IRIDOLOGIE: DÉCRYPTAGE D’UNE MÉTHODE CONTROVERSÉE

L’iridologie est une technique de médecine alternative, et elle ne permet pas de diagnostiquer des maladies.

photo d’iris réalisée par @Romain Bebon: https://www.romainbebon.com

Pour rendre unique votre intérieur et suivre la dernière tendance très ego-déco, affichez dans votre salon une immense photo de votre iris. Plaisanterie mise à part, plus prosaïquement, parfois, c’est votre ophtalmologue qui, en vous faisant un fond d’œil, vous montre la beauté de votre iris qui peut donner envie d’en faire une oeuvre d’art.

Qui n’a pas régulièrement consulté un ophtalmologue pour un fond d’œil ? Cet examen est indispensable car il permet de dépister et de prévenir des problèmes de vision graves. En effet, l’examen est indolore et réalisé par un ophtalmologue. L’ophtalmologie est une spécialité médico-chirurgicale des plus sérieuses, qui répond aux dernières avancées de la science. Grâce aux progrès de la science et de la technologie, l’ophtalmologie est en constante évolution. De nouvelles techniques chirurgicales, des traitements innovants et des dispositifs médicaux de pointe sont continuellement développés pour améliorer la prise en charge des maladies oculaires.

On pourrait croire que cette spécialité est à l’abri du charlatanisme et de la pseudo-science. Absolument pas! Connaissez-vous l’iridologie? La publication récente d’un article paru en 1989 dans la revue The Skeptic vient nous rappeler d’être vigilant sur cette pseudo-médecine.

Contrairement à la spécialité médicale de l’ophtalmologie, l’iridologie n’est pas basée sur des preuves scientifiques solides. L’iridologie est une pratique qui prétend pouvoir diagnostiquer des maladies ou des problèmes de santé en examinant les motifs et les couleurs de l’iris de l’œil. C’est le chiropracticien et naturopathe Bernard Jensen à qui l’iridologie doit l’une des cartographies élaborées par les chefs de file de l’iridologie.

La santé d’une personne serait liée aux lignes et aux marques qui apparaissent dans l’iris. L’iridologie prétend être un système ordonné qui peut être cartographié et interprété comme un signe avant-coureur d’une maladie, même s’il vous semble que vous êtes en pleine forme. Selon les iridologues, chaque cercle de l’iris correspond à des organes et à des parties spécifiques du corps. Par exemple, si on se casse une jambe, une marque spécifique, telle qu’une signature liée à l’organe, apparaîtra dans l’iris. Hormis toute pathologie spécifique ou la dépigmentation progressive chez les personnes âgées, l’iris n’évolue plus au cours de la vie et il est caractéristique d’un individu, tout comme une empreinte digitale. La technologie en biométrie de reconnaissance par l’iris l’illustre.

Selon l’iridologie, « il y aurait au cours de la vie, trois grandes métamorphoses de l’iris… en relation étroite avec les trois phases évolutives de modifications physiques et biologiques de l’organisme.« 

Lors des premiers entretiens de Monaco sur les médecines énergétiques, le 22 novembre 1985, relayé par l’AFIS, tandis que le spécialiste cherche la nature précise de la maladie, pour le naturopathe, l’iris fournit des informations permettant de rechercher les capacités réactionnelles en rapport avec l’autoguérison et les causes profondes des déséquilibres physiologiques, etc. Une souffrance passée peut aussi s’inscrire dans l’iris.

L’iris droit représente la moitié droite du corps, et l’iris gauche la moitié gauche du corps. En partant de la pupille vers le bord extérieur de l’iris, plusieurs zones concentriques représentant les différents systèmes du corps humain. Chaque couleur d’iris a son profil de faiblesse et son lot de maladies. L’iris bleu ou constitution « lymphatique fibrillaire » est lié à des profils constitutionnels. Les personnes ayant les yeux clairs auraient un système immunitaire fragile, prédisposé aux allergies, asthme, migraines, arthrites.

L’iris brun ou constitution « hématogène » prédispose aux pathologies cardio-vasculaires, hypertension, cholestérol, diabète, troubles circulatoires, hépatiques et bilieux. L’iridologie n’oublie pas l’iris mixte ou constitution « mixte biliaire ». C’est un iris noisette de coloration vert-brun ou brun jaune laissant apparaître des couches iriennes profondes en bleu. Cette constitution témoignerait d’une faiblesse du foie, d’un potentiel digestif faible et d’une perturbation du métabolisme des glucides. Malgré ce jargon qui laisse supposer une spécialité médicale des plus fiables, aucune étude scientifique n’a pu prouver à ce jour que l’iridologie permettait de réaliser un diagnostic de pathologie.

Les études scientifiques sérieuses utilisent des méthodologies rigoureuses et des essais contrôlés pour évaluer les maladies et leurs traitements. Il y a sur PubMed, le service d’archives qui répertorie des titres de périodiques scientifiques, de rares articles qui déconstruisent l’iridologie. Il y en a un qui a retenu mon attention. C’est un article de 2008 concernant le dépistage du cancer colorectal par l’iridologie comme méthode alternative, car le développement de ce cancer est long. Et ainsi savoir s’il est possible d’anticiper avant le diagnostic; ce qui serait intéressant en gastro-entérologie.

On a présenté à des iridologues, dans un ordre aléatoire et sans qu’ils connaissent le nombre de personnes malades, l’iris de 29 personnes diagnostiquées d’un cancer colorectal et de 29 personnes en bonne santé. Dans cette expérience, la comparaison des iris de patients atteints d’un cancer du côlon avec ceux de personnes en bonne santé devrait permettre aux iridologues d’analyser les différences potentielles entre les deux groupes. En examinant la forme, la couleur, la texture et d’autres caractéristiques de l’iris afin de tenter de déceler des signes ou des patterns spécifique liées au cancer du colon.

Les iridologues auraient correctement détecté 53,7 % et 53,4 % des iris des personnes de l’étude. Ces résultats montrent que la probabilité n’était statistiquement pas meilleure que le hasard. Cette étude montre que l’iridologie n’a aucune validité en tant qu’outil de diagnostic pour la détection du cancer colorectal. Point. Circulez, il n’y a rien à voir.

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CAUCHEMAR EN THÉRAPIE POUR ELLEN!

L’histoire d’Ellen est une histoire parmi d’autres durant les années 80! Une histoire de faux souvenirs et d’emprise mentale par des thérapeutes sans scrupules!

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Au début des années 1980, le New Age inspire la psychologie et la psychothérapie. On peut qualifier le New Age sous divers angles soit comme un mouvement spirituel mais surtout comme un bric-à-brac de croyances ésotériques empruntant des éléments à la spiritualité orientale adaptée à l’Occidental en quête de spiritualité. C’est avec Le courant humaniste, apparu à partir des années 1940 aux États-Unis sous l’impulsion d’Abraham Maslow, que se sont développées ces thérapies du New Age. L’arrivée de la psychologie humaniste partait d’une bonne intention car il favorisait une vision positive de l’être humain, et s’opposait à la psychanalyse et au behaviorisme. Malheureusement ce courant fut dévoyé (et l’est encore) causant des dégâts dans la psyché de personnes ayant fait confiance à des thérapeutes pratiquant des thérapies pseudoscientifiques! L’histoire d’Ellen, digne d’un thriller, l’illustre (hélas) parfaitement!

Le cas d’Ellen a été recueilli par Margaret Thaler Singer, psychiatre et son collègue Abraham Nievod, psychologue légiste; ils vont le consigner dans l’un des chapitres de l’excellent livre Science and Pseudoscience in Clinical Psychology à la rigueur scientifique incontestable.

À la suite d’une énième rupture sentimentale, Ellen est déprimée, et consulte une psychothérapeute pour l’aider à y voir clair dans ses relations amoureuses. Lors de la première séance, la thérapeute fait allonger Ellen dans un fauteuil relax en lui mettant une couverture, et en lui disant de sa détendre.

Au cours des dix ans de thérapie, la thérapeute fit se remémorer à Ellen des souvenirs d’abus sexuels commis par son père et des membres de sa famille au cours de rites sataniques. Infondés, faut-il le préciser! En 2020, on se frotte les yeux en se disant que les rituels sataniques sont de la pure fiction et qu’ils n’ont rien à voir avec la psychothérapie et la dépression. Ne croyez pas ça, l’Amérique des années 90 est obsédée par la violence des cultes sataniques réels ou imaginaires, et de nombreux thérapeutes se sont spécialisés dans la prise en charge des patients supposés abusés lors de cultes sataniques « Au cours de cette période, les rumeurs sur les adorateurs du Diable vont se multiplier, jusqu’à l’hystérie collective. Les médias, avides de sensationnalisme, font circuler des vidéos dites tournées par les adorateurs de Satan. Elles montrent des messes noires où des adolescentes se feraient violer et où des bébés seraient sacrifiés.» 

Et dans cet « inventaire à la Prévert » des diagnostics délirants, Ellen découvrit qu’elle souffrait du trouble des Personnalités Multiples. Comme pour les rites sataniques, à partir des années des années 70,  le trouble de la personnalité multiple va devenir une maladie mentale populaire. Il se caractérise par la présence de deux personnalités (voire plus) nommées les alter ego qui tour à tour prennent le contrôle de la personne appelée hôte. Les alter ego se conduisent à l’opposé de la personnalité et ils émergent curieusement avec une thérapie utilisant les états modifiés de conscience. La personne ainsi diagnostiquée est complètement amnésique de ce qu’elle a pu faire ou dire de longues heures quand elle était sous l’emprise des alters. Aujourd’hui, dans le DSM V, le Trouble de la Personnalité Multiple est remplacé par celui du Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI).

Ellen « cohabiterait »à l’intérieur d’elle avec 159 alters à l’intérieur d’elle, et cerise sur le gâteau, elle aurait aussi été enlevée par des extra terrestres. Tout comme pour le satanisme, les Personnalités Multiples, des psychothérapeutes s’étaient spécialisés dans la thérapie des souvenirs traumatisants d’enlèvement d’ET! Des copines d’Ellen l’informèrent qu’elles avaient eu vent de « techniques à la mode  » par des talk show télévisés et les médias mainstream, et qu’elle était sous l’emprise de sa thérapeute!

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LES FANTÔMES FACE À LA SCIENCE!

La suggestion joue un rôle non négligeable dans la croyance au paranormal et aux fantômes.

Depuis la crise liée au Covid, la parole scientifique est remise en cause et il y a un engouement pour les parasciences et les croyances au paranormal. Un peu plus de 40 % des Français croient aux fantômes.

Dans le film culte S.O.S Fantômes sorti en 1971, quatre professeurs d’université au chômage, décident d’ouvrir une société d’investigations paranormales. Ils doivent lutter contre un dieu sumérien malveillant. Il s’agit d’une fiction fort sympathique qui reprend la thématique des croyances irrationnelles sur l’existence des fantômes dans la parapsychologie.

Selon l’une des études du psychologue Richard Wiseman, professeur à l’université de la Hetfordshire, 25 % des Britanniques auraient déclaré avoir vu au moins une fois dans leur vie un fantôme. Il semblerait qu’au fil du temps, les fantômes côtoient de plus en plus nos voisins d’outre Manche. En 1950, ils n’étaient que 5% des Britanniques qui les voyaient, 14 % en 1980, 19 % en 2003 et 25 % aujourd’hui. Cette montée en puissance de la croyance aux fantômes est révélatrice du retour de la pensée magique, et à une remise en cause du scientisme depuis une trentaine d’années! S’il n’y avait que les croyances au paranormal concernées, aujourd’hui, les fakenews scientifiques malmènent la méthodologie scientifique!

Le psychologue Richard Wiseman étudie d’une manière rigoureuse le sujet de la « pensée magique » ou de la pensée irrationnelle. Il a publié sur cette thématique plus de 100 articles, notamment dans des revues scientifiques comme Nature, Pyschological Bulletin ou le PlosOne.

Sur son blogRichard Wiseman relate ses recherches dans les lieux hantés. Dont Hampton Court Palace qui serait hanté selon les dires de certains par le fantôme de Catherine Howard, cinquième épouse du roi Henri VIII reconnue coupable d’adultère et fut décapitée. Au XIX siècle, une partie du château fait l’objet de phénomènes étranges dans la galerie où elle avait été trainée en arrière après s’être jetée aux pieds du roi son époux pour demander qu’on la gracie. Richard Wiseman et son équipe de chercheurs ont été sollicités pour enquêter scientifiquement, trouver des réponses rationnelles à ces supposées présences fantomatiques. Selon lui, « ces expériences ne semblaient pas être induites par les connaissances historiques de ces gens sur ces lieux, (avant leur visite); les personnes qui croyaient en l’existence de fantômes aient rapporté plus d’expériences que les mécréants. Certaines de ces expériences ont été causées par des phénomènes naturels, tels que des courants d’air subtils et des changements de température de l’air, et il y avait des preuves provisoires reliant ces endroits où les participants ont rapporté leurs expériences avec certains types d’activité géomagnétique.» Le géomagnétisme n’est pas une activité paranormale!

Les fantômes ne se manifestent pas qu’en Grande-Bretagne, et nous en avons aussi en France. Ainsi, des événements paranormaux se seraient produits dans une maison en août 2014 Un couple de retraités aurait eu sa maison saccagée par des esprits frappeurs. Les médias nationaux comme TF1 et FR3 avaient relayé ce fait divers paranormal au même titre qu’une prouesse scientifique.Ceux qui croient au paranormal ont en été pour leurs frais avec cette histoire de phénomène de hantise. Il s’agissait d’un canular monté de toutes pièces par la propriétaire de la maison et de son neveu de 12 ans.

La suggestion joue un rôle non négligeable dans la croyance au paranormal et aux fantômes, plus particulièrement celle qui est verbale. Et bien évidemment confortée par les médias. Souligné par Richard Wiseman, « Je pense que cela est principalement dû à un nombre croissant d’évocations de fait paranormaux à la télévision. Un simple événement tel qu’un bruissement reste le même, mais la perception psychologique que l’on en a est modifiée ». 

Il y a des lieux qui inspirent ces croyances au paranormal et à la hantise. Ils sont souvent liées au folklore populaire. Une architecture bizarroïde dans un endroit isolé, un meurtre ou un propriétaire asocial et hop la légende de la maison est faite. Parmi ces endroits hantés, il y a la Maison qui saigne à St Quentin dans l’Aisn. les habitants se sont plaints d’entendre la nuit des bruits de casserole ou des gémissements. Les habitants affirment avoir vu les murs qui saignent. La maison finira par être démolie et on découvrira des squelettes de soldats allemands de la première guerre mondiale.

Comment les neurosciences expliquent-elles (hors canular) certains fondements de ces croyances irrationnelles fondées sur des distorsions de la réalité, des hallucinations parapsychologiques, des sensations étranges de présences invisibles auxquelles on donne le nom de fantôme, d’esprit. Cela peut-il arriver à tout le monde ou faut-il souffrir de troubles psychiques pour voir des fantômes?

Une équipe de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) vient de montrer qu’un tel « sentiment de présence » pouvait être généré en laboratoire, à l’aide d’un robot, par la simple perturbation du mécanisme de perception spatio-temporelle. Cette équipe publie dans la revue Current Biology un article décrivant ce dispositif. De nombreux travaux avaient déjà associé ces « apparitions » à des perturbations cérébrales chez des schizophrènes, épileptiques, migraineux… Autrement dit, les fantômes n’existaient que dans nos têtes.

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QUAND L’EMDR INDUIT DES FAUX SOUVENIRS.

Les faux souvenirs d’abus sexuels induits par une mauvaise prise en charge psychothérapeutique sont un sujet sérieux qui concerne les professionnels de la santé mentale mais aussi le grand public.

Photo de Markus Winkler sur Pexels.com

Dans ce blog, certains de mes posts traitent d’un sujet sulfureux qui est celui des faux souvenirs d’abus sexuel induits par une mauvaise thérapie. La mémoire corrompue et falsifiée par une psychothérapie à base de suggestibilité, et est susceptible d’amener un patient à porter des accusations graves d’abus sexuels sur un proche alors que ces violences ne se sont jamais produites.

Les faux souvenirs d’abus sexuels induits par une mauvaise prise en charge psychothérapeutique sont un sujet sérieux qui concerne les professionnels de la santé mentale mais aussi le grand public.

Pour les lecteurs intéressés par les conséquences des faux souvenirs sur la santé mentale des victimes et les conséquences sur leur entourage (certaines personnes accusées à tort de viol derrière les barreaux,) voici quelques uns de ces cas cliniques que vous pouvez lire (ou relire) sur mon blog : Psychothérapie d’une princesse satanique, L’affaire Ramona, Au sujet du film Régression et des adorateurs de Satan, Se souvenir de sa naissance avec le Cri Primal.

Le sujet de ce post est encore celui des faux souvenirs induits par une thérapie à base de suggestibilité. La technique sur la sellette est celle de l’EMDR, et cette dérive de la psychothérapie se passe en Italie. Un psychothérapeute italien a été condamné à de la prison pour avoir induit de faux souvenirs d’abus sexuels chez Sara, une adolescente de quinze ans. La justice a bien identifié le coupable à l’origine des faux souvenirs induits.

C’est une première en Italie. Les dessous de cette affaire sont décrits dans l’article « Un psychothérapeute italien condamné à de la prison pour avoir induit de faux souvenirs » et à lire sur le blog Réalités Biomédicales du journaliste Marc Gozlan, médecin de formation.

Marc Gozlan explique dans son article le déroulement du process des faux souvenirs induits. La technique de l’EMDR n’est pas sans risque car mal appliquée, elle peut falsifier la mémoire. C’est « un procédé oculaire qui réduit la vivacité et la charge émotionnelle liée à la mémoire autobiographique, et permet au cerveau de digérer l’évènement traumatisant...Cela souligne avec force « la nécessité d’une formation appropriée et de programmes éducatifs pour les thérapeutes sur la science de la mémoire », estiment Henry Otgaar et ses collègues criminologues et psychologues.»(sic)

Le psychothérapeute italien est condamné à quatre ans de prison avec interdiction de pratiquer la psychologie et la psychothérapie pendant deux ans. « Le tribunal a motivé son verdict en déclarant que de faux souvenirs ont été implantés par des « méthodes hautement suggestives et inductrices » afin que Sara soit convaincue d’avoir été sexuellement abusée par son père.» (sic)

L’un des points forts de cet article, c’est celui des dialogues entre Sara et son psychothérapeute. Ils mettent en lumière les erreurs à éviter pour conduire un entretien en psychothérapie. Et on voit bien la suggestion du thérapeute qui aiguille les propos de Sara qui aurait été abusée par un ami de son père et par son père.

L’histoire de Sara pose la question de la formation des thérapeutes sur la science de la mémoire et de celle de l’utilisation éthique des techniques suggestives en thérapie.

Faut-il ou non les utiliser? Sont-elles adaptées à tout le monde? Quelle est la balance bénéfice/risque? Depuis les années 80, les dérives des techniques à base de suggestion ont bien été cernées avec les risques de générer des faux souvenirs, mais et il semblerait qu’elles soient toujours prolixes. Derrière certaines de ces techniques, on retrouve souvent cette vieille croyance sur l’existence de traumatismes refoulés dans la mémoire depuis X temps. Comment ne pas se référer à cette étude américaine publiée en 2019 dans Clinical Psychological Science qui indiquait que 9 % des 2 326 patients en  thérapie s’étaient vus interrogés sur l’existence de souvenirs refoulés. »(Sic)

Scott O.Lilienfield (1960-2020) défenseur des traitements et méthodes fondées sur les preuves dans le domaine et coauteur de l’ouvrage « Science et pseudo science en psychologie clinique »a dans son livre « 50 mythes de la psychologie populaire » consacré un chapitre sur les croyances infondées concernant le fonctionnement de la mémoire telles que la mémoire fonctionne comme une vidéo en appuyant sur la touche replay, la mémoire réprimée lors de traumas, etc. Données hélas toujours d’actualité!

Pour lire l’intégralité de cette histoire passionnante, rendez vous sur l’excellent blog Realités Biomédicales du journaliste Marc Gozlan, et ne manquez pas de vous référer à la biographie sur les faux souvenirs qui se trouvent à la fin de son article.