AU SUJET DU LIVRE « SCIENCE ET PSEUDO SCIENCE EN PSYCHOLOGIE CLINIQUE ».

C’est un livre fondamental pour toute personne soucieuse de s’informer judicieusement sur les psychothérapies pseudo scientifiques à partir de la littérature scientifique.

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La pseudo science avance masquée. Nous ne sommes pas toujours critiques face à la multiplication des études qualifiées de scientifiques sur des thèmes à forte connotation idéologique, et publiées dans la presse grand public. Nous les prenons comme des vérités. Ors, beaucoup de ces publications sont de la « Junk Science ».

Depuis plus de trente ans, certaines théories et techniques de psychothérapie prétendent traiter les troubles de la psyché, et ce sans avoir fait la preuve de leur efficacité, de la rigueur scientifique voire de l’éthique. Certaines d’entre-elles ont même aggravé ou déstabilisé psychologiquement des patients qui ont fait confiance à des thérapeutes incompétents. Ces derniers mal formés, parfois malhonnêtes, bref douteux.

Les chapelles ou les courant de psychothérapie, diagnostics basés sur des grilles de lecture ou des théories pseudo scientifiques sont légion. Et comment s’y retrouver dans cette jungle?

L’image mise en avant dans  ce post est celle de la couverture du livre Science and Pseudoscience in Clinical Psychology de Scott O. Lilienfeld, Steven Jay Lynn et Jeffrey M.Lohr. Uniquement disponible en langue anglaise. Fort dommage qu’il ne soit pas traduit en français mais le seul titre est éloquent sur son contenu: la science versus pseudo science en psychologie clinique. C’est un livre fondamental pour les étudiants en médecine,  les étudiants en psychologie, des juristes, des chercheurs et toute personne soucieuse de s’informer judicieusement sur les dérives des psychothérapies à partir de la littérature scientifique.

L’une des particularités de cet ouvrage est d’avoir été répertorié un temps dans la base de données Pubmed/Medline.

Dans cet ouvrage, les rédacteurs et les auteurs-contributeurs représentent divers milieux cliniques et universitaires. Le texte et divisé en 5 sections. Il fait état des controverses dans l’évaluation et le diagnostic les controverses générales en psychothérapie. Aussi dans le traitement des troubles spécifiques chez l’adulte et chez l’enfant également. De nombreux sujets sont abordés, tel que l’autisme, le stress post-traumatique, celui de l’identité dissociative et les antidépresseurs (y compris ceux à base de plantes). Chaque sujet cite la littérature scientifique qui soit confirme, soit réfute chaque méthode de traitement proposé à partir de la littérature scientifique.

Il y a eu deux versions de ce livre. La première date de 2003 (celle répertoriée surdownload-1 Pubmed). Et la seconde de 2013. Je suggère de disposer des deux éditions car certains chapitres de La première version sont différents de la seconde version même si l’esprit est le même. La direction collégiale comme Scott O. Lilienfeld, Steven Jay Lynn et Jeffrey M.Lohr n’a pas changé, mais certains auteurs ne figurent plus dans la deuxième version. Dont l’excellente psychiatre Margaret Thaler Singer, Phd, department of psychologie, state University of New York at Binghammon (NY).

Margaret est l’auteure du livre « Crazy Therapies » qui dénonce les thérapies du New Age qui particpent joyeusement à diffuser la pseudo science en psychiatrie et en psychologie. Livre non plus traduit en français. Elle a voulu introduire dans le DSM (le manuel si honni en France des troubles psychiatriques), le False Memory Syndrome, traduisible en français par les « faux souvenirs induits » causés par des thérapies pseudo scientifiques à base de suggestion et de manipulation de la mémoire. Fausses accusation d’inceste, notamment qui ont amené des pères devant les tribunaux et en prison, tout ceci à cause d’experts-thérapeutes qui avaient falsifié la mémoire de leurs filles.  Dans la première version du livre Science and Pseudoscience, Margaret Thaler Singer a contribué au chapitre 7 intitulé « New Age thérapie ». Malheureusement, malgré sa pugnacité, sa proposition d’inclure le syndrome des faux souvenirs dans le DSM fut rejetée. Elle est décédée en 2003, mais son regard acéré sur les dérives des psychothérapies est toujours d’actualité.

Dans la deuxième version, il y a de nouveaux auteurs qui évoquent également les faux souvenirs est la malléabilité de la mémoire. Dont la psychologue cognitiviste  Élisabeth Loftus, auteure du livre incontournable « Le Syndrome des faux souvenirs, ces psys qui manipulent la mémoire ». Dans cette deuxième version du livre Science and Pseudo science, elle a participé à la co-écriture du chapitre 8 intitulé « Constructing The Past , problematic memory Recovery Techniques in psychothérapy ». Tout un programme!

L’ouvrage « Science and Peudoscience » a reçu l’aval de nombreux professionnels de la santé mentale.

« Il représente une tentative très bienvenue de séparer le blé de l’ivraie dans les pratiques de santé mentale. Cette livre incisif et éclairant doit être amplement lu par les professionnels de la santé mentale, les stagiaires et les médecins qui ont besoin de savoir de quoi il retourne sur les pratiques de santé mentale pour orienter leurs patients.» (Journal de l’Association médicale américaine (la première édition), l’une des revues scientifiques majeures.)

Ou encore « Un livre important. L’accent est mis de plus en plus sur l’évaluation et la thérapie « fondées sur des preuves », mais la science peut être utilisée de manière substantielle ou rhétorique. Ce livre fait un excellent travail en distinguant les deux d’une manière cliniquement pertinente. Ceux qui vendent des thérapies pseudo scientifiques illégitimes à des personnes en détresse violent l’impératif moral de « ne pas faire de mal ». La deuxième édition mise à jour met à jour les principales controverses actuelles et sa liste d’auteurs est impressionnante. Une lecture obligatoire pour les professionnels de la santé comportementale. » (William O’Donohue, Ph.D., Département de psychologie et directeur, Centre de traitement des victimes d’actes criminels, Université du Nevada, Reno)

« Face à des mythes et à des interprétations erronées des pratiques de psychologie clinique, cette deuxième édition transmet des connaissances importantes dans un format accessible. En plus des mises à jour d’experts sur les chapitres existants, il y a plusieurs nouveaux chapitres que je trouve particulièrement précieux. Le chapitre sur la thérapie d’attachement apporte des corrections indispensables aux incompréhensions dangereuses et le chapitre sur la science de la psychothérapie a été largement réécrit, apportant de nouveaux points puissants ( Sherryl H. Goodman, Ph.D., Samuel Candler Dobbs Professeur de psychologie, Université Emory; Éditeur, Journal of Abnormal Psychology )

Ce livre constitue une base de données sérieuses pour toute personne voulant s’informer suivant les règles de « l’Evidence Based Science ».

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC353046/

 

Vidéo sur les Faux souvenirs:

 

 

 

IVRES PARADIS, BONHEURS HÉROÏQUES!

Le test du marshmallow est une étude de gratification conduite par le psychologue Walter Mischel en 1972. Un bonbon est offert à chaque enfant. S’il résiste à la tentation de le manger tout de suite, il en recevra deux plus tard.

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Dans son essai « Ivres Paradis, Bonheurs héroïques », Boris Cyrulnik théorise la fonction du héros, sa face obscure séduisante, qui peut aussi parfois le transformer en meneur  de groupe totalitaire, « planteur de haine et pourvoyeur du pire. » C’est avec des anecdotes empruntées à l’histoire que Boris Cyrulnik parle de l’héroïsation de ces hommes et de ces femmes tout à fait ordinaires, qui dans certaines circonstances ont une conduite héroïque.  Ce sont les héros de la vie quotidienne. On ne choisit pas d’être un héros, ce sont les circonstances qui s’en chargent, et c’est le récit, le fait d’en parler qui leur donne vie. Sans narration, pas de héros.

Le besoin de s’identifier à des figures héroïques s’explique d’abord par la condition humaine, elle même! La vie est un champ de bataille: « pas d’existence sans épreuves, pas d’affections sans abandon, pas de lien sans déchirure, pas de société sans solitude. » D’où cette tendance dès l’enfance à s’identifier au héros. Une partie du livre évoque la genèse de la figure du héros. Qu’elle soit positive ou obscure, elle se constitue dès l’enfance avec la mémoire et l’anticipation qui définissent le modèle opérateur interne (MIO), concept développé par John Bolwby.

Le MIO est un processus qui définit la représentation du temps. Il permet d’attribuer au présent une connotation de bonheur passé et à venir. Mais il y a son contraire qui est la maltraitance. Si le MIO est basé sur la maltraitance, il sera en attente d’une autre maltraitance. Dans ce cas là, tout n’est pas perdu pour l’avenir. Boris Cyrulnik reste optimiste. Pour ne pas être prisonnier de son passé, il faut du temps pour effacer cette mémoire des évènements douloureux  qui lui ont appris à se conditionner pour le malheur. Pour s’en libérer, il devra apprendre à devenir autonome, inhiber les  réponses réflexes et s’entrainer à juger par lui-même afin d’échapper aux pressions du groupe, qui inhibent le libre-arbitre.

L’auteur cite le test du marshmallow qui montre qu’un enfant peut acquérir très tôt cette forme de liberté qui constitue à freiner ses impulsions. Le test du marshmallow est une étude de gratification conduite par le psychologue Walter Mischel en 1972. Un bonbon est offert à chaque enfant. S’il résiste à la tentation de le manger tout de suite, il en recevra deux plus tard. Apprendre  à ne pas répondre à une stimulation immédiate est le premier degré du libre-arbitre. Cette observation expérimentale démonte que le cerveau est sculpté par le milieu, et est entraîné à fonctionner sur des modes différents. On peut dépasser le fatum. Mais la vulnérabilité acquise est résiliable.

Avec Boris Cyrulnik, le vulgarisateur de la résilience, l’espoir est toujours présent pour changer le cours de la vie. Il y a un processus culturel qui mène à l’altéricide. Le besoin du héros est un indicateur de la défaillance de l’individu dans le groupe. Il faut apprendre à résister aux épidémies de croyances ou émotionnelles. L’un des exemples cité par l’auteur est le Maccarthisme. Plus l’émotion est intense, plus elle obscurcit la raison et plus l’individu se soumet à des représentations  coupées de la réalité. La soumission a des avantages: « quand on suit le courant, on n’a que des amis, on éprouve la vertueuse colère des indignés au nom de la moralité, on élimine les dissidents, et quant au blasphème, on met à mort les mécréants. Mais qui sont ces Héros ou d’ailleurs ces Héroïnes qui peuvent servir d’exemple? Identifier des personnalités, des actes comme héroïques permet-il la résilience?

Tout simplement, ces héros sont des hommes ou des femmes qui ont su dire « Non ». Boris Cyrulnik évoque l’histoire de Germaine Tillion download. Elle n’a pas agi pour être héroïne, ce sont les récits qui l’ont lui ont attribué le statut d’héroïne. La mort du héros est une promotion, une offrande au groupe, une conséquence presque divine. Boris Cyrulnik réfute le terme d’attentat-suicide, pour lui, c’est une mort consacrée, un hymne après la mort.Vivre en société implique de renoncer à une part de soi. Des coutumes jugées barbares peuvent être morales dans certaines civilisations. Comme dans le cas de l’immolation aztèque où des enfants étaient offerts en sacrifice aux dieux. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces enfants étaient aimés et non détestés. L’auteur fait un parallèle entre l’immolation des Aztèques et la bataille de Verdun. Les deux sacrifices possèdent la même fonction psychologique qui est celle d’accepter la mise à mort des quelques éléments afin que le groupe aille mieux.

Boris Cyrulnik évoque les conflits modernes où les civils et les enfants meurent plus que les soldats contrairement aux guerres précédentes. D’où ce sentiment d’impuissance. Il parle aussi de la contagion des idées à travers l’exemple du suicide. La contagion des idées est nette pour le suicide. Quand une personnalité se suicide, on note un pic de suicide dans les jours qui suivent. À fortiori, lorsqu’il s’agit d’une femme. Si l’héroïsation est possible, c’est que le réel est si atroce qu’il devient nécessaire que toute représentation soit métamorphosée, autrement, il serait insupportable.

L’idéal ne se conduit plus au fond de soi pour réparer une blessure et reconquérir une place dans la société comme le ferait un processus de résilience. L’idéal est hors de soi, dans la doxa qui gouverne les masses.Le héros peut devenir l’étendard des idéologies extrêmes. Dans toute population, il y a un contingent d’individus peu émotifs dont l’attachement est évitant.  L’obéissance cesse d’être un facteur d’adaptation.

Le recrutement d’un terroriste est chose aisée! Une simple campagne publicitaire sur les réseaux sociaux! De même qu’il y a des épidémies de suicide, il y a des épidémies d’assassinats mystiques et idéologiques. L’individu flottant sans liberté intérieure est susceptible de succomber dans des idéologies extrêmes. Que le cerveau soit altéré par une maladie ou par un appauvrissement du milieu culturel, les effets relationnels sont les mêmes. Le marketing politique emporte la conviction en inscrivant dans la mémoire une image et quelques mots qui pétrifient la pensée.

En guise de conclusion, quelques extraits de « Ivres paradis, bonheurs héroïques »:

« Quand les représentations sociales apportent de tels bénéfices tragiques, les adaptations sont claires.-Si vous voulez être heureux, sans vous poser de questions, chantez avec le chœur, soumettez vous.-Si vous préférez devenir vous-même, rebellez vous, vous paierez plus tard»

Et si notre société avait tout simplement besoin de faire un acte de résilience collective?

https://www.youtube.com/watch?v=cwyAYplxLng&w=560&h=315%5DSource: http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160413.OBS8458/boris-cyrulnik-et-c-est-ainsi-qu-on-fabrique-des-gogos-armes.htmlhttps://books.google.fr/booksid=BZUoDAAAQBAJ&pg=PT410&lpg=PT410&dq=MIO+neurosciences&source=bl&ots=oKeebhTzor&sig=mXwTSM6GzomLtOJUxjZhojBa8PA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiqsd229cfNAhVB1BoKHWZQBbwQ6AEILDAC#v=onepage&q=MIO%20neurosciences&f=falseTest du Marshmallow

 Test du Marshmallow

LA NATURE AIDE À BIEN VIEILLIR!

L’importance de la nature est fondamentale sur le bien être physique et moral des séniors! Comme l’admet Jessica Finlay, cette étude est « empirique », bien que répertoriée dans Pubmed.

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Les seniors qui se connectent quotidiennement à la nature en tirent de vrais bénéfices, affirme une étude parue récemment.
Avoir accès à la nature (parcs, points d’eau…) permettrait de rester en bonne santé et de mieux vieillir. C’est ce que révèle la chercheuse Jessica Finlay dans une étude parue récemment.

Quels sont les bienfaits pour le corps et pour l’esprit ?

Passer chaque jour un moment dans la nature améliorerait la qualité de vie, la santé morale et physique des personnes âgées. Telle est la conclusion d’une étude anglo-saxonne menée par Jessica Finlay et son équipe de l’Université du Minnesota, publiée en juillet 2015, dans « Health and Nature », une revue spécialisée en psychologie de l’environnement.

 

La maison de retraite réduit les libertés individuelles. On peut se faire une idée à partir des observations du sociologue américain Irving Goffman sur les institutions totalitaires comme les hôpitaux psychiatriques (et autres lieux). « L’institution totale est un lieu de chamboulement où l’individu se voit déposséder de sa liberté, de ses allées et venues; son périmètre de vie se rétrécit, et la notion de temps est soumise aux contraintes de l’institution buraucratique ».

Les résultats de cette étude sur les bienfaits de la nature chez les séniors peuvent sembler pour les jeunes ou les moins jeunes une évidence en cette période estivale!  C’est l’occasion pour beaucoup d’entre nous d’aller se ressourcer au bord de la mer, dans la campagne ou à la montagne. Quand on est en pleine possession de ses capacités physiques et mentales, il semble facile de bouger à sa convenance, prendre sa voiture ou le train pour aller se promener dans les bois, aller sur la plage. Ors, ce n’est pas toujours le cas pour les personnes âgées. Notamment pour celles qui souffrent de pathologies diverses, invalidantes et qui sont dépendantes, isolées ou encore en maison de retraite médicalisée jusqu’à la fin de leurs jours. Alors interrogeons nous sur la qualité de vie de nos aînés quand ils sont coupés de la nature, avec parfois la sensation d’être claquemurés dans une institution ou une maison de retraite.

Car une maison de retraite reste un cadre de vie contraint, qui réduit les libertés individuelles de la personne qui s’est résignée à finir ses vieux jours là-bas pour diverses raisons. Qu’en est-il de leur psyché, en sachant que selon les résultats des dernières enquêtes réalisées en France, 33% des résidents d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), souffriraient de dépression? Outre cela, le risque de suicide est plus élevé chez les seniors de plus de 85 ans, deux fois plus que pour les jeunes de 25 à 44 ans. Or, le fait d’être triste ou pessimiste ne doit pas être considéré comme normal pour une personne âgée, et il n’est peut-être pas besoin de leur administrer des doses massives de psychotropes, dont on sait aujourd’hui que l’excès est délétère.

 

C’est un autre paradigme que proposent dans leurs conclusions Jessica Finlay et son équipe de l’université du Minnesota sur les effets bénéfiques de la nature chez les séniors en maison de retraite sont novatrices, même si ce que s’y raconte semble des lieux communs pour les plus jeunes. L’importance de la nature est fondamentale sur le bien être physique et moral des séniors! Comme le reconnaît Jessica Finlay, cette étude est « empirique », bien que répertoriée dans la base de données scientifiques de Medline qui cite les études sérieuses. C’est d’abord une réflexion pour les politiques de prise en charge des personnes âgées, en construisant des espaces qui accueillent les personnes sur l’ensemble de leur vie.

Les pouvoirs publics pensent d’abord à la construction d’aire de jeux pour les enfants mais rarement à des bancs pour que les grands-parents puissent les regarder s’amuser. Cette importance de la nature sur le bien-être physique et moral de nos aînés s’inscrit dans un courant humaniste qui est celui de la psychologie de l’environnement. Il étudie comment l’environnement physique immédiat d’une personne affecte sa psyché, son bien-être physique et mental, ainsi que son comportement.

 

Et également dans le courant de la psychologie positive, qui est l’étude scientifique des forces du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être. La notion de paysage thérapeutique, avec l’importance des espaces verts et aquatiques, met l’accent sur la dimension hédonique, liée à l’augmentation des émotions agréables et comportant également une dimension endémonique, avec le sentiment que la vie a du sens jusqu’au dernier souffle.

Cette étude anglo-saxonne s’oppose à la notion de pathologisation, de médicalisation forcenée de la personne âgée au détriment de la qualité de vie, l’épanouissement de soi.

Avoir accès à la nature influence la qualité de vie, alors pensons y pour nous aînés et dans les propositions politiques de la prise en charge de la dépendance des séniors. Alors, quel est l’impact positif de la nature observé par Jessica Finlay sur le bien-être de nos aînés ?

Avoir accès chaque jour à la nature influence leur qualité de vie. Un environnement boisé, un parc, ainsi que des étendues d’eaux avec des bassins, des lacs, des fontaines, une rivière, augmentent leur bien-être physique, moral et la connectivité spirituelle.

Un étang, un banc avec vue sur des massifs fleuris est quelque chose de positif. Le simple bourdonnement d’une abeille sur les fleurs, ou même le fait d’avoir vue sur des pots de fleurs sur un rebord de fenêtre est important pour une personne en maison de retraite.

Jessica Finlay parle de mettre en place des espaces de socialisation pour faciliter les34cb3a5b1ea24f2eb5a7fbbc5f7aa4cb-1 interactions sociales et les rencontres intergénérationnelles en proposant des activités avec les amis, les familles et les voisins dehors. Comme le souligne Jessica Finlay, « avoir accès à des espaces verts et aquatiques encourage les aînés à avoir envie de sortir. C’est un facteur de motivation pour rester actif physiquement, garder le moral et avoir envie de nouer des relations sociales ».

– Faire de la natation, marcher dans l’eau ou avoir un contact avec la nature permettent d’accroître l’immunité et d’avoir une meilleure résistance physique. Le simple fait d’avoir des points d’eau comme des piscines et des pataugeoires favorisent les activités physiques.
-Être motivé pour sortir  et ainsi éviter la dépression

 

Ces milieux naturels permettent, en maison de retraite, de trouver des raisons de sortir, de franchir une simple porte pour aller dehors, de quitter ce cadre de vie contraint. Certains seniors ont perdu l’habitude d’un acte aussi simple. C’est important pour la qualité de vie d’éviter la sensation d’ennui, l’isolement, la solitude subie et le sentiment d’inutilité, qui sont facteurs de dépression.

Avec cette étude,  la chercheuse Jessica Finlay applique aux aînés les mêmes principes de psychologie positive qui favorisent le bonheur comme pour les plus jeunes. Elle propose trois conseils pour bien vieillir :
1.Focus sur le bien-être global. La santé mentale et sociale est tout aussi importante que la santé physique.
2.Laisser aux aînés en maison de retraite la liberté de sortir. En clair, ne pas les confiner à l’intérieur de quatre murs.
3.Priorité au contact quotidien avec la nature. Avoir la possibilité et s’asseoir dans un parc, regardez l’eau couler d’une fontaine ou même de simples plantes.
Alors il est grand temps que les préceptes de cette étude soient suivis d’effets. Tout comme la nature, soyons bienveillants envers les personnes âgées.
Cet article a paru sur le site du Nouvel Obs Plus, le 19 juillet 2015

ÉCOPSYCHOLOGIE? VRAIMENT?

L’un des dangers est que cette discipline soit confondue avec l’éco-santé validée par l’OMS.

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L’écologie, également connue sous les noms de bioécologie, bionomie ou science de l’environnement ou environnementale, est la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux. L’écologie évoque  la science du climat mais aussi s’intéresse à la santé mentale! Et bien oui, les souffrances de la psyché peuvent  aussi se mettre au vert avec l’écopsychologie. Soigner la terre, guérir l’esprit, serait l’un de ses fondements!

Le synonyme d’écopsychologie serait (selon certains sites web) la psychologie environnementale, une discipline à part entière qui  est « l’étude des interrelations entre l’individu et son environnement physique et social, dans ses dimensions spatiales et temporelles ». L’excellent livre de Gabriel Moser,, Psychologie Environnementale qui est représentatif du sérieux de la discipline de psychologie environnementale sans connotation idéologique. Cet «ouvrage vise à la compréhension des rapports entre l’individu, la société et l’environnement, d’une part, et la mise à disposition de savoir-faire et d’outils d’intervention au niveau de l’habitat, du lieu de travail, de la ville, de l’environnement global dans le cadre du développement durable, d’autre part. » Même si l’approche ne répond pas aux critères de « l’Evidence Based Science », la psychologie environnementale peut s’avérer une source de réflexion pertinente.

Mais gardons le terme d’écopsychologie, qui à mon sens est sujet à des interprétations et à des dérives. L’écopyschologie est manifestement une discipline inédite  qui s’est développé outre Atlantique depuis les années 1990. Elle a séduit des psychologues de la région de San Francisco où une formation est dispensée à l’université de Santa Barbara! Durant cette décennie, La presse française a encensé pendant plusieurs semaines cette nouvelle discipline du développement durable à la rubrique Santé ou Bien-Être. On est en droit de se demander si l’écopsychologie est un nouvel OPNI (Objet Psychique Non Identifié en relation avec la santé),  l’écopsychologie ne figure pas dans Medline/Pubmed qui référence les études scientifiques. Face à cette lacune des cautions scientifiques, le scepticisme s’impose.

L’écopsychologie n’est pas une nouvelle discipline. C’est Theodor Roszak, sociologue et auteur de science-fiction, qui popularisa en 1995 le terme d’écopsychologie. Il se serait inspiré des travaux de Gregory Bateson, l’instigateur du courant systémique et l’un des piliers de l’école de Palo Alto. Gregory Bateson avait évoqué, en son temps, l’écologie de l’esprit où « les progrès en sciences proviennent toujours d’une combinaison de pensées décousues et de pensées rigoureuses. » Cette alliance permettant de faire progresser la science en fonction des besoins des sociétés. 
En écologie, le pragmatisme est nécessaire. Depuis les années soixante, on assiste à une crise de la science au profit de l’inflation du pseudo-scientisme. L’écologie en découd souvent (sauf exception) avec l’esprit scientifique en général, et c’est souvent l’auberge espagnole. Lorsque l’écologie parle de santé publique, la prudence est de rigueur pour ne pas jeter les gens entre les mains de charlatans sous le prétexte que la terre perd la boule, et que par effet domino, les terriens aussi.

Théodor Roszak est perçu comme un visionnaire critique de la science, mais ce n’est pas l’avis de tous. Pour le philosophe australien John Passmore, sa notoriété aurait provoqué une méconnaissance de la nature de la science, en la diabolisant car le sociologue n’a parlé que de ses dégâts, de la déshumanisation qui a créé un monde aseptisé. Afin de sauver l’humanité des désastres de la science, Théodor Roszack pense qu’il est urgent de réinstaurer l’imaginaire et la créativité. En 1969, le sociologue avait vulgarisé le néologisme de contreculture, et sa vision du monde est holistique. Terme dévoyé par le New Age avec le mythe de Gaia qui draine beaucoup d’émules de l’écologie fâchés avec la science.

L’écopsychologie étudie l’action de l’environnement sur la psychologie, et l’effet de la nature sur l’équilibre des êtres humains. C’est un sophisme de dire qu’il y a des interactions entre la santé et l’environnement. La dégradation des écosystèmes, la mutation des biotopes, et les pollutions diverses ont ou auront si on n’y prend garde une action néfaste sur la santé de milliard d’individus.
Ainsi, les pesticides seraient incriminés dans de nombreuses maladies et on les soupçonne avec diverses pollutions d’être à l’origine de nombreuses maladies et de cancers. Du côté de la santé mentale, on étudie l’influence de l’environnement architectural sur l’équilibre psychologique. Des projets architecturaux sont élaborés pour favoriser les performances, renouer avec la convivialité. On construit des résidences adaptées aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Des études anglo-saxonnes montrent les bienfaits de promenades dans des espaces verts pour les enfants hyperactifs et les personnes souffrant de dépression, permettant ainsi d’alléger la prescription de psychotropes. Ces interactions entre la santé mentale et l’environnement correspondent à l’esprit écologique mis en exergue par Gregory Bateson, sans être légitimées en tant qu’actes relevant de l’écopsychologie. Un peu de bon sens!

La lecture de sites autoproclamés, de cette nouvelle chapelle du développement durable a de quoi laisser rêveur. On apprend ainsi qu’on peut-être éco-anxieux (l’éco-anxiété étant liée aux comportements des autres), et que pour se soigner, on peut consulter un écothérapeute qui pratique une écothérapie individuelle ou de groupe. Probablement, rémunéré avec des éco-honoraires à l’éco-acte!

C’est déjà tout un poème d’être consensuel autour d’un diagnostic en psychopathologie, s’il faut encore faire rentrer dans la danse de nouvelles maladies mentales écologiques, on n’est pas sorti de l’auberge! Avec de l’imagination, on peut décliner toute la nosographie des troubles psychiques du DSM V ou du CIM 10. Le jeu consiste simplement à accoler devant le préfixe éco. On peut imaginer l’éco-névrose, l’éco-dépression, l’éco-schizophrénie, l’éco-addiction à des éco-drogues et la liste des nouvelles maladies mentales n’est pas exhaustive. Certains chantres de l’écopsychologie sont manifestement les héritiers directs du New Age. Ces éco-gourous définissent l’écopsychologie comme de la psychologie spirituelle qui vous éveille à la spiritualité en triturant vos chakras, votre kundalini et le reste de votre anatomie occulte, pour vous faire accéder aux paradis verts de l’ère du Verseau.

Ce si sympathique néologisme d’écopsychologie est un piège abscons, et avant-tout un concept marketing. L’un des dangers est que cette discipline pseudoscientifique soit confondue avec l’éco-santé validée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), où les interactions entre la santé et l’environnement font l’objet d’une véritable démarche scientifique. Je préfère nettement le concept de psychologie environnementale. L’absence de rigueur scientifique risque de nuire gravement à la bonne santé de l’écologie en confortant les propos du très sceptique Freeman Dyson (1) qui y voit « une nouvelle religion séculière mondiale.» Judith Curry, climatologue au CV scientifique prestigieux fait aussi partie de ces sceptiques.

NDLR : Pour connaître un peu mieux Freeman Dyson et ses prises de position sur les dogmes en cours de l’écologie, notamment le réchauffement climatique, consulter l’article de Nicholas Dawidoff, » Sceptique par principe » publié dans le New-York Times et repris par Courrier International n° 974 du 2 au 8 juillet 2009.

ÉLOGE DE LA SIESTE: 1, 2, 3 DORMEZ !

En l’absence de troubles du sommeil sévère, une courte sieste de moins d’une demi-heure en début d’après-midi augmente la vigilance et maintient les performances cognitives.

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C’est le temps des vacances, et pourquoi ne pas en profiter pour faire la sieste? Incitation à la paresse? Pas forcément Faire une courte pause de sommeil dans la journée est l’occasion de remettre les pendules à l’heure avec le « manque de sommeil chronique » (souvent nommé improprement  « dette de sommeil) qui serait l’un des maux du monde moderne.

 

Bien dormir est fondamental.  Durant notre sommeil, notre cerveau se nettoie de ses déchets et toxines grâce au système glymphatique, selon une étude américaine publiée en 2013. Le sommeil servirait, selon l’hypothèse des chercheurs de l’Université de Rochester (New-York), à nettoyer notre cerveau encrassé lors de l’état d’éveil. Durant le sommeil, déchets et toxines accumulés pendant la phase d’éveil seraient emportés dans un flux du liquide orchestré par des cellules spécialisées, dites « cellules gliales ». Cette forme d’auto nettoyage serait indispensable pour la survie de neurones.Le manque de sommeil est responsable de fatigue chronique, de manque de concentration, de somnolence diurne et a de nombreux effets sur la santé, notamment cardiovasculaire, le diabète, etc. Comme le souligne le Docteur Najib Ayas, spécialiste des troubles du sommeil au Women’s Hospital de Boston « les gens devraient considérer qu’un sommeil adapté à leurs besoins n’est pas un luxe mais fait partie de l’hygiène de vie ».

23 aires d’autoroutes auraient dédié depuis 2013 des espaces PHO35e52c0a-f3a9-11e2-af92-034b0987c419-805x453sieste pour  lutter contre la somnolence. Des coussins géants et des kits de sieste sont proposés aux automobilistes.
Et en dehors des vacances, pourquoi ne pas faire de la sieste une habitude de vie quotidienne? Nous consacrons, en moyenne, un tiers de notre existence à dormir. L’impact des troubles du sommeil sur la santé mentale est  régulièrement étudié chez l’adulte, l’enfant ou l’adolescent n’est plus à démontrer.

Bien dormir est bénéfique pour notre cerveau. Un bon sommeil influence la créativité; l’idéal serait de dormir huit heures par nuit afin que notre cerveau ait le temps de restructurer les souvenirs avant de les stocker. Les déficits cognitifs et mémoriels engendrés par la privation de sommeil sont étudiés, sous toutes les coutures, par les chercheurs en neurosciences. Une bonne nuit de sommeil permet de mieux assimiler ce que l’on a appris dans la journée. Chez les enfants, le sommeil paradoxal est excessivement important pour faciliter le processus de mémorisation et d’apprentissage.

Ors, le déficit de sommeil est important chez les jeunes. Près de 30 % des 15/19 ans sont en dette de sommeil, et à 15 ans, 25 % des adolescents dorment moins de sept heures par nuit. Alors que leur durée de sommeil devrait se situer entre huit et  neuf heures par nuit, avec un coucher qui n’excède pas 22:00. On connaît aujourd’hui le rôle délétère des écrans qui  réduisent la durée de sommeil de 30 à 45  minutes. La lumière vive des tablettes ont un impact sur la sécrétion de mélatonine (l’hormone du sommeil).

En 2012, une étude INSV/MGEN un tiers des Français dorment mal, au point de devenir de gros consommateurs de psychotropes (hypnotiques), loin devant les Belges. 1/4 des Français se plaignent de manque de sommeil. Ce serait les 55/67 ans les plus concernés par le manque de sommeil.  En 50 ans, les Français (toutes générations confondues) auraient perdu environ une heure de sommeil. Alors la sieste pourrait remédier à ces nuits trop courtes? Des hommes politiques tels que Winston Churchill ou Napoléon s’y adonnaient. Einstein et Édison aussi.

De nombreux chercheurs soutiennent que la sieste est issue d’un rythme biologique inné chez les mammifères, dont nous! Entre 14 et 15 H, notre vigilance diminue. 10 minutes de sieste suffiraient à nous remettre en forme. La sieste n’est pas réservée qu’aux tout-petits. En l’absence de troubles du sommeil sévère, une courte sieste de moins d’une demi-heure en début d’après-midi augmente la vigilance et maintient les performances cognitives. Si chez nous, cette proposition est associée à la fainéantise ou aux vacances, ce n’est pas le cas dans d’autres pays. Les Asiatiques sont les plus décomplexés vis à vis du sommeil, et pour eux dormir est une activité naturelle au même titre que se nourrir. En Chine, sous l’impulsion de Mao, l’article 49 de la constitution stipule que « tout travailleur a droit à la sieste », et au Japon, la plupart des grandes entreprises mettent à la disposition de leurs employés des « salons de sieste ».

 

Les variations sont nombreuses autour de la sieste, mais le mode opératoire reste inchangé: on s’allonge, on ferme les yeux, on se détend et on laisse l’attention flotter. On est là pour se détendre et oser ce droit salvateur à la paresse.

Si on n’a pas le temps de piquer son petit roupillon chez soi, il y a des propositions de sieste fort sympathiques, parfois insolites, et qui n’ont rien de crapuleuses.

Le monde de l’entreprise est directement concerné par cet éloge de la sieste, aux fins de réduire les risques psychosociaux. Si un salarié fait une sieste, il sera reposé, détendu et travaillera mieux. Sans affirmer que la sieste est le remède miracle pour éviter les risques psychosociaux.
Orange (anciennement France Télécom), tristement célèbre pour ses risques psychosociaux élevés parmi ses salariés, expérimente  à Lyon  des calm-chairs dans des calm-spaces. Un espace est aménagé avec des lumières et des musiques relaxantes où sont mis à la disposition des salariés des fauteuils-caissons. Des séquences sonores et lumineuses scientifiquement approuvées qui stimulent la mélatonine ont été spécialement développées pour des siestes de 10, 15 et 20 minutes…
Depuis 2017,  le sud-ouest Parisien de Renault,  a créé un espace de sieste permet mis à la disposition des 1.200 employés de la structure pour se ressourcer efficacement. En un an, la fréquentation est passée de 40 personnes par jour en moyenne à 60 et ce sans que l’entreprise ait besoin de communiquer dessus.

À la Banque Postale, tous les salariés de l’entreprise ont accès librement à la salle zen dédiée à la sieste. Les employés peuvent y rester le temps qu’ils veulent. En général, la moyenne est de l’ordre de 10 à 30 minutes. Un fond musical est diffusé en continu et changé tous les jours. Des activités sont régulièrement organisées dans la salle, comme par exemple des séances « micro détente ».

« Faire la sieste pour mieux travailler » s’avère un métier à part entière. La sieste, ça ne zen-bar--sieste-pas-chers’improvise pas, ça se gère comme n’importe quel business. Des entreprises se sont spécialisées dans la sieste au travail et l’aménagement de calm-spaces. Les boîtes à sieste se louent environ 900 €uros par mois. En France, en Belgique, au Japon et aux Etats-Unis se créent des bars à sieste (yellow spas).

Alors la sieste, pour bien se porter, un remède à consommer sans modération. Pourquoi pas? Et si la sieste était aussi un éloge à la lenteur qui s’oppose à la culture de la performance? Comme la écrit l’écrivain Grégoire Lacroix, « La plus belle heure de la vie est la sieste.»

 

Sources:

OSCAR, UN CHAT HORS DU COMMUN!

Le Dr David Dosa a publié le livre « Un Chat médium nommé Oscar » qui raconte l’étonnante faculté de ce chat. Et Oscar a évidemment sa page facebook « Oscarthecat, régulièrement mise à jour »

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On parle souvent du sixième sens des animaux. Vraiment? C’est de la science fiction. Toutefois, certains de leurs comportements est intriguant et semble relever de la parapsychologie. Il n’en est rien, c’est tout simplement un pan de leurs capacités qui sont ignorées. Selon le naturaliste Marc Giraud, « la science officielle est indifférente à ce genre de phénomène.»

L’un de ces animaux aux capacités énigmatiques pour la science est Oscar, un chat hors du commun! Ce félin fait partie de l’équipe soignante du Dr Dosa, gériatre et professeur adjoint à l’Université Brown à Rhode Island. Oscar est né en 2005, et est un sénior aujourd’hui  de 13 ans. Il a été adopté encore chaton dans un refuge pour animaux, et  il a grandi au sein de l’unité du centre de réadaptation Steere House à Providence, (Rhode Island) où les patients sont atteints de la maladie d’Alzheimer, de Parkinson et autres maladies neuro dégénératives. Aux derniers stades où les malades sont généralement inconscients de leur environnement.

Oscar, la mascotte de ce service de gériatrie, a accédé à la notoriété par le biais d’un article publié sur lui en juillet 2007 dans le New England Journal of Medicine rédigé par le David Dosa. Le gériatre décrit les rondes d’Oscar dans son service, ce don extraordinaire où son comportement récurrent avertit l’équipe médicale de la mort imminente de patients en phase terminale. Quand un résident est sur le point de mourir, il monte sur son lit et se blottit en boule contre lui jusqu’à son dernier souffle.

L’étonnante capacité d’Oscar aurait plusieurs explications: immobilité précurseur de la mort chez ces patients, odorat particulièrement développé pour sentir les cétones, les substances dégagées par les cellules mourantes. Ou bien, il ne serait attiré par certaines phéromones. Ce qui est sur, est que la mascotte du service ne câline que les personnes qui n’ont plus que quelques heures à vivre.

Oscar a présidé la mort de plus de 100 résidents de ce service. Sa seule présence au chevet d’un patient est interprétée par les médecins et le personnel de maison de soins infirmiers comme un indicateur fiable de sa mort imminente. Lorsqu’on le voit lové sur un lit, le personnel soignant avertit alors la famille pour qu’elle se rende au chevet du mourant. Oscar a tenu compagnie à des malade qui seraient morts seuls, sans proche à leur chevet. Pour son  attitude dévouée, il est hautement considéré par les médecins, le personnel de Steere House et les familles des résidents.

Comment se passe une journée pour Oscar?  Il n’est pas le plus sociable des chats, et ne se laisse câliner par personne affirme le personnel soignant. Il se promène dans le service, semblant repérer parmi les résidents lequel quittera ce bas monde ce jour-là. Oscar démarre sa ronde et croise Mme P qui vit dans cette unité spécialisée dans la maladie d’Alzheimer depuis trois ans maintenant. Elle ne reconnait plus ses proches  malgré le fait qu’ils viennent la voir tous les jours.

Les cheveux en bataille, Mme P déambule sans but dans les couloirs. Perdue dans son monde intérieur, elle se dirige vers Oscar. Dérangé dans sa promenade, Oscar la regarde attentivement et quand elle passe devant lui, il émet un sifflement doux qui semble dire: « laisse-moi tranquille. » Elle l’ignore et continue son chemin dans le couloir. Oscar semble soulagé. Mme P n’est pas sur le point de mourir et Oscar n’a pas besoin de rester auprès d’elle.

Oscar revient au staff médical et saute sur le bureau pour boire de l’eau dans son bol et manger des croquettes. Repus, il va reprendre sa tournée par l’aile ouest. Il contourne un résident qui ronfle paisiblement, affaissé sur un canapé.

Oscar arrive à la chambre 313, et se faufile par la porte est ouverte,. Mme K. repose paisiblement dans son lit, sa respiration est régulière mais peu profonde. Elle est entourée des photos de ses petits-enfants et de celles du jour de son mariage. En dépit de ces souvenirs qui l’entourent, elle est seule. Oscar saute sur son lit et la renifle. Il fait une pause et se blottit en boule contre elle. Une heure se passe. Oscar est toujours là, contre Mme K. Une infirmière entre alors dans la chambre pour vérifier l’état de sa patiente. Elle remarque la présence d’Oscar, et alors quitte précipitamment la  chambre pour retourner à son bureau, attrape le dossier de Mme K et passe quelques coups de fil.

Une demi-heure après, la famille arrive. Le personnel dispose des sièges supplémentaires pour que les proches puissent veiller Mme K. Un prêtre vient lui administrer les derniers sacrements. Malgré tout ce branle-bas de combat, Oscar n’a pas bougé d’un poil et ronronne doucement en pétrissant Mme K.

L’un des petits fils demande à sa mère, « Que fait ce chat ici?»
Sa mère, les yeux remplis de larmes, lui répond: « Il est là pour aider ta grand-mère à partir au ciel. »Trente minutes plus tard, Mme K. rend son dernier souffle. Alors Oscar se redresse, regarde autour de lui, s’en va de la chambre, si tranquillement que la famille en pleurs ne s’aperçoit pas de son départ.

De retour au staff, Oscar lape de l’eau et se recroqueville pour un long repos. Sa journée 27545578_10159985349855582_7125791746833714363_nest finie. Il n’y aura plus de décès aujourd’hui. Tous les accompagnements de fin de vie par Oscar sont tout aussi attendrissants les uns que les autres. La mascotte du service a sa plaque accrochée sur un mur pour services rendus. Elle est gravée à son effigie et porte cette mention élogieuse: « Pour sa compassion dans cette unité de soins palliatifs, cette plaque est décernée à Oscar le chat

Sans briser le rêve anthropomorphique qui n’enlève rien aux qualités d’Oscar, la critique sceptique s’impose. Les spécialistes animaliers mettent d’abord l’accent sur les qualités innées des animaux.

Ainsi, le Dr Jill Goldman, spécialiste du comportement animal à Laguna Beach (Californie) estime que les chats ont un super odorat, et avance l’hypothèse que si Oscar reste auprès des mourants, c’est un comportement appris en association avec une certaine odeur propre à la mort.
Le Dr Thomas Graves, un spécialiste des chats dans l’Ilinois  a déclaré à la BCC: « Les chats peuvent souvent sentir quand leurs maîtres sont malades ou quand un autre animal est malade. Ils peuvent sentir que le temps va changer, et ils sont réputés pour pressentir les tremblements de terre.» Alors, ces spécialistes ne sont pas surpris par cette sorte de sixième sens du monde animal. Rien de parapsychologique, dans le don d’Oscar. Son don est juste rare.

Nicolas Gauvrit, dans la revue Science et Pseudo-sciences parle, lui, des biais cognitifs, des corrélations illusoires ou des erreurs statistiques induites par l’équipe soignante. «Il n’y a pas la moindre preuve scientifique qu’Oscar ressente quoi que ce soit, et les considérations sur les causes possibles sont donc prématurées…»

Ces précisions n’enlèvent rien au côté sympathique de l’article publié dans le New England. Certains sceptiques précisent, à juste raison, qu’il s’agit d’un témoignage informel qui a été cité par les médias comme s’il s’agissait d’un article de recherche, alors que ce n’est pas le cas. Ce témoignage met simplement l’accent sur cette nouvelle discipline qu’est la médiation animale ou la zoothérapie qui fait du bien au moral des malades. Et c’est certainement le but de la publication du Dr Dosa:  casser le côté inhumain de la fin, de vie en milieu hospitalier, et le désarroi des patients souffrant de maladies neuro dégénératives. Et comment s’y prendre si ce n’est rendre faire le buzz avec un chat hors du commun?

Le Dr David Dosa a publié le livre « Un Chat médium nommé Oscar » traduit dans 20 pays qui raconte l’étonnante faculté de ce chat. Et Oscar a évidemment sa page facebook « Oscarthecat, régulièrement mise à jour ».david-dosa-oscar

Cette histoire insolite sur les capacités d’Oscar montre que les animaux dans les services de soins palliatifs permettent d’exorciser, d’apaiser l’angoisse de mort des malades et la tristesse de la famille qui voit partir l’un des siens. Après que cela ne soit pas très rigoureux sur le plan scientifique, c’est une autre histoire. Mais au moins, c’est apaisant…

Et voici une réflexion touchante d’un lecteur de ce livre trouvé sur le site Babelio. Ce n’est peut-être pas scientifique mais elle témoigne de l’importance de la médiation animale, de la zoothérapie.

On aimerait finir ses jours dans cet établissement où chaque patient est entouré d’une remarquable équipe médicale et…de chats. 
Ce récit est écrit par le médecin qui accompagne les malades en phase terminale et note quelques anecdotes sur les patients en fin de vie et leurs proches.
Facile à lire, il donne à réfléchir (Merci Belavio pour ce témoignage)
©NBT
Vidéo Oscar the cat
Notes:
Définition de la zoothérapie
En 1988, l’institut de zoothérapie du Québec donne de la Thérapie Assistée par l’Animal la définition suivante : « activité qui s’exerce, sous forme individuelle ou de groupe, à l’aide d’un animal familier, soigneusement sélectionné et entraîné, introduit par un intervenant qualifié dans l’environnement immédiat d’une personne chez qui l’on cherche à susciter des réactions visant à maintenir ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif.»

LA VIE EN MOUVEMENT D’OLIVER SACKS

Être en mouvement, l’esprit et le corps toujours en mouvement est la leçon de vie d’Oliver Sacks.

Trois ans se sont écoulés depuis le décès du regretté neurologue Oliver Sacks d’enchanter mes premières lectures d’étudiante en psychologie. J’étais déjà passionnée par les rouages de la psyché humaine mais Oliver Sacks m’a conforté dans le choix de mon cursus universitaire.

Une vie en mouvement, toujours en mouvement, c’est ce qui caractérise celle du célèbre neurologue et écrivain Oliver Sacks mort le 30 août 2015. Il avait 82 ans. En février 2015, il avait révélé dans le New York Times, souffrir d’un cancer en phase terminale. Avec sérénité, il expliquait « se sentir intensément vivant », et poursuivant, « je dois maintenant choisir vivre les mois qui me reste. Je veux vivre de la façon la plus riche, la plus profonde, et la plus prolifique qui soit.» Il laisse une œuvre considérable empreinte d’humanité et de créativité dans la relation médecin/malade, bouleversant les schémas traditionnels de la médecine neurologique.

Oliver Sacks accéda à la célébrité avec la sortie de son livre en 1982 « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » où il raconte lcet homme souffrant d’agnosie visuelle qui a donné son titre au livre. En fait le cas de cet homme qui ne savait que reconnaître les formes géométriques comme un chapeau mais incapable de reconnaitre les visages n’est que l’un des cas relatés dans ce livre, et qui lui a donné son titre.  Cet ouvrage se compose en fait de 24 essais des cas les plus bizarres que le neurologie a rencontré dans sa pratique.
De son oeuvre immense, il nous reste un livre testament « En Mouvement, une vie », sorti en 2015, juste avant sa mort. Il a été publié en français au début de l’année 2016. C’est une autobiographie et aussi un testament sur la complexité de l’être humain face à la maladie invalidante. comme dans ses autres ouvrages, il montre cette capacité qu’ont certains malades à faire preuve de résilience et à trouver des schémas d’adaptation. Tout au long de sa carrière, Oliver Sacks se centrera sur la stabilité psychique de ses patients atteints des pires troubles neurologiques.

Dans cette autobiographie « En Mouvement », Oliver Sacks raconte son enfance, ses études et ses voyages. Son talent de narrateur est tel que lorsqu’il déroule le fil de sa vie et raconte d’une façon inlassable sa relation avec ses patients qui arrivent à vivre au plein sens du terme avec leur handicap neurologique, on a l’impression de l’avoir en face de soi et d’être proche de lui. C’est une plongée, sans fard ni honte, dans son intimité affective, familiale et professionnelle. C’est aussi une leçon de pratique clinique et de psychothérapie. Aussi une leçon d’espoir sur la faculté d’adaptation du cerveau à des maladies neurologiques, qui permet de comprendre comment le cerveau normal s’adapte, réagit à la perception, la mémoire et l’individualité.

Oliver Sacks est né en 1933 en Angleterre. Comme il le reconnaît lui même dans son autobiographie, il a reçu la meilleure des éducations britanniques. Sa mère était chirurgienne et anatomiste, et son père médecin généraliste. Pour sa famille, ça ne faisait aucun doute: « il était entendu que je serai médecin depuis mon quatorzième anniversaire.» Outre ses parents, deux de ses frères le seront également. Admis à Oxford, il étudia la médecine dans les années 50 où un fossé infranchissable semblait séparer la neurophysiologie du vécu réel des patients en proie à des troubles neurologiques. L’un des talents d’Oliver Sacks est en face d’avoir su s’effacer face à ses patients et de critiquer ses grilles de diagnostic face à leur douleur psychique. Sa préoccupation première était de comprendre leur psyché pour adapter sa thérapie. Étudiant, il ne s’était pas inscrit à des cours de psychologie, mais il allait néanmoins assister à ceux de James Gibson qui faisait des expériences de psychologie visuelle. Déjà, Oliver était fasciné par les distorsions visuelles qui chamboulaient la compréhension visuelle, l’intuition et le bon sens.

 

À 27 ans, il quitta l’Angleterre pour se rendre Outre-Atlantique. Il voulait s’éloigner de son frère schizophrénique qu’il estimait «mal soigné» par la psychiatrie de l’époque. Celui-ci était sous tranquillisant, et il avait certes moins de crise mais il avait sombré dans le désespoir et était devenue apathique, les facultés mentales diminuées. Il devint absolument incapable d’avoir une vie intellectuelle; sa passion et sa raison de vivre était dans les livres et dans la stimulation de son intellect. C’est à la maladie de son frère qu’Oliver Sacks impute sa vocation de scientifique envers le « dysfonctionnement cérébro-mental ». Côté loisirs, arrivé aux États-Unis, Oliver Sacks était un passionné de randonnées moto et d’haltérophilie. Il se décrit comme solitaire et passera tente cinq ans de sa vie sans relation affective et intime, dévoué à ses patients sans esprit carriériste. Il évoque sa période amphétamines qui faillit lui coûter sa carrière en sus de sa santé mentale.

Son succès littéraire immense débuta avec « L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau », ce cas étrange de cet homme atteint d’agnosie visuelle. Dans son dernier livre, il raconte aussi ses déboires avec ses éditeurs et ses notes. Il définit son intellect en désordre et d’un illogisme manifeste. Étourdi, il lui est arrivé de perdre dans des circonstances rocambolesques des notes peaufinées durant des mois. Et ce tout au long de sa vie !

 

L’un des temps fort de « En Mouvement » est le chapitre l’Éveil, en écho au titre d’un livre, d’un film et d’une série de documentaires. En 67, Oliver Sacks était médecin-résident au Beth Abraham. On lui avait enseigné lors de ses études que la neurologie et la psychiatrie étaient deux disciplines indépendantes Quand il fut au chevet des malades, il découvrit que pour saisir la réalité globale de ses patients, et les prendre en charge, il se devait être autant psychiatre que neurologue. Au Beth Abraham, il y avait (comme dans d’autres hôpitaux) des rescapés de la pandémie de la maladie du sommeil (encéphalite léthargique) qui avait sévi durant les années 20.  Les soignants avaient observé de brèves rémissions de ces patients murés en eux-mêmes, à l’apparence figée semblable à une statue, mais des épisodes de rémission laissaient penser que leur psyché était intacte. Notamment lorsqu’ils entendaient de la musique, ils étaient capable d’esquisser des pas de danse! D’ailleurs, dans sa pratique Oliver  s’appuya toujours sur la musicothérapie. Certains symptômes de ces rescapés de la maladie du sommeil ressemblaient à ceux de la maladie de Parkinson. Leur point commun était un déficit en dopamine. Ces patients avaient été délaissés par la médecine car jugés irrécupérables, et ils étaient internés dans des centres jusqu’à leur mort.

Oliver Sacks eût l’idée de leur prescrire de la L-Dopa, l’anti-parkinsonien de référence,  pour lutter contre ce déficit. Le neurologue constata des éveils chez ces patients, qui non seulement étaient physiques, mais également intellectuels perceptuels et émotionnels. À côté de cette administration de L-dopa, de la musicothérapie était adjointe. Mais il y a l’envers de la médaille. Ces réveils de ces personnalités figées dans le temps ne se feront pas toujours en douceur. Certains malades seront en proie à des hallucinations, des délires paranoïaques et érotomaniaques. Ce qui déclencha une levée de bouclier contre lui de la part de ses confrères. Ils écrivirent de violentes charges contre lui dans le JAMA d’octobre 1970 sans qu’il puisse y répondre.

S’il n’y avait que ça! Il fût aussi attaqué tout au long de sa carrière pour écrire des livres racontant des cas, accusé d’instrumentaliser à des fins éditorialistes ses patients, selon ses détracteurs, . En 1973, Oliver Sacks publia l’Éveil, et en 1974, dans la série de documentaires réalisés, par la télévision britannique Discovery, certains des ses patients acceptèrent de s’y montrer à visage découvert pour témoigner de leur amélioration (même transitoire) sous L-Dopa. Et en 1990, le film du même nom que le livre joué par Robin Williams et Robert de Niro. Ses travaux à l’hôpital Beth Abraham ont contribué au développement de l’Institute For Music And Neurologic Functiun et à la musicothérapie.

Vers  la fin de sa vie, il va adhérer à la théorie d’Edelman sur le darwinisme neuronal. Selon lui, « l’individualité est profondément inscrite en nous dès le départ au niveau neuronal.»… Dans son acceptation la plus large, le darwinisme neuronal soutient que nous sommes destinés, bon gré mal gré, à seul fin de nous particulariser et de nous développer- de Nous frayer chacun un chemin individuel tout au long de notre existence.» Le cerveau est bien plus qu’un assemblage de modules autonomes qui seraient un par un incontournables pour une fonction mentale spécifique». C’est un orchestre réunissant des centaines d’instruments différents, qui se dirige tout seul, bien que la partition et le répertoire changent en permanence. » Être en mouvement, l’esprit et le corps toujours en mouvement est la leçon de vie d’Oliver Sacks.