CES CHARLATANS QUI LISENT LES AURAS

La contre-culture hippie contribuera à propager, dans les années 70, le concept d’aura.

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Selon les principes picturaux de la Renaissance, le peintre Fra Angelico (1400-1455),  a représenté dans ses oeuvres le visage humain entouré  d’une auréole, un halo de lumière symbolisant la lumière mystique des saints. Elle signifie aux croyants que ces saints, par leur vie exemplaire ou leurs prodiges, sont différents du commun des mortels. Cette auréole est  aussi connue plus prosaïquement sous le terme d’aura, marquant l’atmosphère spirituelle d’une personne. Maintenant quittons le domaine de l’art pictural de la Renaissance pour celui de la parapsychologie et de ses aberrations.

Ce champ magnétique, ces corps subtils que sont les auras, enveloppant tous les êtres vivants et les choses, sont abondamment décrits dans la parapsychologie, les sciences occultes les thérapeutes du New Age. La parapsychologie et la psycho- spiritualité new age ont fait de l’aura leur fond de commerce. Le principe premier de l’aura est son invisibilité pour le profane, le quidam que nous sommes vous et moi. Mais. Certains clairvoyants autoproclamés qui font la course à la belle âme auraient le talent de la voir. 

L’une des premières descriptions des auras remonterait à 1897 et reviendrait à Charles Wester Leadbeater, un prêtre anglican,  membre de la société de théosophie et autoproclamé clairvoyant. C.W Leadbeater décrit les auras comme une brume lumineuse autour de l’homme, que l’on peut classer en fonction de sa couleur suivant le degré de spiritualité d’une personne. 

Si vous voulez tout savoir sur votre aura, il vous faudra consulter l’un de ces élus qui savent la lire. Attention, le monde psycho-spirituel est semé d’embûches, et si vous pensez éventuellement être doté d’une aura semblable à celle des saints, vous risquez d’être déçu(e). Contentez vous de regarder l’image de votre saint pieusement car le thérapeute autoproclamé clairvoyant est conditionné à traquer les moindres défauts de la couleur de votre aura. Sa couleur dépend de votre degré d’évolution psycho-spirituelle et de la qualité de votre âme. Chez certains, l’aura peut-être vaste, puissante, lumineuse, possédant des vibrations intenses et des couleurs splendides, tandis que chez d’autres, c’est tout le contraire : elle est petite, terne et laide. Si c’est le cas de la vôtre, ne paniquez pas, vous pouvez la travailler afin qu’elle vous protège des mauvaises influences et vous permettent de bénéficier des influences bénéfiques du cosmos. Certains charlatans, oups…guérisseurs vont vous faire la  promesse de vous remettre sur pied en soignant votre aura et lui redonner bonne mine.

Sur le net, il y a pléthore de sites new age. La plupart restent généraux et gentillets sur la relation entre la couleur des auras et l’évolution psycho spirituelle de la personne, il en est d’autres plus flippants sur les traits de caractère négatifs ou des maladies physiques et psychologiques dévoilés par des couleurs déclarées nocives. De quoi déstabiliser une personne fragile qui fait confiance à un thérapeute new age convaincue par les fadaises qu’il raconte.

La lecture des auras est une facétie qui a ses racines dans la pensée irrationnelle ou magique à l’instar de l’enfant qui croit au Père Noël. On est libre des ses croyances et de ses choix pour se faire soigner, mais le risque de tomber sous la coupe de charlatans peut vider votre portefeuille, conforter l’inculture scientifique et vous déstabiliser psychologiquement.

Voici quelques correspondances des couleurs des auras empruntées à des auteurs, à succès, de la galaxie new age:
Le Bleu pâle et fade signifie une timidité excessive, une personnalité non épanouie et influençable. Si par malheur, ce bleu est mêlé à un jaune ocre, méfiance Et mêlée à du gris, pessimisme. Mêlée à  un jaune électrique, tendance à intellectualiser. Le summum du bleu restant le bleu foncé qui dénote un caractère volontaire, pugnace et l’envie de progresser.
Quand l’aura est orange vif, la personne est tournée vers le bien et fait preuve de bonne volonté de loyauté. Mais… si elle est mêlée de jaune pâle, sa générosité est calculée. Et si l’orange est mêlé de vert sombre, la personne est rancunière, agressive et  sans finesse.
L’aura rose est signe d’un esprit immature et d’un esprit ludique. Mêlée de jaune zones acidulé, la personne est égocentrique.
Bref, toutes les couleurs du spectre y passent et c’est sans fin. On peut noircir des pages et des pages avec toutes les correspondances entre les couleurs de l’aura et la personnalité des gens.

Outre la clairvoyance, la lecture de l’aura se dote d’un appareil attrape-nigauds et aussi pseudo scientifique que l’électromètre de la scientologie: la photographie de Kirlian, du nom de son découvreur. Sa supposée découverte se propagea dans la parapsychologie et les sciences occultes. Tout commença avant la première guerre mondiale. En 1939, Semion Kirlian, un électricien russe qui réparait un appareil médical, voit crépiter des étincelles entre sa main et une électrode entourée de verre. L’image révélée est surprenante car sa main apparaît entourée d’une frange lumineuse. S. Kirlian  poursuit ses recherches et pense que son procédé peut être utilisé pour diagnostiquer des maladies et étudier les propriétés électriques ou physiologiques d’organismes vivants. Rappelons que nous étions en 1939, et que la science médicale n’en était qu’à tous ses débuts. En plein essor du mouvement New Age et de la contre culture dans les années 70, les travaux de S.Kirlian  vont être  diffusés par deux journalistes américains .

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INCURSION DANS LE MONDE DANGEREUX DES MÉDECINES ALTERNATIVES

Le décodage biologique est inscrit sur la liste des pratiques à risque de dérives sectaires suivant des critères d’identification précis.

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Avec les confinements successifs, les médecines alternatives ont prospéré, faisant de nombreuses victimes. Le phénomène n’est pas nouveau mais avait été déjà observé depuis plus de vingt ans par la Miviludes et son milieu associatif, mais est aujourd’hui amplifié par les réseaux sociaux.

Récemment diffusé sur France 2, dans le cadre de l’émission « Les yeux d’Olivier » le reportage Sous influence », rapporte le témoignage douloureux de Nathalie dont la mère à 60 ans est morte d’un cancer du sein. Sa fille a été témoin de la descente aux enfers de sa mère. Atteinte d’un cancer du sein et sous l’influence d’une pseudo médecine qui prône l’auto-guérison, elle n’a jamais reçu de soins jusqu’à sa mort. Ce charlatan s’était autoproclamé ostéopathe, en rappelant que cette spécialité déclenche l’ire de nombreux médecins qui ne comprennent pas le bien fondé de cette discipline surtout quand ils en constatent les dégâts sur le plan médical. Et s’il n’y avait que lui! Sa mère était sous l’influence de tout un groupe de thérapeutes dont certains étaient infirmiers et médecins.

L’ostéopathe a suivi la mère de Nathalie pendant 10 ans pour une fibromyalgie. Selon lui, c’était la manifestation d’un conflit et jamais, il n’a été évoqué la possibilité d’un cancer. Elle ne consultera aucun médecin généraliste, ni oncologue et ne prendra aucun antalgique malgré des souffrances intenses. En guise de traitement médical, il lui conseillera de mettre de l’oignon, du jus de. citron, de l’argile verte sur la tumeur nécrosée. Demandez à votre médecin généraliste ce qu’il en pense!

Pendant les dix huit derniers mois de sa vie, elle fut suivie uniquement par un ostéopathe et un médecin homéopathe, tous les deux adeptes de la biologie totale et de la nouvelle médecine germanique (NMG). Malgré le fait que ces méthodes contiennent, les mots biologie et médecine, des termes qui peuvent apparaître comme des références scientifiques sérieuses, ces dénominations cachent en réalité des pratiques charlatanesques.

Alors démystifions la biologie totale et la MNG qui laisse penser qu’il s’agit de méthodes innovantes et performantes qui laissent penser que c’est le Graal du soin.

Qu’est-ce que la biologie totale ?La nouvelle médecine germanique a été créé par le docteur Ryde Geerd Hamer. Son socle idéologique repose sur ce précepte: aucune maladie n’est incurable, et pour guérir il suffit de connecter les malades à leurs facultés d’auto guérison. La maladie est toujours utile, pour la survie de l’individu. Ce qui compte, ce n’est pas la réaction biologique (les symptômes et le diagnostic), mais plutôt la réaction de la psyché de la personne malade. La manière dont vit l’individu, ses émotions, son stress, etc. face a la maladie.

L’épicentre de la biologie totale est celui de la maladie causée principalement par un conflit psychologique non résolu. Qu’à cela ne tienne, avec la NMG, c’est une véritable révolution psychique qui est proposée au malade: il faut rééduquer la psyché de la personne malade. Évidemment, c’est à l’opposé de la médecine reposant sur l’EBM (l’Evidence based Médecine). Selon le dictionnaire médical, ce concept est de origine anglo-saxonne où tout affirmation est vraie si elle est étaye par la recherche clinique. Son équivalent français et la médecine factuelle et la médecine fondée sur les preuves.

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CAUCHEMAR EN THÉRAPIE POUR ELLEN!

L’histoire d’Ellen est une histoire parmi d’autres durant les années 80! Une histoire de faux souvenirs et d’emprise mentale par des thérapeutes sans scrupules!

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Au début des années 1980, le New Age inspire la psychologie et la psychothérapie. On peut qualifier le New Age sous divers angles soit comme un mouvement spirituel mais surtout comme un bric-à-brac de croyances ésotériques empruntant des éléments à la spiritualité orientale adaptée à l’Occidental en quête de spiritualité. C’est avec Le courant humaniste, apparu à partir des années 1940 aux États-Unis sous l’impulsion d’Abraham Maslow, que se sont développées ces thérapies du New Age. L’arrivée de la psychologie humaniste partait d’une bonne intention car il favorisait une vision positive de l’être humain, et s’opposait à la psychanalyse et au behaviorisme. Malheureusement ce courant fut dévoyé (et l’est encore) causant des dégâts dans la psyché de personnes ayant fait confiance à des thérapeutes pratiquant des thérapies pseudoscientifiques! L’histoire d’Ellen, digne d’un thriller, l’illustre (hélas) parfaitement!

Le cas d’Ellen a été recueilli par Margaret Thaler Singer, psychiatre et son collègue Abraham Nievod, psychologue légiste; ils vont le consigner dans l’un des chapitres de l’excellent livre Science and Pseudoscience in Clinical Psychology à la rigueur scientifique incontestable.

À la suite d’une énième rupture sentimentale, Ellen est déprimée, et consulte une psychothérapeute pour l’aider à y voir clair dans ses relations amoureuses. Lors de la première séance, la thérapeute fait allonger Ellen dans un fauteuil relax en lui mettant une couverture, et en lui disant de sa détendre.

Au cours des dix ans de thérapie, la thérapeute fit se remémorer à Ellen des souvenirs d’abus sexuels commis par son père et des membres de sa famille au cours de rites sataniques. Infondés, faut-il le préciser! En 2020, on se frotte les yeux en se disant que les rituels sataniques sont de la pure fiction et qu’ils n’ont rien à voir avec la psychothérapie et la dépression. Ne croyez pas ça, l’Amérique des années 90 est obsédée par la violence des cultes sataniques réels ou imaginaires, et de nombreux thérapeutes se sont spécialisés dans la prise en charge des patients supposés abusés lors de cultes sataniques « Au cours de cette période, les rumeurs sur les adorateurs du Diable vont se multiplier, jusqu’à l’hystérie collective. Les médias, avides de sensationnalisme, font circuler des vidéos dites tournées par les adorateurs de Satan. Elles montrent des messes noires où des adolescentes se feraient violer et où des bébés seraient sacrifiés.» 

Et dans cet « inventaire à la Prévert » des diagnostics délirants, Ellen découvrit qu’elle souffrait du trouble des Personnalités Multiples. Comme pour les rites sataniques, à partir des années des années 70,  le trouble de la personnalité multiple va devenir une maladie mentale populaire. Il se caractérise par la présence de deux personnalités (voire plus) nommées les alter ego qui tour à tour prennent le contrôle de la personne appelée hôte. Les alter ego se conduisent à l’opposé de la personnalité et ils émergent curieusement avec une thérapie utilisant les états modifiés de conscience. La personne ainsi diagnostiquée est complètement amnésique de ce qu’elle a pu faire ou dire de longues heures quand elle était sous l’emprise des alters. Aujourd’hui, dans le DSM V, le Trouble de la Personnalité Multiple est remplacé par celui du Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI).

Ellen « cohabiterait »à l’intérieur d’elle avec 159 alters à l’intérieur d’elle, et cerise sur le gâteau, elle aurait aussi été enlevée par des extra terrestres. Tout comme pour le satanisme, les Personnalités Multiples, des psychothérapeutes s’étaient spécialisés dans la thérapie des souvenirs traumatisants d’enlèvement d’ET! Des copines d’Ellen l’informèrent qu’elles avaient eu vent de « techniques à la mode  » par des talk show télévisés et les médias mainstream, et qu’elle était sous l’emprise de sa thérapeute!

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DÉRIVES SECTAIRES: LES DOSSIERS NOIRS DU CHAMANISME HALLUCINOGÈNE

Toutes les sectes s’avancent masquées et le pseudo-chamanisme amazonien n’échappe pas à cette règle.

©Joe Webb*NEW* Heaven and Earth – Silkscreen http://www.joewbbar.com

Ce post raconte une histoire personnelle qui m’est arrivée, il y a vingt ans. Elle est à l’origine de certains posts de mon blog. Je voulais écrire un livre sur les dérives sectaires du chamanisme amazonien, et notamment sur l’emprise chimique de l’ayahuasca sur des Occidentaux partis au Pérou en quête spirituelle et manipulés par des pseudo-chamans. De l’eau s’est écoulée sous le pont, mais cette dérive c’est toujours d’actualité. Allez savoir pourquoi! Chaque rapport annuel de la MIVILUDES cite le chamanisme. Mon expérience se situe entre 2002 et 2005. L’ayahuasca est inscrit depuis 2005 (JO du 3 mai 2005, publication de l’arrêté du 20 avril modifiant l’arrêté du 22 février 1990) au registre des stupéfiants, que ce texte présente comme une liane originaire d’Amérique latine ou comme une décoction.

Quant au livre, il n’est jamais sorti car le manuscrit a été remis entre les mains de la MIVILUDES. Pourquoi? C’est une longue histoire sur laquelle je ne tiens pas à m’étendre. Il vaut peut-être mieux d’ailleurs! Cette expérience n’étant pas constructive car « Vox clamantis in desert », depuis, j’ai jeté l’éponge de la lutte contre les dérives sectaires. Est ce que quelque chose a changé hormis le fait qu’il y ait des militants actifs contre les dérives sectaires sur les réseaux sociaux, sans continuité avec un travail fait depuis plus de trente ans comme si les compteurs étaient remis à zéro? Je suis sceptique!

Un jour, j’aurais peut-être l’envie de reprendre les notes qui sont au fond d’un tiroir. Qui sait? Ce que je tiens à préciser est que même si l’expérience fut kafkaïenne et rocambolesque, je ne la regrette pas car je n’ai jamais été victime des dérives du chamanisme, même si j’ai été contrainte d’ingérer l’hallucinogène. Quant aux protagonistes qui se sont livrés à ces dérives, ils courent toujours dans la nature et font toujours une publicité d’enfer sur le net et les réseaux sociaux. J’ai eu l’occasion lors d’un colloque international de la FECRIS via le GEMPPI en 2004 de faire une conférence sur cette expérience, et je retranscris le texte intégral de cette conférence ci-dessous, même si certains détails sont obsolètes. Quoique!

LE CHAMANISME, UNE VOIE INTERNATIONALE POUR CONSOMMER DES DROGUES:

« Depuis plus de trois ans, pour écrire un livre à paraître, je mène une enquête sur les dérives du chamanisme hallucinogène. Le chamanisme, dont il est dit que c’est la plus vieille forme de religion observée depuis l’aube des temps, revient en force en Occident dans les milieux de l’ésotérisme populaire.

Ce savoir ancestral des peuples premiers suscite un écho favorable chez ceux qui aspirent à des valeurs spirituelles ou à une certaine forme de sacré. Après la lecture de livres ou à la suite de conférences, nombre de personnes sont séduites par sa pratique. Mais leur crédulité peut être abusée par des charlatans qui proposent à des personnes en recherche de pseudo-pratiques chamaniques pas toujours inoffensives, surtout lorsqu’elles sont conjuguées à la drogue. Leurs leaders sont souvent bien connus de la MIVILUDES, et des associations de victimes dont beaucoup appartiennent au réseau de la FECRIS.

Les traditions chamaniques les plus convoitées sont celles qui utilisent des drogues dans leurs rituels. Particulièrement,  celle de l’Amazonie avec son hallucinogène puissant, l’ayahuasca aux effets proches du L.S.D. D’autres drogues sacrées sont touchées aussi par ce racket. Talonnant  aujourd’hui l’ayahuasca, on trouve la montée en puissance préoccupante de l’iboga, le L.S.D. africain, de la tradition des Bwitis.

Avant ces dérives, l’usage de l’ayahuasca se limitait au cercle restreint de l’Amazonie. C’est une médecine traditionnelle qui soigne les populations locales. Elle est utilisée par les chamans d’Amazonie, appelées les ayahuasqueros, dans le cadre de rites magico-religieux, ayant lieu la nuit. Les maladies pour eux sont d’origine magique et sont à l’opposé de la conception de la maladie occidentale. L’ayahuasca est un breuvage sacré millénaire composé de deux plantes: l’ayahuasca qui a donné son nom au breuvage, une liane géante (le banisteriopsis caapi) qui pousse en abondance dans la forêt amazonienne et une autre, la chacruna, qui contient du D.M.T, un stupéfiant prohibé sur le plan international.

Sous des apparences naturelles, la boisson sacrée des Indiens d’Amazonie est hautement hallucinogène. Ses effets sont proches de ceux du L.S.D, le psycho-actif de référence. Les Amazoniens la surnomment la Liane de la Mort. Celle-ci connaît un nouvel essor en Europe. Diffusée par des micro-groupes sectaires, elle a acquis le statut d’un outil chimique de manipulation redoutable. L’addition de ces groupuscules hallucinogènes, souvent indépendants les uns des autres, créent une nouvelle nébuleuse sectaire, insidieuse et difficilement cernable.

L’ayahuasca permet à des charlatans, à des gourous du Bien-Être, de la médecine et de la psychothérapie de faire commerce de techniques comportementales déstructurantes. Et celles ci font des victimes, en nombre grandissant. Toutes les sectes s’avancent masquées et le pseudo-chamanisme amazonien n’échappe pas à cette règle. Pour illustrer le mécanisme de séduction que les leaders de groupuscules hallucinogènes mettent en œuvre pour recruter des candidats, et comment ils arrivent à faire croire que la drogue amazonienne est anodine, je vais  témoigner de ce que j’ai vécu dans l’un des ces groupuscules sectaires hallucinogène.

Dans le cadre de mon enquête, je me suis infiltrée dans ce milieu très fermé et j’ai pris la drogue amazonienne. Lors d’une deuxième prise, j’ai fait -à défaut de voyage chamanique- un « Bad Trip », provoqué par ses effets puissants. Précisons que je n’ai été victime que de la drogue elle même et non de l’emprise sectaire comme peut l’être malheureusement d’autres victimes. Une sorte d’accident de travail d’un auteur qui est allé un peu trop loin dans son enquête. Je ne recommande à personne d’en faire autant car il n’est pas évident d’échapper à la pression des normes d’un groupe hallucinogène. Je ne suis tombée que dans une partie du piège tendu par deux leaders de groupuscules comme il y en a, hélas, tant d’autres en France, en Belgique et en Europe.

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