L’EXPÉRIENCE DE MORT IMMINENTE, SCIENCE OU PARAPSYCHOLOGIE?

Les explications scientifiques des E.M.I et l’étude de ses mécanismes psychologiques sont rares.

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Qui n’a pas lu sur le net ces étranges acronymes « E.M.I » et « N.D.E » qui signifient respectivement « Expérience de Mort Imminente » et sa traduction anglaise « Near Death Expérience. Le recueil des témoignages de personnes revenues de l’Au-delà intéressent fortement les parapsychologues et les charlatans. Pourtant, les E.M.I./N.D.E, aux frontières de l’étrange, sont des phénomènes cliniques étudiés par les scientifiques.

Comment  les définir ?
Des survivants, déclarés pourtant cliniquement morts, après un arrêt cardiaque, réanimées, à leur réveil déconcertent leur entourage médical et familial par un étrange récit digne de la série culte « X FILes » qui défie la raison.

Les N.D.E se produisent dans des circonstances particulières de l’ordre du « trauma » comme une noyade, une opération ou un suicide raté; c’est un choc violent où la personne a failli mourir.

Les expérienceurs (ceux qui  ont vécu une E.M.I) décrivent tous plusieurs impressions!
Notamment, celle de quitter son corps et de l’observer de l’extérieur. C’est la décorporation. D’autres vont voir un tunnel ou se trouver sur  le seuil d’une porte virtuelle, aveuglés et attirés par une lumière blanche, brillante et chaude. Et d’autres affirment avoir parlé dans l’Au-delà avec des êtres de lumière ou des disparus. La sensation qui leur  reste de leur voyage « aux portes de la mort » est une sensation de paix, de légèreté, de sérénité qui  perdure et abolit la peur de la mort. Curieusement, tous les  témoignages de N.D.E sont rassurants et positifs.

Les « expérienceurs » gardent une certaine nostalgie pour les” paradis célestes” entrevus; la vie de certains va s’en trouver chamboulée. Malheureusement, ils vont souvent rencontrer sur leur route des charlatans qui vont les entretenir dans des croyances irrationnelles qui peuvent se révéler destructrices.

Chantre des travaux sur les N.D.E, le Dr Raymond Moody, philosophe, psychiatre et auteur d’ouvrages populaires sur le sujet, s’est toujours montré prudent pour aborder ce sujet à la frontière de la parapsychologie. Selon lui, le phénomène des N.D.E n’est pas rare du tout. Les N.D.E équivaudraient au « Deute Roptmos » (Deux fois évanoui) des Grecs. Il est reproductible à volonté.

Il est possible, en l’état  des  connaissances scientifiques, « d’injecter » avec des psychotropes toutes les expériences virtuelles dans le système nerveux central. Dans les années 50, un programme de manipulation mentale de la C.I.A a été consacré à ce genre de recherches avec le L.S.D et autres produits psychoactifs.
 Et l’implantation de croyances irrationnelles sous forme de « visions » ou de « faux souvenirs » a été amplement démontré. Pour les neuroscientifiques, l’E.M.I résulterait d’un mode de fonctionnement particulier d’une zone du cerveau située dans le lobe temporal droit, le gyrus angulaire, lui même proche de zones impliquées dans la vision, l’ouïe, l’équilibre et le toucher.

En 1995, le Dr Michael Persinger, a stimulé plusieurs aires du cerveau pour déclencher des phénomènes comparables aux EMI en stimulant différentes aires du lobe temporal. Il n’a pas réussi à réaliser une EMI complète décrite par les « expérienceurs », mais il a réussi au moins à déclencher chez les sujets des visions mystiques et des sensations de décorporation.

Le Dr Sam Parnia, directeur de recherche en en soins intensifs à l’université de médecine de New-York a voulu aller plus loin que la collecte de témoignages de N.D.E; terme qu’il semble réfuter. Avec son équipe de 17 chercheurs venus de tous les États-Unis et du Royaume-Uni, il  a voulu comprendre, tout d’abord, ce qu’était «l’expérience mentale et cognitive de la mort» et étudier ce qui se passait dans la tête de quelqu’un qui a eu  à un arrêt cardiaque, et dont le coeur est reparti. 50 pour cent des interrogés pour cette étude affirmaient se souvenir de quelque chose alors qu’ils étaient cliniquement morts.

Selon les auteurs de l’étude, 7 grands thèmes reviennent le plus fréquemment dans les témoignages:
-Sentiment de peur-
-Visions d’animaux ou de plantes-
-Une lumière vive-
-Violence et de persécution-
-Impression de déjà-vu-
-Vision d’un membre de sa famille-
-Souvenir des évènements qui ont suivi l’arrêt cardiaque-

Les gens vivraient une véritable expérience cognitive au moment de la mort et parler de souvenirs proprement dits seraient hasardeux.  Ils étaient, pour la plupart, sous sédatifs et  Sam Parnia émet l’hypothèse que leur inconscient a enregistré une expérience particulière. Il note que chez certaines personnes, certains symptômes sont similaires  à  ceux d’un Stress-Post-Traumatique.

En 2001, une étude hollandaise sur les N.D.E chez les rescapés d’arrêt cardiaque, est  publiée dans la prestigieuse revue anglaise “The Lancet”.  Elle est menée par le Dr P.Van Lommel et porte sur 344 patients, qui après un arrêt cardiaque, ont été ranimés dans 10 hôpitaux hollandais. Les résultats de cette étude montrent que l’E.M.I n’est pas une  constante. Seuls 18% des patients interrogés disent avoir vécu une N.D.E,  parmi lesquels 12% relatent une « expérience profonde ». Si l’on s’en tenait à une explication purement physiologique, telle qu’une anoxie cérébrale, la plupart des patients déclarés cliniquement morts devraient avoir vécu une N.D.E. Ce n’est pas le cas! L’étude de P.Van Lommel apporte du poids à l’hypothèse survivaliste, c’est à dire que la conscience survit à la mort du corps. Cette conception a été critiquée par Jason J.Braitwaite, non pas sur les données récoltées mais sur les conclusions survivalistes.  L’étude de Lommel ne fournit pas la preuve que l’esprit et le cerveau sont séparés du cerveau. Ses conclusions relèvent du domaines des croyances et de la foi. Il faut toutefois retenir que la méthodologie de la collecte des données et acceptable.

Selon Jimo Borjin, professeur de neurologie à l’Université du Michigan principal auteur de travaux  sur les E.M.I publiés dans les comptes rendus de l’Académie des Sciences du 12 au 16 août  2013,  les sensations et visions, comme celle d’une lumière intense correspondent à un regain d’activité cérébrale quand la circulation sanguine cesse dans le cerveau. Cette recherche a été effectuée sur des rats, et  est la première à analyser « les effets neurophysiologistes d’un cerveau mourant », précise Jimo Borjin. « Nous sommes partis de l’idée que si cette expérience résulte d’une activité cérébrale, elle devrait pouvoir être détectée chez les hommes comme chez les animaux, même après l’arrêt de la circulation  du sang dans le cerveau », explique la neurologue. Le cerveau serait ainsi capable d’une activité électrique bien organisée aux premiers stades de la mort clinique, caractéristique d’un état de conscience.

L’étude du Michigan est contestée par chercheurs comme Chris Chambler car cette recherche n’ayant été menée que sur des rats, on ne sait pas s’ils ont un état de conscience, et on ne peut pas comparer un encéphalogramme d’un humain à celui d’un rat.

Les explications scientifiques des E.M.I et l’étude de ses mécanismes psychologiques sont rares. Si elles rendent compte des aspects cognitifs des croyances religieuses, impliquant des aspects affectifs et motivationnels, elles sont difficilement évaluables et compatibles avec la rigueur scientifique.

Alors vrais ou faux souvenirs, les EM.I/N.D.E? Un certain Johnson a fait une publication disant que ces expériences sont des faux souvenirs ou des reconstructions de souvenirs d’expériences vécues en rapport avec les causes de l’arrêt cardiaque. Ce n’est pas l’avis de tout la monde sur la planète des sceptiques.

Dans le cadre de sa thèse, Vanessa Charland-Verville, neuropsychologue à l’Université de Liège, a étudié ce phénomène. Elle constate que l’expérience des E.M.I est plus réelle que la réalité. S’appuyant sur le Memory characteristic questionnaire, Vanessa Charland-Verville a d’abord comparé  des souvenirs réels avec des souvenirs imaginés. Ces derniers  sont beaucoup moins intenses que des souvenirs réels. Pour les faux souvenirs, il est hasardeux de les comparer à des souvenirs imaginés ou des E.M.I. Concernant ces derniers, ils ne sont pas comparables à des souvenirs imaginés ou des faux souvenirs.  Et Il est également difficile des les apparenter à des hallucinations ou à des rêves. Il se passe manifestement quelque chose dans le cerveau que la science n’a pas encore élucidé.

Le sujet des E.M.I/N.D.E reste encore un sujet sulfureux pour les acteurs de la santé. Sur le net, la plupart des explications relèvent  de l’irrationnel, voisinent avec le spiritisme, la parapsychologie, la réincarnation, les OVNI, les voyages astraux et autres phénomènes surnaturels.
 D’aucuns affirment que la France négligerait l’étude scientifique de ce phénomène, laissant le champ libre aux dérives sectaires.

Les chemins de l’au-delà seraient-ils eux aussi semés d’embûches? La NDE garde encore beaucoup de ses mystères scientifiques.

Pour en savoir plus: 
Revue “Cerveau et Psycho” n°3, sept-nov 2003
Dr P.Van Lommel, “Expérience de mort imminente chez les rescapés d’arrêt cardiaque: une étude prospective aux Pays Bas”, The Lancet, 2001; 358: 2039-2045.

Émission diffusée le 10/01/2006 sur France 5 : le magazine de la santé au quotidien: l’Expérience de Mort Imminente.
http://www.linternaute.com/science/biologie/dossier/les-enigmatiques-experiences-de-mort-imminente/le-cerveau-la-source-des-emi.shtml
http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20141009.OBS1649/un
http://scepticismescientifique.blogspot.fr/2008/10/critique-de-ltude-sur-les-emi-de-van.html-etat-de-conscience-observe-apres-la-mort-vraiment.html?xtor=RSS-24
http://iands-france.org.pagesperso-orange.fr/res_root.html
http://soocurious.com/fr/mort-imminente-experience-deces/
http://scepticismescientifique.blogspot.fr/2013/12/transcription-de-lepisode-213-les.html

L’ACHAT DES CADEAUX DE NOËL, UN RITUEL OU UNE CORVEE?

Selon des neurologues danois, l’esprit de Noël se voit lorsqu’on stimule les aires du cerveau liées aux aires du toucher, de la spiritualité, l’analyse de l’expression faciale des émotions et la capacité de se tourner vers le monde extérieur.

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Les fêtes de fin d’année sont l’occasion d’échanger des cadeaux à mettre sous le sacro-saint sapin aux décorations et aux lumières étincelantes.

L’usage d’offrir des cadeaux ne s’est pourtant développé qu’à partir du XIXe siècle. On peut toujours arguer que les fêtes de fin d’année illustrent, comme le dit Émile Cioran, « le cauchemar de l’opulence », la culture de consommation exacerbée, mais mine de rien, Noël est un rituel collectif par sa référence mythique sacrée.

L’esprit de Noël est un mélange de profane et de sacré auquel nous sommes tenus de nous plier comme norme collective. Le sociologue Émile Durkheim pense l’expérience du sacré comme celle d’une communion avec le groupe, et il ne voit « dans la divinité que la société transfigurée et pensée symboliquement ». La démonstration du sacré se fait à travers l’échange de cadeau, la simultané. Faire des cadeaux est un geste ancestral qui est une forme du gaspillage cérémoniel lié à toute fête, comme le souligne l’historienne Nadine Cretin.

Dans notre société contemporaine, l’échange de cadeaux sous le sapin est la fois don et marchandise. L’enfant, même s’il croit au Père Noël, mémorisera cette valeur symbolique du cadeau, et il reproduira une fois devenu adulte ce don. Le cadeau de Noël correspond à cette forme d’échange qualifiée par l’anthropologue Marcel Mauss, au sujet du don, comme une triple obligation qui consiste « à donner, recevoir et rendre ».

Avant de le mettre sous le sapin, le rituel collectif du cadeau est contraignant : cette fièvre acheteuse de l’esprit de Noël vide le porte-monnaie et demande de l’imagination pour trouver le cadeau qui fera plaisir.

Plus on arrive à la date fatidique de Noël, plus la frénésie consommatrice est perceptible. Les fêtes de fin d’année sont gravées dans le marbre, et on serait tenté de penser que cela va avec une certaine logique de comportement : celui qui consiste à acheter le plus tôt possible ses cadeaux dès que le top départ commercial est donné en novembre.

L’idéal serait d’acheter dans les meilleures conditions les cadeaux à faire, sans se précipiter au dernier moment dans les magasins bondés;  courir le risque que les articles convoités soient en rupture de stock ou qu’ils ne correspondent pas aux critères souhaités (taille, couleur et forme). Ce serait un comportement rationnel.

Et bien, Noël ou pas, cadeau ou pas, le consommateur rationnel n’existe pas. Nos actes d’achats sont d’abord déterminés par des facteurs affectifs et cognitifs. Et quand il s’agit des cadeaux de fin d’année, vient s’y ajouter une autre dimension propre à ce rituel collectif.

Les fêtes de fin d’année sont une occasion pour toute la famille de se réunir au grand complet. L’échange de cadeaux est là pour renforcer les liens, mais aussi réévaluer la place de chacun dans son réseau familial et relationnel, et même si c’est inconscient, cela peut être chez certaines personnes générateur d’anxiété et de stress.

Les cadeaux sont révélateurs des relations avec notre entourage, et ils ont une vie après avoir été offerts. Et si c’est trop anxiogène, on essaye d’y échapper, selon certains spécialistes de la psychologie, en remettant les achats de cadeaux au dernier moment.

Évidemment, il y a les procrastinateurs chroniques, ceux qui ont cette manie de retarder volontairement jusqu’au dernier moment une action qu’ils ont l’intention de réaliser, et peu importe si ce retard a des conséquences négatives. En s’y prendre à la dernière minute serait une façon de conjurer le stress et l’angoisse .

Finalement, est-ce que ça vaut vraiment le coup de culpabiliser si on achète les cadeaux au dernier moment? Et si c’était simplement un signe de notre société tourmentée ? Une forme de pollution sociale? La profusion des marchandises dans les étals, en cette période, peut être vécue comme agressif; ce qui amène une tension psychique et l’épuisement des ressources cognitives.

L’étendue du choix, surtout lors des fêtes de fin d’année, n’est pas synonyme de bien-être. La course aux cadeaux peut vite se transformer en cauchemar. Trop, c’est trop !

Des études ont montré que la recherche systématique du meilleur choix est plus coûteuse sur le plan des émotions que l’attitude qui consiste à s’arrêter au premier article venu. Choisir dans un magasin entre mille et un cadeaux entraîne de la tension psychique et l’épuisement des ressources émotionnelles. La profusion ne devient plus un plaisir, mais anxiogène.

Alors il semblerait que ceux qui s’y prennent au dernier moment pour les achats s’économisent émotionnellement en s’arrêtant au premier article pour faire les cadeaux. Après tout, c’est l’intention qui compte !

Acheter les cadeaux à l’avance ou au dernier moment, est-ce si important ? Le principal ne réside-il pas dans l’esprit de Noël ?

Ce fameux esprit de Noël serait visible dans l’activation de certaines zones du cerveau par résonance magnétique fonctionnelle (IRM). C’est ce qu’ont trouvé des chercheurs danois, qui ont publié leurs résultats dans l’édition de Noël du « British Medical Journal ». Si le sujet est farfelu et fait penser à un poisson d’avril, les neurologues se sont tout de même pliés à une méthodologie rigoureuse en précisant que la psyché ne se résume pas à une cartographie cérébrale.

Selon des neurologues danois, l’esprit de Noël se voit lorsqu’on stimule les aires du cerveau liées aux aires du toucher, de la spiritualité, l’analyse de l’expression faciale des émotions et la capacité de se tourner vers le monde extérieur.

Alors  gardons cette capacité de l’imagination à croire à la magie de Noël et au plaisir des cadeaux sans modération.
©NBT