TOUT SE JOUE AVANT L’ÂGE DE SIX ANS! VRAIMENT?

Un mauvais départ se répercute tout au long de la vie d’adulte, et il y a les traumatismes de l’enfance comme la maltraitance (sous toutes ses formes) qui laissent des empreintes post-traumatiques.

J’ai emprunté le titre de ce post au fameux best-seller écrit par le Dr Fitzhurgh Dodson « Tout se joue avant l’âge de 6 ans »! La première édition de ce livre date de 1970, et il a ensuite été régulièrement réédité . Cela ne signifie que j’agrée totalement au point de vue de l’auteur, même si certains de ses propos sont pertinents! Avouez que l’idée que tout se joue  avant six ans est tout de même sacrément fataliste! Ors, elle s’est imposée comme une évidence psychologique auprès de nombreux parents, y compris de certains professionnels de la santé.  Tout est-il déterminé avant l’âge de 6 ans ? Et même avant?  Cette affirmation vous rappelle-t-elle quelque chose

Mais qu’entend-on par cette expression? La personnalité de l’adulte se construit-elle vraiment durant les cinq premières années de sa vie, et parfois avant l’âge de trois ans?

Le livre de Dodson est devenu un manuel pour de nombreux parents et des mères obnubilées par les progrès de leur enfant, dans cette étape du rôle maternel que Winnicott appelait « la préoccupation maternelle primaire !

La vision du « tout se joue avant six ans est très pessimiste, et s’inscrit dans la lignée du déterminisme psychologique suivant laquelle la vie psychique est totalement déterminée. Elle serait  dépendante de ses antécédents, et ne comporterait aucune liberté. Pour F.Dodson, durant les cinq premières années de sa vie, chaque enfant passe par les stades des acquisitions fondamentales –marche, langage, propreté, socialisation, estime de soi-. Les stimulations intellectuelles reçue au cours du développement de ces acquisitions durant ces cinq premières années sont importantes pour son intelligence adulte. Sur le point de la stimulation intellectuelle, passage obligé par les écrans!  La psychanalyste Sophie Maripoulos, sans citer Dodson, évoque dans un rapport sur les enfants et les écrans, la malnutrition  culturelle due au manque d’attention et d’accompagnement des parents dans l’éveil des tout-petits.

À la sortie du livre « Tout se joue avant six ans » en 1970, les connaissances en  neurosciences n’étaient pas aussi avancées qu’aujourd’hui. Certes le développement cérébral est influencé par la génétique, notamment l’intelligence et ses 40 gènes, mais il  ne faut pas sous estimer les facteurs relationnels, affectifs et environnementaux. Les certitudes, mal interprétées selon certains spécialistes, sont agaçantes !
La petite enfance est une période très riche dans la vie, mais rien n’est jamais joué. Certains apprentissages se font toute la vie, l’environnement, les expériences de la vie, les événements (heureux ou malheureux), les crises, et les rencontres influencent la personnalité de l’adulte. Bref, dans le fatum, il y a une part de hasard qui fait que la vie réserve aussi des bonnes surprises.
 

Toutes les théories psychologiques sont d’accord pour dire que des relations affectives de qualité nouées dès l’enfance avec les parents, ou des figures de substitution laissent une empreinte indélébile et essentielle, qui influenceront les relations adultes. Évidemment! Un mauvais départ se répercute tout au long de la vie d’adulte, et il y a les traumatismes de l’enfance comme la maltraitance (sous toutes ses formes) qui laissent des empreintes post-traumatiques. 

Des chercheurs suisses de l’École polytechnique fédérale de Lausanne sous la houlette de Carmen Sandi ont constaté que les blessures invisibles de l’enfance laissent une empreinte biologique qui perdure dans le cerveau adulte.  L’équipe suisse a montré (chez des rats) que les traumatismes chez l’enfant conduisaient à des comportements agressifs visibles  sur certaines zones du cerveau. Comme l’altération du cortex orbitofrontal identiques à celles retrouvées chez les humains violents. Cette connaissance sur les conséquences des traumatismes a des implications médicales, mais également thérapeutiques et sociales.
« Cette recherche montre que les personnes exposées aux traumatismes dans l’enfance ne souffrent pas seulement sur le plan psychologique mais elles subissent une réelle altération dans leur cerveau» (Carmen Sandi).
 

La plupart des chercheurs en psychologie s’accordent pour dire que les traumatismes de la petite enfance (ceux qui surviennent avant l’âge de six ans) sont à l’origine de beaucoup de dépressions et de troubles anxieux, et d’autres troubles. Une autre étude, celle de l’université de McGill de Montréal montre également que les abus et maltraitance laissent une empreinte chimique dans le cerveau. Il s’agit d’une modification de gènes dont l’enfant a besoin a besoin pour se construire un système de défense contre le stress. Une fois modifiée par l’expérience de l’abus sexuel, ces gènes restent altérés toute la vie, rendant les victimes plus vulnérables aux aléas de la vie. 

 
Sans s’arrêter à des événements traumatisants extrêmes (violence, abus sexuels abandon), les interactions destructrices et répétées avec les adultes sont néfastes dans la construction de la personnalité. C’est du désamour et de l’atteinte à l’estime de soi, ni plus ni moins. On entend par désamour les humiliations répétées, le manque d’affection et de compassion d’autrui, les négligences envers la santé mentale et physique. Les inactions des parents sont également destructrices;  elles font douter de la valeur de l’enfant et entachent son estime de soi. Les encouragements prodigués par les adultes sont essentiels à la sécurité affective et l’absence de retroaction positive est extrêmement dommageable à l’estime de soi. Les parents ou  les adultes ne sont pas les seuls acteurs des actions de démolition mentale. Les enfants sont parfois cruels entre eux. L’ostracisme, l’exclusion, l’intimidation par les autres enfants sont extrêmement traumatisantes pour un jeune enfant.
 
Même si le futur adulte est marqué au fer rouge par ses traumatismes, la vision déterministe où tout est  joué durant l’enfance est catastrophique. Elle risque d’enfermer l’autre prisonnier de son passé, et de ne pas l’encourager à dépasser ses problèmes !
 
Freud, en son temps, avait souligné l’inégalité des réactions des patients à la névrose face à un même événement. Jung a parlé de cette notion du « Soi », ce noyau subtil de la personnalité qui peut aider à surmonter les épreuves. Le très médiatique et contesté pédopsychiatre Marcel Rufo prend le contre-pied de F.Dodson de cette fausse croyance que « tout se joue avant six ans ».
 
La notion de résilience, développée par Boris Cyrulnick, démonte ce déterminisme, et est est une formidable leçon d’optimisme où tout est possible à tout âge! La résilience, c’est cette capacité à rebondir, et à reprendre le développement positif de sa vie après l’adversité.
Il n’y a pas de fatalité au malheur. « Les enfants qui ont connu la violence, l’abandon, l’orphelinat, la misère ou encore la guerre seront des enfants blessés et des adultes blessés tout au long de leur vie. Mais ces enfants ne sont ni foutus, ni sans valeurs (Boris Cyrulnick).» 
Les deux périodes pendant lesquelles se mettent en place les processus de résilience sont d’une part, la période qui précède l’acquisition du langage où l’enfant se façonne, se  » tricote  » avec la propre histoire de ses parents. D’autre part, la période qui sur l’acquisition du langage, où l’enfant acquiert la possibilité de se représenter son passé et son avenir et donc de donner un sens à sa vie et ainsi d’agir en la métamorphosant.
 
Conclusion : tout ne se passe pas avant six ans, ni même à trois ans ! On peut à tout âge revivre, et la résilience marche toute la vie, et jusqu’à 120 ans! 
 
 

Vidéo/conférence du Pr Marcel Rufo

 

 

 

 

Sources:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/science/2013/01/17/003-traumatisme-enfance-violence.shtml
Boris-Cyrulnik Les-vilains petits canards

LE COLORIAGE POUR ADULTES: ART-THÉRAPIE OU MARKETING?

L’activité de coloriage s’apparente aux bienfaits de l’écriture manuscrite. Si écrire à la main est bon pour le cerveau, le coloriage doit s’avérer également positif.

On pensait la pratique du coloriage réservée aux enfants de moins de dix ans ans. J’en offre d’ailleurs aux jeunes enfants de ma famille! Je me souviens avec délice des albums à colorier que ma mère m’offrait quand j’étais malade! Un rituel réconfortant du haut de mes huit ans! Pour l’enfant, cette activité facilite le développement psychomoteur de l’enfant, sa concentration et la précision du geste écrit.

Après cet épisode Madeleine de Proust, devenue adulte, je constate que je pourrai de nouveau gribouiller à mon aise! Les albums à colorier sont devenus pour les adultes un phénomène de mode! Il a démarré simultanément, en 2012, en France et aux États-Unis!

Mais quels seraient les bénéfices du coloriage? Chez l’adulte, il favoriserait la concentration et apporterait le calme. Colorier ces albums aurait des vertus thérapeutiques insoupçonnées! Même une action supposée sur l’insomnie! L’engouement des adultes pour ces coloriages est tel, que les albums sont en tête des ventes des ouvrages de loisirs créatifs. Leur nombre de ventes est comparable à celui des livres sur la méditation ou les massages. Anne Le Meur, responsable éditoriale chez Hachette Loisirs, est surprise de cet engouement des adultes pour les coloriages. Selon elle, l’une des raisons qu’elle évoque est celle-ci: « très sollicités par les écrans, le flux des mails, les gens veulent revenir vers du papier, vers des activités plus calmes sur lesquelles ils peuvent se concentrer». « Les inspirations sont multiples. Les thématiques autour des animaux – surtout les chats —, les fleurs ou encore les grandes expos du moment plaisent beaucoup», révèle Anne Le Meur. » Analyse pertinente!

Ces fameux gribouillages à compléter sont venus d’Angleterre, par l’entremise de maisons d’édition spécialisées dans les dessins. Les best-sellers portent sur les mandalas, les jardins, ou encore, sur des pièces de mode (My fashion Coloriage). Ayant retrouvé leur âme d’enfant, les fans  se font un plaisir de publier leurs oeuvres sur les réseaux sociaux et You Tube.

L’esprit de ces albums de coloriage sont catégorisés dans les labels comme «art thérapie», «mindfulness» ou «anti-stress», situant l’acte de colorier quelque part entre la psychothérapie et la méditation. Ces vertus me semblent quelque peu exagérées!

En cherchant des données « relativement sérieuses » (j’ai zappé pubmed), je suis tombée sur l’origine de ces albums, très éloignée de la psychothérapie! Elle remonte à 1960 et faisait dans la farce séditieuse et la satire sociale! Critique de l’American Way of Life, du conformisme et de la société de consommation. Ces albums furent politisés pour dénoncer les obsessions politiques du gouvernement américain de l’époque. Ainsi, Le « John Birch Society Coloring Book » tourne en ridicule le groupement anticommuniste qui porte ce nom et raille la paranoïa ambiante en affichant une page blanche avec cette légende: « Combien de communistes parvenez-vous à trouver sur cette image? J’en ai trouvé onze. Cela demande de l’entraînement.» Cet aspect politique de l’album à colorier n’a pas disparu. On peut encore choisir son personnage politique fétiche à colorier. De Hilary Clinton à Donald Trump.

Alors quel est le public de ces albums à colorier? Essentiellement des femmes, de tous âges! Des jeunes filles aux vieilles dames! C’est à se demander si cette activité  n’a pas remplacé le tricot, la broderie et tapisserie  d’antan. Et après tout, j’ose appliquer les vertus du tricot à ceux des albums à colorier. Ses vertus thérapeutiques ont été étudiées par le docteur Herbert Bendon, de l’institut du cerveau à Harvard: un moyen de mettre le corps en mode relaxation. En tricotant, le taux de cortisol baisse (hormones du stress) alors que celui de la dopamine et de la sérotonine(hormones du bien être) augmente. Évidemment, la méthodologie concernant les vertus thérapeutique du tricot est légère; cette affirmation sympathique ne précise pas si elle est exempte des lobbies de la laine ou de ceux prônant la femme au foyer. Bref, des conflits d’intérêts! Mais les propos du Dr Herbert Benson méritent toute notre attention. Il a écrit de nombreux articles publiés sur la base de données Pubmed sur la relation entre le corps et l’esprit. Il est surtout connu pour son best-seller de 1975, The Relaxation Response, dans lequel il décrit comment l’esprit peut influencer les niveaux de stress par le biais d’outils tels que la méditation.

Revenons à nos moutons! Les albums à colorier sont estampillés bien-être ou art-thérapie. Mais est ce vraiment de l’art-thérapie ou une simple activité ludique?

L’art-thérapie est apparue dans les années 30. Et ce à partir d’observations d’enseignants en arts plastiques qui avaient remarqué que les dessins libres et spontanés des enfants étaient très intéressants, et pouvaient être un support pour décrypter le plan émotionnel et symbolique. L’art thérapie est une discipline des sciences humaines, même si elle ne répond pas aux critères scientifiques rigoureux. « Le projet vaste (de l’art-thérapie) concerne le mieux-être global de la personne », écrit Jean-Pierre Klein, pionnier de l’art-thérapie en France. Psychiatre, auteur dramatique, il dirige une école de formation d’art-thérapeutes. L’art-thérapie est une forme de psychothérapie qui englobe l’expression et la réflexion tant picturale que verbale.

Les problèmes abordés en art thérapie sont analogues à ceux d’une psychothérapie verbale classique. Le processus thérapeutique est engagé par la création d’une œuvre avec le matériel d’arts plastiques tout en discutant avec le ou la thérapeute. L’art-thérapie va permettre à la personne d’exprimer un potentiel thérapeutique à travers la création. Elle renforce la créativité, et comme les rêves les créations (ou le geste lorsqu’il s’agit de la danse) qui sont des expressions de l’inconscient. L’activité créatrice aide à réduire le stress et l’intrusion de la pensée négative. L’art thérapie aborde les problèmes cliniques et aident les personnes qui désirent explorer et renforcer leur créativité. Introduite dans les différents secteurs de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des services communautaires, elle rend d’immenses services. Aujourd’hui, la base de données Pubmed (recueil des données scientifiques) fait état de nombreux articles scientifiques sur l’art thérapie. Elle est souvent indiquée en traitement complémentaire, et dans la réhabilitation sociale de personnes souffrant de troubles psychiques. Le spectre de son application est large: schizophrénie, autisme, dépression, maladie d’Alzheimer, soins palliatifs, etc…

Navrée, malgré les accroches marketing, les albums de coloriage pour adultes ne sont pas vraiment de l’art thérapie, ô combien les maisons d’éditions et les sites de vente en ligne affirment le contraire! Mais si c’est du marketing pur et dur, c’est une activité dénuée de dangers et ludique. L’activité de coloriage s’apparente aux bienfaits de l’écriture manuscrite. Si écrire à la main est bon pour le cerveau, le coloriage doit s’avérer également positif. Il met en jeu un nouveau processus cérébral sans en faire une panacée thérapeutique si on est vraiment stressé.

Pour Patrick Collignan, coach spécialisé dans l’approche cognitive comportementale, « le coloriage est une source de relaxation en soi, car cela permet de se concentrer sur quelque chose d’agréable en soi qui nécessite suffisamment d’attention pour ne pas laisser les pensées négatives vagabonder…Les personnes qui choisissent le coloriage prennent du plaisir à en faire, vraisemblablement lié à un plaisir d’enfance…On peut également mobiliser les zones adaptatives du cerveau si on fait appel à sa créativité. le coloriage demande d’aller l’harmonie des couleurs, de se projeter dans le futur en imaginant le résultat final.»

Certaines bonnes âmes s’indignent de cette activité qu’elles jugent infantilisantes et qui se ferait au détriment d’autres plus culturelles et adultes! Faisons fi de ces râleurs professionnels! Ne nous privons pas de gribouiller sur ces albums à notre guise! Et pourquoi pas en famille s’échanger des crayons de couleurs et les piquer à ses enfants? Finalement, je me demande si je ne vais pas m’y mettre. En prime, je vous ai déniché deux dessins à colorier que vous pouvez imprimer et colorier à votre guise si le coeur vous en dit ! Un chat et un chien! Entre la Ronronthérapie et la Cynothérapie, vous avez le choix!

Chat à colorier

Sources:http://www.teteamodeler.com/scolarite/psycologie/coloriage1.asphttp://www.rfi.fr/culture/20140505-art-therapie-succes-coloriages-adultes/http://www.aatq.org/arttherapyhttp://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23073547http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23073547,21247921,23886343,17952163,7809739,10264527,13568530,12997661,3853059,18879851,3185221,10298784,12980060,13844954,5139569?report=docsum

http://www.lemonde.fr/vous/article/2014/05/07/le-coloriage-pour-adultes-un-retour-a-l-enfance-bienfaiteur_4412501_3238.htmlhttp://mercredietcie.blogspot.fr/2010/11/les-vertus-du-tricot.html

LES PERSONNALITÉS MULTIPLES FONT LEUR CINÉMA

Les trois visages d’Eve évoque le sulfureux trouble mental de la Personnalités Multiple qui va défrayer la chronique et favoriser des pratiques douteuses de psychothérapie.

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En 1957, le film les Trois visages d’Eve remporte plusieurs oscars, et l’héroïne du film Eve est interprétée par Jane Woodward. Ce film évoque par anticipation le sulfureux trouble mental de la Personnalité Multiple répertorié qui sera répertorié dans le DSM III en 1980. Le DSM I et II de 1952 et 1968 n’en faisaient pas mention.

Le synopsis du film les Trois visages d’Eve s’inspire de la véritable histoire de Chris Costner-Sizemore, une femme souffrant du trouble de la Personnalité multiples. Son cas est relaté dans le livre Les Trois Visages d’Eve écrit par son psychiatre H.Thigpen qui vendit ses droits à Hollywood. Alors revenons à ce film inspiré d’une histoire vraie. Mère et épouse attentive, Eve, femme est une timide et effacée, et elle souffre de maux de tête et de trous de mémoire gênants. Elle est totalement amnésique de ses faits et gestes pendant plusieurs heures voire plusieurs jours. Elle consulte un psychiatre renommé, le Dr Luther, qui pratique l’hypnose. Lors d’une séance, le Dr Luther découvre en elle une autre personnalité, avec laquelle il dialogue. C’est Eve l’obscure qui ne songe qu’à s’amuser. Elle sait tout des faits et gestes d’Eve la discrète alors que cette dernière ignore tout de ce  peut faire son double obscur. Le Dr Luther veut comprendre les deux facettes de sa patiente et il  les prend en thérapie alternativement toutes les deux.

Excédé par les multiples facettes de la personnalité d’Eve, son  mari la quitte en leur laissant leur fille Bonnie. Le Dr Luther fait interner Eve à la suite d’une tentative de meurtre par son double obscur sur sa fille Bonnie. Le médecin est convaincu que la double personnalité de sa patiente n’est pas son véritable Soi et que son trouble remonte à l’enfance après un trauma dont elle serait amnésique. Elle doit absolument s’en souvenir pour guérir. Sous hypnose, elle se souvient qu’on l’avait obligée à embrasser dans son cercueil sa grand-mère morte lorsqu’elle avait six ans. Le chagrin aidant ajouté à la terreur d’être confrontée physiquement à la mort, avait amené Eve à se fractionner en deux personnalités distinctes.

Ô surprise, lors des séances d’hypnose, va émerger Jane, une nouvelle personnalité nettement plus posée et équilibrée. Jane ne comprend rien à la situation mais peu à peu elle arrive  à réunifier sa mémoire en se souvenant des faits et gestes des deux visages d’Eve incluant cette nouvelle facette d’elle. Le Dr Luther continue de dialoguer avec les trois visages de sa patiente et il s’aperçoit, au cours d’une séance, qu’Eve la discrète et Eve la rebelle ont cessé d’exister. Les trois personnalités sont enfin unifiées en Jane. Guérie, Jane va se remarier avec Earl, un homme qu’elle a rencontré lorsqu’elle était Jane et retrouve sa fille Bonnie.

Les trois visages d’Eve évoque le sulfureux trouble mental de la Personnalités Multiple qui va défrayer la chronique et favoriser des pratiques douteuses de psychothérapie. Mais quelles sont les différences entre l’héroïne du film Eve et Chris Costner-Sizemore?

Chris avait développé des personnalités multiples après avoir été témoin de deux accidents en l’espace de trois mois, lorsqu’elle était enfant. D’abord sa mère gravement blessé et un homme scié dans une entreprise de bois. Selon les psychiatres qui l’ont suivie, Chris n’aurait pas seulement eu trois identités mais une bonne vingtaine. Ses personnalités se présentaient par groupe de trois lorsque la personnalité consciente de Chris s’effaçait. Le livre les Trois visages d’Eve a été écrit son psychiatre H.Thigpen, avec peu de contribution de Chris., et n’a concerné que deux de ses personnalités.

Par la suite, Chris a écrit deux livres non traduits en Français  respectivement I’m Eve et Mind of My Own, The Woman Who Was Known As Eve Tells the Story  of Her Triumph Over Multiple Personality Disorder qui fourmillent de détails que n’ont pas donné ses md15783318666psychiatres. Pour elle, elle ne s’est pas sentie dissociée par ses personnalités contrairement à ce qu’ils pensaient mais a toujours affirmé que ces personnalités existaient à l’intérieur d’elle. Après avoir eu ses personnalités réunifiées avec ses différents psychiatres, elle a affirmé qu’à chaque étape de sa vie a correspondu un alter ego. Selon elle, c’était Eve White qui s’était marié avec son premier mari et qui était la mère de la fille née de leur union, et pas celle qui avait réunifié sa personnalité. À la sortie du livre Les Trois Visages d’Eve et ensuite le livre, Chris Costner-Sizemore a très mal vécu cet engouement médiatique autour de son cas, et elle a réussi après une procédure judiciaire à faire annuler le contrat qu’avait passé le psychiatre Thigpen avec la 20th Century Fox.

À partir des années des années 70,  le trouble de la personnalité multiple va devenir une maladie mentale populaire, et pour de nombreux thérapeutes un créneau de thérapie par hypnose ou sérum de vérité (Amytal). Il se caractérise par la présence de deux personnalités (voire plus) nommées les alter ego qui tour à tour prennent le contrôle de la personne appelée hôte. Les alter ego se conduisent à l’opposé de la personnalité et ils émergent curieusement toujours sous hypnose ou sous sérum de vérité (Amytal). C’est à dire lorsque la personne est en état modifié de conscience. L’identité des alter ego était parfois surprenante: changement de sexe, tortues Ninja, vies antérieures, cochons, tigres, singes, etc. Ce syndrome s’était tellement banalisé que lors des procès d’assises, les avocats et les jurés débattaient de savoir si l’accusé n’avait pas tué sous l’emprise d’un alter. Ce qui permettait de le déclarer irresponsable pénalement et de l’interner.

L’origine du trouble de la Personnalités Multiple va être au fil du temps imputée à un trauma subi dans l’enfance, et corrélé à l’abus sexuel (inceste, pédophilie). Il sera  intégré au modèle post-traumatique de l’abus sexuel chez l’enfant, générant des mauvaises pratiques thérapeutiques et des procès pour abus sexuels entraînant en cascade des erreurs judiciaires.

La popularité des multiples personnalités véhiculée par les livres, le cinéma et les médias va faire exploser le nombre de cas chez les femmes.  Les chiffres qui suivent sont extraits du livre Science and Pseudo Science in Clinical Pyschology: avant 1960, on en recensait deux cas par décennie. 14 cas de 1944 à 1965, en 1986, 6000 et en 1998 40000 jusqu’à ce que la communauté scientifique remplace l’appellation du trouble de la Personnalité Multiples par celle du Trouble Dissociatif de l’Identité. Freud était plus que sceptique sur l’existence des personnalités multiples, et il pensait que c’était induit par les suggestions du thérapeute, et n’oublions pas qu’il avait été formé à l’école de Charcot où l’on soignait l’hystérie.

Le psychologue Nicholas Spanos, en 1994, décrypte le Trouble de la Personnalité Multiples comme étant le produit de constructions sociales établies par le corpus médical, légitimées et entretenues par l’interaction sociale entre les patients conditionnés à faire surgir des alter ego, le grand public et les médias. Cet élément socio-culturel est de la même nature que les rites de possession ou la sorcellerie au Moyen-Age. N. Spanos dénonce cette usine à gaz à fabriquer des faux souvenirs, des entités à gogo et la thèse des souvenirs refoulés sous le concept pseudo-scientifique de l’amnésie dissociative (battue en brèche aujourd’hui par les dernières découvertes des neurosciences).

La sociologue et critique féministe américaine Elaine Showwalter place les personnalités multiples dans le groupe des syndromes ayant un fondement hystérique à l’instar du syndrome de la guerre du golf, des rites sataniques et du syndrome des faux souvenirs. Elle a créé, à cet effet, le néologisme d’hystoire qui est la contraction du mot histoire et de celui  d’hystérie. Ces mini-épidémies sont une forme contemporaine de l’hystérie de conversion décrite par Charcot et Freud à la fin du XIX siècle.

Chris Costner-Sizemore est l’une des patientes les plus célèbres diagnostiquées du Trouble dissociatif de l’identité, et son cas figure parmi  les dix les plus fascinants de l’histoire de la psychologie dont ceux de Phineas Gage et le garçon sauvage de l’Aveyron.

 Notes: Après bien des controverses et des dérives de la psychothérapie, le Trouble de la Personnalité Multiple va être remplacé par celui du Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI) dans le DSM IV. L’une des particularités du DID est l’amnésie dissociative qui se décrit par des trous de mémoire portant sur des tranches de vie allant de quelques heures à plusieurs jours.Cette amnésie concerne uniquement les faits et gestes des alter ego. Elle est définie comme asymétrique parce que l’hôte n’a pas conscience des faits et gestes de ses alter ego et pas le contraire.  Il y a toute une controverse scientifique sur ce sujet qui égare le grand public sur les conséquences d’un trauma psychologique qui altère la mémoire.

Le film les Trois Visages d’Eve

AUTOUR DU FILM « SANS LIMITES »: LE DOPAGE CÉRÉBRAL!

La découverte de cette molécule de fiction, le NZT, repose sur le mythe pseudo-scientifique où nous n’utiliserions que 10 % de notre cerveau.

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Le dopage cognitif est en plein essor. Connaissez vous ces molécules censées doper les fonctions cérébrales, les smart-drugs encore appelées nootropes ou bien encore nootropiques?
Les smart-drugs »sont des médicaments qui améliorent les capacités cognitives et dont  la réputation  est de doper les capacités cérébrales. Aux fins de stimulation cérébrale, ces nootropiques sont souvent des médicaments détournés de leur usage. Beaucoup de  lycéens américains développent une addiction à la Ritaline, des traders de Wall Street se gavent d’amphétanimes.

Ces molécules licites,  aux  indications précises, comme pour les troubles du sommeil (narcolepsie, hypersomnie) ne sont délivrées que sur prescription médicale. Or, sur le web certains sites peu scrupuleux proposent à la vente ces produits pour censés stimuler l’intelligence. Leur marketing les détourne de leur principale indication et leur utilisation relève du mésusage médicamenteux avec le risque d’effets secondaires. Et pourtant le nombre de leurs utilisateurs ne cesse de croître. Les smart-drugs inspirent les auteurs de film et de série TV.

Alors pourquoi ne pas parler de ces nootropiques à travers le film « Sans Limites » -sorti en 2011 et interprété par Bradley Cooper et Robert De Niro- ?

Eddie Mora, le personnage principal du film (joué par le sexy Bradley Cooper), est un écrivain paralysé par l’angoisse de la page blanche. Lorsque sa petite amie le quitte, il sombre dans la dépression. Son ex beau-frère, ancien dealer, va lui faire découvrir un produit révolutionnaire de l’industrie pharmaceutique, le NZT-48, qui permet d’exploiter le potentiel du cerveau au maximum. Cette pilule jamais été testée. Rappelons que le NZT-48, est une smart-drug de fiction pour ceux qui seraient tentés de croire que le NZT existe réellement. Grâce à cette drogue, la mémoire d’Eddie est surhumaine. Il peut désormais se souvenir de tout ce qu’il a lu, vu ou entendu. Il devient capable d’apprendre n’importe quelle langue en une journée, de résoudre des équations complexes et ainsi fasciner tout ceux qu’il rencontre.

Mais toutes ces merveilleuses capacités ne sont possibles que s’il est sous l’influence du NZT, et une seule pilule a suffi à le rendre accro. Notre héros va écrire son livre en trois jours et enthousiasmer son éditrice. Il va ajouter d’autres cordes à son arc en devenant l’un des plus grands traders de Wall Street. Malheureusement, cette montée en puissance des facultés cognitives de notre héros s’accompagne des terribles effets secondaires du NZT qui sont ceux du sevrage d’une drogue puissante, et notre héros apprendra que tous ceux qui ont pris cette pilule sont décédés d’overdose.

Le film « Sans Limites » a le mérite de montrer l’envers du décor avec ce héros qui sombre dans les affres de la dépendance. Cette fiction développe avec pertinence ce que sont les smart-drugs, ces psychostimulants capables d’amplifier les capacités cognitives. Mais est ce vraiment possible et est-ce  sans danger ?

Voyons quelles sont les ressemblances entre le NZT du film et certaines « vraies » molécules  qui sont des psychostimulants. Manifestement, il y a de fortes ressemblances du NZT avec le LSD, la Ritaline et le Modafinil.

La découverte de cette molécule de fiction, le NZT, repose sur le mythe pseudo scientifique où nous n’utiliserions que 10 % de notre cerveau. Et que prendre le NZT permettrait de faire fonctionner son cerveau à 100 % de son potentiel. Et certains des effets du NZT sont proches des psychédéliques comme l’Ectasy, voire le LSD comme cette abolition du temps et de l’espace où les couleurs sont plus vives et les contours des objets plus précis.

Rappelons que malgré ces aspects séduisants, dits récréatifs se cache la dure réalité des effets secondaires. Toutes les drogues psychédéliques sont prohibées dans tous les pays au vu de leurs redoutables effets secondaires au long terme. Comme des suicides au long terme dus à un effet flash-back du produit des années après son absorption.

Les smart-drugs comme le NZT-48 agissent directement sur les neurones, en augmentant la quantité de monoamines au niveau des connexions synaptiques, en particulier la dopamine et la noradrénaline. Il en résulte en effet réel sur l’activité cérébrale: accélération de la perception, surexcitation, amélioration de la vigilance, de la clairvoyance et des performances cognitives (amélioration de la mémoire). Ils augmentent la concentration et l’attention.

Il y a toutefois un revers de la médaille qui doit attirer l’attention de celui qui serait tenté d’en prendre.L’une des smart-drugs le plus connu est le Methylphénidate (Ritaline) prescrit dans l’hyperactivité de l’enfant et la narcolepsie. Son mécanisme d’action est décrit comme celui de la cocaïne. Compte tenu de l’importance des mésusages de cette molécule, le Méthylphénidate fait partie de la liste des médicaments surveillés de près par l’Afssaps. Ses effets secondaires sont ceux de la Cocaïne. Détourné de sa prescription initiale, en 10 ans, la Ritaline aurait tué aux Etats-Unis plus de 186 personnes (les chiffres doivent être sous estimés).

Pour continuer sur l’aspect nootrope, le NZT ressemble également au Modafinil (Provigil, Modiadal).  Et l’effet du Modafinil ressemble à celui des amphétamines. C’est un stimulant utilisé dans le traitement la narcolepsie et de l’hypersomnie idiopathique. Il permet à quelqu’un qui souffre de fatigue inhabituelle de rester éveillé sans effet secondaire et de rester performant intellectuellement. Le Modafinil bloque la recapture de la noradrenaline; celle-ci, suivant un processus complexe agit sur les neurones, provoquant le sommeil des noyaux ventrolatéral préoptique. Il est présenté sur de nombreux sites de vulgarisations comme une molécule agissant comme la cocaïne sans ses effets secondaires et sans addiction.

Le Modafinil serait pris par un quart des étudiants britanniques, et en France, il est en passe de supplanter le Guronson (caféine pharmaceutique) chez les étudiants.Le Modafinil, outre son usage dans les troubles du déficit de l’attention serait utilisé par certains médecins comme traitement d’appoint de la baisse des facultés cérébrales pouvant faire suite une chimiothérapie, comme aide au sevrage de l’addiction la cocaïne. Toujours sur prescription médicale et sans le mésusage de booster des facultés intellectuelles.

Le Modafinil, est-il vraiment sans danger? Le Modafinil a été développé en France dans les années 70. Cette molécule aurait été utilisée par les soldats français lors de la guerre du Golfe il est par les soldats américains en Irak et en Afghanistan, dans leur permettre de rester opérationnel pendant 35 heures sans dormir. Même si les indications du Modafinil sont assez larges, l’EMA (l’Agence Européenne des Médicaments) recommande désormais son usage dans la narcolepsie. Il est parfois détourné avec la bénédiction de la FDA par les personnes ayant un emploi avec des horaires décalés (pompiers, personnel d’hôpital, etc), il peut être un produit de dopage pour des sportifs de haut niveau.

Au niveau de l’amélioration des performances cognitives, une étude contradictoire  à la méthodologie peu fiable affirme que les effets bénéfiques  du Modafinil marcheraient sur des personnes avec un petit QI (100-112). Évaluer l’intelligence uniquement avec le Q.I fait débat, et on peut envisager une dérive de type transhumaniste. L’augmentation du QI pour certaines parties de la population grâce à une pilule a de quoi faire frémir, et l’idée de sujétion mentale est digne du Meilleur des Mondes de Huxley. Le « neuroenhancement » est un concept anglo-saxon qui concerne la prise de psychostimulants par des sujets sains en dehors d’une indication médicale ou d’un contexte festif, afin d’améliorer les capacités cognitives, mentales et cérébrales. En 2009, devant l’augmentation aux États-Unis des demandes de ces nootropes, l’Académie de neurologie a publié des recommandations sur « une l’éthique responsable » de ces prescriptions.

Le but des smart-drugs est d’améliorer les performances cognitives. Depuis une dizaine d’année, tout un pan de la recherche explore les effets des stimulants cognitfs chez la malades et les bien-portants. Effets de substances naturelles (caféine, ginseng, gingko-biloba) et de substances médicamenteuses. C’est le Modafinil qui retient plus l’attention. Des chercheurs d’Oxford ont déclaré le Modafinil cet été comme une smart-drug « sûre », dépourvue d’effets secondaires à court terme chez les sujets sains. Le Modafinil serait capable d’améliorer la flexibilité mentale, la planification, la mémoire de travail; tout ce qui permet d’être fluide au niveau cognitif. Selon le psychiatre Raphaël Gaillard: « le Modafinil augmente la libération de la noradrénaline et de la dopamine, deux des principaux neurotransmetteurs qui stimulent les processus cognitifs.» Affaire à suivre…

Prendre des smart-drugs n’est pas anodin et dénué d’effets secondaires. Laurent Lecardeur, psychologue au CHU de Caen et chercheur sur le dopage cognitif constate cette banalisation inquiétante des smart drugs dans l’article Le marché de l’amélioration humaine, Vers un dopage généralisé de la cognition? et s’en inquiète: « …la consommation d’amphétamines (méthylphénidate, modafinil, bupropion) détournées de leur indication et sans prescription, sont utilisées par un nombre croissant d’étudiants (jusqu’à 20%), qui veulent diminuer le stress en période de révision, acquérir des facultés de concentration plus importantes ou tout simplement réussir , quels que soient les risques d’effets secondaires et de dépendance.»   Le chiffre de 20 pour cent est énorme et laisse présager un retour de bâton pour les usagers au niveau de leur santé physique et mentale. Laurent Lecardeur dénonce également des  technologies « plus ou moins validées » en vente libre. À l’instar des battements binauraux (fichiers qui permettraient de réduire les troubles de l’attention. Et d’autres comme la stimulation cérébrale, qui tout en renforçant certaines fonctions pourraient s’avérer délétères.

Dans la catégorie des nootropes, il faut évoquer ce marché pseudo-médicamenteux en Hand writing Placebo with markerpleine expansion. C’est celui des compléments alimentaires qui n’ont absolument aucune  utilité médicale. Des cocktails de molécules sont vendus prétendant stimuler les facultés intellectuelles. Belle illusion!

Les laboratoire spécialisés dans les compléments alimentaires utilisent  les techniques les charlatans de toujours comme des pseudo-études cliniques et un pseudo-jargon scientifique. En ce qui concerne les compléments alimentaires, supposés agir sur le cerveau et améliorer les performances intellectuelles, c’est mission impossible.

L’effet réel du pseudo-nootrope est celui de l’effet placebo: « autrement dit, le seul effet de ce traitement est de faire croire qu’ils en ont un.» Et pour conclure ce post, revenons à la fiction du film « Sans Limites »! Quant aux qualités attribuées au NZT-48, il y a une certaine morale. Happy End pour notre héros Eddie Morra! Après des rebondissements spectaculaires, il va réussir à se sevrer de cette pilule magique, tout en gardant une grande partie de son potentiel. Alors il serait plus raisonnable d’envisager un effet de la suggestion ou placebo du NZT fictif plutôt que d’envisager un effet réel sur la cognition?  La morale scientifique serait sauvegardée si vous regardez ce film très sympathique. Mais attention, c’est une fiction…

Je remercie chaleureisement Laurent Lecardeur, psychologue au CHU de Caen, centre Esquirol CNRS de m’avoir envoyé son article « Le marché de l’amélioration humaine, vers  un dopage généralisé de la cognition? » publié dans le Quotidien du médecin le jeudi 17 décembre 2015. 

Pour en savoir plus, une vidéo sur les limites des Smart-Drugs:

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