ÉLISABETH KUBLER-ROSS, UNE PIONNIÈRE DE LA THANATOLOGIE!

Elle a brisé l’omerta autour de la mort en développant les soins palliatifs et cette nouvelle philosophie qui fait le fondement de la thanatologie moderne.

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Élisabeth Kubler-Ross et ses soeurs

La naissance et la mort sont les deux extrêmes de la vie, et avec l’allongement de l’espérance de vie grâce aux progrès de la médecine, la grande faucheuse a disparu de notre imaginaire collectif. Nous vivons dans un esprit d’immortalité tant que notre santé est excellente! Ce n’était pas le cas au Moyen Age où la mort était omniprésente, et rappelée par des représentations sur les murs des églises et dans les cimetières de la danse macabre, une sarabande qui mêle morts et vivants indistinctement du statut social, pour leur rappeler qu’ils ne sont pas immortels. Et dans la mythologie grecque, Thanatos personnifiait la mo rt, et il était également le frère jumeau d’Hypnos, la personnification du sommeil, et de Moros, la fatalité.

Aujourd’hui, le symbolisme qui entourait la mort a disparu au profit de la médicalisation de la fin de vie que les lois encadrent. Il existe une discipline méconnue qui est celle de la thanatologie. En 1994, Louis-Vincent Thomas, professeur d’anthropologie à la Sorbonne avait souligné que la thanatologie était d’abord et avant tout une réflexion anthropologique approfondie qui concerne la totalité de la vie, la totalité du fait humain, la totalité même de la culture.
L’une des pionnières de la thanatologie est Élisabeth Kubler-Ross. Ses nombreux ouvrages sur l’acte de mourir ont tous connu un succès planétaire, jusqu’à parfois être aujourd’hui dévoyés par l’idéologie new age. En 1999, le Times Magazine a consacré Elisabeth Kubler-Ross comme l’une des cent personnalités qui a influencé le vingtième siècle. Son best-seller « Les Derniers instants de la vie » (publié en 1969) a bouleversé les mentalités sur la mort. Elle décrypte dans cet ouvrage les cinq stades qui précèdent l’acte de mourir et qui présentent des similarités avec ceux de la phase de deuil.

Cette femme d’exception, née à Zurich le 8 juillet 1926, est la dernière d’une fratrie de triplettes. Elle quitta son pays natal pour les États-Unis en 1958 pour y suivre son mari, Robert Ross, surnommé Manny, qu’elle avait rencontré en Suisse au cours de ses études de médecine. Pendant les années 1960, elle devient médecin-résident de l’hôpital Glen au Community Hospital de Glenn Cove à Baltimore (Maryland) sous la direction de Francis X. Moore. Le Dr Moore par son humanisme a marqué l’esprit des résidents de l’époque et Élisabeth Kubler-Ross.

La vocation d’Elisabeth Kubler-Ross pour l’accompagnement prise des « personnes en fin de vie » est émaillée de faits marquants. En 1945, elle devient membre du Service International pour la Paix et dans ce cadre, elle  va visiter le camp de concentration de Majdanek.  Elle va découvrir sur les murs les dessins des prisonniers qui y ont passé leurs dernières heures. Ce sont des papillons noirs. Elle va les interpréter comme le symbole de la transformation que l’être humain vit au moment de la mort, et qui doit être perçue comme une étape de croissance de l’être humain que l’on ne connaît que lorsqu’on meurt.

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Thanatos, dieu grec de la mort
Dans les années 1970, le Dr. Kubler-Ross est considérée comme le chef de file de la thanatologie. Elle va animer des ateliers un peu partout dans le monde sur l’accompagnement aux mourants. C’est la pleine époque de la contre-culture où la science côtoie le New Age, et cette époque charnière a probablement favorisé la popularité d’Elisabeth Kubler-Ross. Cette femme d’exception a toujours été animée par le souffle de révolutionner l’aide aux autres. En 1981, elle achète une ferme de 300 acres en Virginie, le Head Waters pour y créer un centre de médecine alternative, le Healing Waters.

Elle va prendre en charge les nouveau-nés atteints du SIDA qu’aucune équipe médicale ne voulait assister. Avec l’apparition du virus HIV, la mort était omniprésente plus qu’avec d’autres maladies, et assimilé à l’incurabilité comme le cancer. C’était en l’état des connaissances scientifiques de l’époque, et d’aujourd’hui, le regard de la société et les traitements du Sida ont changé.

Personnalité hors du commun, Elisabeth Kubler-Ross a délibérément tourné le dos à la pratique médicale qu’on lui avait enseigné au cours des ses études afin de soigner différemment. Elle a brisé l’omerta autour de la mort en développant les soins palliatifs et cette nouvelle philosophie qui fait le fondement de la thanatologie moderne. Outre-Atlantique, elle est pour de nombreux médecins l’une des instigatrices du mouvement des hospices modernes qui démarra après la deuxième guerre mondiale. 
Elisabeth Kubler-Ross a contribué à l’instauration des « intentions de fin de vie » (living will). Elles se présentent sous la forme d’un document légal qui permet à chacun de ceux qui le souhaite de faire connaître ses volontés en matière de prise en charge thérapeutique, et notamment lors de la phase terminale et faire part de ses volontés si jamais il était plongé dans un état végétatif. Ce document requiert un certificat du médecin référent et l’avis d’un autre médecin sur l’état du patient en fin de vie. Les intentions de fin de vie sont seulement consultées lorsque le patient n’est plus en état de faire connaître ses dernières volontés.
Après un incendie qui détruisit sa ferme et de sérieux ennuis de santé, Elisabeth Kubler-Ross déménagera à Scottsdale (Arizona) en 1995 près de son fils Kenneth et elle y prendra sa retraite. Elle décédera le 24 août 2004. Sur son monument funéraire est inscrite cette superbe épitaphe : « Diplômée pour danser avec les Galaxies.»
Que reste-t-il aujourd’hui de l’héritage d’Elisabeth Kubler Ross?
Lorsqu’on consulte les sites qui parlent d’elle, on est en droit de s’interroger. Il y a un fossé entre les sites certifiés Hon et HAS sur le soins palliatifs et ceux voués à la mémoire d’Elisabeth Kubler-Ross. Chez ces derniers, la nouvelle spiritualité et la biographie légendaire l’emportent nettement sur le nouveau regard porté sur l’accompagnement des mourants qu’elle a su transmettre et qui fait le fondement de la thanatologie moderne, et correspond au concept de soins palliatifs formalisé par l’O.M.S (Organisation Mondiale de la Santé).
La vocation d’Elisabeth Kubler-Ross d’accompagner les personnes en fin de vie lui serait venue après une EMI ( État de Mort Imminent). Peu importe qu’elle l’ait vécu ou que ce soit une légende, que cela ait bouleversé son regard sur la mort, et ensuite orienté son choix de vie, c’est une affaire personnelle qui n’entre pas en ligne de compte pour pouvoir accompagner les personnes en fin de vie.

Si la pensée d’Elisabeth Kubler-Ross est dévoyée par le New Age,  son héritage est celui d’un médecin qui a levé le tabou de la mort. Elle a su se détourner détourné de la médecine scientiste de ses confrères pour innover dans la prise en charge des personnes en fin de vie.
Note :Au début de l’année prochaine, la révision de la loi en bioéthique rouvrira le dossier sensible qui oppose les partisans de l’euthanasie et ceux favorables au « laisser-mourir »sans acharnement thérapeutique inscrit dans la loi Léonetti. En juillet 2013, le Centre national d’éthique publie son rapport contre la légalisation de l’euthanasie. « Le Comité souhaite que les « directives anticipées » de fin de vie émises par un patient atteint d’une maladie grave, rédigées en présence d’un médecin traitant, deviennent « contraignantes pour les soignants sauf exception dûment justifiée par écrit ». A l’heure actuelle, malgré leur nom de « directives », la loi ne les considère que comme des « souhaits », les décisions étant prises par les médecins.» Cette sémantique fait abstraction des croyances des patients et des soignants. Le terme croyance correspond à des réalités distinctes, et il existe plusieurs types de réalités distinctes qui vont de la simple opinion à l’irrationalité en passant par l’émotionnel. La fin de vie n’échappe pas aux croyances, et il y a toujours une part d’irrationalité car nous avons du mal à conceptualiser notre propre inexistance psychologique, en dehors de la spiritualité et des croyances religieuses d’une vie après la mort.

MÉMOIRE CELLULAIRE ET PSEUDO-SCIENCE.

La théorie de la mémoire cellulaire s’est propagée dans l’approche psycho-spirituelle, holistique et new age.

David Inshaw https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

Les anciens habitants de Nouvelle-Zélande mangeaient l’œil et le cœur de leurs ennemis courageux pour s’approprier leur force et leur bravoure. Au-delà du cannibalisme, il y a l’idée de mémoire cellulaire si chère aujourd’hui à de nombreux charlatans de la médecine alternative, du développement personnel et des dérives de la psychothérapie.

Le vocable de « mémoire cellulaire » est dévoyé par la pseudo-science. Il est d’abord un concept scientifique qui figure sur les bases de données scientifiques de Pubmed, et il est usité en génétique (entre autres). Ainsi, la chercheuse Edith Heard a fait un cycle de conférence au Collège de France sur la relation entre l’épigénétique et la mémoire cellulaire. C’est sans ambiguité lorsqu’on lit son questionnement: comment l’information contenue dans nos gènes est-elle lue? Mémorisée? Interprétée?

La mémoire cellulaire, ne veut pas dire (non plus) les traces laissées par un traumatisme physique (fracture) ou une maladie, décelables en médecine.

La mémoire cellulaire ne s’applique pas (non plus) à l’une des dernières découvertes  scientifiques qui affirme que le ventre est un deuxième cerveau. Au sens où  le ventre est tapissé de neurones, et producteur de sérotonine (neurotransmetteur clé du système nerveux). Cette découverte ferait du ventre une sorte de «carte d’identité» qui agit sur notre comportement. Mais ceci est une autre histoire qui n’a rien à voir avec le sujet de ce post mais qu’il fallait écrire noir sur blanc pour ne pas engendrer de confusion…

La mémoire cellulaire est une croyance pseudo-scientifique répandue dans le grand public par la médecine alternative et l’alterscience qui prétendent reconstruire une science différente. Selon cette croyance, les cellules du corps humain contiennent des indices sur nos goûts et également tous nos souvenirs autobiographiques, en dehors de notre code génétique et des cellules ( synapses, neurones, matière blanche) du cerveau étudiées en neurosciences.

Dans les pseudo-sciences, la mémoire cellulaire présente dans le corps et les cellules fonctionne comme celle de l’esprit, et garde le souvenir de traumatismes psychiques dont on ne se souviendrait pas. On retrouve le concept d’amnésie sélective qui a fait le lit des techniques de pseudo-thérapies pour retrouver les souvenirs, enfouis dans la mémoire pour se protéger d’un trauma psychique violent. Trou noir de la mémoire, par exemple, décrypté comme un symptôme du Stress-Post-Traumatique (ESPT), et non répertorié dans le DSM V ou le CIM 10 ou autre grille clinique d’inspiration psychanalytique.

La mémoire cellulaire relève de la pensée magique, et pour notre grand bonheur de cinéphiles ou de lecteurs, elle est source de scénarios haletants au grand écran et de thrillers passionnants. Dans son livre « Les mains d’Orlac », Maurice Renard raconte qu’un pianiste de renom, à la suite d’un accident, se voit greffer les mains d’un assassin. Le pianiste va être de plus en plus habité par l’instinct meurtrier de son donneur. Dans le film Body Part, autre variante: le psychiatre d’une prison perd un bras dans un accident, et se fait greffer le bras d’un tueur psychopathe qui a été exécuté. Petit à petit, le membre greffé se met à agir contre la volonté de son nouveau propriétaire.

Lorsqu’il s’agit d’une fiction cinématographique, c’est vraiment sympa, mais malheureusement, l’idée qu’un(e) transplanté(e) du cœur -ou autre organe- puisse recevoir une partie de la mémoire autobiographique du donneur est une croyance irrationnelle. Et lorsqu’il s’agit de la greffe du cœur, il y a, en sus, une connotation symbolique très forte. Car cet organe est perçu dans l’inconscient collectif  comme le siège de l’âme, des sentiments et des émotions. Hippocrate, fondateur de la médecine l’a souligné avec les croyances de son époque: « le cœur possède le feu inné et la respiration a pour but de le refroidir. La raison humaine se trouve dans le ventricule gauche et commande au reste de l’âme.»

La théorie de la mémoire cellulaire s’est propagée dans l’approche psycho-spirituelle, holistique et new age. Certains thérapeutes proposent sans sourciller des séminaires de guérison du corps de l’esprit et de l’âme avec cette conception de la mémoire cellulaire. Sans compter les dérives sectaires. Ainsi, le fondateur de la scientologie, L.Ron Hubbard a spéculé dans la Dianétique que la mémoire cellulaire pourrait expliquer comment les engrammes travaillent.
L’engramme est un enregistrement complexe de la mémoire inconsciente, qui n’est plus accessible au mental analytique. Notons que la scientologie a dévoyé le concept d’engramme, qui en neurophysiologie, est la trace biologique de la mémoire dans le cerveau.

Gary Schwartz, professeur à l’université d’Arizona de psychiatrie et autres titres universitaires ronflants, affirme avoir recueilli 70 cas où les greffés auraient hérité des traits de leurs donateurs. Ses histoires sont convaincantes et cohérentes. Il comprendrait le mécanisme par lequel fonctionne la mémoire cellulaire. On serait presque tenté de le croire (si on est impressionné par son prestige d’universitaire), s’il n’avait écrit un livre (traduit en français) « Extraordinaires contacts avec l’au-delà. » Carton rouge, on est pleine parapsychologie! Gary Schwartz fait partie des ces alterscientifiques, de ces gens formés à la science, qui conçoivent une science différente, une autre science, et qui mobilisent leurs connaissances scientifiques et leur capacité de raisonnement en faveur de leurs théories alternatives ou de leur idéologie.

Le livre de notre bon Gary est préfacé par Deepak Chopra, lui aussi un émule de la mémoire cellulaire et  un alterscientifique. Deepak Chopra est l’inventeur de la médecine globale (une alterscience) et il ne manque d’y aller de sa petite histoire psycho-spirituelle qui prouverait (selon lui) l’existence de la mémoire cellulaire, sa survie par-delà la mort physique. C’est selon Deepak Chopra, une nouvelle approche de l’univers, de la physique, de la biologie et un bouleversement de l’approche médicale. Séduisant, n’est ce pas?

Deepak Chopra cite le livre de Claire Sylvia, une jeune femme de 40 ans aux portes de la mort. Elle est miraculeusement épargnée par la Grande Faucheuse grâce à une transplantation massive d’organes. Désormais, elle devra apprendre à vivre, à respirer avec le coeur et les poumons d’un autre. Bouleversement physique? Bien sur! Mais Claire, au fil des jours, va se découvrir une nouvelle vitalité, des comportements inhabituels et des goûts étranges qu’elle n’avait pas avant ses greffes d’organes. L’esprit du donneur se serait-il transmis à elle ? Elle en est convaincue.

Force est de consater que si l’on est dans l’empathie, la fibre de la sensibilité est touchée lorsqu’on lit ces témoignages bouleversants! Se pencher sur les arguments pseudo-scientifiques de la mémoire cellulaire serait presque indécent, et c’est comme ça qu’ils passent comme une lettre à la poste. L’art des charlatans est justement de savoir parler au coeur, de savoir mettre en exergue la dimension psycho-spirituelle et de toucher au tréfonds de la sensibilité et du compassionnel. Et ça fait pleurer dans les chaumières…

La théorie de la mémoire cellulaire est encouragée dans les médias, les livres  de développement personnel à fort succès littéraire à rendre jaloux un auteur mineur, à la télévision et par des people. L’une des dernières en date est l’actrice Charlotte Valandray qui a subi une greffe de coeur, et qui croit à cette mémoire transmise du donneur au transplanté. Elle raconte dans son livre qu’elle est en forte empathie avec le mari de la donneuse, qu’elle peut décrire des lieux en Inde où elle n’est jamais allée…

La validité de la mémoire cellulaire ne repose sur aucune fondement scientifique, mais sur la collecte de témoignages de personnes transplantées. Force est de constater qu’ils sont touchants, et de reconnaître que les greffés sont remplis de gratitude envers leur donneur anonyme qui leur a sauvé la vie. Mais à tous ceux qui croient à la mémoire cellulaire après une greffe, qu’ils consultent les sites officiels et médicaux qui publient des témoignages de greffés empreints de dignité. Sans approche holistique, psycho-spirituelle et course à la belle âme!
C’est autrement bouleversant de réaliser que la médecine fait des miracles, et permet à des malades aux portes de la mort de vivre pleinement grâce à la transplantation. Comme celui de Séverine greffée coeur-poumon: « cette greffe est une renaissance complète, non seulement pour moi, mais pour toute ma famille. On m’a fait un cadeau exceptionnel…»

De nombreuses techniques dénoncées comme psycho-sectaires contribuent à banaliser la théorie de la mémoire cellulaire. L’une des plus croquignolettes est le décodage biologique ou décodage cellulaire qui a détourné de la médecine conventionnelle des cancéreux qui auraient pu être guéris, et morts prématurément par la faute de charlatans rejetant la médecine conventionnelle. Dans d’atroces souffrances en fin de vie!

Le premier théoricien du décodage biologique est le sulfureux Ryke Geerd Hamer. Médecin de formation. Sa méthode est contestée par les autorités médicales et scientifiques, dénoncées par les instances de lutte contre les dérives sectaires, et Hamer a eu de nombreux démêlés avec la justice (Allemagne, Autriche, France, Espagne).
Une deuxième génération de thérapeutes en décodage a relayé les principes de Hamer en les complexifiant, les intégrant parfois à la médecine conventionnelle. On trouve,  en vrac, la psycho-immunologie, la biologie des êtres vivants (BTEV) et la déprogrammation biologique et le biodécodage. Le décodage biologique part du principe de l’amnésie sélective. Le corps a oublié une émotion désagréable à l’origine de la maladie ou du mal-être. L’objectif du décodage biologique est de réveiller la mémoire du corps, d’accéder aux informations contenues dans les cellules.Tout est dit.

La mémoire cellulaire sert aussi de preuve aux vies antérieures. L’ineffable Annie Givaudan décrit les marques de naissance comme les signes évidents de la mémoire cellulaire de notre corps physique: « une tâche sur le corps, un creux, une malformation physique, un grain de beauté… sont autant de présences de mémoires cellulaires sur notre corps. Les douleurs morales, les peines et les chocs vécus autrefois (vies antérieures) s’inscrivent aussi dans nos cellules et nous continuons à reproduire un mal-être.» Allons y gaiement dans la pensée magique et le trip new âge!

Des livres sur les Fleurs de Bach (un placebo attrape-gogo) parlent de l’action des élixirs sur la mémoire cellulaire: « Notre corps est constitué de cellules qui récèlent un pouvoir de conscience et un mode vibratoire. Ces cellules ont enregistré des expériences négatives et positives.» Pas de panique, tout est sous contrôle: juste quelques gouttes de Fleurs de Bach pour rééquilibrer les mauvaises vibrations. Le flacon standard se vend près de 40 euros. De quoi se ruer sur l’achat d’actions des laboratoires qui les fabriquent s’ils sont cotés en bourse!  Le pire est que la grande distribution les vend dans le rayon para-pharmacie.

Alors quand on est sceptique, comment démonter la mémoire cellulaire?
Les prétendues mémoires interprétées comme celles du donneur sont des faux souvenirs. La mémoire humaine est très malléable, et elle peut être affectée par des influences extérieures et les croyances irrationnelles.

Une greffe d’organe est une expérience qui change la vie, littéralement, et elle est permise grâce à la mort de quelqu’un d’autre, souvent dans un accident. Il n’est pas surprenant que le greffé modifie son regard sur la vie, et change de personnalité.

C’est ce que reconnaît Djamila qui témoigne sur le site www.france-coeur-poumon.asso.fr: « après ma greffe, le mieux-être physique a été immédiat. Psychologiquement, c’est plus compliqué. Il faut que j’apprivoise ma nouvelle vie. Je suis quelqu’un d’autre, j’aborde la vie différemment. J’ai envie d’être en symbiose avec mon nouveau rein.»

Et pour ceux qui sont dans la pensée magique, certains de ces changements peuvent être facilement interprétés comme étant ceux  des goûts et les aversions du donneur. Les greffés (consciemment ou inconsciemment) peuvent s’interroger sur l’identité du donneur, et par un mécanisme psychologique complexe, émettre des projections et avoir l’illusion qu’une autre personne leur semble vivre maintenant à l’intérieur. Comme un alter ego.

Il y a plusieurs pistes logiques possibles pour lesquelles les greffés ont l’impression d’adopter l’identité du donneur. Les suites d’une transplantation sont lourdes, et peuvent occasionner des troubles psychiques chez certaines personnes. C’est répertorié et un suivi psychologique est souvent préconisé. Les effets secondaires des médicaments antirejet peuvent aussi modifier certaines habitudes. On sait que les dérivés de la cortisone  (Prednisone) prescrits aux transplantés  ouvrent l’appétit, d’où rien d’étonnant à ce qu’un greffé se mette à aimer les gâteaux, projetant ainsi l’idée que le donneur était un amateur de pâtisseries. Ors, c’est le médicament anti-rejet qui participe à l’appétence aux sucreries.

Malheureusement, si l’on tape sur le moteur de recherche google, on voit apparaître un nombre extraordinaires de propositions de stages ou de thérapeutes spécialistes de la mémoire cellulaire pour vous soulager de vos souffrances passées, présentes et à venir. Une véritable jungle dévolue à la pseudo science. Ne vous y laissez pas prendre! La mémoire cellulaire est une théorie-pseudo-scientifique malgré son jargon séducteur.

Sources:

http://anthropologiesante.revues.org/539#tocto2n1

http://benjamine.skynetblogs.be/tag/décodage+biologique

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20110928.OBS1294/biologie-totale-une-condamnation-en-belgique.html
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article746
http://www.college-de-france.fr/site/edith-heard/course-2012-2013.htm
http://www.sceptiques.qc.ca/forum/charlotte-valandrey-de-coeur-inconnu-t9492.html
http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/cellular.html
http://www.france-coeur-poumon.asso.fr/pdf/brochures/brochure_don_organe.pdf
http://www.mondenouveau.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=265

 

 

AUTOUR DU FILM HOLY SMOKE: UNE HISTOIRE D’EMPRISE MENTALE

De nombreuses personnes furent brisées par les techniques de déprogrammation. Une approche pseudo-scientifique à la violence égale aux techniques d’endoctrinement des groupes totalitaires.

Sorti en 1999, Holy Smoke est l’un des films les plus troublants de Jane Campion. Il évoque la difficulté de déconditionner une personne sous l’emprise d’une religion marginale (ou secte). Évaluer le degré d’emprise ou l’adhésion nocive à des croyances spirituelles (ou autres), avec perte du libre arbitre, notion très subjective admettons-le, est difficile à évaluer. Comment définir les critères d’un groupe totalitaire comme une secte?

Holy Smoke met en présence deux protagonistes: Ruth (incarnée par Kate Winslet),  une Américaine convertie à un syncrétisme religieux new age et hindouiste, et un déprogrammeur, P.J Waters (joué par Harvey Keitel). Au cours d’un voyage en Inde, Ruth, tombe sous l’emprise d’un gourou prénommé Baba. Inquiète par son changement d’attitude et ses nouvelles croyances opposées à l’éducation religieuse qui lui avait été inculquée, sa famille demande à un déprogrammeur P.J Waters, de faire revenir la jeune femme à la raison, de la déconditionner.

On assiste dans ce film à des scènes de deprogramming où P.J Waters séquestre Ruth, emploie des méthodes coercitives ( physiques et morales ) pour l’inciter à quitter la secte de Baba et soigner sa psyché endoctrinée. Tombant amoureux de la jeune femme, il échoue dans sa mission,  et ses certitudes seront bouleversées. Ruth restera en Inde chez Baba.

Le film est étrange et déstabilisant en dehors de l’histoire d’amour entre un homme et une femme, et des scènes torrides qui y sont liées. On peut se demander si Ruth est vraiment aliénée à ce groupe religieux marginal, si elle joue de ses charmes pour éviter la coercition mentale et physique employée par Waters pour faire retomber la pression. Holy Smoke est d’abord une fiction mais Jane Campion s’est inspirée de faits réels fort courants dans les années 1990.

L’identité du gourou Baba est à peine déguisée. Il a réellement existé et est mort en 2011. C’était un gourou de Puttaparthi (nord de l’Inde), faiseur de miracles. Il comptait cent millions d’adeptes dont beaucoup d’Occidentaux en quête de recherche spirituelle. Les enseignements de Baba étaient un syncrétisme d’Hindouisme et de Christianisme. Du New Age pur jus. Baba s’était autoproclamé à 14 ans la réincarnation de Saï Baba de Shirdi, un saint de l’Hindouisme mort en 1918. Notre bon Baba de Puttaparthi avait soi-disant la capacité de matérialiser des objets symboliques, de l’or, des bijoux et de la cendre sacrée devant ses adeptes.
Ses devises étaient des plus louables: « aimer tout le monde, servir tour le monde, aider toujours, ne jamais blesser.». C’est ça la force de l’appel des sirènes des religions marginales: le développement de la spiritualité supposée irréalisable dans les religions traditionnelles. La séduction à partir de bons sentiments et la promesse d’une vie dans l’Au Delà paradisiaque, ou bien encore celle d’une meilleure réincarnation.

En 1999, coup de théâtre! L’Unesco annonce qu’elle retire tout partenariat avec l’association de Satya Saï Baba, en raison d’actes de pédophilie perpétrés par le gourou. Ces actes n’ont jamais été prouvés par voie de justice mais on trouve sur le net de nombreux témoignages d’Occidentaux, relayés notamment par le GEMPPI.

Baba a été accusé de charlatanisme. Il réalisait des tours de magie en les faisant passer pour des miracles. Réalisant la supercherie, certains adeptes se sont détournés de lui. De reconnaitre que pour les gens de son village, il s’est montré un bon samaritain. Il a créé un véritable trust, et la fortune de « Babaji » (saint homme) a été estimée à 170 millions de dollars.

Cette fortune provenait essentiellement des dons des adeptes occidentaux en quête de spiritualité. Avec cette fortune, il a fait construire une ville moderne et un hôpital où il est mort. Ses centres d’enseignement pour Occidentaux étaient décrits comme des villages comparables à ceux du Club Med. Distributions gratuites et à foison de glaces, et buffet luxuriant à l’Occidentale.

La face obscure de Baba à l’instar des deux visages de Janus montre qu’il était un gourou, terminologie culturelle en Inde, mais en Occident, elle renvoie à une personnalité totalitaire (et charismatique) comme on peut l’observer dans les groupes sectaires. Il a été rapporté que certains de ses adeptes avaient subi un conditionnement mental à partir d’E.M.C (état modifié de conscience). C’est une pratique de manipulation bien connue, et dans les grands rassemblements, les individus sont particulièrement suggestibles. Les états d’auto-hypnose durables peuvent favoriser des hallucinations individuelles et collectives.

L’autre versant du film est celui d’une spécialité qui est celle du « déprogrammeur de sectes ». Cette pratique controversée est apparue aux États-Unis à la fin des années 70, en plein boum du New Age, foisonnant de nouveaux mouvements religieux (NMR). La déprogrammation fait usage de la force en enlevant et en séquestrant l’adepte pour le forcer à abjurer ses nouvelles croyances jugées erronées ou dangereuses. La coercition physique, ni plus ni moins.

Comment a-t-on pu concevoir une telle une méthode, ayant pignon sur rue, à base de coercition mentale et physique pour sortir les gens des groupes sectaires?

Les parents qui se tournaient vers les déprogrammeurs ont été séduits par ces méthodes d’exfiltration et de déconditionnement suivies de re-conditionnement. Comme si le cerveau d’une personne était programmable à l’instar d’un ordinateur. La technique était présentée sous le masque d’une méthode scientifique agréée officiellement.

Le deprogramming s’est développé sans contrôle jusqu’en 1980. Pour Anton Shupe et Susan E.Darnel, la théorie du deprogramming est pseudo-scientifique. À leur début, ces spécialistes des sectes, intervenaient en évoquant leurs actions comme de la déprogrammation. L’idée reposait sur le postulat de l’endoctrinement, du lavage de cerveau subis par les adeptes. Cela supposait que « les jeunes convertis étaient incapables de gérer leur propre vie et de prendre des décisions » (Shupe et Bromley 1980). Les premiers exfiltreurs de sectes pensaient que l’opinion publique plébiscitait leurs méthodes. Ils cherchaient à restaurer la personnalité antérieure de l’adepte, et leurs méthodes reposaient sur la coercition mentale et physique. Elles étaient justifiées comme «un mal nécessaire ou une réponse appropriée à une crise sociale et mentale» (Delgado, 1977, 1984). Finalement, pour les chercheurs en sciences sociales, la déprogrammation fût perçue comme de la répression spirituelle.

La plupart des chercheurs en sciences sociales se sont opposés au développement du rôle interprétatif et pseudo-scientifique de la déprogrammation en santé mentale. Depuis 1990, il n’y a quasiment plus d’enlèvements par les déprogrammeurs. Ils ont été remplacés par des consultations et des programmes de départ volontaire des adeptes de ces sectes: l’exit counseling, plus efficace et moins controversé que la déprogrammation.

Les réussites des Exit Counseling (conseillers de sortie) reposent sur les processus de changement d’attitude connu en psychologie sociale, la théorie de l’engagement et la modification comportementale. Mais « ces conseillers en sortie » continuent de décrire leurs succès en termes de contrôle mental et de personnalité réorganisée. Si leurs méthodes sont critiquées par les sociologues de la religion, elles auraient plus la faveur des professionnels de la santé mentale. Sans qu’on en sache plus. Probablement par des béhavioristes et comportementalistes.

Un grand nombre des techniques pour faire sortir quelqu’un d’une secte proviennent d’un certain Joe Szimhart. Il a été impliqué dans 300 cas dont 10% d’exfiltrations forcées. En 1991, il a arrêté ces deprogrammings forcés en raison d’accusations criminelles portées contre lui lors de l’échec d’une déprogrammation dans l’Idaho.  Une profession lucrative lorsqu’on sait que les honoraires de Szimhart en 1991 se situaient entre 300 et 400 dollars par jour. Un quart seulement de ses consultations par téléphone étaient gratuites.

 Le sociologue Kent a interrogé des centaines d’adeptes, d’ex adeptes, des membres de leur famille qui  avaient été concernés par la déprogrammation. À cette époque, les déprogrammations forcées étaient fréquentes. Les parents qui faisaient appel aux déprogrammeurs croyaient sincèrement que leurs enfants étaient victimes d’un lavage de cerveau du à certaines techniques totalitaires attribuées aux religions marginales.

Il faut remettre la notion de lavage de cerveau dans le contexte des années 70. Cette notion a marqué l’esprit de l’opinion publique par des faits divers médiatisés comme l’affaire Charles Manson et l’assassinat de Sharon Tate, la compagne de Polansky et celle de Patricia Hearst, fille d’un magnat de la presse, kidnappée qui va tomber amoureuse de son ravisseur. Et en 1978, il y a eu l’assassinat suicide de Jim Jones et de ses disciples à Jonestown (Guyana, colonie britannique). Jim Jones était le pasteur d’un groupe religieux d’inspiration protestante qui avait fondé le « Temple du  peuple », une colonie agraire. Il mena des centaines d’adeptes dont 300 enfants dans un suicide collectif au cyanure. La thèse de l’assassinat est mêlée à celle du suicide collectif dans cette tragédie.

Toutes ces affaires médiatisées ont contribué à ancrer dans l’esprit du public la notion de groupe religieux dangereux et liberticide, et permis aux déprogrammeurs de première génération de proposer leurs services pour aider les parents, victimes indirectes de ces religions marginales. Le remède fût parfois pire que le mal. De nombreuses personnes furent brisées par les techniques de déprogrammation. Une approche pseudo-scientifique à la violence égale aux techniques d’endoctrinement des groupes totalitaires. Les personnes étaient privées de sommeil et surveillées en permanence par les déprogrammeurs. Le harcèlement était incessant à la manière des interrogatoires policiers. Les victimes étaient poussées à bout dans leurs retranchements psychologiques, et à un certain moment craquaient en faisant repentance.

L’un des indices de succès du déprogramming, interprété comme un signe de la libération de la personne (comme s’il s’agissait d’un exorcisme) était le « soulagement émotionnel » de la victime. Elle a enfin retrouvé la raison!

Quelques témoignages, relatés de-ci de-là, montrent la brutalité des méthodes censées rééduquer la personne qui était supposée avoir subi un « lavage de cerveau ». Entre autres, celui de David Moore, adepte de Hare Krishna à Los Angelès, qui fut enlevé et séquestré dans une chambre de motel à Chula Vista (Californie). Il fût malmené par un déprogrammeur commandité par ses propres parents, qui selon lui, l’a battu et harcelé mentalement, torturé avec de la glace sur le corps jour et nuit afin de lui faire renier ses croyances religieuses.

Une adepte de Moon, Sherri, 26 ans fût séquestrée chez elle pendant 75 jours avant de pouvoir s’échapper. Les fenêtres avaient été scellées et les serrures changées et fût soumise à l’Inquisition par les déprogrammeurs. Sans résultat.

Brian Sabourin, un adepte de Moon, vécut la même épreuve qui se solda par une dépression.

Dans les années 80, Le psychiatre Robert Jay Lifton recommande de bannir la terminologie de lavage de cerveau. Ce terme a engendré beaucoup de confusion. Robert Jay Lifton, dans son ouvrage « Psychologie du totalitarisme » a dégagé huit critères permettant d’évaluer le totalitarisme idéologique et sa mise en oeuvre dans des groupes, institutions, etc.

Robert Jay Lifton s’est illustré dans l’étude des méfaits de la guerre sur la psyché humaine. En 1961, il s’est penché que la manipulation mentale pratiquées par les sectes ou la Chine maoïste. Il a créé le terme de « Though-Terminating cliché ». Il s’agit de phrases, d’aphorismes ou de notions aptes à empêcher une réflexion d’aboutir. C’est un procédé rhétorique de manipulation utilisé régulièrement pour souder une société, une communauté religieuse. C’est un raisonnement fallacieux.

Le psychologue Edgard.H.Schein a posé le problème de l’endoctrinement généralement accepté dans notre culture et celui des prisonniers de guerre américains en Corée poussés par leurs geôliers à devenir communistes. Il s’est interrogé pour savoir si la méthode tient au contenu de l’endoctrinement ou bien à la persuasion coercitive. « Dans sa structure fondamentale, la persuasion coercitive chinoise n’est pas tellement différente de la persuasion coercitive dans les institutions de notre société dont le but est de modifier les croyances et les valeurs fondamentales.»  Pour Shein, les techniques de « lavage de cerveau » dans les camps de prisonniers ont généralement été inefficaces. Elles n’obtiennent que la modification du comportement sur le court terme. Son point de vue a été critiqué par ceux qui allèguent une modification profonde de la psyché dans le cas des techniques prosélytes utilisées dans les religions marginales ou groupes totalitaires. Edgar Shein reconnaît la difficulté de discerner la coercition acceptée et la coercition subie. L’information reste encore le meilleur moyen de prévention sur les techniques de prosélytisme des groupes totalitaires.

Après, le degré d’emprise mentale avec celle de la perte du libre arbitre reste à définir, et  c’est subjectif. Si l’on aide un adepte à sortir d’une secte, comment l’aider à se reconstruire en sachant qu’il est impossible de retrouver sa personnalité antérieure?  L’ex-adepte doit pouvoir s’insérer dans la société et vivre comme tout le monde.

Le métier de déprogrammeur a changé depuis ses débuts. En 1988, un ancien adepte de Moon,  Steven Hassan a créé le concept d’exit-counseling, exfiltreur de secte. Il avait lui-même subi un deprogramming qui l’avait laissé sur le carreau. Il a quitté la secte mais l’esprit en miettes: « Je comprends que mes parents m’aient fait subir ce qu’on appelle « un deprogramming »mais je n’en suis pas sorti indemne d’une certaine façon, ils ont utilisé les mêmes armes que la secte. » Pendant des années, il mettra au point une méthode basée non sur la contrainte mais sur le dialogue avec la famille et l’adepte. Un exit counseling réussi « est le fruit d’un long travail en amont et d’une collaboration étroite avec les proches de la victime. » Steven Hassan est à la tête d’une véritable entreprise, le Freedom Of Mind Resource Center (Massassuchets). Il a exfiltré des centaines de personnes.

Et l’exit counseling en Europe?

Il existe en Italie et a été introduit en France depuis quelque années par un avocat. Il a été utilisé, notamment, avec une partie des « reclus de Monflanquin ». L’affaire se termina par la condamnation à dix ans de prison du gourou Thierry Tilly. L’exit counseling est très peu connu en France. Il est coûteux (parfois plus de 20 000 euros), et il serait mis en oeuvre des techniques de psychologie comportementale.

L’équipe, selon le Nouvel Obs, se compose de cinq personnes: un détective, deux psychologues, un psychanalyste et un avocat. Sous la supervision d’un avocat chargé du respect du cadre légal. « L’intervention se monte comme une interpellation dans le milieu judiciaire », raconte un gendarme en contact avec le groupe. Cette technique étant confidentielle en France, il est de bon aloi d’être dans la suspension du jugement tout en s’interrogeant de savoir s’il n’y a pas d’autres méthodes prônées par les professionnels de la santé mentale pour aider les victimes à sortir du piège de l’emprise mentale. Voilà l’état des lieux de l’exit counseling d’aujourd’hui, et on ne dispose pas suffisamment de données pour évaluer l’efficacité et le bien fondé de cette méthode sur le plan de la psyché. « Le totalitarisme veut atteindre la racine même de la pensée et de la sensibilité, tuer la source de l’indépendance intellectuelle et morale en chaque individu…il veut se substituer à nous en chacun de nous, régner en maître à l’intérieur des consciences.» (Jean-François Revel).

Holy Smoke de Jane Campion reste un film sur les incertitudes de la spiritualité, le choix des croyances religieuses et le libre arbitre, et sur la manipulation mentale. Nous sommes tous manipulés et tous manipulateurs.

Sources:
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140716.OBS3843/l-exit-counseling-ou-comment-exfiltrer-les-adeptes-des-sectes.html