HÉRITAGES IMAGINAIRES

Une analyse critique de la psychogénéalogie, distinguant rigueur généalogique, interprétation psychanalytique et dérives pseudo-scientifiques. Retour sur les glissements conceptuels.

Généalogie et psychogénéalogie : rigueur, interprétation, confusion

@NBT

À partir des années 1970, la généalogie connaît un regain d’intérêt marqué dans les sociétés occidentales. Aux États-Unis, cet engouement est largement attribué à la diffusion de la série télévisée Roots, adaptée du livre d’Alex Haley, retraçant la saga d’une famille afro-américaine depuis ses origines africaines. La diffusion de cette série sur la chaîne ABC constitue un moment charnière et a permis de populariser la recherche généalogique auprès d’un large public. Elle a démontré qu’il était possible de reconstruire une histoire familiale sur plusieurs générations à partir de sources historiques, malgré des lacunes de l’état civil, les manques de certaines archives administratives ou les traumatismes de l’histoire.

De l’autre côté de l’Atlantique, en France, l’intérêt pour la généalogie s’est accru progressivement à partir des années 1980. Une étude menée en 2011 par un sociologue auprès de près de 11 000 généalogistes a mis en évidence plusieurs facteurs déclencheurs. Pour les générations les plus âgées, la disparition progressive des ascendants les place en tête de ligne générationnelle, suscitant un besoin de transmission et de clarification de l’histoire familiale. Les photographies anciennes, les silences, les non-dits et les romans familiaux alimentent alors le désir de se tourner vers les archives officielles afin d’établir des faits vérifiables et de reconstituer des trajectoires familiales. Quoi qu’il en soit, la généalogie s’est imposée comme un loisir structuré et durable, aussi bien aux États-Unis qu’en France.

L’intérêt de la filiation ne date pas d’hier. Dès l’Antiquité, l’œuvre du poète grec Hésiode, « La Théogonie », qui retrace l’origine et la filiation des dieux, est parfois citée comme l’une des premières tentatives de mise en récit généalogique. Loin d’être une simple curiosité, la généalogie était alors un véritable pouvoir pour revendiquer une descendance divine ou héroïque aux fins de légitimer une famille royale ou une cité. Sans relever d’une démarche scientifique au sens moderne, ce type de récit témoigne d’un besoin ancestral d’inscrire les individus dans une lignée pour justifier leur rang et leur rôle dans la société.

Aujourd’hui, un Français sur deux a déjà entrepris des recherches sur sa famille afin d’en comprendre l’histoire et de la transmettre aux générations futures. Pour beaucoup cependant, cette démarche s’avère complexe. Si la généalogie n’est pas une science expérimentale à proprement parler, elle exige en revanche une rigueur méthodologique élevée lorsqu’elle est pratiquée selon les règles établies par les généalogistes. Elle repose sur des bases factuelles issues de disciplines connexes telles que l’histoire, la paléographie, l’archivistique ou encore la démographie historique.

À partir de ces fondements, la généalogie mobilise des sources précises et codifiées : actes d’état civil (naissances, mariages, décès), registres paroissiaux, actes notariés, archives judiciaires, recensements, archives militaires, minutes et tables décennales. L’une des règles centrales de la discipline est que toute information doit être sourcée, et non approximative. Chaque donnée doit être localisable, datée, référencée et reproductible par tout chercheur.

À ce titre, la généalogie documentaire peut être rapprochée, par ses exigences de vérifiabilité et de traçabilité, de certaines pratiques de la science expérimentale: on n’est pas dans l’interprétation, mais dans l’établissement de faits.

La généalogie repose sur un ensemble de principes méthodologiques stricts tels que la cohérence des documents, l’authenticité des sources, la prise en compte du contexte historique, la comparaison des sources disponibles et la hiérarchisation des preuves. Ses cadres institutionnels sont solides, puisqu’elle s’appuie sur les archives nationales et départementales, sur des normes de conservation précises et sur des règles d’accès légales clairement définies.

Cette pratique s’inscrit dans ce triptyque: droit / histoire / administration. Les actes et documents consultés relèvent d’un cadre juridique car ils sont produits dans un contexte historique donné et sont conservés selon des procédures administratives normalisées. Dans ce cadre, il n’y a pas d’interprétation subjective des faits eux-mêmes, si ce n’est celle inhérente au travail de recherche (choix des sources, organisation des données). Les informations établies restent factuelles, vérifiables et contrôlables. Ce caractère peut paraître austère, voire ennuyeux, mais il constitue précisément la garantie de la rigueur et de la fiabilité de la démarche généalogique.

Malheureusement, on observe depuis plusieurs décennies un glissement sémantique et conceptuel de la généalogie vers une pratique se réclamant d’une approche transgénérationnelle et psychologique, communément désignée sous le terme de psychogénéalogie, aussi appelée analyse transgénérationnelle.

Contrairement à la généalogie documentaire, cette approche ne repose pas sur un cadre méthodologique validé scientifiquement, mais sur une interprétation subjective du roman familial, visant à attribuer aux non-dits, aux répétitions et aux événements du passé une portée explicative directe sur le présent. Elle est généralement classée parmi les pseudosciences, en raison de l’absence de critères de falsifiabilité et de validation empirique. De nombreuses dérives sectaires ont par ailleurs été signalées, ce qui justifie un examen critique rigoureux de ses fondements et de ses usages.

Développée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberger, la psychogénéalogie s’inscrit dans le parcours d’une psychologue dont la trajectoire académique et internationale est représentative de son époque. Formée en France et à l’étranger, elle a été en contact avec plusieurs figures majeures de la psychologie, de l’anthropologie et des théories de la communication, telles que Carl Rogers, Margaret Mead, Gregory Bateson et Paul Watzlawick. Ces références ont largement influencé les approches relationnelles et systémiques du XXe siècle, et constituent le socle théorique dans lequel la psychogénéalogie a émergé.

Anne Ancelin Schützenberger a introduit le génogramme, un outil de représentation graphique visant à situer un individu au sein de sa constellation familiale. Pris isolément, le génogramme constitue un instrument descriptif, permettant de visualiser des liens de parenté, des événements de vie ou des répétitions factuelles au sein d’une lignée. Il est parfois utilisé par des professionnels comme support de discussion ou de repérage.

Toutefois, cet outil est indissociable du corpus théorique qui le sous-tend dans le cadre de la psychogénéalogie. Un article référencé sur PubMed en 2016 rappelle que cette approche mobilise des notions telles que l’inconscient transmissible, les loyautés invisibles, les dettes inconscientes ou encore les secrets de famille, concepts hérités principalement de la tradition psychanalytique, notamment de Sigmund Freud, Françoise Dolto et Serge Tisseron.

Il est en effet essentiel de s’intéresser aux mécanismes par lesquels la psychogénéalogie peut être dévoyée, au point d’engendrer des confusions et des interprétations relevant de dérives sectaires, susceptibles de nuire aux personnes qui s’y engagent. Contrairement à la généalogie documentaire, fondée sur l’établissement de faits vérifiables, la psychogénéalogie repose sur un cadre interprétatif qui, lorsqu’il est appliqué sans précautions méthodologiques, peut conduire à des lectures abusives de l’histoire familiale et à des attributions causales infondées.

Dès 2007, la MIVILUDES alertait sur les risques associés à certaines pratiques se réclamant de psychothérapies alternatives, parmi lesquelles la psychogénéalogie. L’un des dangers majeurs identifiés concernait l’induction de faux souvenirs. Le rapport décrivait des situations dans lesquelles des individus, sous l’influence de dispositifs pseudo-thérapeutiques, étaient amenés à reconstituer ou à « révéler » des traumatismes familiaux sans fondement factuel vérifiable. Ces pratiques ont entraîné des conséquences lourdes : ruptures familiales durables, accusations infondées, conflits judiciaires et atteintes significatives à la santé mentale des personnes concernées.

La MIVILUDES ne dénonçait pas une dérive marginale ou isolée, mais mettait en évidence un mécanisme récurrent comme l’usage d’un cadre interprétatif rigide et non falsifiable, favorisant la suggestion et la construction narrative au détriment de l’analyse critique des faits. Ce point constitue un jalon central pour comprendre en quoi certaines pratiques transgénérationnelles peuvent basculer du registre de l’accompagnement vers celui de l’emprise.

Il est difficile d’ignorer un fait plus récent et particulièrement révélateur, celui de la présence de formations explicitement intitulées «psychogénéalogie» dans le catalogue de formations consultable via France Travail. Ces formations, proposées par des organismes privés, s’adressent à des publics en reconversion professionnelle ou en recherche d’emploi et peuvent, sous certaines conditions, faire l’objet de financements publics.

Or, cette visibilité institutionnelle ne repose ni sur une validation scientifique de la méthode, ni sur l’existence de pré-requis académiques stricts, notamment en psychologie clinique, en psychopathologie ou en sciences cognitives. Elle contribue au contraire à entretenir une ambiguïté de registre : une pratique issue d’un cadre psychanalytique interprétatif, régulièrement critiquée pour ses dérives potentielles, se trouve présentée comme une compétence professionnelle mobilisable.

Cette situation illustre avec acuité le cœur du problème, qui est celui de la confusion récurrente entre formation, pratique thérapeutique et savoir scientifique. En brouillant ces frontières, elle favorise la diffusion de pratiques non probantes sous une apparence de légitimité institutionnelle et participe ainsi aux dérives précédemment décrites.

La MIVILUDES a identifié plusieurs risques associés aux pratiques se réclamant de la psychogénéalogie. Parmi ceux-ci figurent notamment les ruptures familiales, souvent liées à l’interprétation de supposés secrets de famille. Des raisonnements fondés sur des coïncidences de dates, des répétitions symboliques ou des événements partiellement documentés peuvent conduire à des conclusions erronées, parfois lourdes de conséquences. Ainsi, l’attribution d’une violence supposée à un descendant peut reposer sur une reconstruction narrative fragile, là où des éléments historiques objectifs tels qu’une naissance illégitime survenue dans un contexte de guerre ou de violence sexuelle suffiraient à expliquer certaines zones d’ombre familiales, sans recourir à des hypothèses transgénérationnelles globalisantes.

Elle souligne également un risque de glissement vers l’exercice illégal de la médecine, lorsque certaines personnes sont incitées à abandonner ou à retarder des traitements médicaux au profit d’une interprétation psychogénéalogique présentée comme explicative, voire curative, d’un trouble psychique ou somatique. Ce type de dérive repose sur une confusion entre accompagnement symbolique, interprétation psychique et prise en charge thérapeutique, au détriment de la santé des personnes concernées.

À ces risques s’ajoute une dimension économique non négligeable. L’offre de formations en psychogénéalogie s’inscrit majoritairement dans un marché privé, reposant sur des parcours modulaires ne nécessitant aucun prérequis académique en psychologie, en psychopathologie ou en sciences de la santé. Les coûts annoncés sont significatifs. Dans certains instituts privés, c’est plusieurs centaines d’euros par module, pour des cursus complets pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. Ces formations mettent en avant des concepts particulièrement attractifs tels que le fantôme, le syndrome d’anniversaire ou les dettes transgénérationnelles.

Certains instituts proposent également des cycles certifiants en présentiel, dont le coût total peut avoisiner 5 000 euros, parfois éligibles à des financements de la formation professionnelle (OPCO, CPF sous conditions). La progression repose alors sur une logique d’auto-certification, incluant supervision et validation par des praticiens issus du même cursus, sans contrôle externe des contenus ni des compétences cliniques réelles.

Si la supervision en institut privé suggère un certain sérieux, elle repose souvent sur un entre-soi pédagogique restreint aux membres d’une même école. Le suivi est en effet limité à une liste de praticiens ayant suivi le même cursus, ce qui fige la pratique dans un cadre unique. Cette organisation payante n’est pas propre à la psychogénéalogie, mais constitue une norme répandue dans la majorité des instituts de psychothérapie privés.

Il existe enfin des formations universitaires de type diplôme universitaire (DU) abordant les thématiques transgénérationnelles. Si leur existence témoigne d’un intérêt académique pour la question de la transmission psychique, leur principal point de fragilité réside dans une approche majoritairement psychanalytique, qui ne permet pas à elle seule de répondre aux exigences contemporaines de validation scientifique et clinique.

L’une des critiques fondamentales adressées à la psychogénéalogie concerne son socle théorique, largement issu du cadre psychanalytique. Cette filiation est bien synthétisée par l’écrivain en développement personnel Jean-K. Saintfort, qui souligne que la psychogénéalogie repose avant tout sur un empilement d’hypothèses théoriques non validées empiriquement, héritées de la psychanalyse.

Dans les travaux d’Anne Ancelin Schützenberger, on retrouve notamment une mobilisation étendue du concept jungien d’inconscient collectif, décliné à plusieurs niveaux, en particulier sous la forme d’un inconscient familial. Celui-ci serait structuré par des loyautés familiales invisibles, au sein desquelles des « dettes » psychiques pourraient se transmettre d’une génération à l’autre. À ces hypothèses se sont ajoutées des notions issues de la tradition freudienne, telles que celles de crypte et de fantôme, désignant des contenus psychiques refoulés et non symbolisés.

Dans ce cadre, les secrets de famille comme des meurtres, des filiations illégitimes, des maladies mentales, seraient susceptibles de produire des effets transgénérationnels durables. Enfermés dans une « crypte inconsciente », ces secrets deviendraient des « fantômes » agissant à l’insu des individus, influençant leurs comportements, parfois de manière jugée irrationnelle. Le génosociogramme serait alors présenté comme l’outil permettant de mettre au jour ces dynamiques cachées.

Anne Ancelin Schützenberger a par ailleurs évoqué des coïncidences temporelles, telles que l’apparition de maladies graves, notamment des cancers à des dates anniversaires correspondant à des événements marquants vécus par des ascendants. De même, certaines personnes présenteraient des états dépressifs récurrents à des périodes anniversaires, sans en avoir conscience.

Cependant, ces propositions demeurent au stade d’hypothèses interprétatives. Elles reposent sur des corrélations symboliques dont il est extrêmement difficile d’établir la validité à l’aide des outils contemporains de la psychologie scientifique, de la physiologie ou de la neurobiologie. Aucun mécanisme causal démontré ne permet d’étayer ces liens, et ces approches font largement abstraction des effets de probabilité, des biais cognitifs et des explications alternatives.

Quand bien même certaines personnes rapporteraient un bénéfice subjectif à ce type de démarche, aucune preuve scientifique robuste ne permet aujourd’hui de valider l’efficacité spécifique de la psychogénéalogie en tant que méthode thérapeutique. L’amélioration perçue ne saurait, en l’état, être distinguée de phénomènes bien connus tels que l’effet placebo, la suggestibilité ou la construction narrative a posteriori.

Dans son ouvrage Les illusions de la psychogénéalogie : nos ancêtres ont bon dos, Nicolas Gaillard propose une analyse critique rigoureuse de la psychogénéalogie, fondée sur les principes de la psychologie scientifique. Il met en évidence que les liens établis dans cette approche reposent le plus souvent sur de simples coïncidences, et relèvent d’un raisonnement a posteriori, dans lequel des causes supposées sont reconstruites après coup afin d’expliquer l’origine de troubles psychiques ou somatiques. Comme il le souligne, les praticiens ont tendance à trier les données disponibles, en ne conservant que celles qui confortent leur hypothèse initiale, au détriment des éléments contradictoires.

Gaillard insiste également sur le fait que la psychogénéalogie fait abstraction de facteurs pourtant essentiels, tels que les déterminants génétiques, les facteurs environnementaux, sociaux et développementaux, ou encore les données issues de l’épidémiologie et des sciences biomédicales. L’existence de pathologies similaires au sein d’une même famille peut s’expliquer de multiples façons, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer une causalité transgénérationnelle symbolique.

Si certains phénomènes comme la violence intrafamiliale, les secrets ou les traumatismes peuvent se répéter sur plusieurs générations et exercer un impact psychologique réel sur les membres d’une famille, ces mécanismes font l’objet de travaux scientifiques documentés, notamment en psychologie du développement, en psychiatrie et en sciences sociales.

En revanche, rien ne permet d’établir un déterminisme direct selon lequel les « maux » ou les conflits non résolus des ancêtres détermineraient mécaniquement les troubles psychiques des descendants. Les travaux en génétique comportementale indiquent que les vulnérabilités psychiques relèvent d’interactions complexes entre facteurs biologique et environnementaux, et non d’une transmission causale directe des conflits de la psyché des générations précédentes.

Cette confusion entre répétition contextuelle, transmission psychique indirecte et causalité déterministe constitue l’un des points centraux des illusions explicatives dénoncées par Gaillard, et rejoint plus largement les critiques formulées par les approches sceptiques et scientifiques à l’égard de la psychogénéalogie.

Un article de l’AFIS propose une critique sévère de la psychogénéalogie, qualifiée d’« étrange lucarne » du marché des thérapies alternatives, en raison de sa persistance et de sa diffusion malgré la multiplicité de ses courants dérivés. L’AFIS reconnaît que l’hypothèse selon laquelle un drame familial, y compris lorsqu’il demeure tabou, puisse avoir des répercussions psychiques sur les générations suivantes peut sembler recevable d’un point de vue intuitif. La mise au jour d’un secret familial peut, dans certains cas, offrir un cadre interprétatif permettant à un individu de comprendre une difficulté psychique, telle qu’une phobie.

Cependant, l’article souligne que la psychogénéalogie accorde une place disproportionnée à la famille dans l’explication du développement personnel et de la résolution des conflits psychiques, en en faisant un facteur explicatif central, voire exclusif. Cette surdétermination familiale excède les limites de la psychanalyse et conduit à des interprétations globalisantes, non étayées par des données empiriques.

Les fondements de la psychogénéalogie reposent par ailleurs sur une conception dépassée de la relation entre l’inné et l’acquis, privilégiant quasi exclusivement l’acquis familial. Or, les travaux de la psychologie scientifique et de la génétique comportementale, notamment ceux de Robert Plomin, montrent que les facteurs génétiques jouent un rôle majeur dans les différences individuelles, et que l’environnement influençant la personnalité et la psychopathologie ne se limite pas au cadre familial, mais inclut largement l’environnement social, éducatif et culturel.

L’AFIS met également en cause certaines prises de position attribuant l’origine de maladies graves, telles que le cancer, à des causes essentiellement familiales ou psychiques plutôt qu’à des facteurs biologiques établis. De telles affirmations rendent cette approche potentiellement dangereuse, en exposant les patients au risque d’interrompre ou de retarder des traitements médicaux fondés sur des données scientifiques. À ce titre, la psychogénéalogie est rapprochée de courants tels que la biologie totale de Claude Sabbah ou la médecine nouvelle germanique de Ryke Geerd Hamer qui attribuent les maladies à des conflits psychiques supposés, en contradiction avec les connaissances biomédicales actuelles.

Enfin, l’article de l’AFIS souligne que certaines notions emblématiques de la psychogénéalogie, telles que le syndrome des anniversaires, reposent sur une rhétorique fallacieuse assimilable à la numérologie, où des coïncidences temporelles sont érigées en relations causales en l’absence de toute démonstration scientifique.

ll est essentiel de rappeler qu’Anne Ancelin Schützenberger bénéficiait d’une reconnaissance internationale et que ses travaux s’inscrivaient dans un contexte historique précis, largement marqué par le cadre psychanalytique de son époque. La critique ne porte donc pas sur la personne ni sur l’intention initiale, mais sur les dérives ultérieures.

Ce sont en effet certains héritiers et continuateurs, restés arrimés à une lecture psychanalytique dogmatique, qui ont transformé une approche exploratoire en un corpus pseudo-scientifique, instrumentalisant l’épigénétique pour légitimer des interprétations abusives. Cette évolution explique pourquoi la psychogénéalogie demeure une spécialité largement franco-française.

Outre-Atlantique, elle n’a pas de reconnaissance académique. Seule la généalogie, entendue comme discipline historique et documentaire, y est pratiquée. La confusion entretenue entre histoire familiale, psychologie et biologie n’y a tout simplement pas cours.

Pour prolonger la réflexion, une analyse critique de Nicolas Gaillard sur la psychogénéalogie :

https://www.youtube.com/watch?v=aBUchGupAvI


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Auteur : Nicole Bétrencourt

Psychologue clinicienne, psychosociologue

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