OSER ÊTRE QUELQU’UN DE BIEN! ÉLOGE DE LA GENTILLESSE!

Juste quelqu’un de bien
Quelqu’un de bien
Le cœur à portée de main (Enzo)

Malheureusement, l’actualité heurte trop souvent notre sensibilité et nous sommes souvent bousculés dans nos certitudes et nos croyances! Qui n’a pas éprouvé cette sensation admirablement décrite par Irvin Yalom, professeur émérite en psychiatrie de l’université Stanford, dans son livre « La Malédiction du chat hongrois »: « Nous sommes des créatures en quête de sens, qui doivent s’accommoder de l’inconvénient d’être lancées dans un univers qui n’a intrinsèquement aucun sens.»

Sans aller jusqu’au mal-être ou la rupture psychique, comment résister au bruit et la fureur ambiante sans renoncer à notre personnalité? Devons nous forcément nous laisser submerger par la violence autour de nous, celle qui fait l’actualité et qui se répand autour de nous dans une sorte de compétition darwinienne (mal digérée et donc dévoyée) où le plus fort doit gagner en étant méchant? Devons nous perdre notre identité et nous transformer en une sorte de loup-garou derrière nos écrans et réserver certaines de nos qualités intrinsèques à la vie réelle dans toutes les sphères (familiale, amoureuse, amicale et professionnelle)?

Et si nous parlions de certaines qualités comme la gentillesse, souvent assimilée à bêtise ou du moins à la faiblesse d’esprit? L’étiquette la plus péjorative étant celle du bisounours pour disqualifier celui qui est gentil! Et pourtant la psychologie s’intéresse à cette forme de communication que Carl Rogers qualifiait de non violente! La gentillesse est étroitement liée à l’empathie, liée elle-même dans le cercle vertueux de la morale. Et ça commence dès le berceau! C’est ce qu’a démontré le psychologue Martin Hoffman dans Empathy. Les nourrissons sont sensibles à la détresse d’autrui. Lorsqu’un bébé pleure, il peut lui aussi se mettre à l’unisson de son chagrin en se mettant à pleurer lui aussi. Ce serait génétique! Plus précisément, certaines hormones comme l’ocytocine favorisent le comportement maternel, le lien conjugal et la confiance en soi.

Du côté des neurosciences, des images réalisées sous IRM ont montré que le cortex cingulaire antérieur subgenual pourrait être le siège de l’empathie et de la gentillesse. Juste une piste d’après une expérience réalisée par une équipe universitaire d’Oxford sur des joueurs, et donc prudence car rien n’est confirmé.

Alors comment la gentillesse se manifeste-t-elle au niveau des actes? Et pourquoi pas justement l’illustrer avec les paroles de la chanson de Enzo, « Juste quelqu’un de bien »

Juste quelqu’un de bien
Quelqu’un de bien
Le cœur à portée de main

J’dis bonjour à la boulangère
Je tiens la porte à la vieille dame
Des fleurs pour la fête des mères

Sans tomber dans la soupe du développement personnel et la moraline, on vous démontre par A+B que l’excès de gentillesse peut vous nuire, et on va vous apprendre à être dans le camp des méchants ! Vraiment? Les attaches de la psychologie sont celles de la philosophie, et cela malgré l’apport des neurosciences, de la génétique ou de la science. La philosophie doit être intégrée à la pratique professionnelle, et pour moi elle est la cousine germaine de l’éthique professionnelle.

Récemment, j’ai lu une excellente interview de Laurence Devillairs qui va vous décomplexer d’être gentil! Cette philosophe est l’auteure d’« Être quelqu’un de bien »(ou devenir une bonne personne ne peut-être qu’une vocation de femmes ou d’hommes libres). Je n’ai pas lu le livre, mais les propos recueillis par Clément Pétreault (du journal Le Point) sont séduisants, et j’avais vraiment envie de vous le faire partager. Alors, vous e découvrirez ci-dessous. Bonne lecture, et comme j’ai cité Enzo, j’ai également partagé sa chanson « Juste quelqu’un de bien » !

Le Point : Pourquoi s’intéresser aux gentils ? Au fond, ce sont un peu les perdants de l’époque ? 

Laurence Devillairs : Cette fascination pour les méchants et les cyniques me paraît convenue et démodée ! Il y a certes une banalité du bien, mais cette banalité ne demande pas de coup d’éclat, elle réclame modestement de suspendre la fatalité du « c’est comme ça » pour faire advenir le bien, faire changer le cours des choses malgré les contingences, les envies, les intérêts, les détestations ou les sympathies. La gentillesse est tout sauf une facilité : c’est un talent. Prenez les exemples dans le cinéma : le méchant est un obsessionnel monolithique, égoïste et calculateur. Il est perçu comme plus intelligent, plus manipulateur et donc plus stratège. Mais le gentil est souple, capable de faire la bonne action au bon moment. Il saisit l’instant. Le cinéma fait porter le poids narratif aux méchants, alors que c’est sans grand intérêt ! Le gentil découvre le devoir qu’il se doit à lui-même, les actes que le bien lui réclame d’accomplir, c’est ça qui fait l’histoire ! Dans les « James Bond », les méchants sont obsédés par le plaisir du mal, ils sont robotiques et bardés de technique. Le méchant de « James Bond » révèle la pauvreté du méchant. Alors que James Bond, lui, est hyper-humain, il y va à mains nues. 

Vous invitez à être quelqu’un de bien et pourtant vous fustigez la bienveillance… Pourquoi ? 

Il y a une confusion entre la gentillesse et la bienveillance. La bienveillance est une attitude plus qu’une conduite, c’est une morale de proximité, qui consiste à vouloir consoler ou aplanir le malheur de l’autre, si possible de l’autre qui me ressemble le plus. Mais il y a des chagrins qu’on ne doit pas consoler. La morale de proximité ne suffit pas à faire la gentillesse, car la morale exige beaucoup plus que la compassion. La gentillesse, c’est se mettre à la place de l’autre au sens strict. Le bon samaritain n’est pas bienveillant et Dieu merci ! S’il l’était, il se contenterait de regarder ou de consoler, mais là, non ! Le bon samaritain doit voir le voyageur, le toucher et se mettre à sa place, il se démène, il remue ciel et terre… Il a suspendu le cours normal des choses pour faire advenir quelque chose d’autre. En fait, qu’on le veuille ou non, la morale nous gêne et nous contraint à l’action. Ce qui compte, c’est ce qui se passe ici et maintenant. 

Etre quelqu’un de bien, est-ce la promesse de devenir quelqu’un d’ennuyeux ? 

Non ! Etre quelqu’un de bien, ce n’est pas simplement obéir aux règles, aux convenances et aux conventions, c’est accomplir avant tout des actes de liberté. En morale, il n’y a que deux catégories : le lâche et le courageux. Quelqu’un de bien n’est pas un surhomme, il n’a pas d’aide divine, c’est « seulement » un héros, mais un héros ordinaire, qui aurait pu ne pas faire le bien, qui est comme tout le monde menacé par la possibilité de faire le mal, mais qui a le courage, la liberté, de faire le choix du bien. Exister, c’est en effet savoir que tout ne se vaut pas, c’est refuser une forme d’athéisme moral, c’est-à-dire la croyance qui voudrait qu’exister suffit, indépendamment de toute idée de bien ou de mal. L’athée moral, celui qui « ne voit pas le problème », est beaucoup plus dangereux que le tueur en série. 


L’ORTHOREXIE OU L’OBSESSION DE SE NOURRIR SAINEMENT COÛTE QUE COÛTE!

C’est le Dr Steve Bratman qui créa, en 1996, le néologisme d’othorexie, pour désigner l’obsession de se nourrir exclusivement avec des aliments sains.

Une alimentation équilibrée s’avère nécessaire pour notre capital santé; nous sommes tous d’accord malgré nos nombreux écarts alimentaires!

Faut-il encore que nos efforts pour manger sainement ne se transforme pas en obsession, une forme de trouble du comportement alimentaire, l’orthorexie.

Diable, que signifie ce néologisme?
C’est le Dr Steve Bratman qui le créa en 1996 pour désigner l’obsession de se nourrir exclusivement avec des aliments sains. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais une forme d’obsession qui pousse à rechercher une alimentation parfaite. Orthorexie vient du grec «orthos», qui signifie «droit» ou «correct», et est à mettre en parallèle avec l’anorexie mentale. C’est une attitude vis à vis du choix de la nourriture.  « À l’origine», dit-il, « j’ai inventé ce mot pour taquiner mes patients trop obnubilés par les régimes alimentaires. Au fil du temps, cependant, j’en suis arrivé à constater que ce terme  désigne un authentique trouble de l’alimentation ».

Il faut tout de suite préciser que l’orthorexie est un concept que certains considèrent comme pseudo-scientifique. Il ne figure pas au DSM-5 ou le CIM 11 parmi les troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie ou l’hyperphagie alimentaire. Mais..mais en allant voir sur PUBMED, la base de données des articles scientifiques publiés, on trouve des articles sur le sujet de l’orthorexie qui en font un problème de dysfonctionnement de comportement alimentaire au goût du jour. Dans la littérature anglo-saxonne on parle d’orthorexie nerveuse pour les formes les plus sévères de ce trouble. Elle nécessite une psychothérapie souvent une TCC pour réapprendre à s’alimenter.

Sur son site, Steve Bratman défend son concept sans dénoncer un régime alimentaire particulier. Il n’a jamais prétendu que le végétarisme, le végétalisme ou toute autre approche nutritionnelle qui sort des sentiers battus, incitant à manger des aliments sains relevait du pathologique.

De même que les personnes qui font attention aux ingrédients inscrits  sur les étiquettes des aliments, avant de les acheter, ne veut pas dire qu’elles ont un problème psychologique. Comme certains articles sur l’orthorexie via le web semblent l’affirmer. Et Steve Bratman est le premier à dire que la dépendance à la malbouffe est immensément plus répandue que l’obsession d’une nourriture saine. Il est toujours possible de changer ses habitudes alimentaires sans être obnubilé, presque pathologiquement par une nourriture saine!

L’anorexie en est le parallèle. L’obésité est de loin le plus gros problème de santé lié au mode de vie d’aujourd’hui, et chaque personne doit veiller à maintenir un poids et un IMC normaux. De même, on doit minimiser l’apport des conservateurs, pesticides, antibiotiques et tous les autres composants nocifs qui polluent l’alimentation. Cependant, certaines personnes qui font une fixation sur une alimentation absolument dénuée de nocivité peuvent développer un trouble de l’alimentation par rapport à ça, à l’instar de certaines personnes, qui pour éviter l’obésité deviennent anorexiques.Pour les personnes souffrant d’orthorexie, manger sainement est devenu un trouble extrême, obsessionnel, les enfermant psychologiquement et parfois physiquement dangereux, tout à fait distinct de l’anorexie. Souvent, l’orthorexie semble avoir des éléments de TOC, tout comme l’anorexie. Mais l’orthorexie ne se présente pas comme un Trouble Obsessionnel Compulsif typique ou comme de l’anorexie.

Il y a une autre composante idéologique, ambitieuse voire de nature spirituelle qui s’enracine dans la personnalité. Il est le plus souvent seulement un problème psychologique dans lequel les préoccupations alimentaires deviennent dominantes au détriment des autres dimensions de la vie, qui elles sont négligées. Dans de rares cas, cela peut être grave, entraîner la mort via la malnutrition. « La tolérance zéro du point de vue alimentaire peut, dans ces extrêmes, affecter chacun des actes et susciter une perte de l’appétit de vivre (anonyme, Wikipedia)». On parle même de risque de dépression. L’une des caractéristiques distinguant l’orthorexie de l’anorexie est que l’anorexique se concentre sur son poids, alors qu’une personne souffrant d’orthorexie est obsédée par la pureté de son alimentation. Les personnes souffrant d’anorexie possèdent une image déformée de leur corps, de dysmorphisme (même si elles n’ont pas de problèmes médicaux de poids). Les personnes qui souffrent d’orthorexie luttent constamment contre le sentiment d’être empoisonnées par ce qu’ils ont mangé, peu importe le soin avec lequel ils surveillent leur alimentation.

Certains régimes alimentaires poussent aux excès. L’un d’eux, très tendance est celui du « régime détox ».
Une britannique de 47 ans, à la suite d’une cure « Detox » après la période festive du Nouvel An a été hospitalisée dans une unité de soins intensifs pour un cortège de troubles sérieux (période de confusion mentale, évanouissements, grincement de dents, etc) dus à l’excès de racine de valériane. Cette patiente était une grande consommatrice de plantes médicinales. Son histoire est relatée dans le British Médical Journal. Elle n’avait aucun antécédent psychiatrique, et elle a pu être rapidement traitée sans séquelles neurologiques.

Au sujet des régimes Detox, Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, en dit le plus grand mal:

D’un point de vue scientifique, le terme « détox » n’a aucun sens. Il relève plutôt de l’attrape-nigaud marketing. Il fait croire que nous serions intoxiqués par notre alimentation et que notre organisme contiendrait des déchets qu’il nous faudrait éliminer. Deux erreurs. D’abord, parce qu’il n’y a pas de poison dans ce que nous mangeons ; ensuite, parce que nous sommes naturellement équipés pour éliminer ce qui a vocation à l’être. Les reins et le foie sont là pour cela. Si les régimes détox visent simplement à nous inciter à mieux nous nourrir et à limiter les excès, ils peuvent avoir une utilité. S’ils s’appuient sur des arguments ésotériques ou ambitionnent une purification des organismes, ils n’ont aucune légitimité.

Deux conditions impliquent le contrôle de ce que l’on mange. Si l’anorexique cherche continuellement à réduire le poids, un orthorexique se sent toujours dans l’obligation d’atteindre l’alimentation idéale, afin de se sentir bien avec lui-même. Parfois, les gens passent de l’anorexie à l’orthorexie, en gardant le principe d’habitudes alimentaires désordonnées, et changent simplement le curseur de la perte de poids vers la perfection alimentaire.

Le psychiatre Gérard Apfeldolfer, spécialiste des troubles alimentaires, compare l’orthorexie à une forme de religion: « Le corps de l’orthorexique est un temple le lieu de toutes les adorations. Il est persuadé que tout ira bien s’il parvient à se nourrir idéalement en préservant sa pureté corporelle sans jamais déroger. »

Bien que largement débattue, l’orthorexie n’est pas diagnostiquée comme une maladie mentale, et Steve Bratman ne souhaite pas qu’il figure dans le DSM, la bible américaine controversée des maladies mentales, dit-il :

«Il y a une tendance dans le monde moderne à pathologiser un nombre croissant de comportements et je n’ai pas envie d’y contribuer… J’ai entendu des gens dire: « Je veux à manger sainement, mais je ne veux pas souffrir d’orthorexie.»

Sur le site http://www.orthorexia de Steve Bratman, le lecteur curieux trouvera un petit test Steve Bratman pose quelques questions pour savoir si on souffre d’orthorexie:
-Vous tournez vous vers des aliments sains comme principale source de bonheur et de sens, menant à la spiritualité?
-Est-ce que suivre ce régime alimentaire vous fait sentir mieux que les autres?
-Est-ce qu’il interfère avec les relations ou de travail, amis ou en famille?
-Utilisez-vous des aliments sains comme une épée et un bouclier pour parer à l’anxiété, et pas seulement pour éviter les problèmes de santé, mais de tout ce qui vous rend  provoque en vous un sentiment d’insécurité?
-Certains aliments vous donnent-ils la sensation de contrôler votre vie?
-Avez-vous envie d’avoir une alimentation de plus en plus extrême pour éviter l’angoisse?
-Si vous dérogez des règles de votre alimentation choisie, éprouvez vous le besoin compulsif de faire une diète pour compenser?
-Votre intérêt pour la nourriture saine a-telle des limites raisonnables et n’est pas devenue le centre de vos préoccupations?


Ce sont les quelques questions du test de Bratman qu’il établi pour identifier l’orthorexie. Il suffirait de répondre oui à 4 ou 5 questions des 10 questions sur les habitudes alimentaires pour être diagnostiqué de ce trouble alimentaire. Ce test est controversé pour son manque de rigueur. L’orthorexique passe du temps à réfléchir au régime idéal. Entre écarter les additifs, la farine trop blanche car elle perd ses sels minéraux, la saccharose, etc. C’est sans fin…


L’orthorexique va se tourner vers des dogmes alimentaires rigides établis par des « diétogourous » comme les appelle le Dr Gérard Apfeldolfer, et être tenté de se faire végétalien, granivore, crudivore, macrobiotiste, hygiéniste. Ce sont des régimes à risque pour être orthorexique. Mais pas forcément.

Toutefois, il a été constaté que ceux qui souffrent d’orthorexie consomment plus de céréales complètes, plus de fruits et légumes, se ravitaillent dans des boutiques bio et s’habillent uniquement de matières naturelles. On rappelle que c’est l’excès menant à une alimentation déséquilibrée nuisible pour la santé qui détermine l’orthorexie et non pas des choix des aliments.
Il est très difficile de séparer la frontière de l’alimentation saine de l’orthorexie; toutes les deux on en commun la notion d’alimentation équilibrée.

Qu’il reçoive l’aval ou non des scientifiques, plus un régime alimentaire est restrictif, plus il est susceptible de conduire à des troubles alimentaires, et il ne s’agit pas de dénoncer particulièrement les aliments bio, sans OGM, sans antibiotiques, etc. Ou certains régimes comme le régime paléolithique, préconisé par le Dr Eaton, pour qui l’alimentation idéale correspond à celle de nos ancêtres de l’âge de pierre, sans aliments transformés. Ce qui compte c’est qu’il ne soit pas un danger pour la santé et n’engendre pas la malnutrition dans ses excès.


Si on prend l’exemple du régime macrobiotique, son concept et ses excès ont été décriés, en 2001, par l’American Dietetic Association et l’Association Américaine du cancer car son efficacité sur la prévention du cancer est pseudo-scientifique, et serait même contre-indiqué chez les cancéreux puisqu’il n’apporte pas les éléments nutritionnels nécessaires. Chez les enfants et les adolescents, le régime macrobiotique peut induire plusieurs carences nutritionnelles qui peuvent causer un retard de croissance, un ralentissement du développement psychomoteur, une diminution des performances cognitives, du rachitisme, etc. Dans La plupart des témoignages en faveur du régime macrobiotique dans le cancer émanent de patients suivant un traitement conventionnel.

Jaime A.Heidel dans son livre « Are you TOO obsessed with health eating? » (non traduit en français) témoigne de cette obsession alimentaire qui gérait sa vie: « Mon régime alimentaire est devenu de plus en plus strict, et je sentais envahie par l’angoisse, et je devenais agitée chaque fois que je ne pouvais pas me procurer des aliments biologiques et naturels.»

Ce sont les populations des pays industrialisés qui sont le plus touchés par l’orthorexie. Par l’abondance de produits alimentaires, l’omniprésence de conseils alimentaires et de théories hygiénistes.
Il est difficile de discerner si ce sont les hommes ou les femmes qui sont le plus concernés par l’orthorexie. Juste deux études. L’une menée en Italie a montré que l’orthorexie touchait les hommes, et une autre en Turquie, les femmes. Pas de prévalence, donc.
Une étude menée par Segura Garcia « Orthorexia nervosa: a frequent eating disordered behaviour in athletes » publiée dans la revue Eat Weight Disord, en 2012, montre que les athlètes ou les sportifs sont une population à risque pour l’orthorexie.

Bien qu’il ne s’agisse pas encore d’un trouble du comportement alimentaire répertorié, l’orthorexie nerveuse commence à faire l’objet d’études scientifiques. Le Dr Camille Adamiec, dont la thèse a été primée par la fondation Danone, considère que le concept de Bratman est trop rigide. Elle prend son contrepied, et affirme que l’orthorexie ne mène pas à l’isolement social, et est plutôt un choix de mode de vie. De plus, elle considère que l’orthorexie est devenue un terme galvaudé, et qu’il faudrait renommer ce supposé trouble alimentaire.

En 2017, une étude du département de psychologie clinique de Londres a montré un lien entre l’augmentation de symptômes d’orthorexie liée à l’utilisation d’Instagram. Cette prévalence est liée à l’anorexie mentale.

Sans tomber dans les excès de l’orthorexie, et comme l’a souligné Anthelme Brillat-Savarin, « la table est le seul endroit où ne l’on s’ennuie jamais la première heure.»

Sources:

http://www.trouble-nutritionnel.wikibis.com/orthorexie.php
http://www.orthorexia.com/original-orthorexia-essay/http://www.psychologies.com/Moi/Problemes-psy/Anorexie-Boulimie/Articles-et-Dossiers/Manger-trop-sain-n-est-pas-sain
http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=orthorexie_pm
http://www.unboundmedicine.com/medline/citation/25602930/Orthorexia_Nervosa_in_Turkish_Dietitians_
http://www.unboundmedicine.com/medline/citation/24581288/When_eating_healthy_is_not_healthy:_orthorexia_nervosa_and_its_measurement_with_the_ORTO_15_in_Hungary_
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=orthorexia
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22361450
http://content.time.com/time/health/article/0,8599,1963297,00.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Orthorexie