PRÉVENIR LES ADDICTIONS CHEZ LES JEUNES: L’EXPÉRIENCE ISLANDAISE

En 1992, Harvey Milkman et son équipe de Denver ont créé un programme novateur pour les adolescents luttant contre la consommation de drogue et la petite délinquance.

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Dans le post intitulé « Alcoolisme et sensibilisation : les campagnes annulées », j’ai insisté sur l’importance des campagnes de marketing social axées sur la prévention de l’alcoolisme. J’ai souligné leur impact sur le comportement des individus ainsi que leur impact sur la santé. J’ai également partagé l’opinion d’un patient-expert et de plusieurs associations de lutte contre les addictions, qui étaient surpris de l’annulation des campagnes de prévention contre l’alcoolisme pendant la Coupe du Monde de rugby.

En 2018, j’avais rédigé sur ce blog un post sur le programme islandais de lutte contre la toxicomanie initié en 1992 qui a l’avantage de présenter une approche préventive globale. Je l’ai réactualisé car le principe du programme islandais est exemplaire. Il pourrait inspirer la France et, il complète mon précédent post sur les campagnes de prévention contre l’alcoolisme annulées en France.

Quelle est la situation en Europe concernant la consommation de substances psychoactives? En 2023, selon l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies, la situation ne s’est pas améliorée. Les substances psychoactives sont particulièrement accessibles en Europe, en variété comme en quantité. La cocaïne est la substance en progression la plus forte (416% de saisies), suivie par le cannabis (+260%) et la méthamphétamine (+135%). Concernant l’alcool, parmi les 10 pays qui boivent le plus, neuf font partie de l’UE. Chaque année, un nombre effrayant de jeunes âgés de 15 ans et plus consomme 9,5 litres d’alcool pur. Ce qui équivaut à 109 litres de bière, 80 litres de vin et 24 litres de spiritueux.

Alors, évoquons l’exemple islandais avec quelques statistiques à l’appui. En 2017, l’Islande était considérée comme un modèle en matière de jeunes ayant une consommation quasi-inexistante d’addictions. Et ce modèle continue à faire ses preuves.

– En 1998, 17% des jeunes Islandais âgés de 15 à 16 ans consommaient du cannabis, tandis qu’en 2016, ce chiffre est tombé à seulement 7% ! Un adolescent sur quatre consomment du cannabis

– En 1998, 42% consommaient de l’alcool, et ils ne sont plus que 5% en 2016

– Et en 1998, ils étaient 23% à fumer et 3% en 2016.

Éloquent, non?

En 1997, le gouvernement islandais lance le programme Drug-Free Iceland. L’articulation de ce programme passe par des questionnaires anonymes soumis aux écoliers et aux collégiens, destinées à obtenir une radiographie des habitudes de consommations de ces jeunes.

Quelques exemples de questions : quand avez-vous bu pour la dernière fois ? Avez-vous déjà été ivre ? Avez-vous déjà essayé de fumer ? Combien de temps passez-vous avec vos parents, à quelles activités participez-vous ?etc…

L’Islande a réussi à obtenir des réductions spectaculaires de la consommation de tabac, d’alcool et de drogues au cours des 20 dernières années. Comment ont-ils fait ? Découvrez leur approche dans cet article : Comment l’Islande a détourné sa jeunesse des drogues, de l’alcool et du tabac.

Parmi les premières mesures, la vente d’alcool est interdite aux jeunes de moins de vingt ans. Il n’y a pas que ça. En France, la vente d’alcool est interdite aux mineurs. Mais le programme est innovant sur bien d’autres point.

Le modèle a été introduit par le psychologue et professeur américain Harvey Milkman. Il enseigne à Reykjavik pendant une partie de l’année et a écrit de nombreux livres sur la drogue. Vous pouvez en savoir plus sur lui en consultant sa page ici.

Au début des années 70, Harvey Milkman a observé la montée en flèche de la consommation de drogues, notamment le LSD et la marijuana. Sa thèse de doctorat s’est axée sur l’étude des substances psychoactives et psychostimulantes et leur lien avec le stress psychologique. Le stress est un élément essentiel de la vie, dont les effets varient d’une personne à l’autre. La consommation d’héroïne vise à atténuer le stress, tandis que celle d’amphétamines cherche à l’intensifier.

Les interrogations ci-dessus s’appliquent aux collégiens. Leur comportement instable et leur goût du risque sont en partie dus à l’immaturité du cerveau adolescent, notamment du cortex préfrontal. Le cerveau des adolescents est influencé par les hormones de la puberté, ce qui affecte directement la production de sérotonine. Certains adolescents recherchent ces effets en volant ou en consommant des substances psychostimulantes. L’alcool a aussi un impact sur la chimie du cerveau, en réduisant l’anxiété et en désinhibant les individus. Cette observation comportementaliste a conduit à l’idée de mettre en place un programme social pour aider les personnes à modifier leur état mental sans les effets négatifs des drogues.

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ALCOOLISME ET SENSIBILISATION : LES DÉFIS DES CAMPAGNES ANNULÉES

En 2007, un groupe de chercheurs de l’Université de Stirling, en Angleterre ont passé en revue 88 études anglaises portant sur la promotion de l’exercice physique et d’une saine alimentation, sur la prévention ou l’abandon du tabagisme de l’alcool et des drogues illicites.

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Depuis plusieurs semaines, le monde de la santé et les associations d’addictologie s’insurgent contre l’annulation d’une campagne gouvernementale contre les ravages de l’alcoolisme. Dommage, oui vraiment dommage qu’une campagne soit annulée au motif qu’il faille ne pas déplaire au lobby des vignerons, surtout lors de raouts sportifs comme la coupe du monde de Rugby où l’éthanol festif risque de couler à flot! Et pourtant, en prévision de la coupe du monde rugby, la direction générale de la santé avait demandé une campagne de prévention sur le « thème alcool et rugby ».

L’une des raisons invoquées concerne le visuel qui serait trop caricatural. Le scénario était le suivant: un coach de supporters mettait en garde contre « les abus d’alcool« , « ne laissez pas l’alcool vous mettre KO« .

Une autre campagne a elle aussi été annulée en juin dernier. Vous ne verrez rien qui ne la concerne sur les écrans de télévision et sur des panneaux publicitaires. Elle était Intitulée “quand on boit des coups, notre santé prend des coups. Elle montrait des personnes en train de boire un verre, avec sur l’autre partie de l’image les messages de prévention suivants : “boire de l’alcool multiplie les risques de troubles du rythme cardiaque” ou encore “boire de l’alcool multiplie les risques d’AVC hémorragiques. C’était pas mal? Non?

Vu sur le site https://www.radiofrance.fr/franceinter/alcool-deux-campagnes-de-prevention-enterrees-par-le-ministere-de-la-sante-8784229

Par contre, la campagne de prévention, reprenant les thèmes de 2019 a été ciblée pour les jeunes. L’une des raisons invoquées serait que les risques à court terme (coma éthylique, etc) seraient mieux identifiés que les risques là long terme liés à l’alcoolisme. Vraiment? Un peu tiré par les cheveux…

la consommation d’alcool excessive est un vrai sujet. Et il est hors de question de la minimiser. Au sujet de sa consommation excessive, les chiffres sont implacables, et il faut les rabâcher, ô combien ce soit de la moraline, et que cela agace ceux qui s’étiquettent de bons vivants voire d’épicuriens.

La consommation moyen en France est de 2,7 ou 2, 37 verres par jour. L’excès d’alcool tue en grande quantité et est responsable de 49 000 décès par an. Même si la France est derrière les Pays Bas (47%), le Luxembourg (43,1%) et la Belgique (40,8%), il ne faut surtout pas s’enorgueillir de ce classement! Il faut répéter que l’alcoolodépendance est une addiction ou le TUA ( trouble de l’usage de l’alcool), une addiction qui touche le circuit neurobiologique de la récompense au niveau du cerveau. Il y aussi la notion de dépendance, qui est redoutable car c’est un phénomène physiologique qui pousse à consommer de nouveau. La frontière entre l’addiction et la dépendance est mince, et les deux peuvent coexister. Ce qu’il faut retenir c’est qu’aucune consommation d’alcool, même aux supposées doses recommandées, suivant les pays n’est anodine. Ce qui est intéressant, c’est de constater que les systèmes de mesure en vigueur et les habitudes de boissons locales influencent les décisions officielles des pays.

En France, 25% des adultes dépassent les repères de consommation, et la consommation d’alcool est responsable de + de 200 maladies et atteintes diverses. Et encore, ce doit être pire. L’alcool et la deuxième cause de mortalité en France et également la deuxième cause de mortalité par cancer. Et cause évitable. C’est implacable: « Au total, environ 8 % de tous les nouveaux cas de cancer sont liés à l’alcool, et ce quel que soit le niveau de consommation d’alcool, y compris faible à modéré.» (INSERM).

L’alcool fait partie du vaste ensemble des addictions, et il existe pour l’alcool, comme pour d’autres produit, des dépendances de degrés divers. Mais c’est un produit complexe par son caractère culturel et convivial à connotation hédoniste. Même si la France produit des vins de qualité qui se dégustent et sont enviés par le monde entier. Pour revenir à la coupe du monde de rugby, 137 000 verres de 50 cl de bière ont été écoulés lors du match opposant l’Irlande à l’Écosse. Sacrée descente!

Maintenant, tout en partageant la déception des uns et des autres sur l’annulation de ces deux campagnes, le but de post est de s’interroger sur l’utilité des campagnes de sensibilisation. Éveillent-elles une prise de conscience collective, sur sa propre consommation d’alcool ou de celle de son entourage ou ne servent-elles à rien?

Les campagnes de sensibilisation qu’elles soient contre la consommation excessive d’alcool, le tabac, l’exercice physique pour modifier les habitudes de vie sont ce qu’on appelle, dans le jargon publicitaire du marketing social. En 2007, un groupe de chercheurs de l’Université de Stirling, en Angleterre ont passé en revue 88 études anglaises portant sur la promotion de l’exercice physique et d’une saine alimentation ou sur la prévention ou l’abandon du tabagisme de l’alcool et des drogues illicites.

Le marketing social s’appuie en même temps sur des principes de marketing, de psychologie et de psychologie sociale pour concevoir et mettre en oeuvre des programmes qui favorisent un changement de comportement socialement bénéfique. Il traite du comportement, dans le cas de la consommation d’alcool, avec un changement de comportement bénéfique (réduction des risques pour la santé) par la persuasion. Le marketing social a emprunté nombre de concepts à l’école de Yale qui a travaillé sur les changements de comportement et sur la propagande.

L’un des points forts est la répétition du message qui constitue la clef du succès. À la suite de cela, après la diffusion d’une campagne de prévention, par exemple contre l’alcool au volant, il est constaté une diminution du comportement indésirable. Alors, le principe d’une campagne de prévention marche, et incontestablement on peut s’étonner de l’annulation récente de certains campagnes.

Avec le marketing social, il y a des préoccupations éthiques quant à la manière et le moment d’utiliser les leviers psychologiques. L’un des risques majeurs est la mise en exergue de fausses allégations d’informations trompeuses incitant à ne pas changer de comportement voire à ne pas se sentir concerné. Individuellement ou en groupe. Dans le style, c’est pas moi, c’est l’autre! C’est le sentiment que j’ai quand je lis certaines réactions que je partage sur l’annulation de ces campagnes à destination de l’adulte mais aussi sur celle à destination des jeunes. Il est essentiel de fournir des informations exactes et de ne pas manipuler les émotions du public d’une manière inappropriée.

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CES CHARLATANS QUI LISENT LES AURAS

La contre-culture hippie contribuera à propager, dans les années 70, le concept d’aura.

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Selon les principes picturaux de la Renaissance, le peintre Fra Angelico (1400-1455),  a représenté dans ses oeuvres le visage humain entouré  d’une auréole, un halo de lumière symbolisant la lumière mystique des saints. Elle signifie aux croyants que ces saints, par leur vie exemplaire ou leurs prodiges, sont différents du commun des mortels. Cette auréole est  aussi connue plus prosaïquement sous le terme d’aura, marquant l’atmosphère spirituelle d’une personne. Maintenant quittons le domaine de l’art pictural de la Renaissance pour celui de la parapsychologie et de ses aberrations.

Ce champ magnétique, ces corps subtils que sont les auras, enveloppant tous les êtres vivants et les choses, sont abondamment décrits dans la parapsychologie, les sciences occultes les thérapeutes du New Age. La parapsychologie et la psycho- spiritualité new age ont fait de l’aura leur fond de commerce. Le principe premier de l’aura est son invisibilité pour le profane, le quidam que nous sommes vous et moi. Mais. Certains clairvoyants autoproclamés qui font la course à la belle âme auraient le talent de la voir. 

L’une des premières descriptions des auras remonterait à 1897 et reviendrait à Charles Wester Leadbeater, un prêtre anglican,  membre de la société de théosophie et autoproclamé clairvoyant. C.W Leadbeater décrit les auras comme une brume lumineuse autour de l’homme, que l’on peut classer en fonction de sa couleur suivant le degré de spiritualité d’une personne. 

Si vous voulez tout savoir sur votre aura, il vous faudra consulter l’un de ces élus qui savent la lire. Attention, le monde psycho-spirituel est semé d’embûches, et si vous pensez éventuellement être doté d’une aura semblable à celle des saints, vous risquez d’être déçu(e). Contentez vous de regarder l’image de votre saint pieusement car le thérapeute autoproclamé clairvoyant est conditionné à traquer les moindres défauts de la couleur de votre aura. Sa couleur dépend de votre degré d’évolution psycho-spirituelle et de la qualité de votre âme. Chez certains, l’aura peut-être vaste, puissante, lumineuse, possédant des vibrations intenses et des couleurs splendides, tandis que chez d’autres, c’est tout le contraire : elle est petite, terne et laide. Si c’est le cas de la vôtre, ne paniquez pas, vous pouvez la travailler afin qu’elle vous protège des mauvaises influences et vous permettent de bénéficier des influences bénéfiques du cosmos. Certains charlatans, oups…guérisseurs vont vous faire la  promesse de vous remettre sur pied en soignant votre aura et lui redonner bonne mine.

Sur le net, il y a pléthore de sites new age. La plupart restent généraux et gentillets sur la relation entre la couleur des auras et l’évolution psycho spirituelle de la personne, il en est d’autres plus flippants sur les traits de caractère négatifs ou des maladies physiques et psychologiques dévoilés par des couleurs déclarées nocives. De quoi déstabiliser une personne fragile qui fait confiance à un thérapeute new age convaincue par les fadaises qu’il raconte.

La lecture des auras est une facétie qui a ses racines dans la pensée irrationnelle ou magique à l’instar de l’enfant qui croit au Père Noël. On est libre des ses croyances et de ses choix pour se faire soigner, mais le risque de tomber sous la coupe de charlatans peut vider votre portefeuille, conforter l’inculture scientifique et vous déstabiliser psychologiquement.

Voici quelques correspondances des couleurs des auras empruntées à des auteurs, à succès, de la galaxie new age:
Le Bleu pâle et fade signifie une timidité excessive, une personnalité non épanouie et influençable. Si par malheur, ce bleu est mêlé à un jaune ocre, méfiance Et mêlée à du gris, pessimisme. Mêlée à  un jaune électrique, tendance à intellectualiser. Le summum du bleu restant le bleu foncé qui dénote un caractère volontaire, pugnace et l’envie de progresser.
Quand l’aura est orange vif, la personne est tournée vers le bien et fait preuve de bonne volonté de loyauté. Mais… si elle est mêlée de jaune pâle, sa générosité est calculée. Et si l’orange est mêlé de vert sombre, la personne est rancunière, agressive et  sans finesse.
L’aura rose est signe d’un esprit immature et d’un esprit ludique. Mêlée de jaune zones acidulé, la personne est égocentrique.
Bref, toutes les couleurs du spectre y passent et c’est sans fin. On peut noircir des pages et des pages avec toutes les correspondances entre les couleurs de l’aura et la personnalité des gens.

Outre la clairvoyance, la lecture de l’aura se dote d’un appareil attrape-nigauds et aussi pseudo scientifique que l’électromètre de la scientologie: la photographie de Kirlian, du nom de son découvreur. Sa supposée découverte se propagea dans la parapsychologie et les sciences occultes. Tout commença avant la première guerre mondiale. En 1939, Semion Kirlian, un électricien russe qui réparait un appareil médical, voit crépiter des étincelles entre sa main et une électrode entourée de verre. L’image révélée est surprenante car sa main apparaît entourée d’une frange lumineuse. S. Kirlian  poursuit ses recherches et pense que son procédé peut être utilisé pour diagnostiquer des maladies et étudier les propriétés électriques ou physiologiques d’organismes vivants. Rappelons que nous étions en 1939, et que la science médicale n’en était qu’à tous ses débuts. En plein essor du mouvement New Age et de la contre culture dans les années 70, les travaux de S.Kirlian  vont être  diffusés par deux journalistes américains .

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LA RONRONTHÉRAPIE: UNE THÉRAPIE AU POIL!

©Terry Runyan
 
 
 

Les animaux font d’excellents auxiliaires thérapeutiques qui ont tout à fait leur place en psychothérapie. L’un de ceux qui pratiquent une thérapie au poil et zen est le chat. 11 millions de foyers français possèdent un de ces charmants félins, et la catmania n’est pas près de s’éteindre. Je fais partie des adorateurs de Bastet, la déesse chat égyptienne, et je suis l’humain de compagnie de Cachemire, un beau chartreux de onze ans!  

Le ronronnement du chat occupe l’attention des chercheurs. Au-delà de son écoute, le doux bruitage du chat est bénéfique pour l’esprit de l’homme. C’est ce qu’explique Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse, le véritable inventeur de la ronron thérapie en France. La révélation de ce phénomène lui est venue presque par hasard, peut-on lire sur le site Micetto au sujet du livre de Véronique Aïache « La  Ronron-Thérapie ».
« Tout a commencé en avril 2002, se rappelle t’il. Des statistiques, démontraient qu’après des lésions ou des fractures, les chats avaient cinq fois moins de séquelles que les chiens, et retrouvaient la forme trois fois plus vite. D’où l’hypothèse d’une authentique action réparatrice du ronronnement » 

Les bienfaits du ronron sont comparables à ceux de la musicothérapie: 

« Il apaise et agit comme un médicament sans effet secondaire…Quand l’organisme lutte contre des situations pénibles, comme le stress, le ronronnement du chat émet des vibrations sonores apaisantes et bienfaisantes, un peu comme la musique ». 

Cette détente est due à la fréquence hertzienne pour le vétérinaire.
« C’est par le tympan mais aussi les corpuscules de Pacini, des terminaisons nerveuses situées au ras de la peau, que nous percevons le ronron qui émet des fréquences basses, entre 20 et 50 hertz. Des pensées positives et de bien-être sont alors transmises à notre cerveau ».
Dans le cerveau, le ronronnement agit sur le circuit hippocampe-amygdale, une structure étroitement liée au déclenchement de la peur. Ecouter le doux bruit du ronronnement de son chat entraîne une production de sérotonine, l’hormone du bonheur, impliquée dans la qualité du sommeil et de l’humeur.
 
Jean-Yves Gauchet croit au couple thérapeutique formé entre le chat et son maître, où chacun s’occupe de la santé de l’autre. C’est ce qu’il nous dit dans son livre « Mon Chat et moi, on se soigne. » L’ouvrage, se divisé en deux parties: l’une où sont énumérées les vertus thérapeutiques du chat sur son maître, et l’autre  où le maître apprend à faire plaisir à son chat. 
Et certains chats sont aussi exceptionnels que le nôtre! Il y a Oscar, un chat hors du commun! L’étonnante faculté de ce chat est de prévenir le personnel soignant d’une maison de retraite de la mort imminente de l’un de leurs pensionnaires. L’histoire insolite sur les capacités d’Oscar montre que les animaux dans les services de soins palliatifs permettent d’exorciser, d’apaiser l’angoisse de mort des malades et la tristesse de la famille qui voit partir l’un des siens. Après que cela ne soit pas très rigoureux sur le plan scientifique, c’est une autre histoire. Au moins, c’est apaisant et a le mérite de démontrer les bienfaits de la ronronthérapie et zoothérapie en général.
 
Les bienfaits de la ronron thérapie ne datent pas d’hier. Ils  étaient déjà étudiés dans les années 50. Dans son livre « La ronron thérapie », la journaliste santé, Véronique Aïache rapporte les résultats d’une étude menée dans les années 1950 par le corps médical américain sur le ronronnement. Le stress, l’insomnie ou l’anxiété pourraient se soigner ponctuellement grâce au ronron. Une étude de 1983 a constaté que la stimulation vibratoire entre 50-150 Hz soulagé la souffrance dans 82% des personnes souffrant de douleur aiguë et chronique. Plusieurs études, au cours des 20 dernières années ont confirmé que l’utilisation de cette thérapie à basse fréquence (vibrations entre 20-140 Hz) est thérapeutique pour la croissance osseuse / guérison de la fracture, soulagement de la douleur / la réduction de gonflement, la cicatrisation des plaies, la croissance et la réparation musculaire / réparation du tendon, la mobilité des articulations et le soulagement de la dyspnée (essoufflement).

 

À tous les âges de la vie, le chat est un auxiliaire précieux. Le ronronnement du chat aurait un effet sur un bébé trop remuant dans le ventre de sa mère.
Dans les maisons de retraite qui acceptent les animaux, les chats réconfortent les résidents et brisent leur isolement. Une étude de la California’ Loma Linda University a montré que le fait de regarder des vidéos drôles, mettant entre autres des chats,  20 minutes par jour améliorait la mémoire des séniors et renforçait leur sytème immunitaire. 

 

Autre témoignage, celui de Bruno Hardy, cadre de santé, sur l’effet thérapeutique des chats dans une maison de retraite des Yvelines:

« L’une de nos clientes souffre d’un trouble du comportement et seule la présence de son chat l’apaise, il l’aide à l’endormissement.»

Les Japonais s’entourent de ces félins pour rester zen. Leur mythologie sur le chat est prolixe. Il y a une légende qui parle du chat Tama qui vivait avec un moine dans un temple. Il sauva de la foudre le seigneur d’un district au début de l’ère Edo (1603-1867) en levant sa patte pour l’inviter à se réfugier dans le temple. À sa mort, le seigneur reconnaissant fit enterré  avec tous les honneurs réservés aux grands de ce monde. Au Japon, on trouve de nombreuses statuettes du manuki-neko, un chat levant sa patte au niveau de l’oreille. C’est un symbole de chance et de prospérité pour son possesseur. 

Aussi n’est-il pas étonnant que là-bas les bars à chats aient un énorme succès. Les Japonais viennent s’y détendre après le travail, en buvant un thé tout en caressant les animaux. Il s’en est ouvert un à qui ne désemplit pas.

Si vous n’avez pas de chat, vous pouvez toujours vous procurer un enregistrement de « ronrons » thérapeutiques. Vous pouvez suivre  également des séances de sophrologie où vous écouterez  le ronronnement du chat pendant la phase relaxation profonde, à une fréquence de 25 à 50 hertz; celle qui favorise un état profond de bien-être et une diminution immédiate du stress. Le ronron est adjoint à d’autres suggestions verbales, inductions sonores ou images mentales de manière à mieux gérer le stress ou les émotions.
 
Les bénéfices de la ronronthérapie sont incontestés sur notre santé mentale , toutefois certaines maladies psychiatriques et neurologiques peuvent être transmises par le chat. Tout futur médecin devrait être formé à ces éventualités qui peuvent retarder le diagnostic.  C’est ce que décrit Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique et médecin de formation, dans son article « Sa schizophrénie» était due…au chat  publié sur son excellent blog Réalités Biomédicales.  Marc Gozlan y décrit une forme neurologique très rare de la bartonellose, maladie infectieuse, responsable de la maladie des griffes du chat dont est affectée un  adolescent américain de 14 ans diagnostiqué schizophrénique pendant deux ans. 
 

« Le jeune garçon et sa famille ont payé un lourd tribut émotionnel, social et financier pendant deux ans. « Outre le stress quotidien induit par sa maladie chez tous les membres de la famille, la mère a quitté son emploi pour lui fournir des soins à domicile, et les animaux domestiques ont été retirés de la maison (en raison des délires du garçon)…

Ce cas clinique est hors norme dans la mesure où le jeune patient aura été examiné et traité par un grand nombre de médecins (pédiatre, cardiologue, neurologue, infectiologue, dermatologue, immunologiste, optométriste, endocrinologue, gastroentérologue) avant que le diagnostic de sa maladie ne soit finalement posé et qu’un lourd traitement anti-infectieux ne soit prescrit.

Et n’oublions pas ceux qui souffrent d’ailurophobie (la phobie des chats). Mais la zoothérapie  vous propose un large éventail de thérapies cool avec d’autres animaux. (Chien, lapin, cheval avec l’équithérapie, le dauphin avec la delphinothérapie).
 
La ronron thérapie et la zoothérapie, si elles ne sont pas démontrées scientifiquement suivant les règles de l’Evidence Based Medecine révèlent des vertus insoupçonnées. La relation homme/animal est enrichissante pour nous. Nos chiens, nos chats, chevaux et tous les autres animaux sont de précieux alliés pour notre santé. Alors ne nous en privons pas.
 
Au fait, non seulement, mon chat ronronne  avec un bruit d’hélicoptère comme tous les chartreux, mais il ronfle tout aussi tout aussi fort! D’ici à ce qu’on se penche sur les vertus du ronflement félin, il n’y a qu’un pas…
 
 
Vidéo « ronronthérapie »
 
 
Sources:

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