COVID-19: AU SUJET DU RÔLE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.

L’IA de BlueDot inclut plus de 40 ensembles de données spécifiques reflétant la circulation du virus et le potentiel de contamination.

Et si nous parlions du rôle de l’Intelligence Artificielle dans la pandémie du SARS-CoV-2? Le concept fait peur, et pourtant l’IA a pris de l’ampleur dans gestion de la pandémie! Le monde décrit par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov prend forme jour après jour. Loin d’être un conteur de fiction imaginative, il était professeur de biochimie à l’université de Boston; outre ses livres de science-fiction, il s’était attelé à de la vulgarisation scientifique de qualité.

Futurologue avant l’heure, Isaac Asimov avait imaginé en 1964, le monde de 2014 (sept ans avant la pandémie actuelle). Il avait imaginé l’ère des robots aux cerveaux positroniques. Un cerveau positronique (néologisme de l’auteur) est un appareil technologique fictif, Il tient le rôle d’unité centrale pour les robots, et, sans plus de précision, leur fournit une forme de conscience reconnaissable comme telle par les humains. Même le robot Kenshiro, fait de muscles et d’os n’arrive pas à la cheville des robots imaginés par Isaac Asimov ni même ceux qui sont évoqués ci-dessous dans ce post. Mais Il est temps après ces digressions de revenir à l’IA dans la gestion du SARS-Cov-2; elle s’avère salvatrice dans bien des situations.

Revenons au tout début de la pandémie. Dès le 31 décembre 2019, BlueDot, une start-up canadienne avait détecté les premiers signes de l’infection à la Covid-19 bien avant avant l’annonce officielle de l’OMS. On sait maintenant grâce à des témoignages de plus en plus nombreux de médecins sur le terrain que des patients étaient déjà contaminés en décembre. Quel fût le process de Bluedot ?

L’algorithme de détection mis au point par cette startup canadienne incorpore des données collectées sur des forums en ligne, des recherches de symptômes sur Google, des reportages, des bulletins de santé ou des déclarations officielles. Il étudie aussi les conditions climatiques réelles, les déplacements de populations grâce à la vente des billets d’avion, la carte des trajets aériens, la population d’animaux et d’insectes et la capacité du système de santé. L’IA de BlueDot inclut plus de 40 ensembles de données spécifiques reflétant la circulation du virus et le potentiel de contamination. Ces données (anonymes) collectées par BlueDot ne sont pas accessibles au quidam comme vous et moi mais réservées aux institutions de santé publique d’une douzaine de pays, aux compagnies aériennes et aux hôpitaux dans lesquels les personnes contaminées pourraient se rendre. The Lancet, revue prestigieuse de professionnels, est dithyrambique sur BlueDot concernant l’épidémie de Zika. Comme il l’est écrit noir sur blanc sur leur site, la startup canadienne a prédit avec précision avec cet algorithme la propagation mondiale du SARS-CoV-2. Il faut rappeler que la conception d’un tel algorithme est le fruit d’une intelligence collective.

L’une des mesures les plus surprenantes et digne du monde d’Isaac Asimov est celle de l’utilisation de robots limitant les interactions physiques pour diminuer la charge virale et casser la chaîne de contamination! C’est la mission assignée à Spot, le chien robot de Boston Dynamics où à Singapour, il s’est chargé de rappeler les règles de distanciation sociale. Spot est capable d’estimer le nombre de personnes présentes dans un parc. Je reconnais que c’est flippant et liberticide d’avoir un truc en métal venir vous tancer car vous avez dérogé aux règles sanitaires, mais ce n’est pas la seule mission de Spot! Il a aussi été mis à contribition pour livrer des médicaments à des personnes atteintes du SARS-Cov-2 confinées à Changi Exhibition Center.

Un hôpital américain, celui de Birmingham Women, a adapté Spot en plate-forme mobile de télé-médecine pour connecter les soignants par un système de visioconférence, dans le but de protéger le personnel de santé des patients potentiellement contaminants. Équipé d’un IPAD et d’un « talkie walkie », le robot-chien aide ainsi à trier les patients à distance qui attendent devant les centres hospitaliers dévolus au Covid-19. Spot n’est pas le seul robot à aider les équipes soignantes. Toujours aux États-Unis, ICT Journal rapporte qu’un robot a été impliqué pour traiter le premier malade du Covid-19. Le patient avait été placé en observation et surveillé par un robot équipé d’un stéthoscope et d’un écran pour communiquer et était téléguidé par les médecins.

Dans mon post « La robot-thérapie, un avenir prometteur », j’avais évoqué Pepper, le robot social capable d’analyser les sentiments, capable de danser une gigue endiablée ( je force le trait) ou de plaisanter. Dans la gestion de la pandémie actuelle, Pepper est employé à la mission d’aider les proches des personnes hospitalisées pour la Covid-19 à l’hôpital de la Salpêtrière. Depuis avril dernier, quatre robots humanoïdes Pepper de Softbank sont équipés d’un écran et d’une application, de téléprésence pour permettre aux proches de converser avec le patient hospitalisé sans risque d’attraper le virus. Si ces visites robotiques ne remplacent pas la chaleur humaine, c’est mieux que rien! L’homme garde toujours le contrôle de décider de l’emploi du robot. La preuve est que pour d’autres tâches, les qualités de Pepper n’ont pas convaincu le personnel infirmier.

«Dans le cadre d’un service de réanimation, un robot humanoïde n’est pas la forme la plus adaptée pour faire de la télévisite, note Nicolas Boudot. Il y a des contraintes telles que le personnel préfère utiliser des moyens plus simples, comme des télévisions sur pied.» Qu’à cela ne tienne Pepper sera affecté à des tâches d’accueil du public pour lui rappeler les règles sanitaires en cours et éviter aux soignants d’être en contact avec lui.

Dans la gestion de la pandémie, le Rwanda a adopté un prototype de robot humanoïde, qui dans le même esprit que Spot et Pepper permet d’assurer aux médecins un traitement à distance. 5 robots ont ainsi été mis en service à Kigali.Munis d’un bras électronique, il sont programmés à diverses tâches dont celle de servir des repas dans les chambres des personnes contaminées par le SARS-Cov-2 ou transporter des échantillons au laboratoire, soulageant ainsi le personnel hospitalier. Cette technologie va aussi assister les médecins dans la détection des cas suspects dans la communauté. Les autorités sanitaires envisagent la détection des températures corporelles anormales dans la foule. Selon Zora Robotics qui construit ces appareils, chaque robot a la capacité de dépister entre 50 et 150 personnes par minute. Quel assistant efficace au service de l’homme!

L’autre avantage qu’offre cette technologie, fait remarquer Tommy Deblieck, co-PDG de cette société, est que ces robots peuvent, en plus de prendre la température, détecter si une personne porte un masque facial ou non. Mais ainsi que le souligne « un médecin épidémiologiste Jean Damascène Rurangwa, à SciDev.Net, au regard de la situation actuelle de la COVID-19, aucun robot ne peut faire un meilleur travail que les médecins.» Et faut-il que les soignants soient formés à son maniement! .

D’autres pays se sont mis dans l’air du temps des robots soignants! Comme l’Italie, la Tunisie! Au Sénégal, les élèves ingénieurs de l’école polytechnique de Dakar ont conçu un robot soignant multitâches qu’ils ont baptisé « Docteur Car » capable de parler plusieurs langues comme le wolof, le pulaar, le français et l’anglais! Un bel exemple d’intelligence collective et des jeunes gens à l’avenir prometteur! Au Danemark, les chercheurs ont mis au point un robot capable d’effectuer des prélèvements de gorge, toujours dans l’esprit d’éviter que les équipes soignantes soient touchées par le SARS-Cov-2.

L’ère des robots infirmiers, épidémie virale ou non, ne fait que commencer, et bouleverse la conception du soin médical, et également de la relation avec les patients. Il en sera de même avec le développement à grande échelle de la téléconsultation. Évidemment, on s’inquiéter de la technologisation du soin qui place une machine entre le médecin et le patient, risquant en cela une certaine déshumanisation du soin. Il faudra alors inventer une nouvelle approche du soin qui complètera ou prendra le relais. Pourquoi pas une nouvelle fonction du psychologue qui assiste les équipes médicales?

Il y a une autre utilisation des robots plus contestée, qui est celle de la désinfection de l’air ou des surfaces contaminées par la Covid-19. Ainsi le Robot chinois Thor-1 a été présenté comme une arme fatale anti-virus dans un parc technologique à Hangzhou. L’entreprise Boston Dynamics compte mettre au point des lampes UV pour désinfecter les lieux publics et les établissements médicaux. Tout « en notant tout de même qu’aujourd’hui aucune étude scientifique n’a démontré l’efficacité des UV dans la destruction des germes du SARS-CoV-2.»

Ors, Anne-Claude Crémieux, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis, ne semble pas enchantée par ces prototypes de robot nettoyeur. Lors d’une interview, elle déclare que « Désinfecter l’air extérieur ne sert à rien. Ce n’est pas en respirant l’air d’une ville, où il y a de nombreux cas de personnes contaminées qu’on s’infecte, c’est au “contact étroit” de personnes malades. La seule façon de lutter contre une épidémie, c’est de rompre la chaîne de contamination entre humains, en isolant les malades.» Même son, de cloche de la part de Bruno Hoen, directeur de la recherche médicale à l’Institut Pasteur. « Le virus n’est pas vivant dans l’environnement, mais dans l’organisme des sujets malades. »

Il est manifeste que les robots déployés lors de la crise sanitaire évitent les contaminations au SARS-Cov-2 en chaine des soignants en première ligne et sont des assistants infatigables! On peut être dérangé par un aspect de la relation médecin/malade qui peut paraitre déshumanisant, mais dans certaines situations, il faut aussi évaluer le risque/bénéfice et dans le cas de la gestion de la Covid-19, c’est tout bénéfice pour les soignants. Pour les générations à venir, les robots soignants feront partie intégrante de la médecine .

J’avais cité en introduction de ce post avec Isaac Asimov, et je vais le conclure avec l’une de ses citations empruntée au Cycle des robots, les cavernes d’acier, écrit entre 1950 et 1980! Terriblement contemporain mais nul doute qu’Isaac a fait plus que nourrir l’imagination de ses lecteurs, il leur a donné le goût de la science!

Mais pourquoi donner aux robot une forme humaine ?
– Parce que la forme humaine est, dans toute la nature, celle qui donne le meilleur rendement. Nous ne sommes pas des animaux spécialisés, monsieur Baley, sauf au point de vue de notre système nerveux, et dans quelques autres domaines. Si vous désirez construire un être mécanique, capable d’accomplir un très grand nombre de mouvements, des gestes et d’actes, sans se tromper, vous ne pouvez faire mieux qu’imiter la forme humaine.

Vidéo sur les robots en Italie.

COVID-19: LA MÉTAPHORE DU LOUP, DU BERGER ET DU MOUTON

Il s’agit d’une expérience à faire en famille ou entre amis à l’aide d’un jeu de rôles s’appuyant sur une métaphore digne d’une fable de Jean de La fontaine.

On entend souvent parler d’intelligence collective pour évoquer les comportements de groupe! Que désigne-t-elle? Elle sert à désigner l’émergence des nouveaux modes de communication, l’accès au savoir et les relations entre individus dans le cyberspace. Pierre Levy pense qu’il faut développer une véritable anthropologie dédiée au milieu virtuel. « Les nouveaux moyens de communication permettent aux groupes humains de mettre en commun leurs imaginations et leurs savoirs»; l’intelligence collective en est le vecteur.

Joseph Henrich, professeur de biologie évolutive humaine, également dans une perspective anthropologique développe dans son livre « L’Intelligence collective, comment expliquer la réussite de l’espèce humaine », la manière dont l’intelligence collective influence notre développement génétique à travers la culture. L’intelligence collective, c’est la culture. Sans elle, l’accès à cette source de savoir accumulée au fil du temps et au fil des générations, nous serions incapables de survivre. Dans son livre, écrit-il: « Ce sont nos cerveaux collectifs à l’oeuvre sur des générations, et non la puissance d’inventions innées ou les facultés créatrices, qui expliquent les technologies sophistiquées de notre espèce et son incroyable succès écologique.» Cela n’exclut pas l’innovation par les cerveaux les plus doués, mais la mise en pratique passe par le groupe qui a mis en commun ses compétences complémentaires. Cela inclut également une interconnexion entre membres ayant chacun un savoir faire. Je vais étayer mes propos en revenant à l’Intelligence Artificielle (IA) et à ses applications dans le domaine médical. Un exemple parmi d’autres. Ainsi « Une approche basée sur le machine-learning (une technologie d’IA explicitement liée au Big Data) assiste les médecins pour diagnostiquer les tumeurs cérébrales. Derrière tous ces programmes qui semblent ne faire qu’un, il y a d’abord l’intelligence humaine (en général). Celle des ingénieurs, des informaticiens et des médecins. C’est un ensemble de compétences scientifiques qui les ont créés. Illustration d’intelligence collective au sens cité précédemment.

Que l’on ne s’y méprenne pas, parler d’intelligence collective ne signifie pas le collectivisme qui renie l’individualité et rogne la liberté par la coercition. La liberté et les respect de l’individualité, celle de la psyché ( le domaine de la psychologie) sont des conditions sine qua none pour que s’exerce l’intelligence collective. Ni la solidarité, mot usité aujourd’hui encore à tort et à travers. L’intelligence collective passe d’abord par le respect de l’intégrité de l’individu humain, le respect de son autonomie au niveau des activités sociales et des ses relations interpersonnelles.

Comment l’intelligence collective pourrait-elle nous aider dans la pandémie actuelle? Le docteur en psychologie cognitive Émile Servan-Schreiber l’évoque dans un récent article du Point. J’ai relevé un passage lumineux où l’intelligence collective pourrait s’avérer judicieuse lors du déconfinement, et Émile Servan-Schreiber propose une une expérience à faire en famille, entre amis ou au bureau! C’est un jeu de rôles s’appuyant sur une métaphore digne d’une fable de Jean de La Fontaine. Elle aurait pu s’intituler le Loup, le berger et ses moutons.

« Chacun reçoit les instructions suivantes : « Vous êtes un berger. Choisissez secrètement autour de vous une personne qui sera votre loup et une autre qui sera votre mouton. Au signal, déplacez-vous afin d’être toujours interposé entre votre loup et votre mouton. » Si chacun s’occupe ainsi de protéger autrui, le groupe deviendra de plus en plus dense jusqu’à faire bloc. Métaphoriquement, c’est la cohésion sociale parfaite. Mais d’autres instructions produisent l’effet inverse : « Vous êtes un mouton. Choisissez secrètement autour de vous une personne qui sera votre loup et une autre qui sera votre berger. Au signal, déplacez-vous afin que votre berger soit toujours interposé entre le loup et vous. » Quand chacun ne cherche ainsi qu’à se protéger, le groupe se disperse en un mouvement chaotique infini. À nous de choisir entre l’intelligence collective d’une société de bergers ou l’aliénation d’un peuple de moutons. »

Alors comment vous définissez vous chers lecteurs? Berger ou mouton? Le loup symbolise le virus, vous vous en doutiez, le berger représente celui qui respecte les gestes barrières, la distance sociale pour préserver les plus vulnérables; celui qui prend soin des autres! Et le mouton…à vous de vous définir…

Un chouette exercice à faire qui aiguise notre sens de la responsabilité envers les autres concernant la contagion virale de la Covid-19. Mieux que la litanie des interdictions diverses délétères pour la psyché qui à force d’être martelées vous enfonce dans la résignation acquise et vous met au trente sixième dessous en annihilant tout espoir ! L’esprit de la métaphore du berger et du mouton est celle du courant humaniste dont le précurseur fut Abraham Maslow, ainsi que du courant positiviste. C’est un exercice ludique de thérapie cognitivo – comportementale.

Alors, osez faire expérience et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

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LES CHIENS, AUXILIAIRES DANS LE DÉPISTAGE DU COVID-19, POURQUOI PAS?

« Nous savons que d’autres maladies respiratoires ressemblant au Covid-19 modifient notre odeur corporelle, il y a donc de très fortes chances que les chiens soient capables de le détecter» (ProfesseurJames Logan)

Les chiens seraient capables de détecter à l’odeur les personnes contaminées par le COVID-19! Quand j’ai lu cette information, nous étions le premier avril et j’ai cru que c’était une blague comme cela est coutumier ce jour là! Un poisson d’avril! J’avais tort car c’est une information très sérieuse qui nous vient du Royaume Uni.

Des chiens vont être dressés pour repérer les personnes asymptomatiques ou non atteintes par le COVID-19. C’est la Medical Detection Dogs (MDD, UK) qui s’y colle! Insolite mais le dressage des chiens à l’odeur du COVID-19 ne sort pas tel un lapin du chapeau, il rentre dans une démarche générale qui explique cette initiative (écrite sur leur site), due au fait que le Royaume Uni a un taux catastrophique de survie au cancer en Europe en raison d’un diagnostic tardif! Inutile de critiquer le système de santé du Royaume Uni, nous avons fort à faire en ce moment avec nos services hospitaliers débordés par les patients atteints au COVID-19, le manque de masques et protections diverses de nos soignants qui sont contaminés à un rythme terrifiant! Bref après cet aparté, revenons au sujet de ce post! La MDD se propose d’améliorer les diagnostics précoces à l’avenir en dressant des chiens au flair hors pair!

Les chiens s’avèrent des auxiliaires de santé précieux car ils sont capables des détecter des cancers, des maladies neurologiques et des infections bactériennes. Les recherches de la MDD se font en partenariat avec des universités au Royaume Uni et étrangères, avec le NHS Trusts et l’Imperial College de Londres.

COVID-19 ou autre maladie, le principe du dressage du chien est le suivant. Les chercheur du MDD partent du principe que le nez du chien est un excellent bio-capteur. Dans nombre de maladies, le chien est capable de renifler des traces infimes de maladies; les chercheurs comparent cette faculté olfactive comme l’équivalent d’une cuillère à sucre dans deux piscines olympiques. Quelques parties par billions (par mille milliards).

Les maladies respiratoires ont une odeur spécifique, et le COVID-19 est l’une d’elles, alors dressage en vue de ces chiens de détection biologique. Il y a quatre types de chiens de détection biologique. Bien qu’il n’y ait rien encore sur leur site des éléments concernant le COVID-19, j’ai retenu deux types de chien par déduction: les chiens de détection bactérienne et les chiens détectant le paludisme. Dans les deux cadres, les chiens sont dressés à tester de grandes zones, et pour le paludisme, l’une des fonctions du chien qui pourrait s’appliquer au COVID-19. Les chiens peuvent être utilisés pour identifier facilement les individus infectés par le paludisme. En filtrant les voyageurs. Ils ont l’avantage d’être une technique non invasive, ne nécessitant pas d’échantillons sanguins et de laboratoire et de ravir les nombreux amis des animaux. Et sans oublier l’aspect anti stress car les chiens sont aussi des auxiliaires précieux en psychothérapie comme je l’ai écrit dans le post « Au sujet du rôle des animaux en psychothérapie ».

Pour le COVID-19, le MDD travaillera en partenariat avec la London School of Hygiène and Tropical Medecine (LSHTM) qui a travaillé sur le paludisme. Ainsi selon le communiqué et les propos du Pr James Logan, chef du département du contrôle des maladie à la LSHTM. : « Les chiens à la recherche de Covid-19 seraient formés de la même manière que ceux que l’organisme a déjà formés pour détecter des maladies comme le cancer, la maladie de Parkinson et les infections bactériennes : en reniflant des échantillons (…) et en indiquant quand ils ont trouvé l’odeur, explique la Medical Detection Dogs dans son communiqué. Ils sont également capables de détecter des changements subtils de température de la peau donc ils pourraient éventuellement indiquer si quelqu’un a de la fièvre« . « Nous savons que d’autres maladies respiratoires ressemblant au Covid-19 modifient notre odeur corporelle, il y a donc de très fortes chances que les chiens soient capables de le détecter« .

D’après la MDD, les chiens pourraient être entrainés à détecter les variations de température et trier 250 personnes par heure. Ils ne seraient pas utilisés pour le confinement mais plutôt comme système de détection dans les aéroports , les lieux publics et les centres commerciaux.

Cette initiative de faire confiance aux facultés des chiens pour le COVID-19 n’est pas saugrenue. Il ne s’agit pas d’une lubie anthropomorphique où l’on projette les facultés humaines sur les chiens. Ils sont manifestement performants en médecine pure. Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique et médecin de formation, l’a évoqué dans son article « Les crises d’épilepsie ont une odeur que des chiens entrainés peuvent reconnaitre » .

Au total, les chiens ont su distinguer l’odeur prélevée lors d’une crise d’épilepsie bien mieux que ne l’aurait prédit le hasard (14 % dans la mesure où un seul réceptacle contenait une odeur de crise parmi les sept présentés). Ainsi, dans 67 % à 100 % des cas, les chiens ont donné la bonne réponse. Autrement dit, ils ont eu le comportement approprié en se figeant devant le réceptacle qui renfermait l’odeur de la personne en crise. De même, les chiens ne se sont pas arrêtés devant un récipient ne contenant pas l’odeur d’un patient au moment de sa crise dans 95 % à 100% de cas. Les performances de cette détection olfactive canine pour l’épilepsie sont donc élevées. Pour trois chiens, le taux de succès était de 100 % dans tous les essais, écrit Marc Gozlan.

L’utilisation des chiens dans la détection de certaines maladies comme le cancer a débuté en 1989 à la suite d’une publication dans la prestigieuse revue The Lancet. En dehors de son caractère sympathique, le chien ne serait qu’un auxiliaire! Les gestes dits barrières comme le lavage des main, la distance physique de plus de 1 mètre, les tests adéquats, isolement en cas de positivité au COVID-19, géolocalisation ciblée sur les testés positifs et port du masque sont à ce jour les données scientifiques les plus fiables. Avec les traitements prescrits par le corps médical suivant les règles de l’Evidence Based Medecine et non préconisés par Madame Michu. Ne voyez dans ce post sur le dressage des chiens de détection biologique une quelconque incitation à se passer de la science; les biais cognitifs autour des animaux sont nombreux et j’ai moi-même un chat gâté et pourri chez lequel j’habite.

En France, une équipe de vétérinaires de la région parisienne va aussi entrainer des chiens déjà dressés à détecter des maladies virales ovines à sentit l’odeur du Covid-19 des contaminés. Le mode opératoire consistera à ce qu’ils reniflent la sueur prélevée sous les aisselles. Selon Dominique Greanjan, chef du service vétérinaire des sapeurs pompiers de Paris sur des chiens déjà formés « il faut une semaine pour intégrer une nouvelle odeur à leur bibliothèque de référence.»

En guise de conclusion, suite à la pandémie, la SPA constate de nombreux abandons d’animaux car leurs maîtres pensent qu’ils sont responsables de la transmission du virus. il n’en est rien ainsi qu’il est écrit dans la revue Sciences et Avenir: Dans un communiqué de presse émis le 24 mars 2020, l’Académie de médecine qui regroupe des médecins et des vétérinaires, rappelle que « deux chiens ont été testés positifs » à Hong-Kong dont le maître avaient le Covid-19. A noter toutefois que le premier chien avait un « très faible taux de virus » et que les tests suivants ont été « négatifs ». Ils n’avaient aucun signe clinique. Ensuite, le Service public fédéral de Santé publique belge a expliqué lors d’une conférence de presse, le 27 mars, que des vétérinaires de la faculté de médecine vétérinaire de Liège ont pu mettre en évidence que le chat d’une personne atteinte par le coronavirus avait été infecté par son propriétaire et avait développé des symptômes. Un type de transmission de « l’Homme vers l’animal et non pas de l’animal vers l’Homme », souligne Emmanuel André, virologue et porte-parole interfédéral Covid-19. Ce phénomène, extrêmement rare, nécessiterait un contact quotidien. « Il n’y a aujourd’hui aucune raison de penser que les animaux peuvent être vecteurs de l’épidémie », rappelle le virologue. Quoiqu’il en soit « surtout ne désinfecter pas votre chat, cela pourrait nuire gravement à son intégrité physique ! », rappelle le Dr Jeannin.

S’il y a manifestement un réservoir animal de transmission du virus, il ne s’agit nullement de nos animaux de compagnie qui doivent aussi rester confinés comme nous. Les deux animaux à cibler dans cette pandémie sont les chauves -souris déjà responsables du SRAS et l’hôte intermédiaire du COVID-19 serait le pangolin. Alors pour nos animaux de compagnie, circulez il n’y a rien à voir! Et bonne chance aux chiens de la Medical Detection Dogs qui seront dressés à renifler l’odeur du COVID-19.

VIDÉO SUR LA DETECTION MEDICAL DOGS

DANS LA JUNGLE DES APPS, CES LOGICIELS INCONTOURNABLES!

En aucun cas, elles ne remplacent le cerveau humain! Comme l’a écrit Georges Orwell, «Vous ne possédez rien, en dehors de quelques centimètres cubes de votre crâne.»

Apps pour propriétaires de chats!

Qui n’a pas installé sur son smartphone ou tablette des applications connues sous le nom d’Apps? Les Apps, logiciels et programmes, apportent de nouvelles fonctions à votre appareil, sont censées vous faire gagner du temps et vous faciliter navigation sur le web. On a l’embarras du choix parmi les plus de 3,8 millions (entre Android et Apple) d’apps; elles vont du divertissement, à l’économie, la santé et la psychologie! Celle que j’ai mise en illustration est destinée aux propriétaires de chat! Celles qui sont le plus utilisées sont celles des réseaux sociaux et des moteurs de recherche, parait-il et c’est une jungle dans laquelle il faut évoluer.

Certaines personnes gèrent leur emploi du temps grâce à ces fameuses applis et autres gadgets high tech. On peut avoir plus de 400 applis installées sur son smartphone ou sa tablette. Si ces fameuses icônes sont censées nous simplifier la vie, je n’en doute pas un seul instant, ne risquent-elles pas à long terme de rendre paresseuses nos fonctions cognitives comme la mémoire et le raisonnement si on en abuse? Une nouvelle forme d’addiction?

Rentrons dans le vif du sujet! Comment ces apps, aux dessins si sympathiques, agissent au long cours sur la pensée? Et plus précisément, référons aux deux vitesses de la pensée décrites avec brio par Daniel Kahneman dans son livre incontournable « Système 1, Système 2, les deux vitesses de la pensée. L’auteur a simplifié sa théorie en choisissant des nombres. Ce qu’il faut retenir sur ces 2 systèmes en interaction.

-Système 1 se singularise par la rapidité; il est intuitif et émotionnel. «Il fonctionne automatiquement et rapidement, avec peu ou pas d’efforts»

Sytème 2 est un système de contrainte! « Il accorde de l’attention aux activités mentales contraignantes qui le nécessitent, y compris des calculs complexes. Le fonctionnement du Système 2 est souvent associé à l’expérience subjective de l’action, du choix et de la concentration.»

Revenons aux « Apps »! À mon sens, elles font appel au Système 1. Votre mental repère sur l’écran l’icône choisie et votre doigt va ouvrir l’application. Le même principe marche avec la commande vocale. C’est un réflexe conditionné qui n’a impliqué aucun cheminement cognitif complexe, sauf un raccourci et le résultat de votre choix de l’Apps que vous avez installé! Votre Système 2 aura très peu été sollicité, voire pas du tout. C’est rapide, simple et efficace dans l’instantanéité mais est susceptible d’induire de la paresse cognitive. Si votre activité cognitive est importante ou si l’Apps vous aide professionnellement, c’est moindre! Mais est-ce que toutes les Apps installées sur votre portable vous facilitent la vie?

En référence au « Big Brothers » d’Orwell, l’Américaine Sarah Rotman, analyste au Forrester resarch, appelle cette technnologie « Big Mother ». Le risque qui nous guette n’est-il pas d’être submergés par le monde virtuel ? De faire de ces Apps une béquille incessante et nous infantilisant? Et risquons nous pas de perdre notre libre arbitre en nous mettant dans une forme de dépendance compulsive nous incitant à les utiliser à tout va? Certaines applis sont totalement délirantes et se substituent carrément à la volonté et aux fonctions cognitives, n’ayons pas peur de le dire!

Parfois, le but recherché de ces Apps est justement de doper la volonté qui vous fait défaut! L’une d’elles sonne si on reste trop longtemps couché sur son canapé? Si Ivan Petrovitch Pavlov était encore vivant, célèbre pour son étude sur le conditionnement et la mémoire, il n’utiliserait pas ses chiens mais une manne d’Apps et de cobayes humains pour parfaire sa théorie!

Côté régime alimentaire, j’en ai déniché une qui vaut le détour, celle de la britannique « Food Trainer » conçue par une équipe de scientifiques de l’université d’Exeter pour lutter contre les fringales! On y joue dix minutes par jour, et hop on n’a plus envie de grignoter des cochonneries alimentaires! Le petit jeu consiste à cliquer le plus vite possible sur des aliments entourés d’un halo vert-ça fonctionne comme les feux de signalisation- les aliments sains! Dois-je préciser que le chocolat et le fromage que nous sommes nombreux à adorer sont entourés de rouge? En « reprogrammant » le système de récompense du cerveau, les scientifiques expliquent augmenter « l’activité dans certaines parties du cortex préfrontal impliquées dans le contrôle de notre comportement, et en réduisant l’activité dans les parties du cerveau impliquées dans la préparation de l’exécution d’une action » sont les conclusions de l’équipe scientifique. Bien! C’est distrayant mais je reste songeuse devant l’aspect scientifique qui vous éduquerait aux aliments bons pour la santé!

Chez certaines personnes, les Apps sont devenue une véritable addiction technologique! Le New York Times   a surnommé ce mal « l’App Burnout », une forme de « burn out lié aux applications ». On peut surtout souffrir d’épuisement cognitif! Comment notre cerveau peut-il gérer 259 applications sur son mobile ou sa tablette sans engendrer un comportement compulsif et de la surcharge cognitive! Et le côté chronophage? La plupart des gens en utiliseraient une vingtaine. On ne peut que pratiquer le zapping sans effort de concentration et en utilisant l’Apps adéquate en fonction de ses (supposés) besoins!

Le regard d’une femme sur la technologie, extrait d’un journal numérique en dit long: « Bien sûr, de nouveaux jeux et services à la mode comme Tiny Tower et Draw Something flottent encore et deviennent à la mode. Mais ils disparaissent généralement, du moins pour moi. Bien que je télécharge constamment de nouvelles applications pour mon travail, il est rare que l’une fasse partie intégrante de ma routine quotidienne. Je n’ai tout simplement pas le temps d’en utiliser plus que je n’en utilise déjà. ?»

Le développement personnel vous promet monts et merveilles avec certaines Apps. Plus besoin de vous rendre dans un monastère pour apprendre à méditer. Certaines applications vous apprendraient à méditer et vous mèneraient sur les chemins de la sérénité. La technologie vous branche directement avec la zénitude! Vous avez l’embarras du choix. j’ai noté pour vous l’application américaine Headspace, fondée par un ancien étudiant en sciences sportives qui est devenu moine bouddhiste, mais est revenue aux États-Unis proposer ses services de méditation. Un franc succès pour cette application qui rallie toute la Silicon Valley et que Google et Linkedin offrent à leurs employés. Tous les cas de figure sont étudiés et vous pouvez méditer en toute situation!

Si l’on est sceptique sur le bien-fondé de cette application, il faut aller sur leur page web! L’essai est gratuit, et n’hésitez pas à me faire un retour de votre expérience! On peut y lire que « 25 études publiées montrent l’impact de Headspace sur des résultats tels que le stress, la concentration et la compassion.» Vous avez un nombre impressionnant de guides de méditation en toute situation émotionnelle à en avoir le vertige. De la parentalité consciente, la méditation pour perdre du poids, Comment être plus reconnaissant, etc…

Il serait complètement illusoire de penser que l’on peut se passer des Apps! On peut-être critique mais certaines touchent le domaine de la santé, et il faut rester ouvert! Pour s’en convaincre, il faut aller sur Pubmed, la base de données scientifiques et médicales qui recense les articles sur le sujet! Manifestement, certaines applications de santé peuvent faciliter les soins en auto surveillance ou en guide-line!

Rathbone Al et Prescot J de l’école d’éducation de l’université de Bolton au Royaume-Uni sont dithyrambiques sur les bienfaits des Apps! Voici ce qu’ils en disent: « Parallèlement aux applications , il est prouvé que la réception de messages SMS (SMS), qui impliquent de la psychoéducation, des rappels de médicaments et des liens vers des pages Web informatives utiles, peut également être avantageuse pour le bien-être mental et physique d’un patient. Les applications et services SMS mHealth disponibles et leur qualité en constante amélioration nécessitent un examen systématique dans le domaine en ce qui concerne la réduction des symptômes, l’adhésion à l’intervention et la convivialité.»

Une autre étude britannique, celle de Grist R, Porter J et Stallard de l’université de Bath est plus nuancée sur l’apport des Apps en santé mentale des pré adolescents et adolescents. « Dans l’ensemble, les données de recherche sont actuellement insuffisantes pour soutenir l’efficacité des applications pour les enfants, les préadolescents et les adolescents ayant des problèmes de santé mentale . Compte tenu du nombre et du rythme auquel les applications mHealth sont publiées sur les magasins d’applications, des études de recherche méthodologiquement robustes évaluant leur sécurité, leur efficacité et leur efficacité sont rapidement nécessaires.»

Toutes les études sur le bien-fondé des applications mettent en lumière la nécessité d’une meilleure méthodologie pour démontrer leur utilité! Ou du moins le changement en comportement de santé comme dans l’étude australienne de Mac Kay FH, Wright A, Shill J, Stephen H et Uccelini M: «Des études ont examiné des applications liées aux domaines suivants: alcool, asthme, allaitement, cancer, dépression, diabète, santé généralecondition physique, maux de tête, maladies cardiaques, VIH, hypertension, carence en fer / anémie, basse vision, pleine conscience, obésité, douleur, activité physique, tabagisme, gestion du poids et santé des femmes. Conclusion Afin d’exploiter le potentiel des applications de santé mobiles pour le changement de comportement et la santé , nous avons besoin de meilleures façons d’évaluer la qualité et l’efficacité des applications . Cet examen n’est pas en mesure de suggérer une seule approche des meilleures pratiques pour évaluer les applications de santé mobiles.»

Si les auteurs de l’étude, Mani M, Kavanagh D.J, Stoynanov SR, s’accordenr à reconnaitre les bienfaits de la « Pleine Conscience« , ils se montrent critiques sur la pertinence des Apps Iphone sur cette méthode! « Bien que de nombreuses applications prétendent être liées à la pleine conscience, la plupart étaient des applications de méditation guidées , des minuteries ou des rappels…Peu de preuves sont disponibles sur l’efficacité des applications dans le développement de la pleine conscience.»

En résumé, les Apps ont un avenir prometteur dans le domaine de la santé, mais comme l’Intelligence Artificielle et la robot-thérapie, elles en sont à leurs balbutiements! À suivre donc…

Il peut y avoir manifestement une forme d’asservissement à la High Tech, incluant les Apps, évidemment. L’utilisation intensive peut-être anxiogène et addictive. C’est assez paradoxal de savoir que les cadres et pontes des sociétés High Tech ont pris conscience que l’excès d’écrans est nuisible! Bill Gates, fondateur de Microsoft a limité le temps que ses enfants pouvaient passer derrière les écrans. Et Steve Jobs, lui en faisait autant: Une journaliste du New York Times se rappelle avoir demandé au cofondateur d’Apple : « Alors, vos enfants doivent adorer l’iPad ? » et s’être vu répondre, à sa grande stupéfaction : « Ils ne l’ont pas utilisé, (…) nous limitons la technologie que nos enfants ont le droit d’utiliser à la maison. »

La tendance actuelle est au Digital Detox, un concept de voyage déconnecté! Aucun accès à la Wifi ni à la 4G, sans ordinateurs, tablettes, liseuse électronique. Nada! Et avec les smartphones bloqués au début du voyage par une application qui permet uniquement d’appeler. C’est fou d’en arriver là…

Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, ces applis sont des aides précieuses et facilitent la vie. En aucun cas, elles ne remplacent le cerveau humain! Comme  l’a écrit Georges Orwell, «Vous ne possédez rien, en dehors de quelques centimètres cubes de votre crâne.»