NOËL, CADEAUX, INJONCTION AU BONHEUR.

Les fêtes de fin d’année sont souvent présentées comme une parenthèse enchantée. Pourtant, derrière cette norme collective, tout le monde ne vit pas Noël de la même façon.

QUAND LE RITUEL COLLECTIF SE HEURTE AUX EXPÉRIENCES INDIVIDUELLES

Et si nous parlions de la trêve des confiseurs et des traditions des fêtes de fin d’année ?

Entre Noël et le jour de l’an, cette parenthèse est souvent présentée comme un temps à part. Les réunions festives se succèdent, les familles se retrouvent, et l’on voit parfois, dans les rues ou au bord de la mer, plusieurs générations marcher ensemble, aider les plus âgés et partager un moment simple.

Autour de tables dressées avec la vaisselle d’apparat, on déguste des mets délicats. C’est également le temps de l’échange de cadeaux, rituel largement partagé, qui matérialise l’idée de lien, de générosité et de continuité familiale.

La dimension commerciale de Noël suscite régulièrement des critiques.Émile Cioran parlait à ce sujet d’un « cauchemar de l’opulence », soulignant l’ambivalence d’un moment où la générosité affichée côtoie l’excès. Mais au-delà de ces débats, la fête demeure un rituel collectif, profondément ancré dans notre culture.

L’esprit de Noël repose ainsi sur un mélange de profane et de sacré, auquel chacun se prête, parfois avec plaisir, parfois à contrecœur, mais qui s’impose comme une norme collective. L’échange de cadeaux en est l’expression la plus visible. Dans nos sociétés contemporaines, il relève à la fois du don et de la marchandise, mais obéit à une logique bien connue qui est celle de donner, recevoir et rendre.

Ce rituel, censé renforcer les liens, peut aussi devenir une contrainte émotionnelle, tant il engage des attentes implicites, des obligations symboliques et une injonction à l’adhésion. Plus qu’à d’autres moments de l’année, il ne s’agit pas seulement de participer, mais de manifester la bonne attitude, de montrer que l’on a intériorisé l’esprit de Noël.

Avant même d’être offert, le cadeau de Noël s’inscrit dans une logique exigeante. La recherche du cadeau qui fait plaisir mobilise du temps, de l’argent et une charge émotionnelle non négligeable. À Noël plus qu’à d’autres moments, le consommateur rationnel demeure une abstraction. 

La variété des options, surtout pendant les festivités de fin d’année, ne garantit pas le bien-être. La quête effrénée des cadeaux peut rapidement tourner au cauchemar.

Pendant les fêtes de fin d’année, il est de bon ton de se montrer enjoué, euphorique et joyeux à tout prix en plus d’être généreux. Mais la tyrannie de la positivité nous rattrape à Noël, et tout le monde n’aime pas Noël et les fêtes de fin d’année en général. D’ailleurs, pour les personnes qui détestent Noël, on dit qu’ils sont noëlophobes. Ce n’est pas une pathologie reconnue officiellement, mais il faut tenir compte du mal-être, voire de la déprime que vivent certaines personnes à l’approche des fêtes de fin d’année.

Sans rejeter complètement les fêtes de fin d’année, il faut quand même souligner le revers de la médaille pour certaines personnes.

Il est parfois salvateur de résister aux injonctions qui entourent les fêtes de fin d’année. Rien n’oblige à les passer en famille lorsque celle-ci est dysfonctionnelle, conflictuelle ou simplement source de mal-être.

La sacralisation des retrouvailles familiales occulte trop souvent une réalité plus triviale : partager un repas ritualisé avec des personnes que l’on n’apprécie pas, que l’on ne voit qu’une fois par an, et dans un cadre chargé d’attentes implicites, peut s’avérer éprouvant.

Les fêtes de fin d’année s’accompagnent souvent d’une levée implicite des frontières. Sous prétexte de convivialité, certaines questions, sur la vie sentimentale, le travail ou la santé psychique, deviennent soudain légitimes. Or, rien n’oblige à tout partager. Poser des limites sur ce que l’on souhaite dire, ou taire, relève aussi d’une forme de préservation de soi.

La consommation d’alcool, fréquente lors des repas de fêtes, participe aussi à cette levée implicite des frontières, rendant dicibles des propos qui, hors de ce cadre ritualisé, resteraient contenus notamment lorsqu’ils concernent la sphère intime ou des sujets sociétaux clivants.

À Noël comme à d’autres moments, la préservation de soi peut passer par des choix à contre-courant de la norme, sans que ceux-ci aient à être justifiés, critiqués ou pathologisés

Il y a des personnes qui passent Noël seules pour diverses raisons: deuil, maladie, éloignement de la famille, séparation, conflits familiaux. Et c’est vrai que chez certaines personnes, la période des fêtes ravivent un profond sentiment de solitude car la société, les films et la publicité donnent l’illusion que c’est une période magique et idyllique. 

Mais il y en a d’autres, qui choisissent délibérément la solitude. C’est une parenthèse, pour eux, de retrait temporaire du monde loin de l’agitation supposée, festive. Il est important de rappeler que la solitude, dans ce contexte, n’ai pas vécu comme une punition. Si pour certaines personnes, passer les fêtes seules demeure une expérience difficile, chargée de tristesse ou de manque. Mais pour d’autres, cette mise à distance relève d’un choix, parfois mûrement réfléchi, et peut constituer une forme de libération qu’ils n’auraient pas eu s’ils avaient suivi les injonction sociétales.

Se soustraire à des configurations familiales conflictuelles, à des attentes émotionnelles excessives ou à des rituels vécus comme contraignants, n’est pas nécessairement un renoncement au lien, mais parfois une manière de se préserver, voire de se retrouver. La solitude n’est alors ni un échec social ni une anomalie psychologique, mais une modalité possible, légitime de vivre sereinement cette période.

Noël demeure un rituel collectif puissant, chargé de symboles, de normes et d’attentes implicites. Mais ces attentes ne s’imposent pas de la même manière à tous, et n’ont pas à être vécues sur un mode uniforme.

Reconnaître la diversité des manières de vivre cette période entre enthousiasme, distance, retrait, sobriété ou indifférence, relève moins d’une lecture psychologique que d’une liberté d’être, qui suppose aussi une suspension du jugement. Suspendre le jugement sur soi comme sur les autres, face aux injonctions festives, permet peut-être de redonner à ces fêtes leur véritable essence à savoir un espace où chacun peut exister sans avoir à se justifier, et ainsi vivre comme il lui semble.

L’ULTRA SOLUTION OU COMMENT RATER SA VIE AVEC MÉTHODE !

Avec son humour au second degré, Paul Watzlawick nous tend un miroir implacable : sous couvert de dérision, il dissèque l’art universel de rater sa vie avec méthode.

Le diagnostic ironique de Paul Watzlawick

Après Faites-vous même votre malheur, Paul Watzlawick poursuit, toujours avec sa touche ironique des recettes infaillibles pour rater tout ce qu’on entreprend. Une boucle infernale, qui révèle, sous couvert d’humour, les schémas les plus tenaces de nos comportements dysfonctionnels.

Cette fois, dans Comment réussir à échouer, il s’agit de découvrir…l’art de réussir à échouer.

Alors quel est le mode d’emploi? Tout simple vraiment? Il suffirait de trouver l’ultra solution.

Diable, qu’est-ce que l’ultra solution? Bref, une solution qui élimine non seulement le problème, mais tout le reste avec, omme dans cet exemple figurant dans le livre: « opération réussie, patient décédé ».

Dans ce petit ouvrage tout aussi jubilatoire que « Faites vous-même votre propre malheur ». Watzlawick collectionne ces ultra-solutions, qu’il illustre avec des anecdotes plaisantes.

Mais derrière l’humour, il dévoile une mécanique redoutable : dans la plupart de nos relations, nous jouons des jeux à somme nulle. Si l’un gagne, l’autre perd — et le plus souvent, les deux perdent.

Pour éclairer cette logique implacable, Watzlawick prend comme fil conducteur la mythologie Il convoque la déesse Hécate, figure des carrefours et des choix impossibles, qui incarne ces solutions séduisantes qui se révèlent être des impasses. Il fait également appel aux sorcières, qui nous rappellent la tentation de la pensée magique: des solutions radicales et séduisantes qui, en réalité, mènent à un désastre certain.

Dans Comment réussir à échouer, Paul Watzlawick nous offre une plongée fascinante dans la psyché des joueurs à somme nulle. Il ne s’agit pas d’un jeu de société, mais bien d’une philosophie de vie.

Deux fois plus n’est pas nécessairement deux fois mieux
Un couple, après de longues années d’attente, finit par avoir un fils. L’événement est si exceptionnel qu’ils décident de le prénommer Formidable. Sauf que l’enfant est frêle et discret, et sera l’objet toute sa vie de quolibets avec le fardeau de ce prénom insolite.

Devenu adulte, Formidable, malgré tout mène une existence paisible. Sur son lit de mort, il demande simplement que l’on grave sur sa tombe : « Ci-gît un homme prévenant et fidèle envers sa femme. » Mais même là, son prénom le trahit. Les passants, lisant l’épitaphe, commentent inévitablement : Tiens, c’est formidable. Mais chers lecteurs, comme vous l’avez compris, sous-entendu avec un petit « f », l’adjectif.

Une réaction en chaine de gentillesse?
Un autre exemple met en scène Amadeo. Habitué à vivre selon la logique du joueur à somme nulle est obsédé par l’idée que la victoire de l’autre est sa propre défaite. Sa seule joie est de voir la malchance des autres.

Joueur comme il est, Amadeo Caccivialli, la victoire d’un autre est forcément sa propre défaite. Il vit dans la peur constante d’être floué et, pour se protéger, il s’est forgé une carapace.

Continuer à lire … « L’ULTRA SOLUTION OU COMMENT RATER SA VIE AVEC MÉTHODE ! »

SOINS PALLIATIFS : VERS UNE FIN DE VIE CHEZ SOI?

Le débat sur la fin de vie souligne des lacunes dans la loi actuelle et l’insuffisance des soins palliatifs. François Genin propose une approche innovante, favorisant l’accompagnement à domicile pour une dignité accrue.

Le débat sur la fin de vie et la modification de la loi actuelle revient régulièrement sur le devant de la scène, au gré des gouvernements successifs. Il s’agit d’une question fondamentale de Société. Pourtant, l’application de la loi actuelle sur la fin de vie, reste encore incomprise ou incomplète; cette situation entraîne des appels répétés à sa révision. Cette loi repose sur le principe du « laisser mourir » qui s’oppose clairement à l’aide active afin de ne pas transgresser l’interdit de l’homicide. Elle garantit à toute personne en fin de vie des soins attentifs et raisonnables pour soulager les souffrances physiques et psychologiques liés à une maladie incurable. Elle permet également de refuser un traitement en cas d’obstination déraisonnable.

Maintenant, avant de plébisciter les soins palliatifs, faisons un état des lieux du nombre de lits en palliatifs. D’abord, il y a des disparités territoriales; constatées en 2017, et en 2024, et en ce début d’année 2025, elles existent toujours. Peut-être quelques améliorations au gré des gouvernements, mais pas de miracle.

Maintenant, avant de plébisciter les soins palliatifs, il s’agit de faire un état des lieux du nombre de lits en palliatifs. D’abord, il y a des disparités territoriales; constatées en 2017, et en 2024 et en ce début d’année 2025, elles existent toujours. Peut-être quelques améliorations au gré des gouvernements mais pas de miracle.

Continuer à lire … « SOINS PALLIATIFS : VERS UNE FIN DE VIE CHEZ SOI? »

COMMUNICATION ANIMALE: ENTRE CHARLATANISME ET RÉALITÉ SCIENTIFIQUE.

Dans la communication animale, on retrouve un vocabulaire et des néologismes empruntés au New Age et au développement personnel.

Cachemire de la Caillauderie, chat des chartreux

Dans le film « Docteur Dolittle », sorti en 1998 et interprété par Eddie Murphy, un vétérinaire fait une étonnante découverte: il peut communiquer avec les animaux par télépathie. Cette comédie légère et sympathique ravit les amoureux des animaux. Bien qu’il s’agisse d’une fiction cinématographique, il existe dans certains courants ésotériques, éloignés de la pensée rationnelle et proches du New Age, une notion appelée « communication animale ». Cette pratique propose d’établir un lien avec les animaux et échanger avec eux des informations au-delà des barrières linguistiques.

On pourrait penser que la communication animale fait référence à l’éthologie animale, qui étudie le comportement des animaux et peut servir de passerelle pour comparer le comportement animal à celui de l’homme. L’éthologie classique s’est notamment intéressée à la comparaison entre le comportement des animaux et ceux des êtres humains. Certains éthologues ont même développé l’éthologie humaine en parallèle avec celle des animaux. Par exemple, Konrad Lorenz,  lauréat du prix Nobel de médecine en 1973, a exploré dans son livre, « Trois essais sur le comportement animal et humain »les conditions nécessaires à l’émergence de comportement humain .

Cependant, la communication animale, bien que souvent confondue avec l’éthologie, est en réalité pour les sceptiques, une vaste supercherie intellectuelle, n’ayant pas de fondements scientifiques solides comme l’éthologie.

Dans la communication animale, on affirme que l’intuition, la pensée et l’énergie permettent de pratiquer la télépathie avec les animaux. Cependant, cette approche suscite des doutes quant à sa crédibilité scientifique. En réalité, cette idée n’est pas aussi révolutionnaire qu’elle le semble. Finalement, ce n’est pas si nouveau que ça! Lobsang Rampa, considéré comme un charlatan qui n’avait jamais mis les pieds au Tibet mais, a connu un succès mondial dans le domaine de l’ésotérisme populaire avec son livre le « Troisième oeil »prétend que son livre « Vivre avec le lama » a été dicté par un être non humain, en l’occurence une chatte siamoise Madame Fifi Greywisken. Cette affirmation peut-être interprétée comme l’illustration de croyances ésotériques autour de la communication animale, et elles relèvent davantage de la fiction ou de la mystification que de l’éthologie, une discipline scientifique étudiant le comportement animal de manière empirique.

Toutefois, il est important de noter que cette approche diffère radicalement du comportementalisme animalier. Elle présente des risques potentiels pour la santé de votre animal si elle est utilisée ne remplacement des soins vétérinaires conventionnels.

Intéressons-nous à la façon dont se déroule une séance de communication animale. Cela peut se faire de deux manières: en présentiel ou à distance. Cette analogie ne vous rappelle-t-elle pas quelque chose ? Cela rappelle étrangement une séance de médiumnité, n’est-ce pas ? Ce parallèle soulève des questions quant à la crédibilité de cette pratique.

La communication animale revendique un contact direct avec l’âme de l’animal, un aspect parapsychologique qui échappe à la rationalité traditionnelle. Ah, bien sur, ces ces communicants animaliers nous révèlent cette incroyable vérité: nos animaux de compagnie ne peuvent pas nous dire ce qu’ils ressentent! Comme si les maîtres d’animaux ne l’avaient pas remarqué.

Continuer à lire … « COMMUNICATION ANIMALE: ENTRE CHARLATANISME ET RÉALITÉ SCIENTIFIQUE. »