OSCAR, UN CHAT HORS DU COMMUN!

Cette histoire étonnante met en lumière le rôle des animaux dans les services de soins palliatifs pour apaiser l’angoisse de la mort chez les malades et la tristesse des familles lors du départ d’un proche. Même si cette histoire manque de rigueur scientifique, elle demeure réconfortante…

Les capacités extraordinaires des animaux suscitent souvent des discussions sur un prétendu sixième sens. Certains de leurs comportements intrigants, largement relayés par la presse, incluent des récits où des chats et des chiens parcourent des milliers de kilomètres pour retrouver leurs maîtres. Outre nos cinq sens familiers, faut-il vraiment invoquer un sixième sens pour expliquer ces facultés exceptionnelles, ou serait-il plus pertinent d’évoquer une « supra sensibilité » ?

En 2004, des éléphants auraient manifesté une anticipation du tsunami dévastateur ayant frappé les côtes de l’île. Ils se seraient mis à pleurer et à fuir vers les montagnes avant l’arrivée de la vague destructrice. Ces événements dépassent une part de leur nature, échappant aux limites de la science. Selon le naturaliste Marc Giraud, la science officielle semble peu encline à explorer de tels phénomènes.

Il y a quelques années, j’avais consacré un article à Oscar, un chat exceptionnel doté de capacités énigmatiques aux yeux de la science. Né en 2005 et décédé en février 2022 à l’âge de 17 ans, Oscar était un membre particulier de l’équipe soignante du Dr Dosa, gériatre et professeur adjoint à l’Université Brown à Rhode Island. Recueilli alors qu’il était chaton dans un refuge pour animaux, il a grandi au sein de l’unité de soins du centre de réadaptation Steere House à Providence, Rhode Island. Cet établissement accueille des patients atteints de maladies telles que la maladie d’Alzheimer, de Parkinson et d’autres affections neurodégénératives. Dans les stades avancés de ces maladies, les patients perdent généralement conscience de leur environnement. L’histoire d’Oscar, c’est aussi l’histoire des soins que reçoivent les patients en fin de vie.

Oscar, devenu la mascotte emblématique du service de gériatrie, a accédé à la notoriété grâce à un article paru en juillet 2007 dans le New England Journal of Medicine, rédigé par David Dosa. Ce gériatre relate les rondes effectuées par Oscar au sein de son service, mettant en lumière son don extraordinaire. Il a un comportement récurrent qui avertit l’équipe médicale de la proximité de la mort chez les patients en phase terminale. Lorsqu’un résident est sur le point de décéder, Oscar grimpe sur son lit et se blottit contre lui en boule jusqu’à son dernier souffle.

L’étonnante capacité d’Oscar à prédire ces moments critiques aurait plusieurs explications. Notamment, une sensibilité à l’immobilité précurseur de la mort chez ces patients, un odorat particulièrement développé lui permettant de détecter substances émises par les cellules mourantes, ou encore une sensibilité aux phéromones spécifiques. Ce qui est certain, c’est que cette mascotte ne choisit de réconforter que les personnes approchant les dernières heures de leur vie.

Les cheveux en bataille, Mme P déambule sans but dans les couloirs, perdue dans ses pensées. Son errance la conduit vers Oscar. Interrompu dans sa promenade, Oscar la fixe attentivement et, lorsqu’elle passe devant lui, émet un sifflement doux, semblant lui signifier: « Laisse-moi tranquille. » Mme P l’ignore et poursuit son chemin dans le couloir, laissant Oscar visiblement soulagé. Sa visite ne présage pas de fin imminente pour elle, et Oscar peut vaquer à d’autres occupations.

Revenu auprès du personnel médical, Oscar saute sur le bureau pour se désaltérer et prendre quelques croquettes dans son bol. Rassasié, il reprend sa ronde dans l’aile ouest, évitant un résident profondément endormi sur un canapé.

Arrivé à la chambre 313, Oscar se glisse par la porte entrebâillée. Mme K repose sereinement dans son lit, sa respiration calme, bien que peu profonde. Elle est entourée de photos de ses petits-enfants et de souvenirs de son mariage. Malgré ces images, elle semble seule. Oscar saute sur son lit et la renifle avant de se blottir contre elle en boule. Une heure s’écoule, Oscar demeure lové contre Mme K. Lorsqu’une infirmière entre pour vérifier l’état de sa patiente, elle remarque la présence d’Oscar. Après un bref instant dans la chambre, elle se hâte de retourner à son bureau, saisit le dossier de Mme K et passe quelques appels.

Trente minutes plus tard, la famille arrive, et le personnel s’active pour installer des sièges supplémentaires afin que les proches veillent Mme K. Un prêtre se présente pour lui administrer les derniers sacrements. Pendant ce tumulte, Oscar n’a pas bougé d’un poil. Il continue de ronronner doucement tout en pétrissant affectueusement Mme K.

L’un des petits-fils interroge sa mère : « Pourquoi ce chat est-il là ?» Sa mère, les yeux empreints de larmes, lui répond : « Il est là pour aider ta grand-mère à partir vers le ciel. » Trente minutes plus tard, Mme K. fait son ultime souffle. À ce moment, Oscar se redresse, jette un dernier regard autour de lui et quitte la chambre si discrètement que la famille, plongée dans le chagrin, ne remarque pas son départ.

De retour parmi le personnel, Oscar boit de l’eau avant de se recroqueviller pour une longue période de repos. Sa journée tire à sa fin. Aujourd’hui, il n’y aura pas de nouveaux décès. Chaque accompagnement en fin de vie par Oscar est aussi émouvant que les précédents. La plaque honorifique dédiée à Oscar est fixée au mur, reconnaissant son service exceptionnel dans cette unité de soins palliatifs. Gravée à son effigie, elle mentionne : « Pour sa compassion au sein de cette unité, cette plaque est décernée à Oscar, le chat. »

Cependant, il est essentiel de garder une perspective critique. Les spécialistes du comportement animal soulignent d’abord les capacités innées des animaux. Le Dr Jill Goldman, spécialiste du comportement animal à Laguna Beach (Californie), souligne le remarquable odorat des chats et avance l’idée qu’Oscar peut rester aux côtés des mourants par association avec une odeur spécifique associée à la mort.

Le Dr Thomas Graves, expert félin de l’Illinois, partage avec la BBC : « Les chats peuvent souvent détecter quand leurs maîtres ou d’autres animaux sont malades. Ils peuvent anticiper les changements climatiques et sont réputés pour détecter les tremblements de terre. » Pour ces spécialistes, le soi-disant sixième sens des animaux n’est pas une surprise. Ainsi, le don d’Oscar n’est pas d’ordre parapsychologique, mais simplement rare.

Nicolas Gauvrit, dans la revue Science et Pseudo-sciences, parle d’Oscar comme une mascotte du paranormal. Il aborde les biais cognitifs, les corrélations illusoires et les erreurs statistiques potentielles induites par l’équipe soignante. Il souligne: « Il n’existe aucune preuve scientifique étayant l’idée qu’Oscar ressent quoi que ce soit, rendant ainsi prématurées toutes considérations sur ses causes… »

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PRÉVENIR LES ADDICTIONS CHEZ LES JEUNES: L’EXPÉRIENCE ISLANDAISE

En 1992, Harvey Milkman et son équipe de Denver ont créé un programme novateur pour les adolescents luttant contre la consommation de drogue et la petite délinquance.

Photo de Rudolf Kirchner sur Pexels.com

Dans le post intitulé « Alcoolisme et sensibilisation : les campagnes annulées », j’ai insisté sur l’importance des campagnes de marketing social axées sur la prévention de l’alcoolisme. J’ai souligné leur impact sur le comportement des individus ainsi que leur impact sur la santé. J’ai également partagé l’opinion d’un patient-expert et de plusieurs associations de lutte contre les addictions, qui étaient surpris de l’annulation des campagnes de prévention contre l’alcoolisme pendant la Coupe du Monde de rugby.

En 2018, j’avais rédigé sur ce blog un post sur le programme islandais de lutte contre la toxicomanie initié en 1992 qui a l’avantage de présenter une approche préventive globale. Je l’ai réactualisé car le principe du programme islandais est exemplaire. Il pourrait inspirer la France et, il complète mon précédent post sur les campagnes de prévention contre l’alcoolisme annulées en France.

Quelle est la situation en Europe concernant la consommation de substances psychoactives? En 2023, selon l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies, la situation ne s’est pas améliorée. Les substances psychoactives sont particulièrement accessibles en Europe, en variété comme en quantité. La cocaïne est la substance en progression la plus forte (416% de saisies), suivie par le cannabis (+260%) et la méthamphétamine (+135%). Concernant l’alcool, parmi les 10 pays qui boivent le plus, neuf font partie de l’UE. Chaque année, un nombre effrayant de jeunes âgés de 15 ans et plus consomme 9,5 litres d’alcool pur. Ce qui équivaut à 109 litres de bière, 80 litres de vin et 24 litres de spiritueux.

Alors, évoquons l’exemple islandais avec quelques statistiques à l’appui. En 2017, l’Islande était considérée comme un modèle en matière de jeunes ayant une consommation quasi-inexistante d’addictions. Et ce modèle continue à faire ses preuves.

– En 1998, 17% des jeunes Islandais âgés de 15 à 16 ans consommaient du cannabis, tandis qu’en 2016, ce chiffre est tombé à seulement 7% ! Un adolescent sur quatre consomment du cannabis

– En 1998, 42% consommaient de l’alcool, et ils ne sont plus que 5% en 2016

– Et en 1998, ils étaient 23% à fumer et 3% en 2016.

Éloquent, non?

En 1997, le gouvernement islandais lance le programme Drug-Free Iceland. L’articulation de ce programme passe par des questionnaires anonymes soumis aux écoliers et aux collégiens, destinées à obtenir une radiographie des habitudes de consommations de ces jeunes.

Quelques exemples de questions : quand avez-vous bu pour la dernière fois ? Avez-vous déjà été ivre ? Avez-vous déjà essayé de fumer ? Combien de temps passez-vous avec vos parents, à quelles activités participez-vous ?etc…

L’Islande a réussi à obtenir des réductions spectaculaires de la consommation de tabac, d’alcool et de drogues au cours des 20 dernières années. Comment ont-ils fait ? Découvrez leur approche dans cet article : Comment l’Islande a détourné sa jeunesse des drogues, de l’alcool et du tabac.

Parmi les premières mesures, la vente d’alcool est interdite aux jeunes de moins de vingt ans. Il n’y a pas que ça. En France, la vente d’alcool est interdite aux mineurs. Mais le programme est innovant sur bien d’autres point.

Le modèle a été introduit par le psychologue et professeur américain Harvey Milkman. Il enseigne à Reykjavik pendant une partie de l’année et a écrit de nombreux livres sur la drogue. Vous pouvez en savoir plus sur lui en consultant sa page ici.

Au début des années 70, Harvey Milkman a observé la montée en flèche de la consommation de drogues, notamment le LSD et la marijuana. Sa thèse de doctorat s’est axée sur l’étude des substances psychoactives et psychostimulantes et leur lien avec le stress psychologique. Le stress est un élément essentiel de la vie, dont les effets varient d’une personne à l’autre. La consommation d’héroïne vise à atténuer le stress, tandis que celle d’amphétamines cherche à l’intensifier.

Les interrogations ci-dessus s’appliquent aux collégiens. Leur comportement instable et leur goût du risque sont en partie dus à l’immaturité du cerveau adolescent, notamment du cortex préfrontal. Le cerveau des adolescents est influencé par les hormones de la puberté, ce qui affecte directement la production de sérotonine. Certains adolescents recherchent ces effets en volant ou en consommant des substances psychostimulantes. L’alcool a aussi un impact sur la chimie du cerveau, en réduisant l’anxiété et en désinhibant les individus. Cette observation comportementaliste a conduit à l’idée de mettre en place un programme social pour aider les personnes à modifier leur état mental sans les effets négatifs des drogues.

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ALCOOLISME ET SENSIBILISATION : LES DÉFIS DES CAMPAGNES ANNULÉES

En 2007, un groupe de chercheurs de l’Université de Stirling, en Angleterre ont passé en revue 88 études anglaises portant sur la promotion de l’exercice physique et d’une saine alimentation, sur la prévention ou l’abandon du tabagisme de l’alcool et des drogues illicites.

Photo de Pavel Danilyuk sur Pexels.com

Depuis plusieurs semaines, le monde de la santé et les associations d’addictologie s’insurgent contre l’annulation d’une campagne gouvernementale contre les ravages de l’alcoolisme. Dommage, oui vraiment dommage qu’une campagne soit annulée au motif qu’il faille ne pas déplaire au lobby des vignerons, surtout lors de raouts sportifs comme la coupe du monde de Rugby où l’éthanol festif risque de couler à flot! Et pourtant, en prévision de la coupe du monde rugby, la direction générale de la santé avait demandé une campagne de prévention sur le « thème alcool et rugby ».

L’une des raisons invoquées concerne le visuel qui serait trop caricatural. Le scénario était le suivant: un coach de supporters mettait en garde contre « les abus d’alcool« , « ne laissez pas l’alcool vous mettre KO« .

Une autre campagne a elle aussi été annulée en juin dernier. Vous ne verrez rien qui ne la concerne sur les écrans de télévision et sur des panneaux publicitaires. Elle était Intitulée “quand on boit des coups, notre santé prend des coups. Elle montrait des personnes en train de boire un verre, avec sur l’autre partie de l’image les messages de prévention suivants : “boire de l’alcool multiplie les risques de troubles du rythme cardiaque” ou encore “boire de l’alcool multiplie les risques d’AVC hémorragiques. C’était pas mal? Non?

Vu sur le site https://www.radiofrance.fr/franceinter/alcool-deux-campagnes-de-prevention-enterrees-par-le-ministere-de-la-sante-8784229

Par contre, la campagne de prévention, reprenant les thèmes de 2019 a été ciblée pour les jeunes. L’une des raisons invoquées serait que les risques à court terme (coma éthylique, etc) seraient mieux identifiés que les risques là long terme liés à l’alcoolisme. Vraiment? Un peu tiré par les cheveux…

la consommation d’alcool excessive est un vrai sujet. Et il est hors de question de la minimiser. Au sujet de sa consommation excessive, les chiffres sont implacables, et il faut les rabâcher, ô combien ce soit de la moraline, et que cela agace ceux qui s’étiquettent de bons vivants voire d’épicuriens.

La consommation moyen en France est de 2,7 ou 2, 37 verres par jour. L’excès d’alcool tue en grande quantité et est responsable de 49 000 décès par an. Même si la France est derrière les Pays Bas (47%), le Luxembourg (43,1%) et la Belgique (40,8%), il ne faut surtout pas s’enorgueillir de ce classement! Il faut répéter que l’alcoolodépendance est une addiction ou le TUA ( trouble de l’usage de l’alcool), une addiction qui touche le circuit neurobiologique de la récompense au niveau du cerveau. Il y aussi la notion de dépendance, qui est redoutable car c’est un phénomène physiologique qui pousse à consommer de nouveau. La frontière entre l’addiction et la dépendance est mince, et les deux peuvent coexister. Ce qu’il faut retenir c’est qu’aucune consommation d’alcool, même aux supposées doses recommandées, suivant les pays n’est anodine. Ce qui est intéressant, c’est de constater que les systèmes de mesure en vigueur et les habitudes de boissons locales influencent les décisions officielles des pays.

En France, 25% des adultes dépassent les repères de consommation, et la consommation d’alcool est responsable de + de 200 maladies et atteintes diverses. Et encore, ce doit être pire. L’alcool et la deuxième cause de mortalité en France et également la deuxième cause de mortalité par cancer. Et cause évitable. C’est implacable: « Au total, environ 8 % de tous les nouveaux cas de cancer sont liés à l’alcool, et ce quel que soit le niveau de consommation d’alcool, y compris faible à modéré.» (INSERM).

L’alcool fait partie du vaste ensemble des addictions, et il existe pour l’alcool, comme pour d’autres produit, des dépendances de degrés divers. Mais c’est un produit complexe par son caractère culturel et convivial à connotation hédoniste. Même si la France produit des vins de qualité qui se dégustent et sont enviés par le monde entier. Pour revenir à la coupe du monde de rugby, 137 000 verres de 50 cl de bière ont été écoulés lors du match opposant l’Irlande à l’Écosse. Sacrée descente!

Maintenant, tout en partageant la déception des uns et des autres sur l’annulation de ces deux campagnes, le but de post est de s’interroger sur l’utilité des campagnes de sensibilisation. Éveillent-elles une prise de conscience collective, sur sa propre consommation d’alcool ou de celle de son entourage ou ne servent-elles à rien?

Les campagnes de sensibilisation qu’elles soient contre la consommation excessive d’alcool, le tabac, l’exercice physique pour modifier les habitudes de vie sont ce qu’on appelle, dans le jargon publicitaire du marketing social. En 2007, un groupe de chercheurs de l’Université de Stirling, en Angleterre ont passé en revue 88 études anglaises portant sur la promotion de l’exercice physique et d’une saine alimentation ou sur la prévention ou l’abandon du tabagisme de l’alcool et des drogues illicites.

Le marketing social s’appuie en même temps sur des principes de marketing, de psychologie et de psychologie sociale pour concevoir et mettre en oeuvre des programmes qui favorisent un changement de comportement socialement bénéfique. Il traite du comportement, dans le cas de la consommation d’alcool, avec un changement de comportement bénéfique (réduction des risques pour la santé) par la persuasion. Le marketing social a emprunté nombre de concepts à l’école de Yale qui a travaillé sur les changements de comportement et sur la propagande.

L’un des points forts est la répétition du message qui constitue la clef du succès. À la suite de cela, après la diffusion d’une campagne de prévention, par exemple contre l’alcool au volant, il est constaté une diminution du comportement indésirable. Alors, le principe d’une campagne de prévention marche, et incontestablement on peut s’étonner de l’annulation récente de certains campagnes.

Avec le marketing social, il y a des préoccupations éthiques quant à la manière et le moment d’utiliser les leviers psychologiques. L’un des risques majeurs est la mise en exergue de fausses allégations d’informations trompeuses incitant à ne pas changer de comportement voire à ne pas se sentir concerné. Individuellement ou en groupe. Dans le style, c’est pas moi, c’est l’autre! C’est le sentiment que j’ai quand je lis certaines réactions que je partage sur l’annulation de ces campagnes à destination de l’adulte mais aussi sur celle à destination des jeunes. Il est essentiel de fournir des informations exactes et de ne pas manipuler les émotions du public d’une manière inappropriée.

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LA RONRONTHÉRAPIE: UNE THÉRAPIE AU POIL!

©Terry Runyan
 
 
 

Les animaux font d’excellents auxiliaires thérapeutiques qui ont tout à fait leur place en psychothérapie. L’un de ceux qui pratiquent une thérapie au poil et zen est le chat. 11 millions de foyers français possèdent un de ces charmants félins, et la catmania n’est pas près de s’éteindre. Je fais partie des adorateurs de Bastet, la déesse chat égyptienne, et je suis l’humain de compagnie de Cachemire, un beau chartreux de onze ans!  

Le ronronnement du chat occupe l’attention des chercheurs. Au-delà de son écoute, le doux bruitage du chat est bénéfique pour l’esprit de l’homme. C’est ce qu’explique Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse, le véritable inventeur de la ronron thérapie en France. La révélation de ce phénomène lui est venue presque par hasard, peut-on lire sur le site Micetto au sujet du livre de Véronique Aïache « La  Ronron-Thérapie ».
« Tout a commencé en avril 2002, se rappelle t’il. Des statistiques, démontraient qu’après des lésions ou des fractures, les chats avaient cinq fois moins de séquelles que les chiens, et retrouvaient la forme trois fois plus vite. D’où l’hypothèse d’une authentique action réparatrice du ronronnement » 

Les bienfaits du ronron sont comparables à ceux de la musicothérapie: 

« Il apaise et agit comme un médicament sans effet secondaire…Quand l’organisme lutte contre des situations pénibles, comme le stress, le ronronnement du chat émet des vibrations sonores apaisantes et bienfaisantes, un peu comme la musique ». 

Cette détente est due à la fréquence hertzienne pour le vétérinaire.
« C’est par le tympan mais aussi les corpuscules de Pacini, des terminaisons nerveuses situées au ras de la peau, que nous percevons le ronron qui émet des fréquences basses, entre 20 et 50 hertz. Des pensées positives et de bien-être sont alors transmises à notre cerveau ».
Dans le cerveau, le ronronnement agit sur le circuit hippocampe-amygdale, une structure étroitement liée au déclenchement de la peur. Ecouter le doux bruit du ronronnement de son chat entraîne une production de sérotonine, l’hormone du bonheur, impliquée dans la qualité du sommeil et de l’humeur.
 
Jean-Yves Gauchet croit au couple thérapeutique formé entre le chat et son maître, où chacun s’occupe de la santé de l’autre. C’est ce qu’il nous dit dans son livre « Mon Chat et moi, on se soigne. » L’ouvrage, se divisé en deux parties: l’une où sont énumérées les vertus thérapeutiques du chat sur son maître, et l’autre  où le maître apprend à faire plaisir à son chat. 
Et certains chats sont aussi exceptionnels que le nôtre! Il y a Oscar, un chat hors du commun! L’étonnante faculté de ce chat est de prévenir le personnel soignant d’une maison de retraite de la mort imminente de l’un de leurs pensionnaires. L’histoire insolite sur les capacités d’Oscar montre que les animaux dans les services de soins palliatifs permettent d’exorciser, d’apaiser l’angoisse de mort des malades et la tristesse de la famille qui voit partir l’un des siens. Après que cela ne soit pas très rigoureux sur le plan scientifique, c’est une autre histoire. Au moins, c’est apaisant et a le mérite de démontrer les bienfaits de la ronronthérapie et zoothérapie en général.
 
Les bienfaits de la ronron thérapie ne datent pas d’hier. Ils  étaient déjà étudiés dans les années 50. Dans son livre « La ronron thérapie », la journaliste santé, Véronique Aïache rapporte les résultats d’une étude menée dans les années 1950 par le corps médical américain sur le ronronnement. Le stress, l’insomnie ou l’anxiété pourraient se soigner ponctuellement grâce au ronron. Une étude de 1983 a constaté que la stimulation vibratoire entre 50-150 Hz soulagé la souffrance dans 82% des personnes souffrant de douleur aiguë et chronique. Plusieurs études, au cours des 20 dernières années ont confirmé que l’utilisation de cette thérapie à basse fréquence (vibrations entre 20-140 Hz) est thérapeutique pour la croissance osseuse / guérison de la fracture, soulagement de la douleur / la réduction de gonflement, la cicatrisation des plaies, la croissance et la réparation musculaire / réparation du tendon, la mobilité des articulations et le soulagement de la dyspnée (essoufflement).

 

À tous les âges de la vie, le chat est un auxiliaire précieux. Le ronronnement du chat aurait un effet sur un bébé trop remuant dans le ventre de sa mère.
Dans les maisons de retraite qui acceptent les animaux, les chats réconfortent les résidents et brisent leur isolement. Une étude de la California’ Loma Linda University a montré que le fait de regarder des vidéos drôles, mettant entre autres des chats,  20 minutes par jour améliorait la mémoire des séniors et renforçait leur sytème immunitaire. 

 

Autre témoignage, celui de Bruno Hardy, cadre de santé, sur l’effet thérapeutique des chats dans une maison de retraite des Yvelines:

« L’une de nos clientes souffre d’un trouble du comportement et seule la présence de son chat l’apaise, il l’aide à l’endormissement.»

Les Japonais s’entourent de ces félins pour rester zen. Leur mythologie sur le chat est prolixe. Il y a une légende qui parle du chat Tama qui vivait avec un moine dans un temple. Il sauva de la foudre le seigneur d’un district au début de l’ère Edo (1603-1867) en levant sa patte pour l’inviter à se réfugier dans le temple. À sa mort, le seigneur reconnaissant fit enterré  avec tous les honneurs réservés aux grands de ce monde. Au Japon, on trouve de nombreuses statuettes du manuki-neko, un chat levant sa patte au niveau de l’oreille. C’est un symbole de chance et de prospérité pour son possesseur. 

Aussi n’est-il pas étonnant que là-bas les bars à chats aient un énorme succès. Les Japonais viennent s’y détendre après le travail, en buvant un thé tout en caressant les animaux. Il s’en est ouvert un à qui ne désemplit pas.

Si vous n’avez pas de chat, vous pouvez toujours vous procurer un enregistrement de « ronrons » thérapeutiques. Vous pouvez suivre  également des séances de sophrologie où vous écouterez  le ronronnement du chat pendant la phase relaxation profonde, à une fréquence de 25 à 50 hertz; celle qui favorise un état profond de bien-être et une diminution immédiate du stress. Le ronron est adjoint à d’autres suggestions verbales, inductions sonores ou images mentales de manière à mieux gérer le stress ou les émotions.
 
Les bénéfices de la ronronthérapie sont incontestés sur notre santé mentale , toutefois certaines maladies psychiatriques et neurologiques peuvent être transmises par le chat. Tout futur médecin devrait être formé à ces éventualités qui peuvent retarder le diagnostic.  C’est ce que décrit Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique et médecin de formation, dans son article « Sa schizophrénie» était due…au chat  publié sur son excellent blog Réalités Biomédicales.  Marc Gozlan y décrit une forme neurologique très rare de la bartonellose, maladie infectieuse, responsable de la maladie des griffes du chat dont est affectée un  adolescent américain de 14 ans diagnostiqué schizophrénique pendant deux ans. 
 

« Le jeune garçon et sa famille ont payé un lourd tribut émotionnel, social et financier pendant deux ans. « Outre le stress quotidien induit par sa maladie chez tous les membres de la famille, la mère a quitté son emploi pour lui fournir des soins à domicile, et les animaux domestiques ont été retirés de la maison (en raison des délires du garçon)…

Ce cas clinique est hors norme dans la mesure où le jeune patient aura été examiné et traité par un grand nombre de médecins (pédiatre, cardiologue, neurologue, infectiologue, dermatologue, immunologiste, optométriste, endocrinologue, gastroentérologue) avant que le diagnostic de sa maladie ne soit finalement posé et qu’un lourd traitement anti-infectieux ne soit prescrit.

Et n’oublions pas ceux qui souffrent d’ailurophobie (la phobie des chats). Mais la zoothérapie  vous propose un large éventail de thérapies cool avec d’autres animaux. (Chien, lapin, cheval avec l’équithérapie, le dauphin avec la delphinothérapie).
 
La ronron thérapie et la zoothérapie, si elles ne sont pas démontrées scientifiquement suivant les règles de l’Evidence Based Medecine révèlent des vertus insoupçonnées. La relation homme/animal est enrichissante pour nous. Nos chiens, nos chats, chevaux et tous les autres animaux sont de précieux alliés pour notre santé. Alors ne nous en privons pas.
 
Au fait, non seulement, mon chat ronronne  avec un bruit d’hélicoptère comme tous les chartreux, mais il ronfle tout aussi tout aussi fort! D’ici à ce qu’on se penche sur les vertus du ronflement félin, il n’y a qu’un pas…
 
 
Vidéo « ronronthérapie »
 
 
Sources:

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