LES FANTÔMES FACE À LA SCIENCE!

La suggestion joue un rôle non négligeable dans la croyance au paranormal et aux fantômes.

Vous souvenez-vous du film culte S.O.S Fantômes sorti en 1971? Quatre professeurs d’université au chômage, décident d’ouvrir une société d’investigations paranormales. Ils doivent lutter contre un dieu sumérien malveillant. Il s’agit d’une fiction fort sympathique qui reprend la thématique des croyances irrationnelles sur l’existence des fantômes dans la parapsychologie.

Le thème des fantômes n’est pas réservé au seul domaine du cinéma ou de la littérature, il fait l’objet d’un commerce ingénieux high-tech. Le geek fan de paranormal peut s’équiper d’apps à charger sur votre site comme « Ghost radar ou autres gadgets détectant toute activité paranormale comme un détecteur de fantômes, en signalant les modifications du champ magnétique, inévitables lorsque un esprit invisible est présent. J’ai noté pour vous le petit ours en peluche BooBuddy qui voit les morts; il fonctionne comme un « trigger objet », un objet déclencheur susceptible de provoquer chez un revenant l’envie de communiquer avec les vivants. En fait, c’est l’objet transitionnel à l’envers si cher à Donald Winnicott… à destination des fantômes et non des vivants! Cet enquêteur de manifestations paranormales, au design attendrissant, qui s’allume et tend les pattes lors de tout changement d’énergie vibratoire anormale se vend à plus de 300 euros.

Si le marché de ces gadgets se porte bien, c’est parce qu’il y a beaucoup de personnes qui croient à l’existence de fantômes. Comme les Britanniques par exemple. Selon l’une des études de Richard Wiseman, professeur à l’université de la Hetfordshire, 25 % des Britanniques auraient déclaré avoir vu au moins une fois dans leur vie un fantôme. Il semblerait qu’au fil du temps, les fantômes côtoient de plus en plus nos voisins d’outre Manche. En 1950, ils n’étaient que 5% des Britanniques qui les voyaient, 14 % en 1980, 19 % en 2003 et 25 % aujourd’hui. Cette montée en puissance de la croyance aux fantômes est révélatrice du retour de la pensée magique, et à une remise en cause du scientisme depuis une trentaine d’années! S’il n’y avait que les croyances au paranormal concernées, aujourd’hui, les fakenews scientifiques malmènent la méthodologie scientifique! La pandémie actuelle du SARS-Cov-2 l’illustre parfaitement. Mais ceci est une autre histoire…

Le psychologue Richard Wiseman étudie d’une manière rigoureuse le sujet de la « pensée magique » ou de la pensée irrationnelle. Il a publié sur cette thématique plus de 100 articles, notamment dans des revues scientifiques comme Nature, Pyschological Bulletin ou le PlosOne.

Richard Wiseman sur son blog relate ses recherches dans les lieux hantés. Dont Hampton Court Palace qui serait hanté selon les dires de certains par le fantôme de Catherine Howard, cinquième épouse du roi Henri VIII reconnue coupable d’adultère et fut décapitée. Au XIX siècle, une partie du château fait l’objet de phénomènes étranges dans la galerie où elle avait été trainée en arrière après s’être jetée aux pieds du roi son époux pour demander qu’on la gracie. Richard Wiseman et son équipe de chercheurs ont été sollicités pour enquêter scientifiquement, trouver des réponses rationnelles à ces supposées présences fantomatiques. Selon lui, « ces expériences ne semblaient pas être induites par les connaissances historiques de ces gens sur ces lieux, (avant leur visite); les personnes qui croyaient en l’existence de fantômes aient rapporté plus d’expériences que les mécréants. Certaines de ces expériences ont été causées par des phénomènes naturels, tels que des courants d’air subtils et des changements de température de l’air, et il y avait des preuves provisoires reliant ces endroits où les participants ont rapporté leurs expériences avec certains types d’activité géomagnétique.» Le géomagnétisme n’est pas une activité paranormale!

Les fantômes ne se manifestent pas qu’en Grande-Bretagne, et pas de jaloux, nous en avons aussi en France. Ainsi, des événements paranormaux se seraient produits dans une maison en août 2014 Un couple de retraités aurait eu sa maison saccagée par des esprits frappeurs. Les médias nationaux comme TF1 et FR3 avaient relayé ce fait divers paranormal au même titre qu’une prouesse scientifique.Ceux qui croient au paranormal ont en été pour leurs frais avec cette histoire de phénomène de hantise. Il s’agissait d’un canular monté de toutes pièces par la propriétaire de la maison et de son neveu de 12 ans.

La suggestion joue un rôle non négligeable dans la croyance au paranormal et aux fantômes, plus particulièrement celle qui est verbale. Et bien évidemment confortée par les médias. Souligné par Richard Wiseman, « Je pense que cela est principalement dû à un nombre croissant d’évocations de fait paranormaux à la télévision. Un simple événement tel qu’un bruissement reste le même, mais la perception psychologique que l’on en a est modifiée ». 

Il y a des lieux qui inspirent ces croyances au paranormal et à la hantise. Ils sont souvent liées au folklore populaire. Une architecture bizarroïde dans un endroit isolé, un meurtre ou un propriétaire asocial et hop la légende de la maison est faite. Parmi ces endroits hantés, il y a la Maison qui saigne à St Quentin dans l’Aisn. les habitants se sont plaints d’entendre la nuit des bruits de casserole ou des gémissements. Les habitants affirment avoir vu les murs qui saignent. La maison finira par être démolie et on découvrira des squelettes de soldats allemands de la première guerre mondiale.

Comment les neurosciences expliquent-elles (hors canular) certains fondements de ces croyances irrationnelles fondées sur des distorsions de la réalité, des hallucinations parapsychologiques, des sensations étranges de présences invisibles auxquelles on donne le nom de fantôme, d’esprit. Cela peut-il arriver à tout le monde ou faut-il souffrir de troubles psychiques pour voir des fantômes?

Une équipe de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) vient de montrer qu’un tel « sentiment de présence » pouvait être généré en laboratoire, à l’aide d’un robot, par la simple perturbation du mécanisme de perception spatio-temporelle. Elle publie dans la revue Current Biologyun article décrivant ce dispositif. De nombreux travaux avaient déjà associé ces « apparitions » à des perturbations cérébrales chez des schizophrènes, épileptiques, migraineux… Autrement dit, les fantômes n’existaient que dans nos têtes. Les chercheurs suisses ont quand même voulu y voir de plus près. Ils ont analysé les cerveaux de patients présentant ces symptômes : en l’occurrence douze personnes, en majorité épileptiques, dont ils ont scruté l’encéphale à l’aide d’images à résonance magnétique (IRM). Ils y ont trouvé des lésions dans trois régions corticales – les cortex insulaire, pariéto-frontal et temporo-pariétal –impliquées dans la conscience de soi, le mouvement et la position. Discordance temporelle et spatiale Les neurologues de l’EPFL ont donc émis l’hypothèse que ce sentiment de présence relevait d’une difficulté à conjuguer ces différents sens pour établir une perception « cohérente et unitaire de notre propre corps ». Pour s’en assurer, ils sont allés voir leurs collègues du département de robotique. Ensemble, ils ont conçu un appareil capable de produire de la discordance temporelle et spatiale. Les yeux bandés, le sujet de l’expérience tend son bras puis le déplace devant son corps, le doigt dans un capteur. Derrière lui, un robot reproduit ces mouvements en lui touchant le dos. « Pour le cerveau, il y a un conflit spatial, explique Olaf Blanke, directeur du centre de neuroprothèses de l’EPFL et premier signataire de l’article. Un mouvement effectué devant soi ne doit pas se traduire par une sensation dans le dos. Mais ce conflit, il le résout. » Les sujets sains ont ainsi affirmé avoir éprouvé le curieux sentiment de se toucher eux-mêmes le dos. Faux dans la réalité, mais cohérent.

Les chercheurs ont ensuite ajouté une discordance temporelle. Cette fois, le robot reproduisait les mouvements avec un décalage d’une demi-seconde. Dans ces conditions asynchrones, plusieurs sujets ont eu l’impression que ce n’était ni eux-mêmes, ni le robot qui leur titillait le dos mais une autre, voire plusieurs autres personnes. Espoir pour les épileptiques Giulio Rognini, du département de neurosciences cognitives de l’EPFL, décrypte le résultat : « Notre cerveau possède plusieurs représentations de notre corps. Dans des conditions normales, il est capable de les rassembler en une perception unitaire de nous-même. Mais lorsque le système dysfonctionne, par maladie ou robot, une deuxième représentation de notre corps est parfois induite et n’est pas ressentie comme “moi” mais comme autrui, comme une présence. » Les chercheurs suisses n’entendent pas s’arrêter là. Si un robot peut créer un sentiment de présence, peut-être peut-il aussi le faire disparaître. Autrement dit, corriger certaines discordances subies par des sujets malades. Un espoir pour les épileptiques, une menace pour les fantômes.

Loin des esprits frappeurs, une réalité médicale et psychologique où l’esprit (au sens de la psyché) peut jouer des tours avec les membres fantômes! Quand un bras ou une jambe ont été amputés, les patients sentent encore la présence du membre pourtant manquant! D’après le fameux neuroscientifique Vilanayur S.Ramachandran, il s’agirait d’une manifestation de neuroplasticité cérébrale qui fait éprouver cette étrange sensation de la présence du membre pourtant amputé. Les plans de l’image corporelle dans le cortex somatosensoriel sont recablés après l’amputation du membre. Rien de parapsychologique! Il a mis au point un protocole de thérapie-miroir pour rééduquer les patients amputés. Le principe repose sur une boîte où le membre sain est reflété dans un miroir en lieu et place du membre amputé. Ainsi par ce jeu de miroir, le patient peut ainsi voir ses deux membres, et un nouvel apprentissage pour enlever cette sensation de membre fantôme peut se mettre en place.

Loin de la parapsychologie, il faut aussi citer des réactions allergiques à certaines substances toxiques comme le monoxyde de carbone par exemple ou encore la prise d’hallucinogène psychédélique, l’ayahuasca déjà évoqué dans mon post « Trip avec le narco-tourisme hallucinogène »! Le but de cette drogue est de provoquer des expériences mystiques avec des esprits invisibles. À vos risques et périls car il s’agit la plupart du temps de l’utilisation d’une drogue puissante à des fins d’endoctrinement sectaire! D’un mésusage du chamanisme amazonien et le dévoiement de une tradition séculaire chamanique.

Croyances aux fantômes, êtres surnaturels ou dialogue avec les morts, certainement des superstitions liées à la pensée irrationnelle. Pour paraphraser Honoré de Balzac, une superstition vaut peut-être une espérance mais la réalité semble plus pragmatique avec Friedrich August Von Hayek qui voit la superstition comme « tout système où les individus imaginent qu’ils en savent plus qu’ils n’en connaissent en réalité. »

Sources: http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/11/06/comment-les-scientifiques-produisent-des-fantomes_4519780_1650684.html
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article928
https://www.google.fr/#q=pseudo+sciences
http://fr.wikipedia.org/wiki/SOS_Fantômes
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1680

COVID-19: AU SUJET DU RÔLE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.

L’IA de BlueDot inclut plus de 40 ensembles de données spécifiques reflétant la circulation du virus et le potentiel de contamination.

Et si nous parlions du rôle de l’Intelligence Artificielle dans la pandémie du SARS-CoV-2? Le concept fait peur, et pourtant l’IA a pris de l’ampleur dans gestion de la pandémie! Le monde décrit par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov prend forme jour après jour. Loin d’être un conteur de fiction imaginative, il était professeur de biochimie à l’université de Boston; outre ses livres de science-fiction, il s’était attelé à de la vulgarisation scientifique de qualité.

Futurologue avant l’heure, Isaac Asimov avait imaginé en 1964, le monde de 2014 (sept ans avant la pandémie actuelle). Il avait imaginé l’ère des robots aux cerveaux positroniques. Un cerveau positronique (néologisme de l’auteur) est un appareil technologique fictif, Il tient le rôle d’unité centrale pour les robots, et, sans plus de précision, leur fournit une forme de conscience reconnaissable comme telle par les humains. Même le robot Kenshiro, fait de muscles et d’os n’arrive pas à la cheville des robots imaginés par Isaac Asimov ni même ceux qui sont évoqués ci-dessous dans ce post. Mais Il est temps après ces digressions de revenir à l’IA dans la gestion du SARS-Cov-2; elle s’avère salvatrice dans bien des situations.

Revenons au tout début de la pandémie. Dès le 31 décembre 2019, BlueDot, une start-up canadienne avait détecté les premiers signes de l’infection à la Covid-19 bien avant avant l’annonce officielle de l’OMS. On sait maintenant grâce à des témoignages de plus en plus nombreux de médecins sur le terrain que des patients étaient déjà contaminés en décembre. Quel fût le process de Bluedot ?

L’algorithme de détection mis au point par cette startup canadienne incorpore des données collectées sur des forums en ligne, des recherches de symptômes sur Google, des reportages, des bulletins de santé ou des déclarations officielles. Il étudie aussi les conditions climatiques réelles, les déplacements de populations grâce à la vente des billets d’avion, la carte des trajets aériens, la population d’animaux et d’insectes et la capacité du système de santé. L’IA de BlueDot inclut plus de 40 ensembles de données spécifiques reflétant la circulation du virus et le potentiel de contamination. Ces données (anonymes) collectées par BlueDot ne sont pas accessibles au quidam comme vous et moi mais réservées aux institutions de santé publique d’une douzaine de pays, aux compagnies aériennes et aux hôpitaux dans lesquels les personnes contaminées pourraient se rendre. The Lancet, revue prestigieuse de professionnels, est dithyrambique sur BlueDot concernant l’épidémie de Zika. Comme il l’est écrit noir sur blanc sur leur site, la startup canadienne a prédit avec précision avec cet algorithme la propagation mondiale du SARS-CoV-2. Il faut rappeler que la conception d’un tel algorithme est le fruit d’une intelligence collective.

L’une des mesures les plus surprenantes et digne du monde d’Isaac Asimov est celle de l’utilisation de robots limitant les interactions physiques pour diminuer la charge virale et casser la chaîne de contamination! C’est la mission assignée à Spot, le chien robot de Boston Dynamics où à Singapour, il s’est chargé de rappeler les règles de distanciation sociale. Spot est capable d’estimer le nombre de personnes présentes dans un parc. Je reconnais que c’est flippant et liberticide d’avoir un truc en métal venir vous tancer car vous avez dérogé aux règles sanitaires, mais ce n’est pas la seule mission de Spot! Il a aussi été mis à contribition pour livrer des médicaments à des personnes atteintes du SARS-Cov-2 confinées à Changi Exhibition Center.

Un hôpital américain, celui de Birmingham Women, a adapté Spot en plate-forme mobile de télé-médecine pour connecter les soignants par un système de visioconférence, dans le but de protéger le personnel de santé des patients potentiellement contaminants. Équipé d’un IPAD et d’un « talkie walkie », le robot-chien aide ainsi à trier les patients à distance qui attendent devant les centres hospitaliers dévolus au Covid-19. Spot n’est pas le seul robot à aider les équipes soignantes. Toujours aux États-Unis, ICT Journal rapporte qu’un robot a été impliqué pour traiter le premier malade du Covid-19. Le patient avait été placé en observation et surveillé par un robot équipé d’un stéthoscope et d’un écran pour communiquer et était téléguidé par les médecins.

Dans mon post « La robot-thérapie, un avenir prometteur », j’avais évoqué Pepper, le robot social capable d’analyser les sentiments, capable de danser une gigue endiablée ( je force le trait) ou de plaisanter. Dans la gestion de la pandémie actuelle, Pepper est employé à la mission d’aider les proches des personnes hospitalisées pour la Covid-19 à l’hôpital de la Salpêtrière. Depuis avril dernier, quatre robots humanoïdes Pepper de Softbank sont équipés d’un écran et d’une application, de téléprésence pour permettre aux proches de converser avec le patient hospitalisé sans risque d’attraper le virus. Si ces visites robotiques ne remplacent pas la chaleur humaine, c’est mieux que rien! L’homme garde toujours le contrôle de décider de l’emploi du robot. La preuve est que pour d’autres tâches, les qualités de Pepper n’ont pas convaincu le personnel infirmier.

«Dans le cadre d’un service de réanimation, un robot humanoïde n’est pas la forme la plus adaptée pour faire de la télévisite, note Nicolas Boudot. Il y a des contraintes telles que le personnel préfère utiliser des moyens plus simples, comme des télévisions sur pied.» Qu’à cela ne tienne Pepper sera affecté à des tâches d’accueil du public pour lui rappeler les règles sanitaires en cours et éviter aux soignants d’être en contact avec lui.

Dans la gestion de la pandémie, le Rwanda a adopté un prototype de robot humanoïde, qui dans le même esprit que Spot et Pepper permet d’assurer aux médecins un traitement à distance. 5 robots ont ainsi été mis en service à Kigali.Munis d’un bras électronique, il sont programmés à diverses tâches dont celle de servir des repas dans les chambres des personnes contaminées par le SARS-Cov-2 ou transporter des échantillons au laboratoire, soulageant ainsi le personnel hospitalier. Cette technologie va aussi assister les médecins dans la détection des cas suspects dans la communauté. Les autorités sanitaires envisagent la détection des températures corporelles anormales dans la foule. Selon Zora Robotics qui construit ces appareils, chaque robot a la capacité de dépister entre 50 et 150 personnes par minute. Quel assistant efficace au service de l’homme!

L’autre avantage qu’offre cette technologie, fait remarquer Tommy Deblieck, co-PDG de cette société, est que ces robots peuvent, en plus de prendre la température, détecter si une personne porte un masque facial ou non. Mais ainsi que le souligne « un médecin épidémiologiste Jean Damascène Rurangwa, à SciDev.Net, au regard de la situation actuelle de la COVID-19, aucun robot ne peut faire un meilleur travail que les médecins.» Et faut-il que les soignants soient formés à son maniement! .

D’autres pays se sont mis dans l’air du temps des robots soignants! Comme l’Italie, la Tunisie! Au Sénégal, les élèves ingénieurs de l’école polytechnique de Dakar ont conçu un robot soignant multitâches qu’ils ont baptisé « Docteur Car » capable de parler plusieurs langues comme le wolof, le pulaar, le français et l’anglais! Un bel exemple d’intelligence collective et des jeunes gens à l’avenir prometteur! Au Danemark, les chercheurs ont mis au point un robot capable d’effectuer des prélèvements de gorge, toujours dans l’esprit d’éviter que les équipes soignantes soient touchées par le SARS-Cov-2.

L’ère des robots infirmiers, épidémie virale ou non, ne fait que commencer, et bouleverse la conception du soin médical, et également de la relation avec les patients. Il en sera de même avec le développement à grande échelle de la téléconsultation. Évidemment, on s’inquiéter de la technologisation du soin qui place une machine entre le médecin et le patient, risquant en cela une certaine déshumanisation du soin. Il faudra alors inventer une nouvelle approche du soin qui complètera ou prendra le relais. Pourquoi pas une nouvelle fonction du psychologue qui assiste les équipes médicales?

Il y a une autre utilisation des robots plus contestée, qui est celle de la désinfection de l’air ou des surfaces contaminées par la Covid-19. Ainsi le Robot chinois Thor-1 a été présenté comme une arme fatale anti-virus dans un parc technologique à Hangzhou. L’entreprise Boston Dynamics compte mettre au point des lampes UV pour désinfecter les lieux publics et les établissements médicaux. Tout « en notant tout de même qu’aujourd’hui aucune étude scientifique n’a démontré l’efficacité des UV dans la destruction des germes du SARS-CoV-2.»

Ors, Anne-Claude Crémieux, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis, ne semble pas enchantée par ces prototypes de robot nettoyeur. Lors d’une interview, elle déclare que « Désinfecter l’air extérieur ne sert à rienCe n’est pas en respirant l’air d’une ville, où il y a de nombreux cas de personnes contaminées qu’on s’infecte, c’est au contact étroit de personnes malades. La seule façon de lutter contre une épidémie, c’est de rompre la chaîne de contamination entre humains, en isolant les malades.» Même son, de cloche de la part de Bruno Hoen, directeur de la recherche médicale à l’Institut Pasteur. « Le virus n’est pas vivant dans l’environnement, mais dans l’organisme des sujets malades. »

Il est manifeste que les robots déployés lors de la crise sanitaire évitent les contaminations au SARS-Cov-2 en chaine des soignants en première ligne et sont des assistants infatigables! On peut être dérangé par un aspect de la relation médecin/malade qui peut paraitre déshumanisant, mais dans certaines situations, il faut aussi évaluer le risque/bénéfice et dans le cas de la gestion de la Covid-19, c’est tout bénéfice pour les soignants. Pour les générations à venir, les robots soignants feront partie intégrante de la médecine .

J’avais cité en introduction de ce post avec Isaac Asimov, et je vais le conclure avec l’une de ses citations empruntée au Cycle des robots, les cavernes d’acier, écrit entre 1950 et 1980! Terriblement contemporain mais nul doute qu’Isaac a fait plus que nourrir l’imagination de ses lecteurs, il leur a donné le goût de la science!

Mais pourquoi donner aux robot une forme humaine ?
– Parce que la forme humaine est, dans toute la nature, celle qui donne le meilleur rendement. Nous ne sommes pas des animaux spécialisés, monsieur Baley, sauf au point de vue de notre système nerveux, et dans quelques autres domaines. Si vous désirez construire un être mécanique, capable d’accomplir un très grand nombre de mouvements, des gestes et d’actes, sans se tromper, vous ne pouvez faire mieux qu’imiter la forme humaine.

Vidéo sur les robots en Italie.