L’ACCÈS AUX SOINS EN PRISON.

Un détenu sur sept souffre d’une maladie mentale. Pour tous les observateurs, la détention est la forme ultime de l’exclusion sociale et le miroir de notre société.

Van Gogh, The Prison Courtyard

Une prison est un lieu de détention qui prive l’individu de sa liberté pour un certain laps de temps. Une peine d’emprisonnement est la conséquence directe d’une décision de justice. Aux yeux de l’opinion publique, elle est perçue comme la plus sévère par à rapport aux autres types de peine comme le port du bracelet électronique ou les travaux d’intérêt général. Paul Dhaeyer, juge au Tribunal de première instance de Charleroi, rappelle les origines de la peine de prison ainsi: « Mais cette reine des peines » est relativement récente. En réalité, elle a vu le jour avec la révolution française. La peine de prison fut introduite à l’époque comme peine de référence pour remplacer les supplices qui avaient cours sous l’ancien régime et dont la cruauté était souvent sans rapport avec le crime réprimé. Le législateur de l’époque a sciemment voulu que ces peines soient plus « douces » que le crime ou le délit commis par le condamné. Dans l’esprit qui régnait à ce moment, la peine privative de liberté devait servir avant tout à l’amendement du condamné. La « douceur » de la peine devait en outre donné une leçon d’humanité et de civilisation à celui qui avait plus ou moins enfreint les règles de la société civilisée.»

Pour le sociologue américain Erving Goffman, la prison est une institution totale, concept qu’il a développé après avoir observé l’hôpital psychiatrique. L’institution totale est un lieu de chamboulement où l’individu se voit déposséder de sa liberté, de ses allées et venues; son périmètre de vie se rétrécit, et la notion de temps est soumise aux contraintes de l’institution buraucratique. Goffman s’est placé du point de vue de ceux qui sont soumis aux contraintes de l’institution totale, et il les a appelés les « reclus ». Les détenus sont des reclus au sens stricto sensu, tel que défini par Goffman. Stendhal a résumé le statut du détenu par à rapport à l’homme libre: «le pire des malheurs en prison, c’est de ne pouvoir fermer sa porte». Dans l’exercice de leur profession, les soignants subissent de plein fouet les contraintes bureaucratiques de l’institution totale.

L’institution totale crée un espace temps où se confondent lieu de travail, lieu de vie et lieu de loisir. Une vie sociale existe entre les reclus, mais l’une des caractéristiques de l’institution totale est de chambouler la psyché des détenus.

L’accès aux soins pour les détenus est une épopée, et il n’est absolument pas comparable à celui du système de santé dehors. C’est un système invisible, et où la référence à la prison est soulignée comme une marque au fer rouge. Ainsi, peut-on voir au CHRU de Lille, un pôle intitulé « Psychiatrie, médecine légale et médecine en milieu pénitentiaire ». Car l’exercice médical en milieu carcéral est différent de l’exercice en milieu libéral ou hospitalier. Dans leur livre Psychiatrie en milieu carcéral, les psychiatres Pierre Thomas et Catherine Adins-Avinée font remarquer qu’il y a en prison plus de comorbidité, plus de précarité, plus d’actes médico-légaux dont la pénalisation peut parfois paraître démesurée par rapport à l’acte et le contexte dans lequel il a été commis. La prison, devient un lieu de vie pour des patients psychiatriques marginalisés. Un article du Quotidien du Médecin, publié le 23 mars, fait cet amer constat factuel : « les actions de réduction des risques et des dommages (RdRD), en particulier liés à l’usage de substances psychoactives, peinent à franchir les portes des prisons. En janvier 2016 pourtant, la loi de modernisation de notre système de santé reconnaît que la politique de réduction des risques s’applique également aux personnes détenues « selon des modalités adaptées au milieu carcéral ».

L’état de santé des patients incarcérés est bien plus altéré que des personnes dehors du même âge et de même condition. Un détenu sur sept souffre d’une maladie mentale. Pour tous les observateurs, la détention est la forme ultime de l’exclusion sociale et le miroir de notre société. La prison reste toujours « une institution totale » comme l’a décrite Goffman. Les conditions de détention sont tributaires des politiques carcérales, et il est difficile de faire évoluer le regard de la société sur les conditions de détention, ainsi que sur le détenu après « la levée des écrous ». Les médias en parlent lorsqu’il y a des flambées de violence de la part des détenus envers le personnel pénitentiaire, et après,  silence radio. Faut-il pour cela se laver les mains des prisons en considérant que le détenu l’a bien cherché, et qu’il n’avait pas à transgresser les lois de la société civilisée? Morale et société, tout un programme! L’accès aux soins est un droit pour tous, et c’est à se demander si les politiques carcérales prennent en compte les difficultés d’accès aux soins en prison.

Les conditions d’accès aux soins seraient-elles facilitées si la France s’inspirait des prisons ouvertes comme au Danemark où la surpopulation carcérale est inexistante? Ou si on généralisait d’autres type de peines comme le bracelet électronique ou les travaux d’intérêt général? En fonction de la nature des délits, cela s’entend! C’est un débat de société.

La difficulté d’acccès aux soins des détenus ne date pas d’hier. Sur l’exercice de la médecine carcérale, voici le témoignage du Dr Philippe Deharvengt, ex médecin des prisons. Ce témoignage date de 1995, et il est (hélas) toujours d’actualité sur de nombreux points malgré la énième politique carcérale. Il a joué en vain le rôle de lanceur d’alerte. Le changement dans la continuité.

Trélissac , Août 1995
Docteur Philippe DEHARVENGT
Médecin Chef de la Maison d’Arrêt de Périgueux
Médecin au Centre de Détention de Neuvic
C.S.M.F. 24Dr Philippe Deharvengt

L’exercice médical en milieu carcéral est-il différent de l’exercice libéral ou hospitalier ?

Sans aucun doute la réponse est  » OUI « . Et cela pour de multiples raisons!
« Non qu’il existat plusieurs façons d’exercer ; encore moins que la population pénale fut médicalement une  » sous-population « , indigne de la qualité des soins due à la population libre . Mais la Médecine Pénitentiaire est confrontée à de lourdes contraintes, et la population pénale comporte sa spécificité propre dans les domaines épidémiologique, psychiatrique, culturel, social, médico-légal , etc.

La première particularité, et non la moindre, de la Médecine en milieu carcéral, est l’absence de libre choix du Médecin par le Patient. L’incarcération entraîne la perte d’un grand nombre de libertés, tout en garantissant certains droits, dont le droit à la santé. Mais les détenus n’ont pas le choix du Médecin; celui-ci apparaît ainsi comme « commis d’office »; ce qui n’enlève rien à sa responsabilité professionnelle, bien au contraire!

Mais cela change bien des choses dans la relation Médecin-Malade. N’ayant pas choisi son Médecin, le détenu a naturellement tendance à considérer celui qui lui est imposé comme un représentant de l’Administration Pénitentiaire, celle-ci étant elle-même au service de l’Appareil Judiciaire (mais, n’en va-t-il pas de même pour les grandes administrations: Mines , S.N.C.F, Poste, Armée etc..dans lesquelles les Médecins sont à la fois juges et parties, toutes fonctions confondues: aptitude au travail, responsabilité de l’employeur, éducation pour la santé, campagnes de prévention, soins aux assujettis et à leurs ayant-droits?

Il s’en suit une inévitable réaction de défiance, souvent majorée par des revendications sinistrosiques et des tentatives de manipulations opportunistes.
Autre spécificité , la pathologie carcérale. C’est un lieu commun de dire que la population pénale est un concentré de l’exclusion , de la marginalité, du mal des banlieues.
Lieu commun d’évoquer la drogue . . . Elle est omniprésente. Dehors, bien sûr; mais aussi intra muros . . . Elle s’infiltre . . . Comment? Comme toutes les poudres! . . . Elle alimente toutes les pressions, tous les rackets, toutes les violences. Chaque consultation peut masquer une demande toxicomaniaque, une déviation thérapeutique, soit pour l’usage de l’intéressé lui-même, soit, et c’est fréquent, pour un co-détenu exerçant un racket.

Chacune de nos prescriptions doit être pensée dans ce sens.

D’autre part, la vie carcérale est par elle-même fortement pathogène, agissant comme un miroir grossissant, quand ce n’est comme un révélateur, de la pathologie en milieu libre.
Il y a d’abord le traumatisme de l’incarcération, qui fait suite à l’épreuve de la garde-à-vue. La plupart des tentatives de suicide ont lieu dans les dix premiers jours de la détention.
Il y a surtout les relations entre détenus: la violence omniprésente, le racket déjà mentionné, et aussi la ségrégation. Les authentiques truands -les caïds- mènent la vie dure aux « pointeurs », c’est ainsi qu’en jargon carcéral on désigne les violeurs et pédophiles de tous poils!

C’est, dans bien des cas, l’analphabétisation, l’absence d’accès antérieur aux soins médicaux, psychiatriques, dentaires, l’absence de notions d’hygiène élémentaire. C’est  évidemment, la séro-prévalance du V.I.H, des Hépatites, des M.S.T mais c’est aussi la pathologie psychiatrique, les tentatives de suicide, les auto-mutilations, également le retour en force de la tuberculose ( qu’elle soit ou non une infection opportuniste du V.I.H. Et  d’une façon générale, toutes les pathologies liées à l’exclusion, difficultés auxquelles, il faut bien souvent ajouter l’obstacle de la langue. 1/4 voire 1/3 des détenus ne comprennent pas ou comprennent mal le Français .

Il faudrait également parler du Secret Médical, qui, malheureusement, dans ce milieu clos qu’est la Prison, prend trop souvent des allures de secret de Polichinelle.
Docteur Philippe DEHARVENGT

Le Dr Philippe DEHARVENGT, aujourd’hui à la retraite continue à dénoncer les conditions d’accès aux soins des détenus. Pour lui, « la prévention en milieu carcéral relève de l’utopie… Cela tient à la particularité de la population pénale, mais aussi au manque de moyens humains et matériels…»

 

En guise de conclusion, si ce témoignage vous a intéressé, vous pouvez consulter la suite des propos du Dr Philippe Deharvengt.

Cliquez alors sur le lien suivant: http://prison.eu.org/spip.php?article6080

 

Source : Les souverains

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/evenement/2018/03/22/surpopulation-carcerale-manque-de-moyens_856327

http://prison.eu.org/spip.php?article710
http://prison.eu.org/spip.php?article6080
http://journals.openedition.org/sociologie/3200

https://www.unitheque.com/Livre/elsevier_-_masson/Psychiatrie_en_milieu_carceral-50320.html

http://www.em-consulte.com/en/article/976838
http://www.em-consulte.com/en/article/976838
https://fr.wikipedia.org/wiki/Idéal-type

« DERNIER JOUR SUR TERRE »: PSYCHOLOGIE D’UN TUEUR DE MASSE.

« Dernier Jour sur terre »n’est pas un polar inspiré de faits réels, c’est un essai clinique magistral qui a sa place dans une bibliographie de sciences humaines.

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Le 14 février dernier fut une journée sanglante en Floride! Une fusillade dans un lycée a fait 19 morts. C’est l’une des pires tueries dans un lycée américain, et ce depuis celle du village de Sandy Hook dans le Connecticut où 20 enfants de primaire et six adultes avaient péri en 2012. Nicolas Cruz, l’auteur du massacre de Floride, âgé de 19 ans, avait été renvoyé du lycée Marjory Stoneman pour comportement erratique; il a choisi le jour de la Saint Valentin pour perpétrer ce massacre. Il se produirait, aux Etats-Unis, en moyenne, plus d’une fusillade par jour. Et il existe une liste, celle de la fusillade de masse (shootingtracker) qui recense les fusillades de masse. Cette appellation s’applique aux carnages durant lesquelles au moins quatre personnes ont été touchées lors d’attaques perpétrées en public, et dont les victimes n’ont pas de lien direct avec les auteurs. Depuis janvier 2013, l’état fédéral américain définit la tuerie de masse lorsqu’il y a au moins trois victimes (tueur non inclus).

Les fusillades en milieu scolaire et universitaire sont recensées dans les tueries de masse. Au cours de ces vingt dernières années, ces tueries sont devenues un phénomène à part entière. Il restera cantonné aux États Unis jusque dans les années 1990, et  à partir des années 2000,  cette notion fut élargie sur le plan international après plusieurs cas de fusillade en milieu scolaire au Canada et en Europe. Face à cette situation, un domaine d’études international a vu le jour. Il est à la croisée des disciplines de la psychologie, de la sociologie et des études de communication.

Les États Unis détiennent le triste record des fusillades en milieu scolaire. La première du genre eût lieu en août 1966. Le premier jour du mois, Charles Whitman abat à la carabine 16 personnes et en blesse trente et une autres du haut de l’une des tours de l’Université du Texas (Austin).

Le mode opératoire du jeune décidé à passer à l’attaque est rôdé. Il prémédite son acte et se rend dans un établissement scolaire -école primaire, collège, lycée-université- pour tirer sur le plus grand nombre de personnes (élèves ou personnel de l’établissement). La singularité de ce phénomène réside dans les fait que les tueurs n’ont pas de cibles clairement établies.

Le livre de David Vann, « Dernier Jour sur terre » autopsie une fusillade scolaire particulière. Celle de 2008 dans l’Illinois. Le 14 février, encore un jour de la Saint Valentin comme celle de Floride, Steven Philips Karzmierczak, étudiant en sociologie, ouvre le feu dans une salle de cours de l’université de Deklab (Illinois). Il tue six étudiants et en blesse quinze autres avant de se suicider en retournant l’arme contre lui.

« Dernier jour sur terre » est une enquête exhaustive sur la psychologie d’un tueur de masse en milieu universitaire, celui de l’université de l’Illinois. Dernier jour sur Terre est également le titre d’une chanson de Marilyn Manson, celle qu’écoute Steve Kazmierczak avant de tirer à bout portant sur ses camarades. « Dernier Jour sur terre » n’est pas un polar inspiré de faits réels, c’est un essai clinique magistral qui a sa place dans une bibliographie de sciences humaines. L’auteur plonge dans la psyché d’un tueur de masse en se comparant à lui par introspection et à partir de son passé d’adolescent.

Car ils ont, tous les deux, d’étranges similitudes. David Vann était à peine âgé de treize ans lorsqu’il hérite des armes de son père qui a mis fin à ses jours d’un coup de revolver. Le livre commence par ce souvenir glaçant: « Après le suicide de mon père, j’ai hérité de toutes ses armes à feu. J’avais treize ans. Tard le soir, je tendis le bras derrière les manteaux de ma mère dans le placard de l’entrée pour tâter le canon de la carabine paternelle, un Magnum 300. Elle était lourde et froide, elle sentait la graisse à fusil. »

Adolescent, David Vann observe par la lorgnette de sa carabine ses voisins tard dans la nuit; l’envie de tirer sur eux ou les élèves de sa classe lui trotte parfois dans la tête.  Il échafaude des scénarios et imagine sensations qu’il éprouverait en tirant sur des cibles humaines. C’est son père qui l’a initié au maniement des armes. Il lui a appris à observer les braconniers à travers la lunette de sa carabine. Avec le consentement de sa mère, David commande par correspondance les cartouches. Cette culture des armes est inconcevable dans notre pays, et est sujette à débat outre Atlantique, mais pour la comprendre, il faut se référer au deuxième amendement de la constitution qui garantit pour tout citoyen le droit de porter des armes. Chaque état a une législation particulière.

David Vann va enquêter sur la personnalité de Steve Karzmierczak pour le magazine Esquire;  ce qui lui facilite l’accès aux archives de l’affaire. C’est un pavé de mille cinq cent pages dont la consultation avait été refusée à tous les médias prestigieux en passant du New York Times, au Chicago Tribune, au Washington Post, à CNN. Pour David c’était l’opportunité rêvée pour réfléchir à son parcours d’adolescent fasciné par les armes à l’instar de Steve  Karzmierczak.
« J’y ai découvert l’histoire d’un garçon qui avait failli éviter de se changer en tueur de masse, un garçon qui essayait de devenir quelqu’un à l’issue d’une enfance malheureuse, d’un passé émaillé de maladies mentales, un garçon cherchant à atteindre le Rêve américain, qui ne se résume pas à l’argent, mais qui consiste à se reconstruire.»

Le projet initial de David Vann était d’écrire un livre sur la personnalité de Steve, comme   une victime qui se suicide et non comme un tueur de masse. Il consulte les articles de presse  avant de rencontrer les professeurs et l’entourage de Steve K. Tout au long du livre, David Vann a le courage de mettre en parallèle sa vie avec celle de Steve K. Tout comme lui, il a accès à la drogue facilement.  Mais les ressemblances entre eux deux vont vite s’arrêter. Steve K s’entiche du mouvement gothique, écoute Marilyn Manson, le chanteur gothique, souffrir de dépression et côtoyer des gens atteints de troubles mentaux. L’un des moments les plus marquants de la vie de Steve est son séjour au foyer Mary Hill, un foyer situé dans un quartier difficile afro-américain où règne la violence. Sur son évaluation psychiatrique, il est noté que Steve K fait preuve d’un comportement étrange, son cheminement de pensée est normal, et ses émotions qualifiées de neutres.

On ne peut-être  qu’impressionné par la lecture du traitement suivi par Steve K consigné dans le livre. Lisez plutôt: Prozac (20mg le matin), un antidépresseur. Zprexa (10mg, au coucher), neuroleptique atypique. Depakote, 500 mg le matin puis 100mh d’un régulateur de l’humeur. Ses traitements précédents incluaient du Paxil (antidépresseur), du Cogentin, (anticholinergique), Risperdal (neuroleptique atypique), du lithium et du Cylert pour les troubles de l’attention (ADHA). Une camisole chimique.

Avant de passer à l’acte meurtrier, Steve K avait arrêté son traitement! S’il avait suivi cette prescription, aurait-il ouvert le feu dans cette salle de cours? Qui sait?

Après son enquête, David Vann conclut n’avoir aucun point commun avec Steve K. Il ne partage pas son racisme. Steve K était membre du KKK. Ni son libertarisme, son goût pour les films d’horreur, sa fascination pour les tueurs en série, le service militaire, sa sexualité ambivalente, les rencontres obsessionnelles sur le Net, les prostituées, les médicaments, le passé psychiatrique de ses amis dealers, les tatouages, la mère déséquilibrée.

Le seul point commun qu’ont les deux jeunes gens est la fascination pour les armes. Selon David Vann, ce n’est pas parce qu’on possède une arme que la destinée fait de vous un meurtrier. Au fil de son enquête, David Vann est convaincu que le destin de Steve était déjà tracé avant qu’il ne quitte le lycée, et que l’escalade de  violence qui l’a mené à ce massacre était inéluctable.

Après le carnage de Deklab, l’Illinois a tenté légiférer pour limiter l’achat des armes. Un pistolet par mois, soit tout de même la bagatelle de douze armes par an! Peine perdue, le lobby des armes y a mis son veto.

Steve K a abattu cinq étudiants, et il y a les rescapés. Brian, témoigne de l’horreur vécue par les victimes: « J’ai essayé de jeter un coup d’œil derrière l’estrade pour l’apercevoir, mais, à l’instant où je l’ai vu, il s’est tourné et m’a repéré. Il a fait volte-face et il a tiré, et il a appuyé à de multiples reprises sur la détente de son Glock. Il m’a mitraillé. J’ai été touché à la tête. C’était comme de recevoir un coup de barre. Je suis tombé face contre terre, et tout ce qui m’est venu à l’esprit, c’est : je viens d’être abattu, je suis mort. J’ai heurté le sol, les yeux fermés, un sifflement dans mes oreilles et j’ai cru que c’était le bruit de la mort, quand on pénètre dans l’obscurité.»

« Dernier Jour sur terre » est l’un des livres les plus exhaustifs sur la psychologie du tueur de masse. Sa lecture est éprouvante car il ne s’agit pas d’une fiction mais d’une réalité sanglante.

 

Sources:
http://www.gunviolencearchive.org/methodology
http://www.shootingtracker.com
http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/03/cette-video-de-prevention-contre-les-tueries-de-masse-dans-les-e/
http://www.telerama.fr/monde/fusillades-aux-etats-unis-les-chiffres-qui-tuent,132224.php
https://sejed.revues.org/8265?lang=en

http://newsoftomorrow.org/histoire/modernite/chronologie-des-fusillades-et-agressions-dans-des-etablissements-scolaires-et-ailleurs

NON, L’AMOUR NE DÉPEND PAS DE LA GÉNÉTIQUE!

L’enquête du Colorado révèle que les époux sont génétiquement plus similaires que des paires d’individus choisis au hasard.

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Peynet

Vous pensez certainement que vous êtes libre de convoler avec la personne de votre choix. Romantique que vous êtes! Sourire. La science de la génétique du comportement va vous désillusionner. Le choix des conjoints serait en partie inscrit dans le génome. 

En 2014, des chercheurs de l’université de Colombia (Colorado) de l’Académie Nationale des Sciences ont publié, les résultats d’une étude sur la génétique du comportement sur la constitution des couples. Leurs conclusions viennent bousculer les certitudes sur le libre choix du conjoint. L’enquête du Colorado révèle que les époux sont génétiquement plus similaires que des paires d’individus choisis au hasard. Plus de paires d’ADN similaires que des paires de personnes aléatoires. Les similitudes génétiques entre époux se déterminent pour un tiers par rapport à celles de l’éducation. Toutefois, le facteur social de l’éducation l’emporte sur le patrimoine génétique.

En France, l’une des enquêtes les plus marquantes est celle du sociologue Alain Girard,   réalisée en 1953, sur le choix du conjoint à la question suivante: « Qui épouse qui »?. Depuis, on a perdu l’habitude de voir des enquêtes de grande envergure sur la formation des couples,  le mariage corrélés à l’éducation, le groupe social, l’âge, la nationalité, le lieu de naissance ou la proximité géographique.

Pour savoir « qui épouse qui », au XXIe siècle, faut-il vraiment faire appel à la génétique? L’enquête en génétique du comportement du Colorado semble insolite à première vue, mais elle est dans l’air du temps.  Aujourd’hui, l’exploration du génome humain est un axe de recherche qui a le vent en poupe, et de plus en plus appliquée au comportement humain. «La génétique du comportement cherche dans quelle mesure notre « carte d’identité » génétique (ou « génotype ») peut influer sur nos comportements (qui sont inclus dans nos « phénotypes », ou produits observables de l’expression des gènes).»(Jean-François Marmion)

Qu’est-ce que cela induit même si les chercheurs du Colorado ont été rigoureux? Car ils l’ont été. Leur démarche scientifique est imparable. Elle est standard avec son marqueur génétique, les SNP (Single nucléotide polymorphism) et avec le marqueur sociologique de l’éducation, en vigueur dans toutes les enquêtes sociologiques.

Ce n’est pas la première enquête sur le choix du conjoint en génétique du comportement. Il y eu celle de 2011 menée par l’équipe Franco-sino-britannique, avec un autre marqueur. Elle avait découvert une région du génome humain (appelée le MHC) ayant une incidence positive sur le choix du conjoint via certaines molécules odorantes (cette préférence était avantageuse car elle a pour effet la diversification des défenses immunitaires des enfants du couple).

Le nom du marqueur génétique va varier d’une enquête à une autre, sur le même thème, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Le principe de se servir de la science génétique pour décrypter la destinée des gens, ici le choix du conjoint, doit interpeller au niveau de ses interprétations qui ne sont plus au service de la science mais à celles d’idéologies douteuses.

Certains points de l’étude des chercheurs américains sont susceptibles de heurter, et on est tentés de penser à d’éventuelles dérives idéologiques potentielles. Mais outre Atlantique, les études comparatives entre ethnies sont fréquentes alors que chez nous, elles susciteraient une levée de bouclier.
Les chercheurs ont choisi d’étudier 825 Américains « constitués d’individus blancs » (sic) en précisant qu’ils sont « non-hispaniques (sic). Selon les sources, la présence hispanique représente aujourd’hui la première minorité ethnique des États-Unis. La croissance des populations hispaniques/latinos étasunienne est due au flux migratoire de ces populations et à leur descendance.

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AU SUJET DU FILM RÉGRESSION ET DES ADORATEURS DE SATAN.

Ce thriller s’inspire de faits réels qui ont secoué l’Amérique des années 90, obsédée par la violence des cultes sataniques réels ou imaginaires.

« Régression » est le titre d’un film réalisé en 2015 par Alejandro Amenabar, et joué par Emma Watson et Ethan Hawke. Ce thriller s’inspire de faits réels qui ont secoué l’Amérique des années 90, obsédée par la violence des cultes sataniques réels ou imaginaires. Au cours de cette période, les rumeurs sur les adorateurs du Diable vont se multiplier, jusqu’à l’hystérie collective. Les médias, avides de sensationnalisme, font circuler des vidéos dites tournées par les adorateurs de Satan. Elles montrent des messes noires où des adolescentes se feraient violer et où des bébés seraient sacrifiés. Beaucoup d’Américains vont croire aux exactions des adorateurs de Satan. Réalisé en 1991, le résultat du sondage Gallup est révélateur des croyances irrationnelles de l’époque. À la question posée « Croyez-vous à l’existence du diable? », 60 % des Américains ont répondu « oui » contre 17% en France.

Le contexte dans lequel s’est développé cette hystérie collective est particulier. Outre Atlantique, les adorateurs de Satan ont pignon sur rue à l’instar de ceux de l’Église sataniste d’Anton Sanzdor LaVay. Surnommé « le pape noir », il fonde son église en 1966. Son sens aigu de la communication attirera vers lui comme un aimant des célébrités comme Sammy Davis Jr et Jane Mansfield! Ses idées sulfureuses lui font interdire l’entrée du Canada et celle d’autres pays. Dès les années 80,  les télévangélistes, pentecôtistes, fondamentalistes et les thérapeutes de cette mouvance dénoncent sur de simples rumeurs les activités criminelles des satanistes. Même si les cultes étaient glauques et déroutants, les allégations sur les sacrifices humains étaient infondées; ce qui sera confirmé par le FBI. Cette vague d’allégations mensongères sera connue sous le nom de « Satanic Panic » ( littéralement panique satanique). Une dénomination culturelle anglo-saxonne l’hystérie collective liée au satanisme.

Le film « Régression » montre l’étrange atmosphère d’une panique sataniste qui s’est emparée  d’une petite ville du Minnesota en 1990. Un gars du pays, Doug Gray se rend au poste de police pour dire qu’il a violé sa fille Angela lorsqu’elle était adolescente.

Ce qui est surprenant dans cette confession, c’est que Doug n’a gardé strictement aucun souvenir de cet abus. Amnésie totale! Pourtant, il est intimement persuadé d’avoir commis cet inceste et il veut être jugé. L’affaire est confiée au pragmatique inspecteur Bruce Kenner qui interroge Angela. Et là, le mystère s’épaissit! Elle ne se souvient pas d’avoir été abusée par son père. Diable, une victime et un père incestueux qui ne se souviennent, ni l’un ni l’autre, de ce crime sexuel? Mystère! L’ambiance familiale n’étant pas de tout repos, la jeune femme se réfugie dans la communauté évangéliste dirigée par le révérend Beaumont. Ce dernier croit à l’existence et à l’influence de Satan sur ses ouailles.

Désarçonné par l’amnésie de Doug et celle de sa fille, l’inspecteur Kenner s’adjoint les services d’un hypnotiseur de renom, le docteur Kenneth Raines. Ce spécialiste prétend faire remonter les souvenirs de trauma d’abus refoulés dans la mémoire. À l’aide de son pendule, le bon docteur hypnotise Angela qui prétend alors se souvenir d’une vieille femme et d’une messe noire.

Au cours de son enquête, Kenner sera troublé par les propos et les visions d’Angela. Il lui arrivera de croire aux témoignages des personnes qu’il interrogera sur les rites sataniques locaux. Dont ceux d’Angela et du pasteur Beaumont. Il sera tenté de croire aux rites sataniques, mais la raison l’emportera pour élucider cette affaire diabolique.

Doug est innocent, est il s’avèrera que sa fille est une manipulatrice sous l’emprise psychologique du charismatique révérend Beaumont. Pour prouver à ses fidèles l’existence du diable, le pasteur les droguait avec des substances hallucinogènes. En réalité, dans cette petite ville tranquille du Minnesota, il n’y a jamais eu de rites sataniques.

Outre son synopsis basée sur des faits réels, ce qui singularise ce thriller, c’est que la police s’adjoint les services d’un praticien spécialisé dans les « thérapies fondées sur la régression » (d’où le titre du film). Leur acronyme anglais est MRT pour Recovered Memory therapy.  Sa traduction en français est toujours approximative, et bien qu’imparfaite, on peut retenir celle de thérapie de la « mémoire récupérée ». Utilisée pour faire remémorer des souvenirs, des images et des sensations enfouies dans la mémoire, en faisant régresser le patient du stade conscient à un état plus archaïque.

Dans le film « Régression », l’hypnose est la technique de MRT employée pour le père et la fille, et elle était souvent préconisée pour aider les victimes diagnostiquées du SRA (Satanic Ritual Abuse). Ce diagnostic ébouriffant ne figure dans aucun manuel de diagnostic des troubles mentaux dont le si décrié DSM, la bible américaine des maladies mentales, faut-il préciser!

Le diagnostic surréaliste de SRA soufflé par les Évangélistes permettait de remettre dans le droit chemin ces âmes sous l’emprise du Diable. Des conférenciers, souvent d’anciens policiers, vont gagner un argent fou en organisant des séminaires sur le dépistage des rites sataniques à l’usage des travailleurs sociaux, éducateurs et soignants.

Quant à l’attitude de l’inspecteur Kenneth dans le film, rien d’étonnant non plus, si l’on se réfère aux propos d’un shérif du comté de San-Bernardino (Californie): « Nous avons sacrément besoin d’experts en crimes occultes ! » 

Pour poser un diagnostic de SRA, il faut le patient réponde à plusieurs critères dont celui d’avoir été violenté par ses parents, membres d’une secte sataniste. D’avoir été forcé à participer à des rites sataniques cannibales où l’on tuait et mangeait des bébés. Les adolescentes, enceintes des oeuvres du Diable, étaient contraintes d’avorter dans des conditions épouvantables. Dans certaines affaires de SRA, pour vérifier les allégations de viol, la justice demandait un examen gynécologique, et on s’apercevait, ô surprise, que la supposée victime des messes noires était vierge.

L’une des particularités du SRA est l’oubli total par la victime de ces viols, l’amnésie traumatique. Ce qui est bien montré dans le film d’Alejandro Amenabar. Si l’hypnose est mise en cause dans « Régression’, il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur l’hypnose médicale mais sur ses dérives sectaires. Dans les années 90, l’hypnose dévoyée était un outil d’investigation privilégié pour les autorités et la justice. C’était bien avant la police scientifique et les tests d’ADN!

L’hypnose était une « technique de la mémoire récupérée » préconisée dans les cas d’abus sexuels oubliés. Comme toutes les autres MRT, son fondement théorique reposait à l’époque sur un fonctionnement pseudo-scientifique de la mémoire. Dans cette optique, la mémoire est une banque de données qui fonctionne sur un mode linéaire comme un magnétoscope. Il suffit de revenir en arrière dans le temps pour accéder à tous les souvenirs. Ors, les neurosciences ont démontré que la mémoire ne fonctionne pas comme un magnétoscope ou le disque d’un ordinateur. Même avec les progrès de l’IA!

Les thérapies de la régression utilisent la suggestion et les états modifiés de conscience  (EMC) permettant au sujet d’accéder à ses souvenirs perdus. Sous la conduite du thérapeute qui le met en EMC, le sujet va avoir des flashs, des images ou des bribes de scènes du trauma originel qui sont interprétés comme les souvenirs du trauma.

Les « thérapies de la régression » ont induit en erreur nombre de patients entre les mains de praticiens incompétents. Ces thérapeutes étaient la plupart de bonne volonté, et ont pensé sincèrement que leurs patients avaient été réellement été violentés. Or, il est aujourd’hui prouvé que ces « thérapies de la régression » ont falsifié la mémoire en causant des faux souvenirs d’abus sexuels.

Les flashs et visions diverses étaient en fait des fantasmes, des états hypnagogiques ou des hallucinations produites par le haut niveau de suggestibilité du patient, et induits par les suggestions et croyances irrationnelles du thérapeute.

Au cours de cette vague sataniste, le SRA était un diagnostic courant. Certains thérapeutes s’étaient spécialisés dans le « Satanic ritual abuse therapy (thérapie des rites sataniques), une variante de MRT.

Dans le Minnesota, il y a eu d’autres affaires avec des spécialistes du SRA. L’ordre des médecins avait interdit à un certain Dr Fredrickson de prendre en thérapie des patients diagnostiqués de SRA. L’ordre encadrera sa pratique de l’hypnose et de l’imagerie guidée pour éviter les allégations mensongères d’abus sexuels. Ce principe de précaution imposé à un praticien, s’explique par le fait que les MRT comme l’hypnose mal pratiquée, l’imagerie guidée, le reparenting et rebirthing entre autres  ont participé à créer une déferlante de faux souvenirs, qui se sont propagés dans l’imaginaire populaire par les médias, causant une hystérie collective.

Dans le film Régression, le réalisateur a su montrer les impressions, le ressenti et les images mentales d’une régression et de ses faux souvenirs, notamment avec Doug qui, sous la houlette du thérapeute aura des images du viol de sa fille. Outre certaines dérives de psychothérapie, le film Régression montre que l’être humain est gouverné par ses fantasmes, son irrationalité, ses émotions et ses croyances. Il peut être influencé par ses affects et les croyances populaires.

Notes:

La théorie qui sous-tend les MRT est « l’amnésie dissociative » (aujourd’hui remplacée par celui d’amnésie traumatique, particulièrement en France). L’oubli total d’un trauma! Aucun souvenir! Cette amnésie dite traumatique est présentée comme un mécanisme de défense « fréquent », « banal » voire « quasi-systématique » ou bien encore à grande échelle » mis en place par la (es) victime(s) pour faire face au traumatisme d’un événement insupportable s’il était resté conscient. Seulement voilà, si la littérature scientifique évoque la rareté de « l’amnésie dissociative ». D’ailleurs, aujourd’hui, se substituerait à celui d’amnésie dissociative, le terme d’amnésie traumatique. Le seul point commun est celui d’un « stress intense »qui peut occasionner des formes spécifiques d’amnésie comme le relate un article récemment publié dans la revue Brain, mais la réalité biologique et médicale de l’amnésie, répertoriée dans la littérature scientifique, est différente de cette explication sous-tendant le mécanisme de la mémoire qui fonctionne comme un magnétoscope où il suffit d’appuyer sur le bouton « Marche » ou « Arrêt » , « Pause » et « Retour en arrière »  de la mémoire en la manipulant pour retouver les souvenirs à gogo.

Le terme dissociatif est apparu dans le DSM-IV, la classification des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie, pour remplacer celui de psychogène, trop vague. La dissociation a été définie en 1893 par le pyschologue et médecin français Pierre Janet comme un état « crépusculaire », caractérisé par un rétrécissement du champ de la conscience.

 La note ci-dessous figure également dans l’article « L’affaire Ramona,une sombre histoure de sérum de vérité ». Le médecin blogueur Marc Gozlan, dans son article, « Ces Patients frappés d’amnésie après un stress intense » publié sur son blog Réalités Biomédicales, évoque en ces termes l’amnésie dissociative:  « Il est très rare qu’une série de cas d’amnésie dissociative soit publiée dans la littérature médicale. Une étude, parue en septembre 2017 dans la revue Brain, fait état de 53 cas examinés entre 1990 et 2008 au St Thomas’s Hospital de Londres par le Pr Michael Koperman et ses collègues. Il aura donc fallu près de vingt ans pour cumuler ces cas. On comptait trois hommes pour une femme.» Et  l’article de Marc Gozlan détaille l’étude anglaise avec les expressions de ce trouble de la mémoire comme la fugue dissociative, l’amnésie rétrograde prolongée et les trous de mémoire, l’altération des mémoires sémantique personnelle, et autobiographique. L’amnésie dissociative existe et présente de multiples facettes. La lecture de l’article de Marc Gozlan permet de saisir le fonctionnement scientifique de la mémoire, et de constater que l’amnésie dissociative,  même si elle est rare, fait l’objet de publications répertoriées dans des revues spécialisées. Mais elle n’a malgré les similitudes du vocabulaire, aucun rapport avec cette amnésie traumatique « à grande échelle » et « quasi générale » qui concernerait les victimes d’un trauma.  Et cité dans l’article de Marc Gozlan, à paraître un article de Thomas-Antérion C. L’amnésie dissociative. Neuropsychologie (sous presse, 2018).
Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Église_de_Satan
http://www.telerama.fr/cinema/films/regression,493207.phphttps://www.monde-diplomatique.fr/1991/02/CARLANDER/43263