIENCES!

Le » Primum non Nocere » est la règle de base pour tout soignant.

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Un récent sondage IFOP indique que 34% des Français estiment avoir une culture scientifique lacunaire, contrairement aux allemands et aux anglais. Toujours dans ce sondage, 56 % des Français estiment que la science ne tient pas suffisamment de place dans les débats de société. Gaston Bachelard disait que « la culture scientifique demande un effort de la pensée». C’est incontestable mais faut-il aussi que le grand public puisse accéder à des articles de vulgarisation de qualité. Les connaissances scientifiques lacunaires montrent qu’il ne s’agit pas d’une ignorance totale de la science, mais d’une capacité globale à s’informer, trier les messages (parfois contradictoires), afin de se forger une conscience et une opinion sur les interrogations de la science. La science évolue constamment, elle n’est pas figée.

L’un des principaux dangers qui guette les personnes qui ont une culture scientifique lacunaire est d’ouvrir la porte à la désinformation scientifique. Force est de constater que le discours pseudo-scientifique est parfois plus convaincant et ludique que l’information scientifique taxée parfois de rigide et inhumaine. Ne vous rétorque-t-on pas alors comme un mantra (ces propos de Michel Montaigne) « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme» !

Très souvent, la frontière entre la science et la pseudo-science est ténue pour le grand public. La médecine, la psychologie avec ses théories et méthodes sont les grands terrains de prédilection du pseudo-scientisme. Souvent la marque de fabrique des charlatans qui ont l’art de pratiquer un jeu de dupes envers autrui, en déformant la réalité par des biais cognitifs, des falsifications afin d’obtenir la confiance d’autrui, en vue de lui soutirer de l’argent ou de le mettre sous influence à des fins de manipulation.
De reconnaître que la définition du charlatan est souvent imprécise, et un professionnel peut toujours être le charlatan de quelqu’un s’il pratique une méthode peu consensuelle. Très souvent, lorsqu’on parle de charlatanisme, il s’agit du rejet de toute autre méthode que celle dite conventionnelle.

 

Le charlatanisme et les pseudo-thérapeutes sont souvent présentes dans les médecines parallèles (dites douces ou bien encore alternatives). Le tout regroupé sous une novlangue séduisante comme le bien-être, le développement personnel et la psychothérapie. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille rejeter toutes ces médecines. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé un deuxième plan stratégique en 2014 pour assurer le développement de ces formes de médecine.  L’OMS comptabilise pas moins de 400 médecines complémentaires. Comme il l’est écrit noir sur blanc sur le site de l’OMS: « Dans ce large panel, en France par exemple, l’ordre des médecins reconnaît quatre pratiques: l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie et l’ostéopathie. Le code de la santé publique précise que « les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé ».

Hors ces disciplines listées par l’OMS si elles sont encadrées correctement, force est de constater que le champ de la santé est frappé de plein fouet par les pseudo sciences et ses pratiques douteuses. Aujourd’hui, il y a actuellement une intrusion de disciplines pseudo scientifiques regroupées sous le label consacré de « médecines complémentaires ». De nombreuses formations proposent des cursus aux noms exotiques qui contribuent à cette dilution de la médecine scientifique et favorisent le charlatanisme.

Le professeur Loïc Capron interviewé dans un média mainstream, il y a quelques années ne mâche pas ses mots : « il existe une forme de laisser-aller intellectuel qui ne résiste plus aux assauts de la charlatanerie.»

Et lors d’une audition récente au sénat sur les dérives thérapeutiques et sectaires: la santé en danger, Loïc Capron met en garde contre le charlatanisme:
Ce que j’ai lu du témoignage de mon confrère Serge Blisko (président de la MIVILUDES) n’a fait que me conforter un peu plus dans mon doute! Il cite des situations extrêmes mais parle aussi de l’hôpital, réservant un long développement aux dérives qui y sont possibles. Pour moi, le dérapage qui peut exister entre médecines complémentaires, charlatanisme, voire sorcellerie – Serge Blisko donne des exemples qui en relèvent – est le même que celui qu’il peut y avoir entre religion et pratiques sectaires. Nous abordons là des domaines de foi qui gênent beaucoup un esprit scientifique et rationnel…

Et plus loin, il poursuit:

Il existe deux manières de dévier en médecine… On peut tout d’abord inventer des systèmes abracadabrants, avec des thérapies parfaitement imaginaires et parfois toxiques. Ceci est assez facile à dépister. Une autre lubie de certains praticiens consiste à employer de manière non conventionnelle des médecines conventionnelles, à l’encontre de l’avis de la HAS et des préconisations internationales. Comment sérieusement contrôler ces pratiques ? Je ne suis pas sûr que nous en ayons les moyens mais elles existent bel et bien !

S’i y a des médecines complémentaires tolérées par l’OMS, on ne peut que s’étonner par du nombre faramineux de diplômes universitaires de « thérapies complémentaires ». Ils seraient plus de 90, et il est difficile de faire le distinguo entre une médecine complémentaire et une médecine alternative. Certaines comme l’hypnose, la sophrologie peuvent s’avérer intéressantes dans nombre d’indications. Ces  méthodes, altérant momentanément la conscience, sont propices à l’émergence de faux souvenirs qui peuvent faire prendre des vessies pour des lanternes aux patients, voire aux thérapeutes s’ils n’ont aucun pré-requis scientifique.

La pensée magique ou irrationnelle domine dans les pseudo sciences au détriment de la pensée analytique fondée sur des connaissances scientifiques, en perpétuelle évolution. Le charlatanisme se fait toujours au détriment de la santé des patients, à un moment donné ou à un autre. Les charlatans enfument leurs clients avec un langage ou des cautions scientifiques, alors qu’en fait la théorie est bidon et la pratique à risque.

Il n’y a pas que des personnes insuffisamment formées à l’esprit scientifique, il y a aussi le profil très particulier des alterscientifiques que Alfred Moatti décrit dans son livre « Alterscience, Postures, dogmes et idéologies. Les alterscientifiques sont des hommes de science à forte notoriété, qui à un âge avancé développent une théorie alternative.

La médecine tolère ces médecines complémentaires quand elles sont envisagées conjointement avec les traitements de la médecine conventionnelle, et n’empiètent pas sur un traitement qui a fait ses preuves. La règle pour toute thérapie, qu’elle soit conventionnelle, complémentaire ou alternative devrait être celle du « primum non nocere ». « Ne pas nuire à autrui », ce principal dogme abstentionniste appris aux étudiants médecine de premier année est à appliquer à tout soignant.

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, et de nombreuses thérapies peuvent s’avérer nuisibles et mettre la santé du patient en danger. Ce sont les cancers qui remportent la palme des traitements douteux.
Ryke Geer Hamer, l’inventeur de la nouvelle médecine germanique, a été condamné à pour escroquerie et complicité illégale de la médecine et a été emprisonné à Cologne et en France.  Selon sa conception et celle de ses émules, le cancer est une forme de survie inconsciente  du cerveau à un choc psycho émotionnel. Tout cancer est déclenché par un choc psychologique, un conflit aigu et dramatique vécu dans l’isolement. ce syndrome porte le nom d son fils décédé: le syndrome Dirk Hamer (DHS) Des patients qui auraient pu être soignés à temps par la médecine scientifique sont morts. Concernant le cancer du sein, il a développé toute une théorie sur le « conflit du nid » reprise plus tard dans le Décodage Biologique .

Hormis ces deux théories redoutables qui défraient régulièrement les chroniques judiciaires, des remèdes qualifiés de naturel pour lutter contre le cancer sont aussi diffusés et désinforment le grand public.
La liste des méthodes douteuses contre le cancer est longue. On trouve pêle-mêle le cartilage de requin (compléments alimentaires vendus en diététique), le laetrile  (extrait du noyau d’abricot), l’essiac (une herbe médicinale), l’appareillage (courant électrique). Et tant d’autres…

Certaines de ces méthodes à risque se pratiquent dans des cliniques. Ce qui  induit auprès des patients une caution scientifique qui rivalise avec la médecine scientifique. Comme pour la méthode Linvingston-Wheeler préconisée par Virginia Wheeler qui pensait que les cancers étaient causés par une bactérie  trouvée (ou inventée) par elle, le Progenitor Cryptocide. Prescrite dans la clinique privée Linvingston-Wheeler (San Diego, Californie), cette méthode consiste à renforcer le système immunitaire par une détoxification, grâce à un régime végétarien strict, des lavements au café et par l’administration de vaccins spéciaux comme celui du BCG et un autre préparé à partir de l’urine d’un individu spécifique. On rapporte que les patients eurent une qualité de vie significativement plus mauvaise suivant les critères du Functional Living Index-Cancer. La clinique prétendait obtenir 82% de résultats de rémission; ce qui était faux.

Lorsqu’on constate l’engouement des salons de bien-être ou de médecines douces,  on se demande pourquoi est-il si difficile d’informer le public sur les pseudo-sciences et les méthodes douteuses? Les médecines alternatives ou complémentaires bénéficient de la confiance acquise quasiment au même titre que la médecine scientifique. Pourquoi?
Ces thérapies complémentaires remplacent la médecine populaire d’autrefois, et il est judicieux de s’interroger sur les systèmes médicaux. Faut-il forcément critiquer le système de la médecine chinoise, aryuvédique et même homéopathique sous l’angle de la médecine scientifique occidentale? De parler d’effet placebo ou de l’impact de la suggestibilité sans tomber dans le militantisme qui braque. Voir l’appel des 124 professionnels de la santé contre les médecines alternatives qui a déclenché la colère de leurs confrères les pratiquant. Certaines personnes ont recours à l’homéopathie, et elles en sont satisfaites même si l’on parle de placebo. Les pharmaciens recommandent eux-mêmes des spécialités homéopathiques en « bobologie ».
N’est-il pas plus pertinent de parler du « primum non nocere» ? Ni bénéfice, ni nuisance. Peu importe l’impact de la suggestion et l’effet placebo s’il ne nuit pas et n’aggrave pas la maladie.

L’Australie a fait réaliser, il y a quelques années, une analyse complète des produits et thérapies complémentaires à travers leur méthodologie (absence ou manque d’études randomisées, pas de double aveugle). 17 thérapies se retrouvent sur le banc de touche car elles ne présentent aucun avantage. Parmi elles, la phytothérapie, la méthode Feldenkrais, l’iridologie, la kinésiologie, le shiatsu. Ce n’est pas demain que ces thérapies cesseront d’avoir du succès, peut-être plus que la médecine conventionnelle. La méthode Pilates est aussi critiquée dans cette étude, et pourtant, de nombreux de coachs sportifs font des cours performants avec cette méthode.

Face au charlatanisme et au pseudo-scientisme, il y a également la difficulté pour le grand public de cerner une controverse scientifique qui peut animer les scientifiques entre eux. Dans une controverse scientifique, c’est la pensée analytique qui domine; chacun avance ses arguments en l’état des connaissances scientifiques. La lecture des publications scientifiques n’est pas toujours consensuelle, et chaque médecin a lui aussi sont propre système de croyances en matière de soins.

Comme il est délicat d’évoquer une controverse scientifique actuelle sans provoquer une levée de bouclier, retour vers le passé avec l’histoire de l’encéphalopathie traumatique qui est le thème du film de Peter Landesman « Seul contre tous ». C’est  l’histoire du Dr Bennet Omalu, médecin légiste et originaire du Nigeria. En autopsiant les corps de joueurs de football américain, il constate que la répétition abusive de chocs crâniens au cours des matchs provoquaient des maladies neuro dégénératives chez les sportifs de haut niveau. Pendant de longues années, il a été traité de charlatan par ses confrères et il s’était mis à dos la NFL (Ligue Nationale de Football Américain). En 2005, Bennett Omalu publie une étude sur cette maladie diagnostiquée post-mortem, et sera enfin reconnu par ses pairs.

Le  » Primum non Nocere » doit  rester la règle de base pour tout soignant.
«Inventez une charlatanerie, n’importe laquelle, vous trouverez toujours des hommes qui diront que ça marche, tant notre besoin d’illusion est intense.»(Boris Cyrulnick)

Sources:

PSYCHOTHÉRAPIE D’UNE PRINCESSE SATANIQUE!

Patricia Burgus, surnommée la « Princesse Satanique, obtint lors d’un procès 10,6 millions de dollars de dommages et intérêts pour le préjudice causé par un diagnostic lié à des rituels sataniques.

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L’histoire de Patricia Burgus figure dans le livre « Science and Pseudoscience in clinical psychology ». En 1995, Frontline, une chaîne nationale TV de documentaire diffuse l’émission « A la recherche de Satan ». Un reportage montre Patricia Burgus suivant une thérapie avec le psychiatre Dr Bennet Braun.

Patricia est une mère au foyer qui souffre de dépression post-partum. Elle consulte alors le psychiatre Bennet Braun. Jusque là, rien d’extraordinaire car de nombreuses femmes soufrent de dépression post-partum, et une prise en charge médicale adéquate permet de les traiter. Seulement, voilà Patricia Burgus va être hospitalisée trois ans à l’hôpital presbytérien de Chicago. Pourquoi si longtemps même si la dépression post-partum nécessite une attention particulière? À cause du diagnostic du Dr Bennet qui la suit! Patricia souffrirait du « Trouble des Multiples Personnalités » (TMP), l’une des manifestations de l’étrange diagnostic du Rituel satanique d’Abus Sexuels (Satanic Ritual Abuse, SRA)».

Le diagnostic du rituel satanique d’abus sexuel n’est pas le fruit de l’imagination d’un auteur de thriller ou d’un cinéaste, il a réellement existé! Il faut le replacer, en quelques mots, dans le contexte de l’époque. L’Amérique des années 90 est obsédée par la violence des cultes sataniques, réels ou imaginaires. Au cours de cette période, les rumeurs sur les adorateurs du Diable vont bon train, se multiplier jusqu’à l’hystérie collective. Les médias, avides de sensationnalisme, font circuler des vidéos dites tournées par les adorateurs de Satan. Elles montrent des messes noires où des adolescentes seraient soi-disant violées et des sacrifices rituels des bébés. 

Le contexte dans lequel s’est développé cette hystérie collective est particulier. Outre Atlantique, les adorateurs de Satan ont pignon sur rue à l’instar de ceux de l’Église sataniste d’Anton Sanzdor LaVay. Surnommé « le pape noir », il fonde son église en 1966.

Dès les années 80, des télévangélistes, des Pentecôtistes, fondamentalistes et encore plus surprenant des thérapeutes qui dénoncent sur de simples rumeurs les activités criminelles des satanistes. Même si les cultes étaient glauques et déroutants, les allégations sur les sacrifices humains étaient infondées; ce qui sera confirmé par le FBI. Cette vague d’allégations mensongères sera connue sous le nom de « Satanic Panic » ( littéralement panique satanique). Une dénomination culturelle anglo-saxonne de l’hystérie collective liée au satanisme.

Et un trouble mental, celui du « Rituel Satanique d’abus sexuel » (RSA) fut circonscrit au satanisme! Cet étrange diagnostic « étiquetait » des personnes supposées avoir été violées au cours de messes noires, dont elles seraient totalement amnésiques, et se manifestant par le Trouble dissociatif de l’identité (TDI) – anciennement  TPM Trouble des Personnalités Multiples) suivant les critères du DSM. Ce trouble se caractérise par la présence de deux ou plusieurs personnalités distinctes, les alters qui prennent le contrôle de la personnalité principale, l’hôte. Ce dernier ignore l’existence de ses alters et n’en garde aucun souvenir. Le TDI figure parmi les troubles dissociatifs les plus controversés du DSM (sous toutes ses versions), et ce qu’il faut retenir, et c’est important pour comprendre l’affaire Patricia Burgus, c’est que certains auteurs pointent le fait que le TDI est causé par  les thérapeutes eux-mêmes! Ce sont eux  qui créent des symptômes de TDI via des méthodes à base États Modifiés de conscience (EMC) et de suggestion. Cette croyance implique également que les personnes atteintes de TDI sont plus susceptibles d’être manipulées par les suggestions que d’autres.

Pour poser un diagnostic de SRA, le patient devait répondre à plusieurs critères dont celui d’avoir été violenté par ses parents, membres d’une secte sataniste. Sous la contrainte, avoir participé à des rites sataniques cannibales où l’on sacrifiait des bébés. L’une des particularités du SRA est l’oubli total par la victime de ces viols, l’amnésie traumatique. Et pour faire remonter les souvenirs enfouis des rites sataniques, les médecins et psychothérapeutes utilisaient des méthodes particulières, dont les thérapies de la régression utilisant la suggestion et les EMC.  Sous la conduite du thérapeute qui le met en EMC, le sujet va avoir des flashs, des images ou des bribes de scènes du trauma originel qui sont interprétés comme les souvenirs du trauma.

C’est ce type de prise en charge qui fût proposé à Patricia Burgus par le Dr Bennet Braun! Le bon Dr Braun fit également hospitaliser avec Patricia, ses deux fils, âgés respectivement de quatre et cinq ans. Ses fils, eux aussi, souffraient du Trouble des Multiples Personnalités, et ils alléguèrent que leur mère pratiquait bien un culte 3YoMGf7G46QYyecWT7RyravjozQ-185x278satanique, qu’ils avaient avec elle participé à des rites cannibales où l’on dévorait des bébés encore vivants. Au fil de la thérapie, l’équipe médicale les amena à intégrer le fait qu’ils étaient des « tueurs nés ». Mieux que le film de Roman Polansky, Rosemary’s Baby, non?

Au cours de cette diabolique thérapie, Patricia Burgus fût aussi persuadée par l’équipe médicale d’avoir été une mère incestueuse envers ses fils, d’être l’hôte de trois cent alters, de porter le titre de « princesse satanique » en charge de neuf états et d’avoir pratiqué le cannibalisme sur plus de deux mille cadavres. Le délirant Dr Braun soutint mordicus à la « Princesse Satanique que la viande du hamburger apporté par son mari lors d’une réunion familiale, était en fait d’origine humaine. Au bout de trois ans d’internement, comme l’assurance-santé de Patricia arrivait à son terme et refusait de casquer encore plus, elle fût  enfin autorisée à sortir de l’hôpital. L’assurance avait déboursé pour elle et ses trois fils la coquette somme de 3 millions de dollars.

Est-on surpris d’apprendre que le Dr Braun était un chaud partisan du « Mouvement pour la mémoire retrouvée par la régression». D’autres patients, pour des faits similaires, poursuivirent en justice également le praticien.

C’est d’ailleurs l’affaire la plus célèbre de SRA et Patricia Burgus fut surnommée la « Princesse Satanique ». Patricia Burges obtint 10,6 millions de dollars de dommages et intérêts pour le préjudice causé pour le diagnostic délirant lié aux rituels sataniques. Après l’affaire Patricia Burgus, l’ordre professionnel de l’Illinois raya le Dr Braun du conseil de l’ordre pendant deux ans suivi d’une période de probation de cinq ans.

Si ce genre d’affaires (en plus de la panique satanique) a pu avoir lieu, c’est parce que certains thérapeutes inculquaient à leurs patients la croyance que leur mal-être psychologique avait été causé par un abus sexuel lors d’un enlèvement par des extra-terrestres ou lors de rites sataniques, que cela était du à des vies passées, etc. Dans les années 70/90, la panique satanique, forme d’hystérie collective a aboli le pragmatisme et le bon sens de certains thérapeutes. Ils ont déstabilisé psychologiquement des patients qui se seraient bien passés de les consulter. Des cas judiciaires de SRA ont été répertoriés, démontrant qu’il était possible de falsifier la mémoire des patients et de leur faire croire qu’ils avaient fait des actes innommables en pratiquant avec eux «une thérapie fondée sur la régression».

Les thérapies fondées sur la régression, les plus fréquentes sont l’imagerie guidée, l’hypnose (non médicale), et sont censées faire remémorer les souvenirs d’abus sexuels au cours de messes noires mais aussi d’enlèvements par des extra-terrestres. Ces méthodes utilisant la suggestion via les états modifiés de conscience comme dans  le channeling permettent de contacter les entités invisibles ou de retrouver ses traumas de vies antérieures.

Ces thérapies du New Age basées sur les « expériences subjectives passées » prises pour des vérités ont pu se propager grâce à la lame de fond du New Age. L’un de ses chantres  est la journaliste américaine Marilyn Ferguson, qui avec son best-seller « La Révolution du Verseau » diffusa les principes de base de cette révolution spirituelle. Une nouvelle approche des psychothérapies fut proposée par l’institut d’Esalen en Californie, et les scientifiques du New Age fondèrent le mouvement de la «Gnose de Princeton». Bien loin des règles de « l’Evidence Based Medecine», et en créant d’innombrables dégâts dans la psyché de clients qui leur firent confiance, et en propageant des théories pseudo-scientifiques qui perdurent encore dans le développement personnel.

Ci-dessous la vidéo de l’émission « À la recherche de Satan »

https://youtu.be/qlW9GNb70Xg


Notes: Le mode opératoire lors d’un diagnostic de SRA était le suivant : Dans la plupart des cas répertoriés, les clients suivaient une thérapie (soit individuelle ou de groupe) avec un thérapeute adepte du New Age, et en rupture avec la pratique traditionnelle de la psychiatrie. Le thérapeute adhérait aux croyances spirituelles et  pseudo-scientifiques du New Age. La plupart du temps, ces thérapeutes du New Age n’obtenaient pas l’aval des ordres des professionnels car les méthodes étaient considérées comme expérimentales, et peu fiables.

Certains praticiens étaient diplômés en médecine, et appartenaient à des ordres professionnels qui encadraient tant bien que mal leurs pratiques lorsqu’elles dérapaient. Ainsi pour le Dr Fredrickson, qui pratiquait l’hypnose sur les personnes supposées souffrir de SRA, l’Ordre n’avait pas réussi à faire comprendre aux patients que «l’hypnose peut donner l’impression d’avoir des souvenirs vivaces, qui en fait sont faux mais contribue à renforcer des convictions (d’avoir été abusé) ». (Walter-Singleton, 1999).

https://prezi.com/eaql-z0wy30y/patricia-burgus/